Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Disparu depuis 1920, le saumon revient dans l’Orne

Publié le 10 Mars 2017

Disparu depuis 1920, le saumon revient dans l’Orne

Par Jennifer CHAINAY

 
ACTUALITÉ
Depuis le début du XXe siècle, le saumon, poisson migrateur, ne se montrait presque plus dans l’Orne. En cinq ans, plusieurs facteurs ont permis son retour en nombre, particulièrement en 2016.
 
 
 

Les pêcheurs normands avaient perdu l’habitude de taquiner le saumon atlantique depuis des années. Même s’ils ne peuvent pas s’y essayer tout de suite, son retour dans les rivières est prometteur. Et pour cause, le saumon a disparu des cours d’eau depuis 1920.

Début décembre, Gilles Petit, président de l’association de pêcheurs La Flérienne, a même pu en observer dans l'Orne, au Mesnil-Villement (Calvados). « Les conditions étaient exceptionnelles. J’ai pu apercevoir des individus de près d’un mètre de long, dans 30 cm d’eau très claire, étant donné qu’il n’a presque pas plu cet hiver. »

 

 

900 saumons en 2016

Après 18 mois en rivière, son lieu de naissance, le saumon atlantique regagne la mer où il part en zones de grossissement, au large des Îles Féroé par exemple. « Ils peuvent rester en mer un à trois ans, explique Gilles Petit, avant de remonter et de regagner leur rivière de naissance en avril-mai, pour se reproduire en décembre. »

 

Depuis 2009, une station de comptage a été aménagée à May-sur-Orne, sur l’Orne. Elle permet de connaître le nombre précis de poissons qui passent et de les observer grâce à une caméra. « Il y a cinq ans, 50 à 60 saumons avaient été recensés à la station », raconte le président de La Flérienne. Depuis, la fréquentation a largement augmenté, soit 450 en 2015, et 900 en 2016.

Cette augmentation s’explique par plusieurs facteurs. « Le premier, c’est la destruction ou l’aménagement avec des échelles à poissons de certains barrages par les Fédérations de pêcheurs en collaboration avec l’Agence de l’eau. Trois barrages ont été aménagés sur 5 km. » À savoir, le seuil du Bateau et de la Fouillerie au Mesnil-Villement, et le seuil de Danet, à Rapilly.

 

 
 
Gilles Petit (2e en partant de la gauche), entouré d’autres membres de La Flérienne. (Photo : Ouest-France)

 

« Au début du XXe siècle, la multiplication de barrages de plus en plus haut a entraîné la disparition de nombreux poissons migrateurs comme le saumon », ajoute Gilles Petit. Entraînant inexorablement une baisse du nombre de pêcheurs licenciés, faute de poissons. La meilleure qualité de l’eau est aussi la cause du retour des migrateurs. « Il y a eu une prise de conscience de la part des industries et des agriculteurs. Les comportements ont évolué et évoluent encore. » Ainsi, la reproduction des saumons est devenue plus efficace, expliquant en partie cette croissance du nombre d’individu.

Pour l’instant, la pêche au saumon atlantique n’est pas autorisée. « Il faut que la population se refasse. Mais ce sera peut-être possible d’ici deux ou trois ans si ça continue ainsi. Tous les feux sont aux verts pour ça. »

 
 

Les saumons filmés par Gilles Petit dans l’Orne. (Photo : capture d’écran)

Rédigé par jojo

Repost 0
Commenter cet article