Un « hold-up » organisé sur notre démocratie participative ?

Publié le 10 Juillet 2015

Un « hold-up » organisé sur notre démocratie participative ?

Le 4 décembre dernier, la ministre de l’écologie est venue sur place et s’est demandé si dépenser 53M€ pour supprimer les barrages de la Sélune ne serait pas un gâchis, surtout à un moment où les priorités nouvelles sont le développement des énergies renouvelables et la défense tenace de l’emploi. Le nouveau dossier que Ségolène Royal a fait réaliser ensuite par ses techniciens est loin d’avoir emporté la conviction. Au cours d’une réunion le 03 juin dernier avec les parlementaires du département, la ministre a lancé l’idée d’un référendum local ; le député G Huet s’est mobilisé pour le préparer pour qu’il puisse avoir lieu en septembre, suffisamment loin des élections régionales. Mais ensuite S Royal a signé une lettre expliquant que ce ne pouvait pas être une des formes de référendum prévues par le code général des collectivités territoriales. C’est cet argument qui a permis à une majorité des 60 élus réunis ce 04 juillet par G Huet de refuser la proposition qu’il avait préparée.

Référendum du code général des collectivités territoriales ou pas, il serait totalement inacceptable que ceux qui sont directement en cause ne puissent pas dire ce qu’ils veulent : les deux lacs sont un élément essentiel du patrimoine local, un accompagnement auprès des agriculteurs pour préserver leurs cultures, une des pistes réelles pour le développement des emplois et du tourisme, une de nos chances pour que les jeunes et les moins jeunes bénéficient de l’accès à la nature. Refuser que les habitants des communes concernées par ces lacs puissent s’exprimer est inadmissible. Continuer à les vider quasi clandestinement est une infamie. Tout ceci ne pourrait continuer à se passer comme cela sans susciter des réactions vives, de toute nature. Il est essentiel que tous ceux qui ont en charge notre avenir se ressaisissent. Personne n’a le droit de déclencher des difficultés supplémentaires dans notre vallée.
Alors que l’organisation d’un tel référendum était légalement possible tant qu’il était organisé à l’initiative, non des collectivités locales, mais des autorités de l’Etat, au titre de la démocratie participative qui autorise les pouvoirs publics à recourir à des procédures non obligatoires à titre consultatif. Le refus de consulter la population concernée a au moins pour vertu de démontrer que plusieurs élus locaux, manifestement convertis à l’arasement, savaient pertinemment que le résultat de ce référendum serait en faveur du maintien des barrages.
Ce bel exemple de « représentation » du peuple est instructif mais ne constitue qu’une victoire à la Pyrrhus pour les élus.

En effet, tout le monde sait désormais, et en premier lieu la Ministre de l’Ecologie, que la population locale est favorable au maintien des barrages comme en témoigne la volonté des élus de vouloir faire l’économie d’un référendum.

Yvonnic FAUCHON Louis GONTIER

Rédigé par jojo

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