Normandie. La sécheresse recoupe la région en deux

Publié le 17 Août 2017

Normandie. La sécheresse recoupe la région en deux

  • La Normandie est coupée en deux : l’ex-Haute-Normandie est davantage touchée par la sécheresse que l’ex-Basse-Normandie.
    La Normandie est coupée en deux : l’ex-Haute-Normandie est davantage touchée par la sécheresse que l’ex-Basse-Normandie. | Photo d’illustration/archives Ouest-France

Xavier ORIOT.

On retrouve une ex-Haute-Normandie plus touchée, surtout la Seine-Maritime où le seuil de crise est atteint, et une ex-Basse Normandie qui l’est moins. Mais la vigilance et des restrictions sont de mise partout.

« C’est en Normandie une sécheresse historique comme on n’en avait pas connu depuis celle de 1976. Plus forte que celle de 1995. » Pour Marie-Laure Giannetti, de la délégation interservices de l’eau et de la nature (Dise) à Rouen, les pluies de ces derniers jours ne suffiront pas à recharger les nappes phréatiques. « Il faudra deux mois pour un retour à la normale des débits des cours d’eau. En octobre voire novembre. Et à condition que septembre ne soit pas sec. »

La pointe du Havre en crise

Une sécheresse qui coupe la Normandie en deux, comme avant la réunification. L’Est, l’Eure et, surtout, la Seine-Maritime, sont plus touchés que l’ouest, l’ex-Basse Normandie avec la Manche, épargnée. « 70 % de la Seine-Maritime est en alerte renforcée et en crise, confirme Marie-Laure Giannetti. La pointe de Caux Fécamp-Le Havre et une zone comprise entre Dieppe, Eu-Le Tréport et Neufchâtel-en-Bray sont les plus touchées, que ce soient les nappes souterraines ou les cours d’eau. Le centre du département l’est un peu moins, repassant du seuil de crise à celui d’alerte renforcée. »

La sécheresse est apparue dès janvier dans la pointe du Havre, avec un hiver sec. « Le débit des cours d’eau était déjà faible et le niveau des nappes phréatiques est resté très bas. Cela s’est généralisé à l’ensemble de la Seine-Maritime au printemps, en raison d’un déficit de pluies. »

La Seine-Maritime et l’Eure sont aussi davantage en situation de sécheresse que le reste de la Normandie, parce que les cours d‘eau s’écoulent sur le calcaire, contrairement à l’ex-Basse-Normandie où l’on est sur du granit. Dans l’ex-Haute Normandie, ce sont les nappes souterraines qui alimentent les cours d’eau. Dans la Manche, l’Orne et le Calvados, ils sont alimentés par des sources en surface. Il faut moins de pluies pour les recharger.

Dans toute la Normandie et surtout en Seine-Maritime, des arrêtés de restriction et d’interdiction, sur les secteurs en crise à la pointe du Havre et à Eu-Le Tréport-Neufchâtel ont été pris. Les arrosages, limités entre 20 h et 8 h, sont interdits dans les zones en crise notamment pour les grandes cultures et les golfs, chez les particuliers et dans les communes. Le lavage des voitures est interdit sauf dans les stations à haute pression équipées d’économiseur d’eau. Le remplissage des piscines est interdit (seule la remise à niveau est autorisée).

 

Les industries grandes consommatrices d’eau, comme la pétrochimie ou les raffineries dans la vallée de la Seine doivent prendre des mesures de réduction. « Des dérogations sont accordées au cas par cas, précise Marie-Laure Giannetti, notamment aux maraîchers, à l’agriculture fruitière et florale, aux pépiniéristes… » Les amendes peuvent aller jusqu’à 1 500 € en cas de récidive.

Rédigé par jojo

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