Publié le 29 Février 2012

L'eau du robinet augmente ce risque de 500 %

Les produits chimiques les plus dangereux chez vous ne sont pas dans votre garage ni dans votre cave : ils sortent directement du robinet de votre cuisine.

Que vous viviez en ville ou à la campagne, votre eau du robinet est presque certainement contaminée par des toxines, des hormones, des médicaments, et d'autres produits chimiques.

Un herbicide en particulier, l'atrazine, présent même en quantité infinitésimale, augmente de 500 % le risque de cycles menstruels irréguliers chez les femmes, et de 600 % le risque que s'écoulent six semaines entre deux cycles.

Mais ce n'est que le début de l'histoire.

Change les mâles en femelles

L'atrazine a été interdite en Europe en 2003. Elle reste cependant l'un des herbicides les plus utilisés hors d'Europe et aux Etats-Unis. Malheureusement, une récente étude menée en France par l'Inserm, et publiée dans la revue scientifique Environmental Health Perspectives, montre que l'atrazine était encore, il y a peu, présente à des taux extrêmement inquiétants dans les eaux de surface et l'eau du robinet. (1)

Le problème est que l'atrazine est un perturbateur endocrinien, c'est-à-dire qu'elle dérègle votre production d'hormones. A une concentration très faible, de l'ordre de 0,1 partie par milliard, elle inverse le sexe des poissons et batraciens, changeant les mâles en femelles ! (2) Des centaines de tonnes d'atrazine ont été déversées en France, à l'époque où cet herbicide était autorisé. Sur la seule région de Bretagne, où l'étude de l'Inserm a été menée, on estime que 200 tonnes d'atrazine ont été utilisées en 2001.

Une femme enceinte qui boirait de l'eau contaminée à plus de 0,4 μg (microgramme, soit un millionième de gramme !) par litre met en danger son enfant : le fœtus peut avoir des retards de croissance qui l'handicaperont plus tard. Le risque d'avoir un enfant mâle souffrant d'anomalies génitales augmente de 40 % chez les femmes intoxiquées à l'atrazine, et celui que leur enfant ait une réduction du périmètre crânien à la naissance augmente de 70 %.

Contamination généralisée

La triste réalité est que les nappes phréatiques sont hautement contaminées en France.

En 2006, soit 4 ans après l'interdiction de l'atrazine, on en retrouvait encore une concentration de 0,38 μg/L dans les eaux de surface, en Bretagne, et l’eau du robinet était contaminée à hauteur de 0,1 μg/L ! Soit bien plus qu'il n'en faut pour causer de graves problèmes.

En région parisienne même, la contamination de l'eau du robinet à l'atrazine a atteint en 2006 de tels niveaux que le Préfet des Yvelines a dû signer un arrêté accordant l'autorisation de distribuer de l’eau dépassant les limites autorisées (puits de captage de la plaine de Buchelay qui alimentent Mantes-la-Jolie, Magnanville, Buchelay, Rosny-sur-Seine, Bréval, Neauphlette). (3)

Des conséquences graves

Chez les femmes touchées par des cycles irréguliers, les conséquences ne se limitent pas à des angoisses (« Suis-je enceinte ? ») et à des problèmes de fertilité. Les cycles irréguliers sont un signe clair de déséquilibres hormonaux, qui peuvent causer des problèmes d'ostéoporose, de maladies du cœur et même de cancer.

L'équipe de l'Inserm a suivi un groupe de 579 femmes enceintes, âgées en moyenne de 30 ans.

Ces femmes ont donné naissance à 601 enfants, chez qui 88 anomalies congénitales majeures ont été constatées, ainsi que 26 anomalies génitales chez des enfants mâles, 180 retards de croissance intra-utérin et 105 réductions du périmètre crânien.

Il ne s'agit là bien sûr que des effets certains sur les êtres humains, qui sont les seuls à avoir été étudiés d'aussi près. Nul ne sait quelles sont, et quelles vont être, les conséquences à long terme sur les écosystèmes de l'utilisation massive d'atrazine, pendant des années en France.

Mais le plus inquiétant est que ce produit a aujourd'hui été remplacé par le métalochlore qui cause lui aussi une réduction du périmètre crânien des enfants.

