Manche : la fin des barrages s'invite à la présentation du plan de prévention des risques d'inondations

Publié le 21 Juillet 2018

Manche : la fin des barrages s'invite à la présentation du plan de prévention des risques d'inondations
Manche : la fin des barrages s'invite à la présentation du plan de prévention des risques d'inondations

Le public était peu nombreux, mercredi 18 juillet 2018 au lycée agricole de Saint-Hilaire (Manche), pour assister à la réunion publique du PPRI.

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La présentation du Plan de prévention des risques d'inondations (PPRI) a parfois pris l'eau, mercredi 18 juillet 2018 à Saint-Hilaire-du-Harcouët (sud-Manche). En cause, les barrages et un vrai problème de sémantique lié à l'objet de cette réunion publique.

Il fallait s'y attendre, comme la veille à Saint-Laurent-de-Terregatte (sud-Manche), la question de l'arasement des barrages de Vezins et de La Roche-Qui-Boit a quelque peu électrisé l'ambiance, mercredi 19 juillet 2018 à Saint-Hilaire.

Gilles Traimond, sous-préfet d'Avranches, s'est employé à plusieurs reprises à recadrer la présentation sur l'objet initial de cette réunion d'information portant sur le projet du Plan de prévention des risques d'inondations (PPRI) du bassin de la Sélune. "Il n'y a pas de sujet interdit", a toutefois souligné le représentant de l'Etat, répondant à un riverain, fervent défenseur des barrages. Lequel a très largement insisté sur "l'utilité" de les conserver eu égard "aux changements climatiques", balayant, du même coup, "l'étude bidon du plan" de prévention des risques d'inondation qui en a été faite. "Le barrage permet au moins de laisser le temps à la population en aval d'évacuer en cas d'inondation (...) Vous avez du mépris pour cette population. Pourquoi veut-on faire abstraction des barrages ?", a-t-il lancé, exaspéré.

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"Je n'ai de mépris pour personne"

Il n'en a pas fallu plus à Gilles Traimond pour porter l'estocade, rappelant, malgré tout, que "l'on n'(était) pas ici pour faire un débat sur les barrages (...) qui seront de toute façon arasés" : "Je n'ai de mépris pour personne. Si je viens ici et si je vous parle, ce n'est pas parce que je vous méprise mais parce que je vous considère." Le sous-préfet a alors précisé que "ce PPRI (était) réalisé en fonction des risques pouvant raisonnablement exister. On parle de crue centennale, qui a donc une chance sur 100 d'arrivée chaque année". Il a aussi indiqué que "le PPRI n'(était) pas figé, (qu') il (pouvait) évoluer en fonction de l'aggravation reconnue et modélisé des risques."

Le dispositif Vigicrues

Quant aux barrages hydro-électriques, "ils n'ont pas été conçus pour éviter les inondations mais pour produire de l'énergie", a-t-il rappelé. Plus technique, Jean Kugler, directeur départemental des Territoires et de la Mer (DDTM), a alors poursuivi : "D'abord, on n'est pas sur une vallée où la dynamique des crues est de type torrentiel. Ensuite, il est vrai qu'une masse d'eau comme celle de la retenue de Vezins produit sur des crues un effet retard sur la pointe de crue en aval, qui va de deux à quatre heures dans 50 à 60 % des cas. Ceci dit, ces barrages n'ont pas été construits pour écrêter et retenir des volumes d'eau." Lorsqu'ils auront été arasés, le dispositif Vigicrues, qui enregistre déjà l'évolution des débits de la Sélune, sera l'outil de référence pour alerter en temps réel les autorités sur la montée des eaux et, de ce fait, anticiper "la mise à l'abri des populations et des biens".

Problème de sémantique ?

Il faut dire, enfin, que d'un point de vue sémantique, l'intitulé de "la présentation du projet de Plan de prévention des risques d'inondations (PPRI)" prêtait à confusion. D'aucuns s'attendaient, lors de cette réunion publique, à obtenir "un arsenal de réponses" sur l'adaptation de leur(s) maison(s) construite(s) depuis des décennies en zone inondable. Or, le PPRI repose avant tout sur une étude préventive, "afin d'éviter de construire sur ces zones sensibles", rappelle Erwan Blondel, chef de service DDTM. "Cela sert également à imposer à des propriétaires, dont les biens sont en zone rouge, l'aménagement de l'intérieur de leur maison pour plus de protection. Ce qui ouvre, de plein droit, à des subventions."

"Prévenir des risques"

Pour résumer, le PPRI est une étude conçue pour prévenir les futurs acquéreurs des risques et des surexpositions liés aux crues sur les 13 communes du périmètre identifié. "L'objectif est aujourd'hui de réduire la vulnérabilité aux risques, ainsi que le coût sociétal, en réglementant l'occupation du sol dans les zones inondables", définit, cette fois clairement, Erwan Blondel dont la présentation a, ce soir-là, parfois pris l'eau

La Manche Libre

Rédigé par jojo

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