La truite menacée par une pollution aux bactéries sur La Glaine

Publié le 23 Février 2017

La truite menacée par une pollution aux bactéries sur La Glaine

  • Les pêcheurs ont constaté les rejets d’effluents aux abords de La Glaine, provoquant une importante pollution aux bactéries.
    Les pêcheurs ont constaté les rejets d’effluents aux abords de La Glaine, provoquant une importante pollution aux bactéries. | Antoine Victot

Par Antoine VICTOT/Ouest-France.

La Glaine, une rivière à truites, située entre La Bazouge-du-Désert et Pontmain est menacé par une pollution aux bactéries. Tous les regards se tournent vers les rejets d’effluents de la laiterie voisine Sofivo.

La Glaine, sur le secteur Pontmain - La Bazouge-du-Désert est victime d’une pollution aux bactéries de type Sphaerolitus sp qui a détruit une bonne partie de la vie aquatique sur 1,5 km.

Plus d’oxygène

« Ces colonies de bactéries se développent lors d’apports réguliers d’effluents non traités très riches en matière organique », explique Richard Pellerin, technicien de la fédération d’Ille-et-Vilaine. Lundi après-midi, c’est en compagnie des associations de pêche de Landivy, Fougères et Louvigné-du-Désert, qu’il est venu constater la prolifération de ces « queues de mouton » gélatineuses qui forment des touffes sur tous les supports immergés. « Les pécheurs n’étaient pas forcément au courant de cette pollution. L’eau n’est plus oxygénée, elle est devenue stérile, il n’y a plus de vie, les poissons vont fuir le milieu », regrette le technicien pour qui il ne s’agit pas « d’une pollution accidentelle. »

L’État mis en cause ?

Si les fédérations de pêche ne veulent incriminer personne, tous les regards se tournent vers la laiterie Sofivo, située 300 mètres plus haut. Le site, une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) compte 110 salariés pour 67 000 tonnes de poudre de lait produites en 2016. Les pêcheurs avaient déjà lancé l’alerte en 2014. Des aménagements avaient été engagés. Insuffisant ? « Nous souhaitons interpeller la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), qui est en charge de ces entreprises. Nous estimons qu’il y a un certain laxisme de leur part », grognent les techniciens bretilliens et mayennais. La situation frontalière entre deux Régions ne favorise peut-être non plus pas l’action de l’État.

 

« Est-ce que la station d’épuration de Sofivo est bien dimensionnée ? Peut-être que le pilotage n’est pas adapté », s’interroge de son côté Joseph Boivent, maire de La Bazouge-du-Désert, et président du Syndicat Mixte de Production du Bassin du Couesnon. Un prélèvement est d’ailleurs effectué tous les mois 3 km plus bas par le syndicat, sans signalement alarmant pour l’instant « mais c’est forcément désagréable pour la qualité de l’eau », estime l’élu. Contactés, la DREAL et Sofivo n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Rédigé par jojo

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