La question est donc de savoir combien de temps nous allons continuer à jouer les apprentis-sorciers avec de tels produits « magiques » pour l'agriculture industrielle, mais si incertains (c'est le moins qu'on puisse dire) pour l'avenir des populations et des écosystèmes ?

Vous protéger maintenant

Il existe des milliers d'autres polluants potentiellement présents dans l'eau de votre robinet, en dehors de l'atrazine, et la plupart ne sont même pas surveillés (ni connus) des autorités.

Mais ne vous ruez pas au supermarché pour acheter de l'eau en bouteille ni pour acheter une petite carafe en plastique équipée d'un filtre, qui laissera de toutes façons passer les microparticules.

La seule solution vraiment efficace est un équipement de filtration par osmose inverse de l'eau, un système qui débarrasse l'eau de tous les solvants qui y sont présents, sans pour autant supprimer les minéraux indispensables pour la santé (calcium, magnésium, potassium....). Car la réalité est que, contrairement à ce que pense votre plombier, plus votre eau est « calcaire », meilleure elle est pour vous ! Et vous n'avez aucun intérêt à utiliser un adoucisseur qui diminuerait la teneur de votre eau en minéraux.

Le prix des systèmes de filtration par osmose inverse de l'eau a aujourd'hui fortement baissé et ils sont très simples à installer. Ils suppriment même le chlore. Assurez-vous simplement de le poser à l'arrivée d'eau générale de votre domicile, afin que tous les robinets de la maison bénéficient d'eau filtrée.

Par souci de neutralité commerciale, permettez-moi de ne pas recommander de marques. N'hésitez pas cependant à échanger sur ce sujet avec les autres lecteurs de S&N dans les commentaires de cet article sur notre site, en cliquant ici.

A votre santé,

Jean-Marc Dupuis

PS : au-delà de cette solution individuelle, faut-il lancer une nouvelle pétition sur les polluants qui empoisonnent nos rivières, nos nappes phréatiques, nos océans ? C'est bien sûr la question que je me suis posée, et que j'ai posée à Augustin de Livois, le président de l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle (IPSN), que nous « sponsorisons » depuis l'origine.

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Publié le 29 Février 2012

Le chiffre du 27 Février 2012

29% de baisse
Jeudi 23 février 2012, les ministres allemands de l'Economie et de l'Environnement ont annoncé une baisse allant de 20% à 29% du prix d'achat garanti aux producteurs d'électricité photovoltaïque. Les nouveaux tarifs s'appliqueront à partir du 9 mars 2012 et varieront selon la taille des installations.

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Publié le 29 Février 2012

Nitrates : la Commission traduit la France devant la CJUE pour non respect de la directive européenne

Nitrates : la Commission traduit la France devant la CJUE pour non respect de la directive européenne

Ce lundi 27 février 2012, la Commission européenne, à la demande du commissaire à l'Environnement, Janez Potočnik, annonce qu'elle va traduire la France devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) "pour n'avoir pas pris les mesures efficaces contre la pollution des eaux par les nitrates". La Commission indique que, suite à l'avis motivé envoyé à la France en octobre 2011, les modifications apportées à la législation française ont été trop lentes et insuffisantes.

Trop peu de zones vulnérables

"La France n'a toujours pas désigné un certain nombre de zones vulnérables à la pollution par les nitrates", déplore la Commission, estimant qu'"il lui reste à adopter des mesures pour lutter efficacement contre cette pollution dans ces zones".

Considérant que "les données relatives à la qualité de l'eau montrent que certaines zones de France sont dans les faits vulnérables à la pollution par les nitrates, mais ne sont pas, à l'heure actuelle, désignées comme telles", la Commission "demande donc instamment à la France de prendre des mesures en désignant davantage de zones et en élaborant des plans appropriés pour faire face au problème".

Des programmes d'action lacunaires

Par ailleurs, "la législation et les programmes d'action adoptés manquent de précision et présentent de nombreuses lacunes", juge la Commission qui évoque des "périodes d'interdiction (…) inappropriées" et des "restrictions concernant l'épandage des effluents d'élevage et des fertilisants (…) insuffisantes".

"Pour Eau & Rivières de Bretagne, qui a multiplié les mises en garde et alerté depuis deux ans les ministères concernés, cette décision est « tout sauf une surprise »", indique l'association qui déplore "l'insuffisance manifeste des mesures réglementaires édictées en France pour appliquer la directive". L'ONG pointe notamment "les reculs de la réglementation relative aux épandages" et "les récentes déclarations du Président de la République regrettant les « contrôles tatillons » dans les exploitations agricoles".

