Publié le 27 Mars 2012

La PAC, une politique sans eau ?

L'objectif premier de la politique agricole commune est de nourrir les 500 millions d'Européens. Sans eau, ce défi est irréalisable. Pourtant, la gestion de cette ressource est largement absente de la législation sur l'agriculture.

Pour cultiver un hectare de blé qui donnera un rendement entre 90 et 100 quintaux, il faut compter environ 600 millimètres d'eau. Dans certaines régions céréalières, cela correspond quasiment aux précipitations annuelles.
Lors de sécheresses, l'agriculteur n'a d'autre choix que d'avoir recours à l'irrigation ou de se résoudre à voir son rendement diminuer. En 2003, ils réduit de 12,8% sur l'ensemble du territoire français, selon les chiffres de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra).

Effet pervers

En matière agricole, c'est Bruxelles qui mène la danse. La politique agricole commune (PAC) fête ses 50 ans en 2012. Historiquement, elle a eu une influence sur la gestion de l'eau en finançant jusqu'aux années 2000 l'irrigation pour les cultures comme le maïs, qui, à certaines périodes, nécessitent de fortes quantités d'afflux.

Un rapport du Sénat daté de 2010 et intitulé « Redonner du sens à la PAC » précise que « ce système a perduré après la réforme de 2003 puisque les paiements directs (DPU), fondés sur des références historiques, ont figé la situation : les paiements découplés d'aujourd'hui sont liés à des choix d'irrigation passés et les investissements dans ce domaine...

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Publié le 27 Mars 2012

Pole Expertise

Système de Management Environnemental : un outil performant de protection de la ressource en eau ?

Arnaud Ladépêche, chef de projet chez EcoMundo, diplômé du Mastère spécialisé en Ingénierie et Gestion de l'Environnement ISIGE - MINES ParisTech, nous propose un avis d'expert sur les conditions de l'efficacité des SME dans le domaine de la protection de la ressource en eau.

   
Arnaud Ladépêche
Chef de projet éco-conception chez EcoMundo.
Docteur en chimie, diplômé du MS Ingénierie et Gestion de l’Environnement, ISIGE – MINES ParisTech.
   

Au lendemain du 6ème forum mondial de l'eau, axé sur les « solutions », nombreux sont les néophytes qui, dans les pays développés à l'abri des pénuries, regardent les problématiques liées à l'eau d'un œil dubitatif. L'eau coule à flot des robinets et ce que le cycle naturel ne suffit plus à épurer, nos usines de potabilisation s'en chargent. Il ne semble donc pas inutile de rappeler que le confort dans lequel nous nous trouvons est à la fois une chance et la conséquence d'années d'efforts législatifs et réglementaires. Des efforts qui ont concouru à assainir et protéger la ressource contre les pollutions du développement industriel et agricole intensif du siècle dernier.

Eau et environnement en milieu industriel

En industrie, l'outil de base pour contrôler et gérer l'impact d'une activité sur l'eau et sur l'environnement est la mise en place d'un Système de Management Environnemental (SME). Apparus il y a une quinzaine d'années, les SME se sont peu à peu démocratisés et sont à présent incontournables pour tout grand groupe. Ils sont à la fois précieux pour la communication externe et pour la satisfaction des clients.

De manière concrète, au delà du suivi de la conformité réglementaire du site concerné, un SME favorise toute démarche volontaire de gestion intégrée de l'environnement. Le responsable EHS dispose en effet d'un nouveau levier - la perte de la certification - pour appuyer de nouveaux projets auprès de sa direction et se détacher au moins partiellement de l'aspect financier.

Les SME confrontés aux difficultés du terrain

Sur le terrain, pour les sites industriels de taille importante, les limites de l'action environnementale sont parfois là où on ne les attend pas. Revenons au cas de l'eau et prenons l'exemple concret d'une entreprise possédant sa propre station d'épuration (STEP). Lorsqu'une amélioration s'impose, dans le cadre d'un non-respect réglementaire ou d'une anticipation d'un durcissement des lois, c'est au responsable du SME de faire approuver son financement dans un premier temps et de la mettre en place dans un second temps.

