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Lac de VEZINS - EUTROPHISATION ou NON ?

Publié le 3 Septembre 2018

15 août 18

Lac de VEZINS - EUTROPHISATION ou NON ?

Le Grand lac - A

 

ECOLOGIE NORMANDE au plus proche des agriculteurs de la SELUNE. 

Je crois que dans ce dossier de VEZINS, nous aurons eu droit à toutes les facéties imaginables et imaginaires. En fait, nous avons appris que le groupuscule des "pro-arasement" envisageait de faire circuler une note qui consisterait à annihiler toutes les justifications de ceux qui, comme nous, sont et resteront favorables au maintien des barrages. 

C'est pour cela qu'ECOLOGIE NORMANDE a décidé d'intervenir par cet article en forme de pré-réponse à ces derniers. 

 Ce qu'est l'eutrophisation : C'est l'apparition d'un verdissement des eaux, au printemps et en été, sur les abords des lacs et des étangs aux eaux calmes ou stagnantes, combiné avec un manque d'ensoleillement. Elle se traduit par une prolifération d'algues vertes dès lors où la concentration en phosphore devient trop élevée (v. CNRS). 

La cause : Elle est d'ordre anthropique; plus exactement à cause des apports trop importants de phosphore et d'azote (nitrate NO3) qui entrainent  une explosion du développement des végétaux aquatiques. Les facteurs limitants potentiels sont la lumière et la température extérieure. L'hydrodynamique des eaux joue un rôle important dans l'évolution de ce phénomène. En clair, plus une eau circule, moins on court le risque d'eutrophisation. En cela, si l'hydrodynamique à VEZINS est trop faible, cela est uniquement dû à des turbinages irréguliers ou insuffisants, limitant ainsi la circulation des eaux à celle du débit initial de la Sélune. Il nous faut toutefois ajouter que, selon des spécialistes de ce phénomène, la biomasse maximale d'algues vertes est proportionnée à la quantité d'azote disponible. 

Ces proliférations d'algues vertes ont des conséquences sanitaires, environnementales, paysagères et touristiques, auxquelles s'ajoutent les conséquences économiques liées au coût du ramassage de ces algues et des épandages sur les terres agricoles...en attendant une utilisation industrielle en cours de recherche.  

Les conséquences :  En milieu trop "calme" le risque encourru serait de voir les couches profondes s'appauvrir en oxygène et, par ce fait, voir les bactéries aérobies remplacées par des bactéries anaérobies entraînant alors des dégagements gazeux (sulfure d'hydrogène, méthane ou ammoniac) provoquant alors une destruction des espèces végétales de fond. Ce qui n'est assurément pas le cas du lac de VEZINS. Les spécialistes que nous avons rencontrés sont unanimes à nous affirmer que le phosphore est le facteur limitant du développement végétal aquatique. Ce qui revient à dire que s'il y a eutrophisation trop importante, à certains endroits du lac, c'est qu'il y a un dérèglement des apports en amont que le lac, à lui seul, ne pourrait encaisser mais qu'il serait alors indispensable de parvenir à solutionner les phénomènes conjugués que sont les ruissellements et les drainages des sols cultivés aux alentours.

Le phosphore agricole est peu mobile dans le sol, donc pratiquement pas de pollution des nappes, mais il y a un risque de ruissellement après des épandages hivernaux de lisier de porc. 

Lutter contre l'eutrophisation : L'ensemble des communes jouxtant la vallée de la Sélune étant classé en zone vulnérable nitrates, il appartient donc à la Chambre d'agriculture de veiller aux dispositions de la Directive Nitrates, qui sont connues de tous. ECOLOGIE NORMANDE précise que son action va dans le sens global et collectif à côté des agriculteurs lesquels ont le même intérêt que nous de voir les eaux de surface et phréatiques parfaitement assainies pour une durabilité certaine. D'un autre côté, il semble opportun de considérer que le maintien du lac de VEZINS est prioritaire dès lors où la sécheresse sévit dans notre région de plus en plus souvent déficitaire. Une lettre a été adressée, le 9 août 2018, à Mme Christiane LAMBERT, Présidente de la FNSEA, pour lui faire part de notre soutien sans faille sur son projet de réserves d'eau douce qu'elle a émis de ses voeux récemment dans une intervention sur Europeet, par la même occasion, lui demander rendez-vous pour en parler. 

Conclusion : Si l'on supprime les lacs de Vezins et LRQB en prédisant lutter contre l'eutrophisation, on se trompe gravement de diagnostic et l'on trompe le citoyen car la source de ce mal resterait intacte. En effet, la Sélune et ses affluents resteraient porteurs des micro-algues génératrices de pollution et de destruction de la biodiversité, tant que le mal ne sera ni détecté ni éradiqué à sa source et dans le respect des convenances des agriculteurs eux-mêmes. Nous rappelons toutefois que la Directive nitrates fait partie de la liste des obligations règlementaires applicables au titre de la conditionnalité des aides de la PAC (document Chambres d'Agriculture) et qu'elle a fixé la limite de l'épandage d'azote provenant des effluents d'élevage à 170 kg/hectare et par an. Ce qui justifie pour l'eau potable un taux maxi de 50 mg/litre de NO3. C'est en cela que nous devons tous être vigilents.

Nous disons que la suppression de la réserve d'eau des barrages engagera à coup sûr, dans les proches années, toute la filière agricole de ce sud Manche. C'est aussi pour cela que nous nous tiendrons en permanence aux côtés des agriculteurs. 

Pierre JUHEL (**)

 

(**) > Président d' ECOLOGIE NORMANDE

        > Ingénieur méthodes BTP

        > ex Commissaire-enquêteur TA de Caen (7 ans)

           (enquêtes ICPE en milieu agricole et urbanisme) 

Rédigé par jojo

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