LE POINT DE VUE DES AMIS DU BARRAGE

Publié le 20 Juin 2015

LE POINT DE VUE DES AMIS DU BARRAGE
Malgré plusieurs études « concordantes » et une décision gouvernementale en cours de mise en oeuvre par les Pouvoirs publics, la Ministre de l’Ecologie a accepté de venir rencontrer les différents acteurs locaux de ce dossier très controversé le 4 Décembre 2014 à la Mazure.
Après avoir écouté les arguments des différents intervenants, Ségolène Royal a pris la décision d’ordonner une expertise dont le rapport nous a officiellement été présenté le 27 Avril 2015 à la Préfecture par les experts eux-mêmes.
La Ministre avait fait part de sa désapprobation de voir dépenser 53 Millions d’Euros d’argent public pour détruire les barrages et permettre aux saumons de coloniser hypothétiquement l’ensemble du cours de la Sélune, alors que les installations produisent une énergie propre, renouvelable et que leur arasement ne serait pas cohérent avec sa loi sur la Transition énergétique qu’elle a décidé de porter elle-même devant le Parlement.
Les arguments techniques défendant le maintien des ouvrages et ceux visant à les supprimer semblaient s’équilibrer, tandis que le montant de la destruction des barrages et de la réhabilitation de la vallée apparaissait exorbitant bien que largement sous-évalué. Comme pour rétablir un équilibre plus favorable à l’arasement immédiat prôné par les extrémistes de l’écologie politique, nos experts ont trouvé une solution inédite. Se basant sur l’hypothèse d’un renouvellement de la concession pour une durée de quarante ans, ils ont inclus le montant de la destruction des installations dans leur calcul de rentabilité. Ce qui leur a permis de conclure très brillamment que l’exploitation du site serait fortement déficitaire en omettant de préciser que l’estimation du coût de travaux à réaliser dans quarante ans n’avait pu se faire qu’à la « louche » et très approximativement. Par ailleurs, il n’est pas certain que le seuil de rentabilité de Guerlédan (de production équivalente à celle de Vezins) ait été établi en incluant son coût de démantèlement, pas plus que ceux des sites nucléaires en cours d’exploitation.
La décision d'araser en urgence les barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit semble de plus en plus difficile à justifier aussi bien scientifiquement que financièrement, ce qui explique peut-être le caractère parfois douteux des arguments avancés.
La qualité de l’eau des retenues nous est parfois décrite comme très dégradée, voire dangereuse et les lacs ne renfermeraient que très peu de poissons. Pourtant, sandres, brochets, perches, carpes, poissons blancs et autres silures ont déjà fait le bonheur des pêcheurs en ce début de saison.
Il est exact de dire que les activités nautiques et halieutiques ont dû être interdites à cause de la prolifération de cyanobactéries. Cela s’est produit une fois, pendant une semaine en … 2003.
Seulement 15 saumons ont été capturés dans la Sélune cette saison, contre 105 dans la Sée. C’est sans doute les travaux réalisés dans la Baie du Mont Saint Michel qui sont la cause du choix des migrateurs. Nul ne peut dire si la tendance s’inversera ou si l’espèce tant convoitée disparaîtra définitivement du fleuve. Mais un sérieux doute est déjà permis concernant les projets salvateurs de développement économique et touristique d’une vallée « renaturée » s’articulant autour de l’activité pêche du saumon de Sélune.
Si une décision de maintien intervenait, il va sans dire que le transfert d’une quinzaine de poissons par an ne poserait guère de problèmes, même en triporteur-baignoire si un transport par camion s’avérait trop stressant.
Dans tous les cas de figure, la vidange des lacs est inévitable car techniquement nécessaire et réglementairement obligatoire avant 2017. Il serait irresponsable de vouloir l’ignorer.
Même si l’opération dure deux ans, les risques de pollution ne seront pas évités car les aléas liés à des évènements météorologiques défavorables ne sont ni prévisibles ni maîtrisables.
Nous ne pouvons pas laisser à nos enfants et petits enfants un site contenant des sédiments pollués. Pour « respecter l’environnement », une décision vraiment courageuse consisterait à procéder au pompage des vases et à l’extraction mécanique des sédiments solidifiés (en queue de retenue) avant de commencer la vidange. Ces opérations sont parfaitement réalisables techniquement. Mais elles ont un coût. C’est là que le bât blesse.
Une partie des métaux lourds avait été extraite du cône de l’Yvrande lors de la vidange de 1993. Pourquoi prétendre aujourd’hui que cela n’est plus possible en 2015 et qu’il est préférable de créer un centre d’enfouissement sur place, tout en condamnant l’Yvrande pour parfaire le processus? Ce serait inacceptable. Il en va de la responsabilité d’EDF et de son actionnaire principal qu’est l’Etat, mais aussi des élus locaux qui ne peuvent accepter qu’une telle opération soit réalisée au rabais en conduisant potentiellement à une catastrophe humaine, écologique, et économique. Il leur appartient aussi de s’assurer que l’Etat assume son rôle sans transférer la responsabilité des installations aux collectivités territoriales.
A l’évidence, les conditions techniques, financières et humaines ne sont pas réunies pour qu’il soit procédé à l’arasement immédiat des barrages de Vezins et La Roche-Qui-Boit de manière « exemplaire ».
La raison voudrait que la concession soit renouvelée pour une période nécessaire à la réflexion, l’élaboration d’un plan de financement suffisant et garanti, ainsi que de techniques moins hasardeuses.
La Ministre de l’Ecologie a entendu nos arguments de bon sens. C’est ce qui l’a conduite à suggérer le 3 Juin à nos parlementaires l’organisation d’un référendum local avant qu’une décision définitive ne soit prise.
J’ai assuré notre Député du soutien de notre association pour que le principe de la « démocratie participative » soit appliqué et que la population locale puisse s’exprimer librement, probablement en Septembre, sur un sujet chargé d’une émotion bien légitime. Mieux vaut tard que jamais.
Je suis persuadé que l’ensemble de nos élus soutiendront Guénhaël Huet dans cette action.
John KANIOWSKY
Président

Rédigé par jojo

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