Algues vertes. Une "cérémonie funèbre" pour la plage de la Grandville

Publié le 16 Août 2017

Algues vertes. Une "cérémonie funèbre" pour la plage de la Grandville

  • Un cercueil plein de souvenirs et anecdotes de la plage, avant l’invasion des algues vertes, a été déposé sur le sable.
    Un cercueil plein de souvenirs et anecdotes de la plage, avant l’invasion des algues vertes, a été déposé sur le sable. | Malik MIKTAR

Malik MIKTAR

Ce mardi, l’association Halte aux marées vertes a symboliquement enterré la plage de la Grandville, à Hillion, dans les Côtes-d’Armor, fermée depuis le 27 juin par arrêté municipal en raison des algues vertes. Le tout dans une mise en scène solennelle et théâtrale.

Le décor est vite planté. Un faux prêtre, un faux cercueil, des militants déguisés en cochons pour dénoncer l’agriculture intensive et plein d’autres accessoires. Ce n’est pourtant pas une pièce de théâtre qui avait lieu à Hillion (Côtes-d’Armor), ce mardi après-midi, mais une cérémonie funèbre organisée par des défenseurs de l’environnement.

On y a enterré symboliquement la plage de la Grandville. Cette dernière a été fermée par les pouvoirs publics qui, selon les militants sur place, ne veulent plus assumer la charge du nettoyage des algues vertes.

Publicite

Club Med Sant'Ambroggio

Découvrez le charme de la Corse du Nord avec Club Med jusqu'à -300€ / pers. 

++ Lire aussi : Algues vertes. Quatre plages fermées au public dans la baie de Saint-Brieuc

« Tu viens de succomber au gros mammouth de l’agrobusiness »

La cérémonie a commencé par une prise de parole de Yves-Marie Le Lay, militant de l’association Halte aux marées vertes, et écologiste : « Bienvenue à cette cérémonie funéraire de la plage de la Grandville. Comme vous avez pu le voir, le danger d’intoxication, résultant des marées vertes est, plus que jamais, présent. Désormais, chaque fois que vous creuserez le sable de cette plage, de l’hydrogène sulfuré s’en dégagera. Plus rien n’y vit », s’alarme-t-il.

Ont suivi quatre témoignages, dont le premier est un poème, lu par André Ollivro, coprésident de Halte aux Marées vertes. Après de longs vers, il a conclu, en parlant de la plage : « Tu viens de succomber au gros mammouth de l’agrobusiness. »

Après l’exposition des nombreux souvenirs, d’une plage et de sa nature idyllique, toutes ces photos, ces poèmes, ces témoignages, ont été mis dans un faux cercueil, descendus et déposés sur le sable. C’est la voix pleine d’émotion qu’André Ollivro a dit adieu à la plage de son enfance.

Une longue « bataille » qui ne fait que commencer

Au-delà de toute la mise en scène, tantôt grave, tantôt ironique, se cache un combat de longue haleine, que mène l’association Halte aux marées vertes. Suite aux nombreux décès et accidents, liés à la présence excessive d’algues vertes décomposées, l’association a décidé de faire de la sauvegarde de ce « patrimoine naturel », un objectif primordial. En témoigne la prochaine grande échéance, qui se déroulera le 19 octobre, avec le jugement, sur le fond, de l’affaire Morfoisse, par le tribunal des affaires sociales de Saint-Brieuc.

Thierry Morfoisse de 48 ans était décédé en 2009 à Binic, après avoir déversé des bennes d’algues vertes en décomposition. Ce jugement sur le fond, l’association et la famille ont mis toute leur énergie pour l’obtenir : « Le 19 octobre est une date essentielle pour notre combat, il faut que les gens viennent en nombre pour nous soutenir. »

++ Lire aussi : Côtes-d’Armor. Les algues vertes ont-elles tué Thierry Morfoisse ?

En parallèle, l’association compte attaquer sur le volet du préjudice écologique que ces réserves naturelles subissent puisque, selon Yves-Marie Le Lay : « On ne peut rivaliser avec la FNSEA sur le plan judiciaire, et le pénal demande une telle précision que sans dispositif de prise sanguine immédiate sur un corps, on ne pourra jamais prouver l’hydrogène sulfuré est la cause du décès. »

Cette représentation quasi théâtrale n’est donc que le premier acte d’un long feuilleton, qui se poursuivra sur le plan judiciaire et politique.

Rédigé par jojo

Repost 0
Commenter cet article