Une fois le financement accordé, le responsable du processus se heurte à plusieurs obstacles. Il lui faut tout d'abord rassembler les parties prenantes concernées. Dans notre exemple, il s'agit de l'exploitant de la STEP, des équipes de production dont l'activité impacte la qualité des eaux à traiter, des équipes de développement qui pourront proposer des solutions concrètes et éventuellement les laboratoires qui se chargent des analyses. Il s'agit souvent d'instaurer un dialogue entre des entités qui ne communiquent généralement qu'en cas de crise. Et cela ne suffit pas. Ce type de projet s'étalant sur plusieurs mois, il est tout aussi important de maintenir l'intérêt des parties prenantes dans le temps.

La difficulté d'un tel rassemblement autour d'un projet environnemental vient précisément du manque de sensibilité environnementale des ateliers de production et de leurs responsables. C'est le cas notamment dans les industries implantées depuis des dizaines d'années, et pour lesquelles la protection de l'environnement a d'abord été une contrainte avant d'être une alliée. Changer ces mentalités est un réel défi. On s'aperçoit que les responsables ont des difficultés à placer l'environnement parmi leurs priorités, sous le poids d'objectifs de productivité et de rentabilité de plus en plus lourds.

Pour parvenir à établir et pérenniser cette communication entre les acteurs, mais aussi pour réfléchir aux questions pratiques qui touchent à la mise en place de l'action, son responsable a besoin de temps. Or ce temps lui manque. Les responsables EHS de grands sites industriels sont généralement débordés par la quantité et surtout la diversité des tâches à accomplir. Dans ces conditions, comment dégager du temps pour une action qui va prendre plusieurs semaines, plusieurs mois ? Si le temps manque, comment ne pas tomber sur l'écueil du traitement superficiel ?

La communication comme enjeu

Le succès de l'action dépend donc principalement de la capacité de son responsable à établir une discussion entre les principaux acteurs. Ceux-ci deviennent ainsi les moteurs du processus. Dans un premier temps, des échanges périodiques en petits groupes permettent d'enclencher la dynamique. Ils doivent ensuite continuer à intervalle régulier pour pérenniser la démarche. Après avoir demandé cet investissement aux personnes au cœur de l'activité de l'entreprise, il est important de leur faire partager les avancées du projet. Or c'est loin d'être systématique. Si le retour d'information est très rapide en cas de soucis, il est beaucoup plus lent lorsque les choses progressent. Certains acteurs n'apprennent les bonnes nouvelles qu'une fois le projet terminé.

Changer cela est essentiel pour le responsable du SME car c'est la garantie de chercher des solutions avec les personnes qui connaissent le mieux l'activité et qui sont les plus à même de fournir les solutions optimales. Solutions auxquelles le responsable EHS ou l'exploitant de STEP n'auraient peut-être jamais pensé. Ce travail permet ainsi d'importants gains de temps et d'argent. C'est d'autant plus vrai qu'en retour ces actions fournissent le terreau pour une sensibilisation concrète des parties prenantes sur l'impact environnemental de leur activité. C'est autant de temps gagné pour les prochaines actions à mener avec ces mêmes personnes pour une diminution à la source des impacts. En un sens, les synergies déployées se rapprochent des fondements de l'écologie industrielle et de la bonification de tous les atouts en présence.

La dernière clé de la réussite d'une action ambitieuse menée dans le cadre d'un SME est l'anticipation. Souvent oubliée faute de temps, une réflexion parallèle sur la pertinence globale des décisions et sur l'établissement de mesures secondaires ou de secours est trop souvent négligée.

