«Les barrages hydrauliques ne sont pas à vendre…» Énergie

Publié le 22 Septembre 2016

«Les barrages hydrauliques ne sont pas à vendre…»

Énergie

Le Ceser réclame le maintien des barrages dans le périmètre du service public de l'énergie. / photo DDMJosé Navarro
Le Ceser réclame le maintien des barrages dans le périmètre du service public de l'énergie. / photo DDMJosé Navarro

Déjà échaudé par la «privatisation» de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, le Conseil économique et social refuse qu'on ouvre les concessions hydroélectriques à la concurrence.

Les barrages ne sont pas à vendre et le Conseil économique social et environnemental de la région Occitanie tient à le faire savoir. Hier, le président de cette instance consultative, Jean-Louis Chauzy, a dénoncé avec force la «privatisation déguisée» imposée par Bruxelles et demandé le renouvellement des concessions aux trois opérateurs historiques que sont EDF, la Société hydraulique du Midi (Shem) et la Compagnie nationale du Rhône (CNR).

Le bras de fer continue donc entre la Commission européenne et la France mise dans l'obligation d'ouvrir les concessions hydroélectriques à la concurrence et d'exclure des appels d'offres l'opérateur historique EDF. Ce n'est là que la conséquence de la libéralisation des marchés de l'énergie et la transposition en droit français de la directive sur l'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence. Depuis 2004, EDF n'est plus un établissement assurant un service public, mais une société anonyme. C'est donc l'obligation de mise en concurrence qui s'applique.

«fausse bonne idée»

Dans la région Occitanie, qui représente le 2e plus grand parc hydraulique de France, cette «privatisation» interpelle forcément les collectivités. «Si on a aujourd'hui l'énergie la moins chère d'Europe, c'est parce qu'on a mis les moyens. Si on privatise, nous perdons les leviers qui nous permettaient de préserver cette richesse», poursuit Jean-Louis Chauzy.

Pour tenter de garder un pied dans la gestion future des barrages, la France a proposé la mise en place de société d'économie mixte (SEM) où les collectivités seraient actionnaires à la hauteur maximale de 34 %. Mais, pour le président du Ceser qui n'a toujours pas digéré la cession de l'Aéroport Toulouse Blagnac aux Chinois, cette SEM est une «vraie fausse bonne idée.» «L'exemple d'ATB dont la gestion de la concession a été attribuée en décembre 2014 par l'État au consortium chinois Symbiose, propriété de l' État chinois, montre que les collectivités ont été dépossédées de leurs prérogatives alors qu'elles sont actionnaires à 40 %», ajoute -t-il, persuadé qu'un groupe étranger, fût-il chinois, canadien ou norvégien, sera plus préoccupé d'engranger des «royalties» sans se soucier des enjeux économiques et environnementaux et, plus encore de dialogue territorial avec les collectivités.


Occitanie, le 2e parc hydraulique

Les négociations entre la France et la Commission européenne concernant l'ouverture à la concurrence des barrages n'ont toujours pas abouti. Jean-Louis Chauzy a demandé par courrier à François Hollande de «ne pas céder». En Occitanie, la production des barrages représente 5 394 mégawatts. C'est le 2e parc hydraulique français derrière Auvergne Rhône-Alpes. Hormis les barrages pyrénéens, existe aussi le complexe hydroélectrique Dordogne -Truyère qui représente plus de 15 % du parc national.

Rédigé par jojo

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