Barrages du sud-Manche : les Amis de la Sélune se tournent vers la justice

Publié le 16 Mars 2016

Le 15 mars 2016 à 18:01
Par : Hélène Leforestier

Ils sont des farouches défenseurs du projet de destruction des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit, au nom de la restauration écologique. Les Amis de la Sélune réagissent au projet de reprise présenté par la société Valorem au ministère de l'Environnement.

Le sort des barrages de Vezins et de la Roche-qui-boit n'en finit pas de faire couler de l'encre. Après la satisfaction de l'association des Amis du barrage, qui a présenté, avec l'entreprise Valorem, à l'équipe du ministère de l'Environnmenent un projet de reprise des barrages, les Amis de la Sélune, collectif qui rassemble principalement des associations de pêcheurs, dénonce ce mardi 15 mars une "remise en cause du projet phare du plan français de restauration écologique des cours d'eau".

Une procédure contentieuse

Les Amis de la Sélune, dont l'un des membres s'apprête à nouveau à engager une procédure contentieuse, demandent :

  • au préfet de la Manche d'abroger immédiatement son arrêté de vidange du 3 mars 2016 et de prendre à la place un arrêté d'effacement des deux barrages précédé d'une vidange, conformément au projet présenté à l'instruction administrative par l'Etat, soutenu par les avis favorables de la commission locale de l'eau du SAGE Sélune, la commission d'enquête publique et le CODERST de la Manche.
  • aux élus locaux favorables au projet d'effacement des barrages et de reconquête de la vallée par un authentique développement durable de manifester clairement leur soutien à ce projet.
  • à l'Agence de l'eau Seine-Normandie de ne pas financer la vidange des retenues dans ces conditions.

Un "tour de magie" ?

L'association met en doute le projet de Valorem, y voyant "un étonnant tour de magie qui constitue une aubaine pour la ministre de l'Environnement. Le projet de Valorem permettrait de concilier la production électrique des barrages de la Sélune avec le rétablissement de la continuité écologique, ce que tous les experts du domaine ont considéré jusque-là impossible", tout en reconnaissant le rôle de Valorem en tant qu'acteur important et reconnu de l'éolien en France.

"Tendre l'oreille aux nostalgiques"

Les Amis de la Sélune voient dans les actions de la ministre de l'Environnement un parti pris, en faveur de la conservation des barrages : "Madame Royal, qui demande aussi dans l'hémicycle et partout où elle peut s'exprimer, que les choix soient faits à l'issue d'une procédure participative, tend plus facilement l'oreille aux nostalgiques des barrages ou à certains élus polarisés sur cette nostalgie, comme Guénhaël Huet, qu'à une majorité de citoyens et d'élus en faveur de projets innovants de territoires s'appuyant sur une mise en valeur de leur patrimoine naturel. Des citoyens qui, dans le cas de la Sélune, se sont pourtant exprimés majoritairement en faveur de l'effacement des barrages dans le cadre de l'enquête publique à l'automne 2014, et des élus locaux qui se sont eux aussi prononcés majoritairement pour cet effacement et un renouveau de la vallée en juillet 2015".

Un scandale ?

Outre le mépris que les Amis de la Sélune voient dans la décision de Ségolène Royal de ne pas confirmer la destruction des barrages, ils craignent le scandale : "L'hypothétique reprise d'une concession par un opérateur privé après une remise en état de la vallée complètement financée sur fonds publics créerait un immense scandale financier. En effet, et suivant le projet Valorem, l’exploitation est conditionnée par la réalisation préalable des opérations de vidange, curage, désenvasement, dépollution, ouvrages en état de reprise satisfaisant (sécurité, étanchéité, absence de brèches). Toutes ces conditions à réunir préalablement et entièrement à la charge des fonds publics !"

Des poursuites

Le réseau des structures associatives de pêche et de protection des milieux aquatiques locales et interrégionales (membres du collectif des Amis de la Sélune), qui avaient obtenu la condamnation de l’Etat dans le cadre de l’arrêt de la Cour administrative d’appel d’octobre 2010 (ordonnant l’obligation de restaurer la continuité écologique à échéance du 31/12/2013), confirme qu’elles vont poursuivre le contentieux et à nouveau engager des actions en justice par toutes les voies et procédures contentieuses possibles devant les différentes juridictions de l'ordre administratif, judiciaire (matières civile et pénale), et les institutions européennes.

Rédigé par jojo

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J
NUL qu'ils aillent au diable !!
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I
Voilà une bande de voyous réduit à des manœuvres crapuleuses.
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