Des bénéfices à valoriser

Quelle que soit la bonne volonté initiale de l'entreprise, on s'aperçoit trop souvent que même après plusieurs années, la pérennisation des bonnes pratiques n'a jamais été réalisée. La faute à une pression croissante exercée sur les responsables EHS, et à un système d'évaluation des SME, ISO 14001 en tête, qui n'encourage pas suffisamment cette démarche. La majorité des bénéfices aperçus en cours de processus sont ainsi rapidement perdus. Ces bénéfices sont pourtant multiples :

  • Une communication facilitée et systématisée entre départements
  • Une sensibilisation concrète à l'environnement, à travers l'étude de l'impact de l'activité propre à chaque acteur
  • L'apport de solutions de la part des personnes qui connaissent le mieux l'activité
  • La limitation des impacts à la source et avec une plus grande précision
  • La réalisation d'économies plus rapides et plus importantes

Le temps des solutions, nouvelles et anciennes

On voit bien que les SME, normés, évalués et utilisés par une majorité d'entreprises, souffrent encore de problèmes d'efficacité. Les causes en sont multiples, mais au delà de leur énumération, c'est la manière dont les règles du jeu évoluent et les contraintes quotidiennes associées qui doivent être observées. Comprendre pourquoi leur potentiel n'est pas pleinement exploité, c'est éviter de reproduire les mêmes erreurs avec les outils qui arrivent aujourd'hui en entreprise : ISO 26000, les analyses de cycle de vie (ACV), ou l'empreinte eau pour rester dans le domaine qui nous intéresse. Quand les organisateurs du forum mondial de l'eau parlent du temps des solutions, il est important de ne pas oublier d'optimiser les solutions existantes qui donneront de la force aux innovations et aux progrès à venir.

Avis d'expert proposé par Arnaud Ladépêche, chef de projet chez EcoMundo.

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Publié le 26 Mars 2012

Observatoire des services d'eau et d'assainissement : l'Onema présente son premier rapport

Organisation, mode de gestion, prix et performances des services d'eau et d'assainissement collectif. Tels sont les différents points passés en revue par le premier rapport de l'observatoire lancé en 2009 et piloté par l'Onema.

L'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema) a présenté le 14 mars, à l'occasion du Forum mondial de l'eau, le premier rapport de l'observatoire sur les services publics d'eau et d'assainissement. Cet observatoire, prévu par la loi sur l'eau et les milieux aquatiques de 2006, a été lancé par l'Onema en novembre 2009.

"Elaboré à partir des données de l'observatoire, ce premier panorama propose des repères sur l'organisation, la qualité et le prix des services d'eau et d'assainissement collectif. Il éclaire également les enjeux de la gestion patrimoniale durable des services", précise l'Onema.

Une organisation morcelée

En 2009, la France comptait 31.445 services publics d'eau ou d'assainissement collectif, dont 14.217 services d'eau potable et 17.228 services d'assainissement, selon les données de l'observatoire.

Le nombre d'habitants desservis est, en moyenne, de 8.000 pour le service d'eau potable et de 10.000 pour les services d'assainissement, les deux-tiers de la population étant desservis par des services intercommunaux.

Près de 70% des services d'eau potable (41% de la population) et trois quarts des services d'assainissement collectif (58% de la population raccordée) sont gérés directement par la collectivité compétente. Plus de la moitié des établissements publics de coopération intercommunale gèrent directement leurs services d'eau ou d'assainissement. Pour l'Onema, "ces chiffres soulignent que les services de petite taille (desservant moins de 3.000 habitants) ont tendance à gérer directement leur service. En revanche, les services de plus grande taille ont davantage recours à la délégation de service public".

Un budget mensuel de 36 euros par ménage

La consommation annuelle par habitant s'élève à 54,7 m3 en 2009, soit 150 litres par jour. "Ces chiffres confirment la poursuite de la baisse des consommations domestiques", souligne l'Onema.

