Suppression du Barrage de Pontécoulant Théorie prometteuse, mise en pratique désastreuse

Publié le 5 Janvier 2015

Suppression du Barrage de Pontécoulant    Théorie prometteuse, mise en pratique désastreuse
Suppression du Barrage de Pontécoulant    Théorie prometteuse, mise en pratique désastreuse
Suppression du Barrage de Pontécoulant    Théorie prometteuse, mise en pratique désastreuse

Suppression du Barrage de Pontécoulant

Théorie prometteuse, mise en pratique désastreuse

Pontécoulant est un magnifique territoire rural du Calvados, situé en Suisse Normande, rattaché à la commune de Condé sur Noireau.

Depuis 50 ans, cette commune possédait un petit Barrage (sans production d’énergie) constitué d’une digue de 170 m de long et 4.50 m de haut, équipée de vannes de régulation. Edifié dans les années 1965 cet ouvrage avait pour but principal, de constituer une réserve en eau potable et assurer l’étiage de la Druance. Ce fut aussi la création d’un superbe plan d’eau de 12 hectares propice à l’installation d’une faune et d’une flore, sauvages. L’ensemble constituant un décor parfait au pied du Château, aujourd’hui propriété du Conseil Général.

Comme pour nos 2 Barrages de Vezins et de La Roche qui Boit, les services de l’état, les cabinets d’études, les experts, trouvaient toutes les vertus (trop souvent qualifiées d’« exemplaires »), pour justifier cet arasement. Curieusement et comme chez nous, ils prenaient soin d’écarter toutes les propositions porteuses de solutions alternatives ?

Pourtant, Mme Marie-Paul Labey, maire de Pontécoulant de 1994 à 2008, avait élaboré, et fait voter les budgets, pour un intéressant projet de mise en valeur du site. http://www.lornecombattante.fr/2014/09/20/barrage-arrase-%C2%AB-cette-destruction-ne-sert-a-rien-%C2%BB/ La proximité du Château lui permettait d’inclure un accueil hôtelier pour des séjours pédagogiques, d’initiations à la connaissance et au respect de la nature. Toutes ces activités nouvelles étant au passage, créatrices d’emplois. Ce projet qui avait même reçu un prix d’excellence de la part des services de l’environnement, n’a put aboutir. Les budgets, furent ensuite, détournés à d’autres tâches.

Malgré les 2.300.000€ nécessaires à sa démolition (financés par la « riche » agence de l’eau Seine Normandie…*) Mr le Maire, Jean-Pierre Mourice et son conseil municipal (confortés par le résultat de l’enquête publique), souhaitaient la conservation de ce Barrage. Deux raisons majeures, ont fini par faire accepter l’arasement :

  • Eviter le paiement de l’amende infligée en cas de non respect de la loi européenne sur la libre circulation des poissons migrateurs.
  • Il avait reçu l’assurance de la part des services de l’état concernés, des bureaux d’études, et de tous les experts, D’UNE RENATURATION EXEMPLAIRE et d’un déroulement des opérations, sans problèmes.

Trois mois après la première « éventration » du Barrage (en fin d’été 2014) Mr Le Maire extrêmement déçu nous confie : << Rien ne s’est passé comme prévu ! Dès le début de la vidange ce fut une catastrophe avec un phénomène « chasse d’eau » qui a engendré une évacuation massive des sédiments, en aval du cours d’eau >> : (Un travail effectivement « exemplaire » mais dans le sens de ce qu’il ne faut pas faire).

Ceci a bien entendu crée de nombreuses nuisances qui se poursuivent aujourd’hui et peuvent encore s’aggraver, en cas de crue importante cet hiver. Ces nuisances interdisent le fonctionnement normal des moulins en aval, dont certains ne peuvent plus assurer leur production vitale en électricité.

Mr le Maire de poursuivre : << Rien de prévu pour la récupération des poissons vivants ou pour la consommation. Tous sont partis pour l’équarrissage et beaucoup sont morts asphyxiés, bloqués en fin de vidange, dans les vases. Il y avait seulement eu une modeste pêche électrique quelque temps auparavant.

