Pesticides. Comment s'en passer ?

Publié le 2 Avril 2016

 

Pesticides. Comment s'en passer ?

 

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Pesticides.  Comment s'en passer ?

Les légumes, le blé, les cerises peuvent-ils résister aux attaques dévastatrices des insectes sans pesticides ? Les agriculteurs s'inquiètent de l'interdiction de plusieurs molécules pesticides jugées dangereuses. Mi-mars, les producteurs de blé et de maïs se sont insurgés contre l'interdiction programmée pour 2018 des néonicotinoïdes, insecticides néfastes aux abeilles. Ils s'estiment ainsi totalement privés « de solutions efficaces pour lutter contre les ravageurs des cultures ». Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avait appelé les députés à ne pas adopter des « interdictions brutales », tout en demandant à l'Anses, autorité sanitaire chargée de délivrer les autorisations de mise sur le marché des produits phytosanitaires, d'évaluer l'existence de produits ou pratiques de remplacement efficaces. Autre exemple emblématique, celui des cerises, récemment privées de diméthoate, un insecticide destiné à lutter contre un moucheron ravageur. L'interdiction menace la survie économique des producteurs, affirment les syndicats agricoles. Les maraîchers n'ont plus droit aux nématicides pour éradiquer les petits vers s'attaquant aux carottes ou aux pommes de terre.

Et côté vigne, la maladie de l'esca a beaucoup progressé depuis l'interdiction de l'arsenic pour protéger le bois. Mais les scientifiques comme les experts du ministère de l'Agriculture et les écologistes s'accordent sur un point : la plupart de ces impasses viennent d'années d'utilisation systématique de la chimie, qui laisse les agriculteurs démunis lorsqu'on leur retire le produit. Pour l'esca par exemple, « le fait de pouvoir utiliser l'arsenic a longtemps empêché de se poser les bonnes questions. On se rend compte aujourd'hui que ce sont les mauvaises pratiques qui ont favorisé ces maladies », explique Pascal Lecomte, spécialiste du vignoble à l'Inra Bordeaux.

 

Associer les méthodes

 

Pour éviter de remplacer la chimie par la chimie, il faut « associer plusieurs méthodes de lutte », comme renouer avec les rotations de cultures, insiste Christian Lannou de l'Inra, où une cinquantaine de chercheurs sont mobilisés pour développer des variétés plus résistantes aux maladies, ainsi que des solutions dites de biocontrôle, non-chimiques et utilisables en agriculture bio, pour un budget de 7,5 millions d'euros par an.


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Rédigé par jojo

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