Selon les chiffres de 2009 toujours, le prix moyen de l'eau et de l'assainissement collectif s'élève à 3,62 €/m3. Cela représente une facture moyenne annuelle de 434,40 € pour une consommation de 120 m3, soit une dépense mensuelle de 36,20 € par ménage. "Le poste de dépenses « eau et assainissement » représente ainsi 1,25% du revenu disponible moyen d'un ménage. A titre de comparaison, la facture de téléphone fixe s'élève à 426 €/an", relève l'Onema.

Le prix moyen de l'eau est constitué à 85% du prix du service et à 15% de la TVA et des redevances perçues par les agences de l'eau et Voies navigables de France (VNF).

Le prix de l'eau varie en fonction de plusieurs éléments : contexte géographique, dispersion des habitats, qualité de l'eau brute, activité touristique, exigences réglementaires environnementales.

"Au-delà des facteurs explicatifs d'ordre technique ou physique, on constate, que pour les services en gestion déléguée, le prix moyen est plus élevé de 15% pour l'eau potable et 4% pour l'assainissement collectif", souligne le rapport, qui propose des pistes d'explication. Les collectivités auraient plus recours au privé quand les traitements sont complexes du fait d'une eau brute de mauvaise qualité ou d'exigences réglementaires contraignantes quant à la qualité du milieu. "De plus, les opérateurs privés ont des charges spécifiques (impôts sur les sociétés, dépenses de recherche et développement) que ne supportent pas les services en gestion directe", ajoute l'étude.

Une eau de qualité mais dont un quart est perdu

La qualité de l'eau du robinet est jugée "excellente" par le rapport, le taux de conformité microbiologique étant de 98% et le taux de conformité physico-chimique de 97%.

Mais, d'après les données de l'observatoire, le rendement moyen du réseau de distribution d'eau ne s'élève qu'à 76%. Cela signifie que "un quart de l'eau, prélevée, transportée, traitée et mise en distribution est perdue", indique l'Onema.

Le rendement moyen dans les services ruraux est plus faible (75%) que dans les services urbains (79%). On observe par ailleurs des rendements plus élevés dans l'ouest de la France où la réduction des fuites correspond à un "impératif économique et environnemental".

Ces chiffres doivent être mis en perspective avec les obligations issues de la loi Grenelle 2, qui imposent la réalisation d'un inventaire détaillé des réseaux avant la fin 2013. "Les collectivités devront également améliorer le rendement de leur réseau pour atteindre un taux de 85% (sauf pour les services ayant les plus faibles consommations)", rappelle l'Onema.

Quant au taux de renouvellement moyen des réseaux sur les cinq dernières années, il signifie que 160 ans sont nécessaires pour renouveler le réseau d'eau potable et 150 ans pour le réseau d'assainissement. Et encore faut-il que les collectivités aient une bonne connaissance de leurs réseaux. Or, le rapport révèle que ce niveau de connaissance est "assez moyen", même s'il croît avec la taille du service.

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Publié le 26 Mars 2012

Sécheresse : déficit des aquifères et premiers arrêtés sécheresse

Le BRGM fait état de niveaux inférieurs à la normal pour 80% des nappes phréatiques françaises. Trois premiers arrêtés de limitation des usages de l'eau ont été pris en Essonne et Seine-et-Marne.

"Une grande majorité des réservoirs (80%) affichent un niveau inférieur à la normale (…) résultat de plusieurs années de déficit pluviométrique". Tel est le bilan dressé vendredi 16 mars 2012 part le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son Etat mensuel des nappes phréatiques au 1er mars .

Au-delà de ce commentaire global, le BRGM précise que la situation "est hétérogène d'une région à l'autre" : les grands aquifères du Bassin parisien, du secteur du Rhône et du sud-ouest affichent un déficit, alors que ceux de quelques secteurs des régions Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte-D'azur (PACA), Franche-Comté et Alsace affiche des niveaux proches de la normale.

