Grand merci pour votre message;

Publié le 26 Avril 2015

bonjour Mr Vesseron

Grand merci pour votre message; je suis prêt à me retirer complètement
de ce dossier en acceptant votre critique de l'argument nucléaire comme d'un tabou
qu'il ne faut surtout pas prononcer en public. Hélas, les faits sont têtus et il faudra un jour accepter.

Car la vérité est que nous avons jusqu'à présent eu "la chance" de n'avoir que des alertes de niveau 1,2 ou 3 en France au lieu des niveaux 6 et 7 au Japon et ailleurs.. Nous ne savons pas ce qui pourrait se passer au niveau humain, organisationnel, administratif et opérationnel dans le cas d'un gros pépin. J'y vois la necessité de concevoir une "défense en profondeur" alliant les diverses sources d'énergie et méthodes de production d'électricité.
Selon les statistiques de NUCLEUS, en % de fourniture d'énergie électrique, la France vient en tête avec 78% là où la Japon était N°6 ou N°7 avec "seulement" 30% de son électricité issue du nucléaire en 2011 lorsque se produisit Fukushima.

Ce que je veux dire par là est notre extraordinaire vulnérabilité collective, conjuguée à notre impressionnante cécité quant aux conséquences de n'importe quel évènement frappant l'un de nos 58 réacteurs civils. Charles de Gaulle a lancé dès les années 60, avec son ministre de la recherche Alain Peyrefitte, une politique d'indépendance énergétique de grande valeur, avec l'encouragement de la recherche nucléaire et de la mise en oeuvre non seulement de la bombe H mais des réacteurs civils; ce n'est pas à vous que je vais faire la leçon, tant j'accorde de la valeur au BRGM et à ses cadres et dirigeants !

MAIS CE QUI ETAIT RAISONNABLE EST DEVENU UNE SOLUTION DE FACILITE ET DE PARESSE MENTALE PENDANT 50 ANS - NOUS AVONS FAIT COMME SI IL SUFFISAIT DE MAXIMISER LE NUCLEAIRE POUR RESOUDRE LES BESOINS EN CROISSANCE ENERGETIQUE DE LA FRANCE - une sorte de planches à billet nucléaire qui s'est mise en place insidieusement et sans bruit jusqu'à prendre la part du lion SANS GARANTIE FACE AU RISQUE DE RUINE - voir Ukraine - voir Japon..

Face à cela l'hydraulique reste la principale énergie "de remplacement en cas de pépin" largement disponible en France, certes conjointement avec les autres renouvelables que sont l'éolien, l'hydrolien, le solaire, etc.. Il est urgent de reprendre les activités de prospection des sites et de développement d'une infrastructure hydraulique sur l'ensemble des territoires pour que nos enfants ne soient pas réduits à la pauvreté en cas d'accident nucléaire.

Ce qui est bouleversant est de voir qu'alors même que la loi relative à la transition énergétique a été votée, les pouvoirs publics continuent à vouloir démanteler une infrastructure - certes de petite taille - au nom d'un sacro-saint alignement sur un faux consensus concernant la prétendue impossibilité de favoriser la valaison et la dévalaison des espèces piscicoles migrantes.
Monter des projets d'un coût de plusieurs dizaines de millions d'euro SANS CASH-FLOWS DE RETOUR me semble relever du gâchis et de l'inconscience au moment où la dette française dépasse notre PIB et nous place à la traîne, au moment où notre déficit force nos dépenses militaires à se financer par la mise en vente puis leasing des équipements tactiques les plus nécessaires. Que d'inconscience pour l'avenir, que de révérence pour une esthétique "verte",
et que de mépris pour cette denrée rare, les fonds publics et l'argent ce véritable "sang" de l'économie.

Casser un outil améliorable au lieu de l'améliorer, engendrer une menace écologique double:
- les sédiments toxiques déversés dans la Baie du MSM;
- la disparition d'une ressource en eau douce précieuse à de nombreux titres;
voilà qui est dans l'air du temps, ou plutot, voilà une approche qui a déjà permis à l'agence de l'eau Seine-Normandie d'arroser un certain nombre de "scientifiques" et de "politiques" dès lors qu'ils s'engagent à prôner la disparition des barrages.

