UN ANCIEN RESPONSABLE DES RISQUES DE FRANCE đŸ‡«đŸ‡·S'EXPRIME SUR LE BOUT DU MONDE🌍 SĂ©lune :

Publié le 23 Février 2019

UN ANCIEN RESPONSABLE DES RISQUES DE FRANCE đŸ‡«đŸ‡·S'EXPRIME SUR LE BOUT DU MONDE🌍 Sélune :" il ne faut surtout pas que les « crues centennales » fassent oublier les « petites crues » !"
L’enquête publique sur le « Plan de Prévention des Risques d’Inondation » de la Sélune (PPRI) qui vient
de se terminer remet en lumière une confusion dont les conséquences peuvent être redoutables : ici
comme ailleurs, le PPRI cherche à définir des servitudes correspondant à la « crue centennale » alors
que l’inquiétude des habitants porte sur les conséquences des « petites crues » qui se produisaient
tous les ans ou tous les cinq ans avant la création des deux barrages. Et la suppression des barrages
ne changerait sans doute pas grand-chose pour la crue centennale mais conduirait forcément pour les
« petites crues » au retour des inondations qui marquaient gravement la basse vallée jusqu’au XXème
siècle.
Comment expliquer que le PPRI fasse oublier les « petites crues » ?

Les débats sur la Sélune et l’avenir des barrages ont depuis des années mobilisé l’attention sur les
différentes dimensions de la biodiversité – et notamment les saumons - ou sur l’hydroélectricité. Les
questions de réserve d’eau douce, de prévention des pollutions ou de soutien d’étiage ont longtemps
occupé une place plus faible ; quant au risque d’inondation à l’aval, on en a bien peu parlé , au point
que l’information transmise aux ministres et secrétaires d’Etat successifs ait toujours été « ces
barrages ne jouent pas de rôle là-dessus ». Qu’il s’agisse de Nathalie Kosciusko, de Chantal Jouanno,
de Ségolène Royal, de Nicolas Hulot ou de François de Rugy, que leur position globale ait été favorable
ou opposée à l’arasement des barrages, la question des inondations associées aux petites crues
n’apparaît pas dans leurs réponses parce que personne ne les a alerté(e)s. Ainsi, interrogée à
l’Assemblée sur « inondations », Delphine Batho répond en janvier 2013 à G.Huet «Sur le plan du
risque inondation, les investigations conduites par mes services ont permis de démontrer que
l'effacement des ouvrages de la Sélune n'aura pas d'effet notable sur les crues les plus importantes
puisque les ouvrages actuels ne font que retarder les crues sans en modifier l'ampleur. » Ce type
d’affirmation va faciliter le glissement vers la négation totale de l’impact qu’aurait l’arasement sur le
risque d’inondation, abus grave puisque le risque concerne surtout les « petites crues » et pas la crue
centennale… Les bureaux d’étude comme les administrations utilisent des formules très codées
comme « l'effet des retenues telles que gérées actuellement… » : pour les « petites crues »,
les dimensions du lac permettent assurément de supprimer l’inondation à l’aval si la prévision est
bonne et si la capacité de stockage est bien utilisée…

Il est souvent rappelé que ces barrages n’ont pas été créés pour réguler les crues et que c’est la
valorisation de l’électricité qui a financé leur réalisation : l’imbrication entre les règles de gestion des
vannes, la valorisation de l’énergie et la prévention des inondations a été largement occultée…
Aujourd’hui, le sujet est urgent et il ne faudrait pas que l’adoption du PPRI puisse le faire oublier et
paraisse autoriser l’engagement d’actions comme le démontage d’équipements sans lesquels la
fonction de régulation des « petites crues » sera impossible. Imagine-t-on qu’un an après un tel
démontage se produise une crue comme celle de janvier 2018 : qui assumerait alors les conséquences
des inondations à l’aval, en particulier pour les constructions et activités développées entre Ducey et
Pontaubault ? A qui demandera-t-on des comptes ? Il sera bien tard pour s’apercevoir que ce risque
avait été oublié , occulté par la centaine d’années où la protection contre ces crues était assurée
« gratuitement » par les barrages !

Que faire ?
Une hypothèse serait que la juridiction administrative demande une remise à plat réelle du
dossier « inondations » avant de statuer sur le projet de suppression de Vezins qu’elle va devoir
entériner, modifier ou annuler: ce serait dans le droit fil du jugement « études peu convaincantes »
formulé brutalement par les inspections générales en mars 2015. Il peut bien sûr être tentant de
chercher à « prendre de vitesse » une telle hypothèse et les appels prévisibles mais un passage en
force serait mal ressenti !
Un autre schéma serait que l’Etat propriétaire et gestionnaire du barrage reconnaisse qu’il doit exclure
de mettre hors service son rôle de protection contre les crues sans avoir au préalable réalisé ou fait
réaliser les travaux alternatifs devenus nécessaires pour résister à une « petite crue » : il s’agira par
exemple de modifier les réseaux et installations électriques des habitations/commerces/équipements
, de changer l’utilisation des sous-sols et rez-de-chaussée voire de déplacer certaines activités: ceci
imposera de garder en l’état le barrage et ses équipements pendant quelque 2 ans et de financer les
travaux sur un budget Etat à identifier .

En toute hypothèse, il serait très dangereux de laisser croire que les « crues centennales » puissent
faire oublier la nécessité de répondre à la question des « petites crues » ou que le propriétaire d’un
« ouvrage de protection » puisse paraître chercher à s’exonérer des conséquences de ses décisions.

https://www.facebook.com/philippe.vesseron/posts/10205527521185256

 
 
 
 
 
 
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Rédigé par jojo

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