Les barrages du sud-Manche - La Roche qui Boit et Vezins - font-ils office de protection contre les petites crues⛈ ?

Publié le 29 Janvier 2019

🌧⛵️ ARTICLE LA MANCHE LIBRE ⚓️ 🌧:https://www.lamanchelibre.fr/actualite-654205-manche-les-ba… Les barrages du sud-Manche - La Roche qui Boit et Vezins - font-ils office de protection contre les petites crues ?C'est ce qu'affirme l'association "Entre Lac et Mer" qui a retrouvé plusieurs articles de journaux sur les inondations de la basse vallée de la Sélune avant la construction des barrages."Bernard Pinel, ancien élu du territoire, a accepté de proposer au sénateur Philippe Bas que nous l'accompagnions pour présenter les résultats déjà acquis qui confirment que depuis un siècle ces deux ouvrages d'art jouent bien le rôle de protection contre les inondations associées aux "petites crues", explique Willy Fauchon, président de l'association "Entre lac et mer". L'association a mis la main sur deux articles que "l'Avranchin" avait publiés en 1847 et 1861. Ils rapportent de nombreux cas d'inondations, parfois tous les ans.
📜Année 21/02/1847
Un événement qui rappelle les malheurs de la Loire est arrivé à Ducey
Dans la nuit du 15 au 16 de ce mois, le nommé PIGEON Guillaume, meunier au village de La Roche, se tenait avec sa femme dans la partie de son moulin lui servant de cuisine et de chambre à coucher, quand vers huit heures du soir, la femme PIGEON, effrayée des craquements qui se font entendre par intervalles, fait part à son mari de ses craintes ; ce dernier fait bon feu et, à l'aide d'une chandelle il s'aperçoit que les soliveaux quittent les murs, et que le pignon a perdu son aplomb « Sauvons-nous s'écrie-t-il, nous sommes perdus. » Mais où fuir ? La Sélune formant un véritable lac qu'il fallait traverser dans une étendue de 75 mètres pour arriver à la terre ferme, et s'était creusé, au devant du Moulin, un nouveau lit où roulait un torrent de 10 mètres de largeur. Le danger est imminent, dans cette extrémité, ils courent se blottir dans la trémée. Vingt secondes après, un bruit semblable au tonnerre leur annonce que leur mobilier est détruit, broyé sous les murs et la charpente.
Quelle affreuse situation ! Quelles sinistres pensées ! Trois morts à redouter ! Il revient à l'esprit de ces malheureux que la paille qu'ils avaient dans les greniers et celle de la couverture vont s'enflammer au feu qu'ils ont fait quelques instants avant. Vont-ils être écrasés par la poutre qui reste suspendue sur leur tête ? Pour échapper à ces deux genres de mort, vont-ils fuir ? Mais par où, et comment ? Toute issue est fermée ; un amas de décombres remplace les portes brisées, et quand même un lac … un torrent … une nuit.....nuit affreuse... et avec le jour, l'espérance luira-t-elle pour ces deux infortunés ? Les habitations les plus rapprochées sont distantes de 250 mètres et leurs habitants ne sont appelés vers eux par aucun besoin. A défaut et besoin la curiosité inquiète, passant par là, apprend leur position et la fait connaître. Aussitôt des secours s'organisent, et sont dirigés en toute hâte sur le lieu du sinistre. Le bateau qui doit servir au sauvetage est à peine déchargé de la voiture que M. François CHAMPION le monte en compagnie d' Henri PHILLIPEAUX. Après avoir lutté contre un courant rapide, dans un trajet de plus de 100 mètres, ils arrivent enfin en face des restes du Moulin. Mais un torrent est là.... reculer ? L'irrésolution même est étrangère à M. CHAMPION et son compagnon l'a compris ; encore un effort... et peut-être.... une seconde après, la frêle embarcation sombre ; les hommes disparaissent et roulent dans le précipice, et sont lancés par le torrent dans la prairie voisine, après avoir franchi une haie de plantards d'un mètre, nouvellement taillés à une hauteur de 50 centimètres.
Quelle anxiété pour les spectateurs ! Quelles angoisses pour l'amitié !
Enfin ils reparaissent, PHILLIPEAUX resaisit les cordages du bateau, revient à la nage sur la haie qu'il vient de franchir si violemment et là il s'accroche à un petit arbre, tandis que
M. CHAMPION résiste au courant dans la même position ; rien ne les décourage. Ils s'excitent et après avoir amarré leur bateau ils le vident avec une main, tandis qu'ils se tiennent avec l'autre. ( Ils avaient perdu pelles et avirons)
Ils parviennent à lancer une corde que PIGEON saisit et qui se son réduit, attire le bateau, alors monté par PHILIPPEAUX.
Bientôt on voit paraître, par une ouverture de 50 centimètres à peine, la femme PIGEON, elle glisse suspendue le long du mur et retenue par son mari, qui, un instant après, arrive près d'elle dans le bateau.
L'amarre est rompue, le batelet est parti Grand Dieu ! Vont-ils être entrainés par le courant dans la Sélune ? Alors plus d'espoir ! Vont-ils chavirer sur les plantards où le flot semble les pousser ? Quelle affreuse alternative ?
Par un mouvement de rotation que PHILIPPEAUX fait exécuter à temps au bateau, le passage est franchi.
Ils sont sauvés ! Tout le monde respire.
Ducey le 19 Février 1847

