Travaux autour des barrages du sud-Manche : Vinci et Antéa France devant la justice

Publié le 3 Février 2018

Travaux autour des barrages du sud-Manche : Vinci et Antéa France devant la justice
Travaux autour des barrages du sud-Manche : Vinci et Antéa France devant la justice

Les barrages de la Sélune sont au coeur de l'actualité dans le sud-Manche. Vinci et Antéa France ont comparu devant le tribunal correctionnel de Coutances (Manche) mercredi 31 janvier 2018.

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A l'audience du mercredi 31 janvier 2018 du tribunal correctionnel de Coutances (Manche), les sociétés Vinci Construction et Terrassement, Antéa France et trois cadres de ces entreprises ont comparu pour atteinte à l'égalité des candidats dans les marchés publics.

L'affaire concerne la vidange des sédiments contaminés en amont des barrages hydroélectriques de Vezins et de la Roche-qui-Boit (Manche) sur la Sélune. La maîtrise d'œuvre est confiée à la société Antéa France qui doit rédiger le cahier des charges pour procéder à un appel d'offres.

Des doutes sur la régularité de l'attribution du marché

En avril 2016, un cadre de Vinci rend visite à un ancien collègue qui travaille désormais pour Antéa et se fait remettre un CD Rom contenant des informations techniques sur les travaux à venir. Ce document permet d'établir la répartition entre terrassement terrestre et terrassement nautique.

Le lundi 23 mai 2016, l'appel d'offres est lancé et le marché est attribué au groupe Vinci pour 24 millions d'euros. Le lundi 28 novembre 2016 de la même année, le préfet de la Manche envoie un courrier au procureur lui faisant part de ses doutes sur la régularité de l'attribution du marché, Vinci ayant produit un document qui n'était pas accessible au public.

L'affaire renvoyée en délibéré

Le procureur estime que la transmission de ce document a bien favorisé le groupe Vinci par rapport à la concurrence. Il requiert 500 000 € d'amende pour Vinci, 250 000 € pour Antéa et des amendes de 15 000 et 20 000 € pour les cadres.

Les avocats de la défense plaident la relaxe, ils affirment qu'il n'y a pas eu de favoritisme et estiment qu'il est légitime que le maître d'œuvre fournisse des informations techniques aux candidats dans la mesure où il n'y a pas distorsion de la concurrence. Le tribunal renvoie le délibéré au mercredi 14 mars 2018.

La question des barrages divise fortement l'opinion

Depuis les travaux d'extraction des sédiments ont commencé. En novembre 2017, le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot met fin à une longue polémique en décidant la destruction des barrages. Localement, cette décision est controversée et divise jusqu'aux écologistes.

Certains sont favorables au maintien d'une source d'énergie renouvelable, d'autres privilégiant la biodiversité en restaurant le fleuve dans son état naturel pour permettre aux saumons d'accéder à leurs lieux de ponte. Les barrages de la Sélune restent et resteront un sujet sensible sur le territoire.

Rédigé par jojo

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