L'exécutif européen rappelle que la directive Nitrates, entrée en vigueur en 1991, "vise à protéger la qualité de l'eau dans toute l'Europe en empêchant que les nitrates utilisés dans l'agriculture ne polluent les eaux souterraines et de surface et en favorisant le recours aux bonnes pratiques agricoles". Dans ce cadre, les Etats membres doivent désigner les zones vulnérables à la pollution par les nitrates et d'adopter des mesures visant à réduire et à prévenir la pollution dans ces zones.

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Publié le 28 Février 2012

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Publié le 28 Février 2012

Ouest-France
Actualité   
Mercredi 15 février 2012

Eau potable et agriculture, cohabitation ardue

Pascal Férey, président de la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles de la Manche.
Pascal Férey, président de la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles de la Manche.
Lundi soir, à Sainteny, la FDSEA s'est interrogée sur l'avenir des exploitations, confrontées aux contraintes de gestion de l'eau.
Trois questions à...

 

Pourquoi avoir réuni tous les acteurs de la gestion de l'eau à Sainteny ?

Les prélèvements d'eau destinée aux milliers d'usagers du Centre-Manche sont en grande partie réalisés sur le territoire de Sainteny. La mise en place d'un important périmètre de protection est, bien évidemment, nécessaire. Cependant, de nombreuses exploitations agricoles sont présentes sur ce territoire. Elles subissent de fortes contraintes liées à la protection de l'eau. Des maires sont contents d'être desservis par le Sympec, Syndicat mixte de production d'eau du Centre-Manche, mais seront-ils d'accord pour participer aux pertes financières des agriculteurs, premiers concernés, occasionnées par ces contraintes ? L'intérêt général est trop important pour ne pas mettre le doigt sur le problème.

Quelles sont les solutions proposées ?

Avec Rémi Bailhache, président de la Chambre d'agriculture, nous avons déjà étudié la possibilité d'une indemnisation à partir de la facturation aux usagers. À ce jour, la loi ne le permet pas, donc il va falloir la changer. Plusieurs démarches vont être initiées. Nous demandons aussi à nos élus de rencontrer un par un, les représentants du Sympec. Nous allons également demander au préfet de reporter d'un an la date d'échéance, prévue au 31 mars 2012, de l'arrêté préfectoral portant sur les dispositions à prendre.

Et si vous n'obtenez pas ce report ?

Si nous devons mettre le Centre-Manche à sec, nous n'hésiterons pas à le faire : nous fermerons les robinets.

 Ouest-France  

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Publié le 27 Février 2012

image
Bonsoir
Article de France-Soir sur le net
Admirez la photo  d’une eau probablement retenue par un ouvrage !
Le nombre de pêcheurs aurait augmenté de plus de 50% , en réalité il est sous la barre du million .
Dommage qu’il soit probablement inaccessible d’avoir un stand au salon !
Bonne soirée.
Arsène

Salon de l'agriculture : La pêche à l'honneur

Salon de l'agriculture 2012

Publié le 16 février 2012 à 17h49
Mis à jour le 16 février 2012 à 19h04

Cette année encore, la Fédération nationale de la pêche sera l'un des acteurs incontournables du Salon de l'agriculture. Avec ses 1,4 millions d'adeptes, la discipline est l'un des loisirs les plus populaires en France.

de l'agriculture, c'est bien sûr les animaux, les produits du terroir, le concours général agricole... mais c'est aussi la pêche.

En effet, chaque année, la
Fédération nationale de la pêche en France et de la protection des milieux aquatiques (FNPF) propose aux visiteurs qui s'approchent de son stand de découvrir la pêche de loisir et des rivières. Parmi les animations proposées, la Fédération met à disposition du public des simulateurs de pêche et des tapis de lancer de leurres sur cible (tous les jours entre 10h et 12h et entre 14h et 17h). Le mercredi, des animations spéciales sont prévues pour les enfants.

Cliquez ici !

La fédération installera sur son stand un aquarium d’eau douce, comportant les espèces les plus connues des rivières françaises, mais aussi une écloserie de truitelles permettant d'assister à des naissances en direct.

