Biodiversité. « Non à une mise sous cloche »

Publié le 13 Mai 2015

Biodiversité. « Non à une mise sous cloche » 13 mai 2015 à 06h53/ Frédérique Le Gall / Photo Frédérique Le Gall Le schéma régional de cohérence écologique est soumis à enquête publique jusqu'au 19 mai. Dans le Finistère, agriculteurs, forestiers et propriétaires craignent que ce document ne soit une « énième couche réglementaire » applicable aux espaces ruraux. Issu du Grenelle de l'environnement, le schéma régional de cohérence écologique (SRCE) est destiné à contribuer à enrayer le déclin de la biodiversité. En Bretagne, l'élaboration de ce schéma a mobilisé de nombreux acteurs : élus, techniciens de collectivités, agriculteurs, forestiers, naturalistes, agents de l'État, experts. Ce document identifie des continuités écologiques à préserver ou restaurer : aménagement de passage à faunes, création de haies et de talus, verdissement des espaces urbains. Le SRCE devra être pris en compte par les collectivités locales dans leurs projets : plans locaux d'urbanisme, schémas de cohérence territoriale par exemple. « Surenchère réglementaire » Dans le Finistère, agriculteurs, forestiers et propriétaires ruraux craignent que ce document serve d'alibi à une surenchère réglementaire alors qu'il y a déjà une inflation de normes et une multitude de zonages avec leurs lots de restrictions. Bref, ils redoutent qu'on mette une partie des territoires sous cloche, au nom de la biodiversité. « En tant qu'acteurs du monde rural, nous avons contribué à améliorer ce document, complexe et difficile d'accès. Mais c'est avant tout un outil de planification. Il ne faut pas que les collectivités locales qui vont les utiliser en fassent un document réglementaire et le traduisent par exemple au niveau de chaque parcelle », note Alain Hindré. Aux yeux du vice-président de la chambre d'agriculture, contraindre les acteurs ruraux à préserver la biodiversité n'est pas une solution. Mieux vaut privilégier la concertation. Bernard Menez, président du syndicat des forestiers est sur la même ligne. « La gestion forestière est soumise à une loi et à sept codes différents. Arrêtons d'empiler les textes si on veut que l'activité économique perdure. Le risque est d'aboutir à un désintérêt pour l'investissement foncier ». Pour Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère, il faut reconnaître aux acteurs ruraux la fonction de producteurs et de gestionnaires de la biodiversité. « En Bretagne, plus de 180.000 km de haies et de talus procurent des habitats à de nombreuses espèces. la Bretagne est la région la plus écologique de France », poursuit Hélène Beau de Kerguern, présidente du syndicat de la propriété privée rurale. « Économiquement acceptable » La FDSEA, la Chambre d'agriculture, le syndicat des forestiers et le syndicat de la propriété rurale espèrent que leurs inquiétudes seront entendues. « On demande à l'État et à la Région de nous faire confiance et que l'évaluation des actions soit faites sur des critères objectifs partagés et économiquement acceptables ». Imprimer Télécharger Envoyer

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/economie/biodiversite-non-a-une-mise-sous-cloche-13-05-2015-10626343.php?xtor=EPR-3-[quotidienne]-20150513-[article]&utm_source=newsletter-quotidienne&utm_medium=e-mail&utm_campaign=newsletter-quotidienne

Rédigé par jojo

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article