« NE PAS OUBLIER LES PETITES CRUES » de la Sélune

Publié le 4 Mars 2019

 

« NE PAS OUBLIER LES PETITES CRUES » de la Sélune

 

Délégué au risque majeur au ministère de l'Ecologie de 1996 à 2003, Philippe Vesseron interpelle les pouvoirs publics sur les risques des petites crues en aval de Sélune après l'arasement des barrages hydroélectriques du sud-Manche.

Ingénieur général des mines, ancien délégué au risque majeur de 1996 à 2003 au ministère de l'Ecologie, Philippe Vesseron s'est pris de passion pour l'avenir des barrages hydroélectriques de la Sélune, dans le sud-Manche. "Mon intérêt pour ces ouvrages est apparu de manière accidentelle lors de la remarque de Ségolène Royal, alors ministre de l'Ecologie, qui a déclaré au sujet de leur arasement : est-ce bien raisonnable ?"

"Personne ne les a alertés au sujet des petites crues"

L'ancien polytechnicien, à la retraite depuis 2009, souhaite interpeller les pouvoirs publics sur le risque des petites crues, ces inondations qui intervenaient, avant la construction des barrages tous les deux ans, en aval de la vallée de la Sélune, entre Ducey et Pontaubault. "La suppression des barrages ne changerait sans doute pas grand-chose pour la crue centennale mais conduirait forcément pour les petites crues au retour des inondations qui marquaient gravement la basse vallée jusqu'au XXème siècle", souligne M. Vesseron. Selon lui, les débats ont très peu parlé du risque d'inondation à l'aval. "Qu'il s'agisse de Nathalie Kosciusko, de Chantal Jouanno, de Ségolène Royal, de Nicolas Hulot ou de François de Rugy, que leur position globale ait été favorable ou opposée à l'arasement des barrages, la question des inondations associées aux petites crues n'apparaît pas dans leurs réponses parce que personne ne les a alertés."

"Négation de l'impact"

Interrogée à l'Assemblée sur les inondations, Delphine Batho répond en janvier 2013 à G.Huet sur le plan du risque inondation : "les investigations conduites par mes services ont permis de démontrer que l'effacement des ouvrages de la Sélune n'aura pas d'effet notable sur les crues les plus importantes puisque les ouvrages actuels ne font que retarder les crues sans en modifier l'ampleur." Pour M. Vesseron, "Ce type d'affirmation va faciliter le glissement vers la négation totale de l'impact qu'aurait l'arasement sur le risque d'inondation, abus grave puisque le risque concerne surtout les petites crues et pas la crue centennale."

"A qui demandera-t-on des comptes ?"

"Imagine-t-on qu'un an après un tel démontage se produise une crue comme celle de janvier 2018 : qui assumerait alors les conséquences des inondations à l'aval, en particulier pour les constructions et activités développées entre Ducey et Pontaubault ? A qui demandera-t-on des comptes ? Il sera bien tard pour s'apercevoir que ce risque avait été oublié, occulté par la centaine d'années où la protection contre ces crues était assurée "gratuitement" par les barrages !"

 
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Rédigé par jojo

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