Plus de 4.000 associations en France

Avec ses 1.417.000 de pêcheurs, la France est le premier pays de l’Union Européenne pour la pratique de la discipline. La pêche est d'ailleurs le deuxième loisir français, juste derrière le football, mais devant la chasse (1,37 millions d'adeptes) et le tennis (1 million). Les 4.020 associations et 93 fédérations départementales dédiées à la discipline se mobilisent au quotidien pour protéger les espèces piscicoles, aménager les berges ou encore organiser des animations dans les écoles. L'an dernier, la fédération a fait de la France un pays précurseur en lançant la première labellisation « pêche de loisir » des cours d’eau.

Pour la première fois cette année, les visiteurs du Salon de l'agriculture pourront retirer leur carte de pêche directement sur le stand à l’aide d’une simple borne Internet.

Informations pratiques

Du 25 février au 4 mars 2012. Paris Porte de Versailles (pavillons 1, 2, 3, 4 et 7.1 et 7.2)

Tous les jours de 9 heures à 19 heures sans interruption

Nocturne le vendredi 2 mars jusqu’à 23 heures (entrée possible jusqu’à 22h30)

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Publié le 25 Février 2012

 

Les barrages de la Sélune au Ministère de l’Ecologie

Caen, le 20 février 2012

 

Communiqué de presse

 Les barrages de la Sélune au Ministère de l’Ecologie

 Jean-Karl Deschamps, 1er vice-président de la Région Basse-Normandie en charge de l’aménagement du territoire et développement durable, a rencontré avec une délégation du Sud Manche jeudi 16 février 2012 le cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l‘Ecologie au sujet des barrages de la Sélune.

 Lors de cette rencontre, Jean-Karl Deschamps a pu une nouvelle fois regretter que la décision du gouvernement fin 2009, de ne pas renouveler les titres administratifs des barrages hydroélectriques de Vezins et de la Roche-qui-Boit, situés sur la Sélune, avait été prise sans concertation. Il a également rappelé que « la Région Basse-Normandie, par la voix de son Président, Laurent Beauvais, a demandé dès 2010 l‘élaboration d’un véritable plan d’actions afin que le territoire sorte gagnant de la situation difficile dans laquelle la décision unilatérale du gouvernement l’a plongé. Jusqu’à présent, nous n’avions pas eu de propositions concrètes pour répondre aux inquiétudes de la population et des associations. Aujourd’hui, il semble que nous soyons entendus et que le gouvernement ait enfin accepté de prendre en compte les considérations légitimes de la population locale. »

C’est en tout cas ce que demande depuis plus de deux ans Laurent Beauvais, et c’est ce que semble avoir enfin entendu le Ministère de l’Ecologie qui proposerait à l'issue de ces échanges d’établir un véritable plan d’action pour la fin de l’année 2013, de mettre en œuvre les premières actions au cours des années 2014 et 2015 puis de n’abaisser les niveaux pour aboutir à l’arasement qu’en 2018.

 « Si cette avancée de la part du gouvernement constitue une première étape qui va dans le sens de la prise en compte des intérêts locaux, il faudra pour autant se montrer attentif dans la mise en œuvre effective de ce dispositif et notamment sur la façon dont il sera financé » a poursuivi Laurent Beauvais. De son côté, Jean-Karl Deschamps se dit « prudent le temps que ces engagements, pris en pleine période électorale, n’ont pas été confirmés par écrit », et « explique que les 15 millions d’euros annoncés par le gouvernement ne couvriront certainement pas le coût total de cette opération dont le plan de financement n'est donc toujours pas bouclé. La question reste donc : qui paiera le reste à charge? »

 

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Rédigé par jojo

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Publié le 24 Février 2012

Quel bilan pour le ministère de l'Ecologie et NKM?

21 contributions

Créé le 23/02/2012 à 14h12 -- Mis à jour le 24/02/2012 à 09h34
Nathalie Kosciusko-Morizet, à la sortie de l'Elysée, le 22 février 2012.

Nathalie Kosciusko-Morizet, à la sortie de l'Elysée, le 22 février 2012. AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE

POLITIQUE - Alors que NKM a quitté jeudi le ministère de l'Ecologie pour devenir porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy, «20 Minutes» a fait le bilan environnemental du quinquennat...

