Le lac à sec, comment vont faire les pêcheurs ?

Publié le 24 Février 2015

Le lac à sec, comment vont faire les pêcheurs ?
Le lac à sec, comment vont faire les pêcheurs ?
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Le lac à sec, comment vont faire les pêcheurs ?
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Le lac à sec, comment vont faire les pêcheurs ?
Le lac à sec, comment vont faire les pêcheurs ?
PAR ALEXANDRE STEPHANT
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ACTUALITÉ
Avec la vidange du lac de Guerlédan, de mars à novembre, puis le temps de rempoissonner le site, les pêcheurs de Guerlédan vont être privés de pêche. « On ne pêchera pas à Guerlédan avant 2018 », annonce Patrick Oliviero, président de la section de la fédération de pêcheurs de Pontivy.
La vidange de Guérlédan, c’est dans moins d’un mois. Comment avez-vous participé à la préparation ?
Au tout début, on nous avait un peu oubliés. On s’est faufilés dans les réunions préparatoires. Je crois que nous connaissons suffisamment le Blavet et son environnement pour pouvoir en parler. Nous avons notamment obtenu un délai supplémentaire pour la pêche aux carnassiers qui fermera finalement le 1er mars.
Craignez-vous pour la ressource ?
Il y aura inévitablement de la perte durant les différentes phases d’assèchement du lac. Avec les filets et l’abaissement progressif de l’eau, ce sont principalement les plus gros poissons, ceux qui ont besoin d’oxygène, qui vont souffrir. S’il n’y avait que les gros carnassiers de fragilité, ce ne serait pas trop grave mais avec les techniques employées, je crains que ce ne soit pas le cas.
Vous pensez aux pêcheries ?
On avait proposé, comme en 1975, de laisser libre cours à la nature, car on a bien vu que 10 ans plus tard, les techniques de récupération par pêcheries faisaient des dégâts. On n’a pas été entendus. On est vraiment sceptiques sur la pêche de décompression par filets pour transférer le poisson sur d’autres sites. Ce sera fait par un professionnel mais on va en perdre pendant la manipulation. En plus, du fait des contraintes techniques, l’opération coïncide avec des périodes de fraie.
Vous serez interdits de pêche à Guerlédan pendant un moment…
On nous dit fin 2017. On préfère prévoir 2018. De toute manière, il nous faudra revoir notre pratique pour envisager l’avenir. Un quota de pêche et un rejet des plus petits spécimens devront être envisagés. Les assèchements précédents nous montrent bien qu’il faut quelques années, au moins cinq ans, pour repeupler durablement le lac. On devra être vigilants là-dessus. EDF va entre-temps rempoissonner le milieu sur ses fonds et avec le complément des ventes de certaines captures. On suivra ça de près.
En attendant vous mettez le cap sur l’aval ?
Oui, avec des craintes au début. Le bassin tampon est déjà envasé. En fin d’assèchement, de la vase va encore s’y déverser. La dernière vidange remontant à trente ans, j’invite les pêcheurs à éviter de pratiquer trop près durant quelques mois car il peut y avoir des microsédiments et un manque d’oxygénation de l’eau à certains endroits. Après, l’eau va s’écouler naturellement à son rythme naturel. On peut estimer qu’après cinq à dix kilomètres en aval, l’impact sur le niveau de l’hydrographie sera faible.
Développer le tourisme pêche
Plutôt que de maudire leur sort, les pêcheurs ont décidé de profiter de cette période de chômage technique pour se retrousser les manches. « Il faut saisir lopportunité de lassec pour développer le loisir et le tourisme autour de la pêche », explique ainsi Maurice Lebranchu, président de la fédération de pêche des Côtes-d’Armor. Et de ce côté-là, il y a du boulot. Car Guerlédan nest pas délaissé, mais presque. Le constat de la fédération est assez sévère. La pêche sur le lac se fait principalement en bateau, mais « les cales de mises à leau de Landroanec, Beau-Rivage, Trégnanton et Sordan, souvent embourbées, sont non fonctionnelles une partie de lannée. Le stationnement est difficile. La signalétique quasi-inexistante. Les espaces de pique-nique peu accessibles, car trop éloignés du bord… »
Autre problème épineux : « La population de brochet ne cesse de baisser depuis 14 ans. » En cause ? Le lac comprend peu de zones de végétaux immergées nécessaires à leur reproduction, sauf du côté de Landroanec. Le creux hivernal de 2,50 m imposé à EDF pour éviter les crues en amont du Blavet ne favoriserait pas non plus les pontes.
Quatre étangs à moins d’une heure
Pour permettre aux pêcheurs en bateaux de Guerlédan de continuer la pratique de leur loisir pendant la vidange, la fédération de pêche des Côtes-d’Armor a aménagé quatre étangs, tous situés à moins d’une heure du lac : Corong et Trébel à Glomel, Kerné-Uhel à Peumerit Quintin, et Bosméléac à Merléac. Pour les pêcheurs du bord, débutants, en famille ou expérimentés, des projets d’aménagements sur une dizaine d’autres plans d’eau sont en cours.
Que faire des bateaux abandonnés ?
Des barques, voire même des voiliers de plusieurs mètres de long, sont à l’abandon depuis des années, certains remplis d’eau. « Il y a pas mal de bateaux abandonnés par leurs propriétaires dans les Anses de Guerlédan, notamment sur Landroanec et Beau-Rivage »,déplore Didier Merle, président de la Muroise, la société de pêche de Mûr-de-Bretagne. Un problème aussi pour Michel André, le maire de Saint-Guelven : « Ça donne une image très négative du lac. »
Les pêcheurs souhaiteraient profiter de la vidange pour faire du nettoyage. « Mais ce n’est pas si simple, soupire Didier Merle. Il nous est arrivé de remonter quelques bateaux sur les berges. Mais après, on n’y touche plus, impossible de les détruire. Car selon la gendarmerie, le propriétaire ou un membre de sa famille est juridiquement dans son droit pour porter plainte. » Et de se demander si les pouvoirs publics ne pourraient pas prendre des mesures à l’occasion de la vidange.

Rédigé par jojo

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