Remplacer ces infrastructures essentielles par des promesses qui ne seront pas tenables, ou par le renvoi du financement vers la région Normandie qui a ses propres problèmes, est un mensonge délibéré dont le seul effet est de court terme: lancer la démolition.

Se faire plaisir dans sa tête au lieu d'aller voir sur le terrain et proposer des "solutions sans retour" moyennant une dépense considérable comprise entre 40 et 100 mio d'Euro, là où ce même budget permettrait de quadrupler la puissance électrique tout en aménageant des systèmes permettant la migration des espèces concernées - voilà la paresse du "mal français" si bien décrit par un ancien Ministre déçu du poids invraisemblable que les grands corps de l'Etat imposent partout: Alain Peyrefitte dès 1981-1982 a fait le diagnostic, en payant les conséquences : sa mise à l'écart de son propre parti, puis sa disparition juste avant l'orée du XXIème siècle.

Vous parlez de l'Arménie en 1915 , mon image serait celle d'un pays "riche en apparences", la France de 2015 qui vit sur la rente de son auto-conviction qu'elle est solide - alors qu'à la lumière de plusieurs années de vie ailleurs il me semble pouvoir dire qu'elle ressemble à Novgorod, la principauté slave riche de ses trésors culturels et sûre d'elle-même qui fut vaincue et conquise par les "barbares" monghols - avant d'être sauvée par le courage de quelques hommes lucides groupés autour d'Alexandre Nevsky (lui et ses compagnons avaient heureusement fait le diagnostic de la situation des risques de la principauté et ils ont su négocier des solutions de survie). Etant moi-même d'origine mongole, vous voudrez bien considérer que ces propos ne relèvent pas d'un quelconque racisme mais du rapport de forces observé aujourd'hui entre la France et tous ceux qui la veulent à genoux, voire disparue.

J'ai eu en effet le triste privilège lors d'une expérience pédagogique au Canada de constater que notre pays est attaqué par toutes sortes de partis pour toutes sortes de raison, et qu'il existe même un site internet appelé "nofrance" sur lequel à la place de l'hexagone il y a un trou rempli par l'oécan, ce site appelant à pétitionner contre la France sur toutes sortes de sujet.

Notre pays est menacé de ruine pour des raisons très diverses, externes et internes.
Sur ce dossier de la Sélune, je m'interesse aux raisons internes, au "mal français", aux problèmes de convictions et comportements des élites, à ce que le risk-management nomme "risque opérationnel", celui qui nait des opérations, du management et des comportements internes à une structure comme EDF ou l'Agence de l'eau, etc.

On lit dans le rapport PERRIN qu'EDF renonce à briguer le renouvellement de concession car ayant été échaudé par la procédure des écologistes en 2010 (montée en Cour d'appel) et par les craintes de voir dans l'avenir le dossier industriel pourri par les revendications disproportionnées des associations quasi-fanatiques que sont FNE et autres WWW-Fund. .

C'est là que se trouve le plus grave: les industriels sont contraints de renoncer au plus intelligent mobile de l'hydro-électricité et "cornered" - poussés dans les coins - de reposer encore plus fort sur le nucléaire, à défaut d'autre source d'énergie stable, permanente, maitrisable selon les compétences françaises.

J'ai écrit en début de message ce qui suit:
" je suis prêt à me retirer complètement de ce dossier en acceptant votre critique de l'argument nucléaire comme d'un tabou" : s'agissant d'un tabou, ce qu'il ne faut pas dire mais qui dicte les conduites des décideurs, il me parait grave de m'interdire d'exprimer des craintes légitimes (quant à l'avenir) et des regrets immédiats (quant à la décision que Mme la préfète de la Manche va prendre dans les semaines à venir).

Vous voulez que je disparaisse , c'est bien cela ?
Eh bien c'est fait, vous n'entendrez plus parler de moi.
Terminé.

Vous priant d'agréer mes respects.
Kitous B.

c/c aux 2 personnes qui ont pu suivre ma démarche
Mr Kaniowsky, ADB
Mr B.Wong, ISF

Rédigé par jojo

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