Elle était la voix verte du gouvernement Fillon, elle devient la porte-parole du candidat Sarkozy: Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Ecologie (de 2007 à 2009) puis ministre de l’Ecologie après le remaniement de 2010, aura incarné la politique environnementale du quinquennat. En succédant à  Jean-Louis Borloo, elle a hérité des avancées du Grenelle de l’environnement, mais aussi de ses failles. Retour sur cinq ans de politique environnementale, que NKM aimerait utiliser comme argument de campagne.

Le moment clé du Grenelle de l’environnement

Un peu obligé de prendre au sérieux les questions écologiques après avoir signé le «Pacte» de Nicolas Hulot durant la campagne de 2007, le gouvernement a rapidement mis en place le Grenelle, qui devait aboutir à un «new deal écologique». La méthode a été applaudie par tous ceux qui se sont réunis autour de la table du Grenelle et les écologistes de tout poil admettent aujourd’hui que cette forme de concertation doit être reconduite.

Mais le Grenelle n’a pas été sans couacs. Le premier, en mars 2010, est venu de Nicolas Hulot. Après l’abandon de la taxe carbone, sa fondation claque la porte des négociations. En mai 2010, c’est la loi Grenelle II, censée être la «boite à outils» du Grenelle I,  qui suscite de vives critiques de la part des associations craignant un «détricotage» du Grenelle. Enfin, après la catastrophe de Fukushima, les associations sont revenues à la charge sur le sujet de l’énergie, exclu du Grenelle, réclamant une consultation nationale. Le dernier tacle est venu en janvier dernier de la Cour des comptes: selon elle, le volet fiscal du Grenelle a été «source d'inefficacité, d'incohérence et de coût pour les finances publiques».

Un ministère en manque d’énergie?

Un petit coup de pompe pour les énergies renouvelables: après avoir fixé des objectifs ambitieux (23% d’énergies renouvelables d’ici à 2020), les différentes filières ont accusé le gouvernement de leur mettre des bâtons dans les roues. Lourdeurs administratives pour les éoliennes, soumises depuis 2011 à la réglementation des installations classées et à l’obtention de permis de construire qui prêtent le flanc aux recours des opposants et font perdre de nombreux mois à la création des fermes, gel des raccordements au réseau électrique après le moratoire sur le photovoltaïque, dont l’objectif était de calmer «l’emballement» industriel pour les panneaux solaires en baissant les tarifs de rachat de l’électricité.

Néanmoins, le gouvernement a continué à affirmer son soutien aux renouvelables, notamment avec la création du Fonds biomasse géré par l’Ademe, et en lançant le premier appel d’offres pour la création de parcs éoliens offshore.

Une autre vision du territoire

En créant les trames vertes et bleues, des espaces dans lesquels la faune et la flore ne pourront pas être dérangées par la création de nouvelles infrastructures de transport ou de zones commerciales, le Grenelle a fait un pas pour la biodiversité. Aujourd’hui, les trames restent à définir au niveau local et n’auront de valeur que si elles deviennent opposables à des projets de construction.

Le Schéma national des infrastructures de transport, visant à planifier les modes de transport pour les vingt à trente prochaines années, a quant a lui fortement déçu. La création de nouvelles lignes à grande vitesse et surtout le soutien au projet d’aéroport de  Notre-Dame-des-Landes ne sont pas vraiment du goût des écologistes, qui y  voient encore un grignotage des terres agricoles.

Des mesures fiscales aux conséquences parfois contreproductives

La grande déception du mandat de Nicolas Sarkozy restera sans doute le recalage de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel. Ce qui aurait pu être une source de financement pour la rénovation thermique des bâtiments a été remplacé par un «éco-PTZ» à taux 0% et un crédit d’impôt développement durable qui n’ont concerné majoritairement que les ménages à revenus élevés, alors que le but était d’aider les moins aisés. Quant au bonus-malus automobile, qui devait permettre de remplacer les vieilles voitures polluantes, son succès a provoqué un effet «rebond» qui n’a fait qu’accroître le parc automobile français.

Une agriculture sous tension

Face au ministère de l’Agriculture, difficile de faire entendre la voix de l’environnement. Surtout quand Nicolas Sarkozy choisit, en mars 2010, le salon de l’agriculture pour y déclarer que «l’environnement, ça commence à bien faire». Le soutien à l’agriculture biologique, qui devait permettre d’atteindre 6% de surfaces bio en France en 2012, a été altéré par la révision à la baisse des crédits d’impôt accordés en agriculteurs en conversion. Toutefois, le bio, même s’il n’a pas atteint les objectifs du Grenelle, se répand dans les cantines scolaires et a la cote dans les rayons des grandes surfaces.