Le plus terrible est que face à ces difficultés, j’étais seul devant les interrogations de mes administrés. Aucuns des services contactés, n’acceptaient de se déclarer responsables. Plus personne ne se sentait habilité à gérer la situation, tous se « renvoyaient la balle » et nous restions sans réponses ?

Conscient de mes obligations de protection des biens et des personnes, j’ai fait appel à la Gendarmerie, venue m’apporter son soutien et faire ses constatations>> :

Chaque Barrage à ses particularités et les décisions d’araser ne peuvent être prises, sans en tenir compte. La loi sur l’eau, faite pour la libre circulation des migrateurs, prévoit également le maintien des ouvrages dont la fiabilité, l’utilité, sont reconnues.

A ce propos, nous dénonçons les amalgames faits par les Pro-araseurs, dont la frénésie destructrice est sans limites, entre nos Barrages de Vezins et La Roche Qui Boit et le Barrage de Kernansquillec, en Bretagne.

1) Vezins, La Roche Qui Boit sont des Barrages, solides, rentables. Ils produisent et remplissent des rôles protecteurs, reconnus des autorités et des populations.

2) Kernansquillec Etait un Barrage (concession privée) devenu vétuste et dangereux. La décision d’araser fut prise par Mr Edouard Balladur, alors 1er Ministre, venu constater sur place à la demande des élus et des habitants, concernés.

La comparaison principale à retenir entre nos Barrages et celui de Pontécoulant, est cette sorte de « simulation » qui vient de s’y dérouler. Celle-ci confirme nos craintes, sur l’extrême vulnérabilité des « prévisionnistes et experts » à maitriser les situations qu’ils échafaudent ?

Quand on imagine nos volumes de boues bien supérieurs, en train de se déverser dans la Baie du Mt St Michel. Le test déjà navrant à Pontécoulant, n’en devient que plus inquiétant.

De quoi refroidir les citoyens de notre région, qui ne veulent plus de ces travaux douteux, couteux et souvent inutiles. On peut comprendre que leur confiance, soit abimée… !

« Un tu le tiens, vaut mieux que deux tu l’auras » restera la devise des gens de chez nous. Des gens de bon sens, donc prudents.

Yvonnic Fauchon / Louis Gontier

* Nous suggèrons que les agences de l’eau publient la totalité des financements et leurs affectations, de ces 10 dernières années. Mme Ségolène Royal vient de leur rappeler récemment, qu’elles devront commencer à se « serrer la ceinture » ?

Rédigé par jojo

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A
Bonjour!<br /> une grande différence est aussi que sur la Sélune la production d'électricité &quot;de pointe&quot; a une valeur importante. Certes l'Etat a-t-il convaincu EDF de ne pas en parler (85% des actions, Flamanville,...) mais c'est quand même déterminant dans l'affaire ! Bonne chance donc à ceux qui voudraient casser Vézins et construire ensuite des STEP ailleurs !<br /> J'ai suggéré de trouver des porte paroles dans la catégorie gamins ou gamines de 20 ans: ce n'est pas exactement le créneau de Marie-Paule Labey mais elle a très bonne réputation, n'a pas d'ambitions électorales et me semble-t-il est comme Didier Anger estimée de Ségolène Royal: ça serait bien qu'elle fasse un tour rapidement par la Sélune et rencontre quelques journalistes. On n'a jamais assez d'alliés.
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C
Bonjour<br /> <br /> merci beaucoup de nous relayer cette information &quot;essentielle&quot; à la poursuite de ce dossier ! En effet, cela ne fait que confirmer l'amateurisme des services de l'état en charge de ce démantèlement. De plus, comme l'ancien directeur des barrages l'avait spécifié lors d'une réunion publique, aucune simulation n'a été pratiqué avant la prise de la décision d'araser. <br /> Ce malheureux exemple doit être diffusé auprès de la population locale afin de les sensibiliser encore plus sur le maintien des barrages<br /> <br /> cordialement
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J
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