Manche : les barrages du sud-Manche, protection contre les petites crues ?

Publié le 30 Janvier 2019

Manche : les barrages du sud-Manche, protection contre les petites crues ?
Manche : les barrages du sud-Manche, protection contre les petites crues ?

Le pont de Ducey (sud-Manche) qui enjambe la Sélune lors d'inondations le mardi 22 janvier 2018.

- Jean-Christophe Legrand
Le
Par : Nicolas Thomas

Les barrages du sud-Manche - La Roche qui Boit et Vezins - font-ils office de protection contre les petites crues ?C'est ce qu'affirme l'association "Entre Lac et Mer" qui a retrouvé plusieurs articles de journaux sur les inondations de la basse vallée de la Sélune avant la construction des barrages. 

L'association "Entre lac et mer" qui sensibilise au maintien des barrages hydroélectriques du sud-Manche - dont l'arasement crée la polémique - a demandé aux habitants de la basse vallée, de Ducey à Pontaubault, de retrouver des preuves de ce qu'étaient les inondations de la Sélune au XIXe siècle, avant la construction par Albert Caquot des deux ouvrages de la Roche-qui-Boit et de Vezins.

Réunir des preuves

"Bernard Pinel, ancien élu du territoire, a accepté de proposer au sénateur Philippe Bas que nous l'accompagnions pour présenter les résultats déjà acquis qui confirment que depuis un siècle ces deux ouvrages d'art jouent bien le rôle de protection contre les inondations associées aux "petites crues", explique Willy Fauchon, président de l'association "Entre lac et mer". L'association a mis la main sur deux articles que "l'Avranchin" avait publiés en 1847 et 1861. Ils rapportent de nombreux cas d'inondations, parfois tous les ans.

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"La violence du courant était telle"

Voici un extrait de l'Avranchin du 4 juillet 1861 : "Toute la plaine formant le bassin de la Sélune, entre Saint-Hilaire et Ducey, est submergée. Les eaux tombées, particulièrement lundi dernier, en très grande abondance ont fait déborder cette rivière, qui, en temps ordinaire, coule à pleins bords et qui dans cette circonstance, augmentée encore d'un volume d'eau considérable, a bientôt submergé les prairies voisines et transformé la plaine en un immense lac. La violence du courant était telle, à un moment qu'un petit pont en bois, construit sur la Sélune, entre Vezins et Saint-Laurent-de-Terregatte, a été brusquement emporté, que le Vieux Pont de Ducey lui-même encore très solide, battu par des flots furieux, menaça aussi d'être démoli."

Un paysage plus urbanisé qu'il y a deux siècles

"Si ces barrages sont supprimés sans autre forme de procès, la situation redeviendra à peu près celle-là, encore aggravée par la suppression de nombreux talus, le goudronnage de chemins et surtout par l'implantation dans la basse vallée d'équipements, habitations, commerces, activités agricoles et industrielles, explique Willy Fauchon. Ces biens et ces emplois se sont développés grâce à la protection contre les inondations dont personne n'imaginait qu'elle pourrait ne pas être durable. Que ferait l'Etat propriétaire des barrages en préalable à leur suppression s'il confirmait cette intention ?"

Pour contribuer à consolider le dossier qui préconise le maintien des barrages, l'association "Entre lac et mer" poursuit sa demande de continuer à partager les images, photographies familiales, cartes postales, articles, illustrant ce qu'étaient les petites inondations au XIXe siècle dans la basse vallée, de la Roche-qui-Boit à Pontaubault.

Contact. Rendez-vous sur la page Facebook de "Entre lac et mer"

Rédigé par jojo

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Candice 31/01/2019 01:30

Très bel article, très intéressant et bien écrit. Je reviendrai me poser chez vous. A bientôt.

jojo 09/03/2019 05:47

bonjour

merci de soutenir nos barrages