« Il est possible d’inventer de nouvelles manières de vivre avec le risque d’inondation »

Publié le 26 Octobre 2018

« Il est possible d’inventer de nouvelles manières de vivre avec le risque d’inondation »

Fort de son expérience à Romorantin, où il a travaillé au réaménagement d’un quartier en zone inondable, l’architecte Eric Daniel-Lacombe préconise dans une tribune au « Monde » plusieurs principes d’action pour la vallée de l’Aude.

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A Trèbes (Aude), le 15 octobre 2018.

Tribune. Les inondations catastrophiques dans l’Aude, qui ont fait quatorze morts et plus de soixante-dix blessés depuis le 15 octobre, obligent à réfléchir aux mesures de prudence à envisager pour l’avenir. Il faut se préparer à de nouvelles inondations en organisant les secours, l’aide aux populations qui en subissent les conséquences et l’anticipation des dommages. Ceux-ci se déclinent en trois temps : le surgissement du drame qui frappe les esprits ; l’attente du retrait des eaux, un temps crucial pour sauver des vies et restaurer la confiance ; la lente reconstruction de la vie et des infrastructures.

 

A la fascination qu’exerce le premier temps succède l’oubli dans lequel sont plongés le second et le troisième temps. La destruction des infrastructures de transport d’énergie, des routes et des ponts, ainsi que celle des systèmes d’assainissement ont des effets dévastateurs sur des populations fragilisées, sur leur santé et leur économie. Face à l’angoisse collective, il semble intuitivement évident qu’il faudrait élever des digues de protection, interdire les nouvelles constructions et exiger que l’Etat s’en charge. Ainsi, par un coup de baguette magique, tous les risques seraient supprimés.

Vigilance endormie

Il y a certes des digues qui sont utiles, et des mesures d’interdiction de construire raisonnables. Mais, dans beaucoup de cas, les digues endorment la vigilance des habitants et créent des événements terribles quand elles cèdent. Quant aux mesures d’interdiction, elles sont faciles à prendre, mais quelquefois difficiles à faire respecter, contribuant ainsi à l’affaiblissement du respect pour l’intérêt général et à la multiplication des incivilités.

Déclarer zone inondable des villages anciens rend les maisons invendables et oblige les habitants à y rester, en leur interdisant de construire des protections, au risque de leur faire perdre toute confiance dans les pouvoirs publics. Cela ne semble...

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A Trèbes (Aude), le 15 octobre 2018.
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Rédigé par jojo

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