Haut-Doubs : un comité contre la démolition des barrages du Theusseret

Publié le 13 Juillet 2016

Haut-Doubs : un comité contre la démolition des barrages du Theusseret

12/07/2016 à 05:00, actualisé à 08:16 Vu 422 fois
 
 
 
 
 
 
 
 

Le Theusseret et ses falaises : un lieu romantique et de randonnée.

Le Theusseret et ses falaises : un lieu romantique et de randonnée.

L’association « Sauvons Le Theusseret » vient de se constituer. Elle a pour objectif « de s’opposer par tous les moyens légaux à la démolition-destruction-déconstruction du barrage du Theusseret ». Cet ouvrage est situé sur le Doubs en amont de Goumois, sur le territoire communal de Charmauvillers (Doubs). Par là même, cette association s’oppose à la suppression du plan d’eau du barrage. Il convient de préciser que le Doubs au Theusseret est intégralement français, en vertu d’un traité signé en 1780 entre le roi de France et le prince-évêque de Bâle.

Apporter un regard différent

Cette situation est exceptionnelle car, habituellement, une rivière faisant office de frontière est partagée par moitié entre les deux pays limitrophes. Le dossier Theusseret est donc binational, d’autant que l’accès n’est possible que par la Suisse. On peut considérer qu’il y a deux barrages, le second, plus ancien, étant noyé dans le plan d’eau situé en amont de la chute actuelle. En cas de démolition, c’est donc deux ouvrages d’art qui devraient disparaître. La nouvelle association se propose « d’apporter un regard différent sur la problématique du Doubs, regard qui est focalisé pour l’instant sur la seule question piscicole, au détriment d’autres perspectives écologiques, sans parler des aspects paysagers, patrimoniaux ou historiques. » En mai 2011 est lancée une action pour « sauver le Doubs » de la pollution.

Le Parc Régional a développé cette idée en lien avec les instances françaises et suisses. Il s’agissait, entre autres, d’éliminer certains seuils, soit d’araser les digues de La Rasse (mettre à niveau en élevant les parties basses, N.D.L.R.), du Moulin du Plain, du Theusseret et du Moulin Jeannotat. En mai dernier, une prise de position d’une société de pêcheurs, était hostile au démantèlement du Theusseret, bien que le principe invoqué soit celui de la « continuité piscicole ». La nouvelle association pose des questions sur la pertinence de cette continuité.

Les arguments de l’association

La nouvelle association justifie son action pour les motifs suivants : une chute est toujours plus attirante qu’une rivière en écoulement libre. Un plan d’eau est une richesse pour la biodiversité. Le Doubs peut fluctuer de 3 à 300 m³ seconde, les barrages y jouent un rôle régulateur et stabilisateur. Des sédiments se sont accumulés au fil du temps, ces boues pourraient contenir des métaux lourds. Les travaux nécessités par la suppression du barrage auraient un impact considérable sur le lit du Doubs, en particulier à l’aval du barrage. Un projet de microcentrale est à l’étude, il permettrait une production de courant vert estimée à 2,5 mégawatts/an, soit la consommation de 500 ménages. Les impératifs « nature » entrent en contradiction avec le développement des énergies renouvelables.

Du point de vue patrimonial, le Doubs a attiré beaucoup d’activités proto industrielles, conserver un peu de ce qui subsiste est un devoir de mémoire. L’association postule pour une remise en état de l’ouvrage et est d’avis que l’établissement d’une passe à poissons constitue une alternative plus intelligente que l’arasage de la digue.

Rédigé par jojo

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