Côte-d'Or - Environnement Pays châtillonnais : des ouvrages hydrauliques détruits au nom de la continuité écologique ?

Publié le 11 Août 2016

 

Côte-d'Or - Environnement Pays châtillonnais : des ouvrages hydrauliques détruits au nom de la continuité écologique ?

L’association Hydrauxois et l’Association des riverains et propriétaires d’ouvrages hydrauliques du Châtillonnais (Arpohc) s’inquiètent de l’effacement du bief du moulin de Belan-sur-Ource et d’autres ouvrages du Châtillonnais. Explications.

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  • Le 02/08/2016 à 05:00
  • mis à jour à 21:55
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L’ouvrage Massard risque d’être démoli à Belan-sur-Ource.  Photo association Hydrauxois
L’ouvrage Massard risque d’être démoli à Belan-sur-Ource. Photo association Hydrauxois
 

« La plupart des moulins du Châtillonnais sont menacés », indique Christian Jacquemin, président de l’Arpohc. « Comme le moulin de Buncey et un ouvrage de la traversée de Châtillon-sur-Seine, celui de Belan-sur-Ource, sont très prochainement voués à la destruction. »

Cela révèle d’un « problème de continuité écologique(*) », explique-t-il, pointant alors du doigt l’article L214-17 du Code de l’environnement. Et d’après une circulaire de 2010, « l’effacement des ouvrages “sans usage” est la meilleure solution » (lire par ailleurs). C’est ainsi que le Sicec (Syndicat intercommunal des cours d’eau châtillonnais) procède à la disparition de ces constructions hydrauliques, au grand dam d’associations et de riverains, appliquant la politique de l’eau.

Mais pour Christian Jacquemin des alternatives existent pour respecter la loi de l’eau. « Tous les moulins du Châtillonnais concernés devraient être aménagés avec des passes à poissons, par exemple. C’est une des solutions simples ». « L’autre solution pour restaurer la continuité écologique est la bonne gestion des vannes », poursuit Charles Champetier, président de l’association Hydrauxois.

Des destructions qui ne s’expliquent pas toujours

Les premiers effacements remontent à 2008. Avant chaque destruction, une enquête publique est imposée par la préfecture et réalisée par un commissaire enquêteur. Puis, la préfecture doit donner son avis. Mais ce genre de chantier inquiète Charles Champetier : « Quand on efface un ouvrage, le bief est mis hors d’eau. Or, certains villages sont construits autour des plans d’eau ». Pour l’association Hydrauxois et l’Arpohc, enlever des ouvrages ne s’explique pas toujours. Pour résumer la position des deux associations, Charles Champetier fait savoir : « L’effacement des ouvrages très modestes de l’Ource et de la Seine ne répond à aucun besoin écologique démontré, les rivières étant déjà en excellent état piscicole au regard de normes de qualité définies par la directive européenne sur l’eau (DCE 2000). La biodiversité réelle des biefs et retenues de ces ouvrages n’a d’ailleurs jamais été étudiée. Face à un diagnostic bâclé sans faits ni chiffres, on ne peut exclure que l’effacement des seuils de moulins n’ait pas davantage d’effets négatifs que positifs ». Et d’ajouter : « L’argent public ne doit pas être dépensé dans ces opérations cosmétiques au plan environnemental (le coût d’une destruction s’élève à 100 000 €), qui ont par ailleurs de nombreux effets indésirables : risques liés au changement des écoulements, perte définitive d’un patrimoine hydraulique lié à l’identité historique de nos territoires, perte du potentiel énergétique bas-carbone de nos rivières ».

En raison du caractère « très incomplet du dossier », les deux associations demandent à « la préfète de Côte-d’Or de ne pas donner le permis de détruire, comme Ségolène Royal en avait fait instruction en décembre 2015 ». Et de conclure : « Nous attendons du Sicec autre chose que ces choix absurdes de destruction de sites vieux de plusieurs siècles, choix aussi éloignés de l’intérêt général que des besoins du Châtillonnais ».

(*) La continuité écologique, dans une rivière, se définit par la possibilité de circulation des espèces animales et le bon déroulement du transport des sédiments.

Astrid Gayet

130 Comme le nombre d’ouvrages hydrauliques que compte le Châtillonnais.

Astrid Gayet

Rédigé par jojo

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