Le plan Ecophyto, qui vise à réduire de moitié l’utilisation de pesticides en France d’ici à 2018, est une initiative saluée par les associations, même si l’autorisation du Cruiser, tueur d’abeilles, a suscité la colère des apiculteurs. NKM s’est en revanche clairement engagée pour le maintien de l’interdiction du maïs OGM Mon810, à l’encontre des décisions européennes.

Les dossiers explosifs des gaz de schiste et du nucléaire

2011 a été une année difficile pour le ministère de l’Ecologie. Au tout début de l’année, des associations dévoilent l’existence de permis d’exploitation de gaz de schiste signés très discrètement par Jean-Louis Borloo. Des mois de mobilisation contre ces forages potentiellement néfastes pour l’environnement ont abouti à un compromis qui n’a pas satisfait tout le monde: seule la technique de la fracturation hydraulique a été interdite, suspendant ainsi les projets qui n’ont pas pu prouver que cette méthode ne serait pas utilisée. Stupeur chez Total, mi-contentement chez les collectifs anti-gaz de schiste.

Puis, le 11 mars, le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima secouent le monde, conduisant l’Allemagne à sortir du nucléaire et provoquant des débats houleux dans de nombreux pays. Main dans la main avec Eric Besson, son homologue de l’Energie dont le portefeuille a quitté le ministère de l’Ecologie fin 2010, NKM a fait le tour des centrales françaises, assurant que l’industrie nucléaire française était sous contrôle. Le Premier ministre, François Fillon, s’est saisi de ce dossier brûlant et a demandé des audits complémentaires de sûreté à l’Autorité de sûreté nucléaire et un audit sur les coûts de la filière à la Cour des comptes. Mais sur l’atome, les décisions qui seront prises dépasseront largement les attributions du futur ministre de l’Ecologie.

Audrey Chauvet
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Publié le 24 Février 2012

Rédigé par jojo

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Publié le 24 Février 2012

Pêcheurs : les barrages posent problème

vendredi 24 février 2012

Le président de la Fédération de la pêche réagit à la polémique sur l'arasement des barrages du Sud-Manche.

Trois question à...

 

Albert Desdevises, président de Fédération pour la pêche et la protection du milieu aquatique de la Manche.

Ces arasements contestés par des riverains de la Sélune et des élus locaux sont-ils indispensables selon vous?

Ces barrages posent plusieurs problèmes. Au niveau européen, une réglementation rend obligatoire la continuité écologique des milieux naturels, ce qui impose la libre circulation de l'eau et des poissons. L'existence de ces barrages empêche cette continuité et interdit la remontée pour leur reproduction de deux espèces menacées, les saumons et les anguilles. De plus, ces barrages entraînent l'accumulation des boues au niveau des barrages.

Les opposants mettent en avant un coût exhorbitant de l'arasement, une perte au niveau touristique et un risque de crues. Qu'en pensez-vous ?

L'arasement ne revient pas à 30 millions d'euros comme je l'ai lu mais à 5 millions. En revanche, le ministère de l'Environnement s'est engagé à débloquer 5 millions d'euros pour accompagner la restructuration d'un site touristique au lieu-dit la Mazure, dont deux disponibles immédiatement. Ces 5 millions s'ajoutent aux 5 autres déjà alloués pour la renaturation de la vallée pour sa valorisation touristique. Le sursis de deux ans accordé est justement de permettre au plan d'accompagnement économique du projet de se mettre en oeuvre. Enfin, ces barrages sont des barrages hydrauliques et non pas des barrages anti-crues. Comme toute l'eau qui y aboutit repart dans la même quantité en aval, ils ne protègent pas du tout des risques de crues.

Quelles ont été vos autres actions?

Nous avons demandé à tous les propriétaires privés possédant des ouvrages entravant la libre circulation de l'eau de les démolir, comme par exemple à des propriétaires de moulins hydrauliques, nous avons demandé à EDF d'en faire de même. Nous avons même été obligés d'insister auprès du préfet pour qu'il use de son pouvoir de police, ce qu'il hésitait à faire.

 
 
 
 
 
 

 

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