📜02/05/47
Par arrêté du 24 Avril 1847, M. le Préfet de la Manche a, sur la proposition de M. le Sous-Préfet d'Avranches, accordé une gratification de 100 francs à titre de récompense, au Sieur PHILIPPEAUX de Ducey, pour la belle conduite et le généreux dévouement qu'il a montrés dans la nuit du 15 au 16 Février, en opérant le sauvetage des époux PIGEON, dont l'habitation avait été détruite par les inondations de la Sélune.
M. le Préfet, en annonçant cette récompense, exprime le regret que la situation des fonds remis à sa disposition pour belles actions ne lui ait pas permis de la porter à un chiffre plus élevé, et fait connaître en même temps qu'il a demandé une médaille d'honneur en argent pour le Sieur CHAMPION, qui a partagé avec le Sieur PHILIPPEAUX tous les dangers de ce périlleux sauvetage et qui a déjà accompli plusieurs actes de courage.
📜21/11/47
M. CHAMPION François, Officier des Sapeurs-Pompiers à Ducey s'est vu remettre une médaille en argent de 2ème classe, pour avoir dans la nuit du 15 au 16 Février 1847, sauver deux personnesqui auraient péri sous les débris de leur maison, emportée par le débordement de la Sélune.

📜14/07/1861
Toute la plaine formant le bassin de la Sélune, entre Saint-Hilaire et Ducey, est submergée. Le eaux tombées, particulièrement lundi dernier, en très grande abondance ont fait déborder cette rivière, qui, en temps ordinaire, coule à pleins bords et qui dans cette circonstance, augmentée encore d'un volume d'eau considérable, a bientôt submergé les prairies voisines et transformé la plaine en un immense lac.
La violence du courant était telle, à un moment qu'un petit pont en bois, construit sur la Sélune, entre Vezins et Saint-Laurent-de-Terregatte, a été brusquement emporté, que le Vieux Pont de Ducey lui-même encore très solide, battu par des flots furieux, menaça aussi d'être démoli. Cependant, la pluie cessant, le courant s'apaisa, et l'eau trouvant à s'étendre perdit de sa puissance. Aujourd'hui le niveau des eaux s'est abaissé. De place en place on aperçoit quelques monticules de verdure surnageant comme des îlots et dans d'autres endroits on voit flotter la crête des herbes qui se découvrent. Le dommage causé par cette inondation est malheureusement trop appréciable. Plusieurs cultivateurs éprouveront un préjudice relativement considérable. Une grande quantité de foin étaient coupés et réunis en meules, d'autres étaient déjà bottelés, quand le torrent a tout envahi, et ils ont été bientôt emportés par le courant. Il s'en est arrêté au barrage du Moulin de Saint-Laurent-de-Terregatte une assez grande quantité qui a pu être recueillie. N'empêche que la perte sera toujours trop grande, les foins qui ne sont pas encore coupés, s'ils ne sont pas totalement perdus souffriront au moins considérablement su séjour prolongé des eaux.
Il n'est pas de remède possible à ce malheur, il faut se résigner. Seulement il serait désirable que le Gouvernement de l'Empepeur, qui veille avec sollicitude à la sauvegarde de tous les intérêts généraux, fit quelque chose pour prévenir le retour possible de pareils désastres. Quelques travaux pour creuser le lit de la Sélune qui dans une partie de son cours n'est pas suffisamment profond, paraitraient indispensables.

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-654205-manche-les-ba…

L’image contient peut-être : une personne ou plus
L’image contient peut-être : plein air et eau
L’image contient peut-être : texte
Aucune description de photo disponible.
Aucune description de photo disponible.
 
 
 

Rédigé par jojo

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article