Une production électrique renouvelable avant tout hydraulique

Publié le 21 Septembre 2016

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Une production électrique renouvelable avant tout hydraulique

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Hydroélectricité en France
Barrage de Lanau sur la Truyère, rivière du Massif central (©EDF-Maxime Authier)

La 7e édition du Panorama de l’électricité renouvelable, publiée la semaine dernière(1), révèle que les énergies renouvelables ont « couvert »(2) 26% de la consommation électrique française au 2e trimestre 2016. C’est en très grande partie à l’hydroélectricité qu’elles doivent cette contribution.

L’hydroélectricité en France : plus de 60% de la production renouvelable d’électricité

En France, la production électrique repose principalement sur deux filières : le nucléaire qui compte pour plus des trois quarts de cette production (76,3% en 2015) et l’hydraulique dont la part avoisine ou dépasse 10% du mix chaque année. Entre juin 2015 et juin 2016, les centrales hydroélectriques ont généré 60,6% de la production électrique d’origine renouvelable en France selon la dernière édition du Panorama de l’électricité renouvelable (publiée par les gestionnaires de réseaux RTE et Enedis, le Syndicat des énergies renouvelables et l’Association des distributeurs d’électricité en France).

La production hydroélectrique fluctue naturellement en fonction de la pluviométrie(3). Elle a fortement augmenté durant le 2e trimestre 2016 grâce à une hausse des précipitations (+15,5% par rapport au 2e trimestre 2015) et atteint 19,15 TWh sur cette période. Au mois de juin 2016, la production hydraulique renouvelable a couvert à elle seule près de 20,8% de la consommation française d’électricité brute selon le Panorama de l’électricité renouvelable.

Une puissance hydroélectrique stabilisée depuis les années 1990

La forte contribution de l’hydraulique dans de nombreux mix électriques nationaux est couramment sous-estimée par rapport à celles de l’éolien et du solaire photovoltaïque dont la croissance rapide des parcs suscite une forte attention.

En France, de nombreuses centrales hydrauliques ont déjà été installées dans les sites les plus favorables (cours d’eau, massif montagneux, faible densité urbaine, etc.)(4). Après 40 ans de forte croissance, la puissance du parc hydroélectrique s’est ainsi relativement stabilisée autour des années 1990 et évolue désormais faiblement (+ 38 MW entre juin 2015 et juin 2016). Le potentiel hydraulique restant en France devrait être valorisé dans le domaine de la « petite hydroélectricité », un appel d’offres dédié ayant notamment été lancé en avril 2016.

Au 30 juin 2016, la puissance totale raccordée du parc hydraulique en France métropolitaine a atteint 25 468 MW, ce qui constitue plus de la moitié des capacités renouvelables raccordées au réseau électrique à cette date. En outre, les centrales hydrauliques présentent l’intérêt par rapport aux autres unités de production renouvelables d’avoir une production plus prévisible et modulable (et donc un facteur de charge bien supérieur).              

Un parc adapté pour pallier l’intermittence des autres renouvelables

Les centrales hydrauliques, qui disposent de réservoirs d’eau plus ou moins importants en fonction de leur type (au fil de l’eau, éclusées, centrales lacs), permettent d’augmenter très rapidement la production électrique en cas de besoin, contrairement aux sources intermittentes (éolien et photovoltaïque) dont la production n'est pas forcément corrélée à une demande.

Les centrales de type « STEP » (stations de transfert d’énergie par pompage) permettent en plus de stocker d’importants volumes d’électricité. Pour rappel, ces centrales, constituées de 2 réservoirs situés à des altitudes différentes, peuvent pomper de l’eau vers le bassin supérieur lorsqu’il faut stocker de l’électricité (en excédent sur le réseau) et turbiner cette eau vers le bassin inférieur lorsqu’il faut produire de l’électricité pour satisfaire une hausse de la demande(5).

Le parc hydroélectrique constitue ainsi un outil essentiel dans la gestion de l’équilibre sur le réseau entre production et consommation d’électricité. Cet équilibre qui doit être maintenu en permanence est plus complexe dans le contexte d'une pénétration croissante d’électricité intermittente.

Une forte dynamique de croissance de l’éolien et du solaire

Au 2e trimestre 2016, le Panorama de l’électricité renouvelable fait état d’un niveau record de 728 MW de nouvelles unités de production renouvelables raccordées au réseau, dont 52,6% concernant des éoliennes et 23,1% des unités photovoltaïques(6). A fin juin 2016, les parcs éolien et photovoltaïque raccordés au réseau électrique métropolitain ont respectivement atteint 72% et 64,2% des objectifs nationaux de puissance fixés par le ministère à l'horizon 2018(7).

Pour rappel, la loi de transition énergétique pour la croissance verte, adoptée à l’été 2015, fixe parmi ses objectifs de porter la part des énergies renouvelables à 40% de la production électrique d’ici à 2030 (contre 16,3% en 2015). Signalons également à nouveau que l’électricité ne constitue qu’une faible part de l’énergie totale consommée en France. Selon les dernières données publiées cet été par le ministère en charge de l’énergie, les énergies renouvelables ont compté en 2015 pour 14,9% de l’ensemble de la consommation finale d’énergie française.   

Parc électrique renouvelable de la France en 2016

L'énergie hydraulique génère l'essentiel de la production électrique renouvelable en France malgré le développement rapide des parcs éoliens et photovoltaïques. (©Connaissance des Énergies)

 

Rédigé par jojo

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