Baisse des niveaux en février

Le Bureau constate que sur l'ensemble du territoire, 51% des aquifères affichent des niveaux en baisse par rapport au bilan précédent, 26% des niveaux stables et 24% des niveaux en hausse. "On note ainsi, à l'échelle nationale, que la période de recharge hivernale des nappes n'est pas encore effective", constate le Bureau, soulignant que cela "risque d'affecter la capacité d'exploitation des eaux souterraines dans les mois à venir".

Pour le mois de février, le BRGM rapporte que les nappes phréatiques en baisse sont situées sur le pourtour sud du Bassin Parisien, dans le sud-est de la France et au nord du bassin Aquitain.

Le constat global conduit l'établissement public à qualifier de "très éphémère", la période de recharge des nappes.

Déficit pluviométrique historique

Pour expliquer une telle situation, le BRGM avance des précipitations "fortement déficitaires" en février 2012 sur l'ensemble de la France. "En moyenne sur la France, le déficit est le plus remarquable depuis 1959", alerte l'établissement public, ajoutant que la pluviométrie de février affiche "des valeurs n'atteignant généralement pas 25% de la normale", mis à part quelques zones affichant "une pluviométrie entre 25% et 50% de la normale".

Par ailleurs, "sur l'ensemble de la France, le cumul des pluies efficaces depuis septembre 2011 est déficitaire par rapport à la normale". Un déficit qui représente 50 à 75% de la normale dans la plupart des régions et qui dépasse les 75% dans certaines parties de la région de Marseille (Bouches-du-Rhône). Seules trois régions affichent un cumul des pluies excédentaire : la plaine des Pyrénées-Orientales, la région de La Porta (Haute-Corse) et l'ouest du Var.

Premiers arrêtés en Ile-de-France

Dans certaines zones du Bassin parisien, le BRGM évoque des niveaux particulièrement bas des nappes phréatiques, avec notamment des recharges hivernales 2011/2012 très faibles, voire inexistantes sur certains des points suivis. En conséquence, deux départements d'Ile-de-France, l'Essonne et la Seine-et-Marne, ont pris des arrêtés de restriction de certains usages de l'eau.

Les arrêtés pris correspondent à un état de "crise renforcée", c'est à dire que pour les zones concernées, les préfets peuvent imposer des réductions des prélèvements supérieurs à 50%, une interdiction des prélèvements pour l'irrigation 3,5 jours par semaine et parfois une limitation encore plus forte des prélèvements pour l'arrosage des jardins ou des espaces verts. Pour certains usages, les restrictions peuvent aller jusqu'à l'interdiction.

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Publié le 25 Mars 2012

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Publié le 25 Mars 2012

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Publié le 25 Mars 2012

L'Etat (ré)ouvre le dossier du renouvellement des concessions hydroélectriques

En gestation depuis plus de cinq ans, la mise en concurrence des concessions hydroélectriques a accumulé les retards. En ouvrant une concertation en février, la DGEC lance les discussions formelles entre l'Etat et les entreprises intéressées.

En juillet 2008, Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Ecologie, présentait un plan de relance de la production hydroélectrique française dont le premier volet était la signature d'un décret autorisant la mise en concurrence des concessions des plus grands ouvrages. Une procédure rendue obligatoire par la perte du statut d'établissement public d'EDF en 2004 et la suppression, à la demande de la Commission européenne, du droit de préférence dont bénéficiait le concessionnaire sortant.

L'Etat compte sélectionner les meilleurs dossiers selon des critères énergétiques (investissements proposés pour accroître la puissance installée et la capacité de modulation de la production), environnementaux (protection des écosystèmes et respect des usages de l'eau) et économiques (taux de la redevance proportionnelle au chiffre d'affaires de la concession).

Relance de la procédure

 

 
L'hydroélectricité en France Première filière de production d'énergies renouvelables en France, l'hydroélectricité représente environ 12% de la production d'électricité nationale en 2010, selon les données publiées par RTE. Le parc français est évalué à 744 ouvrages de plus de 10 mètres de haut, dont 296 de plus de 20 mètres, et des milliers d'ouvrages de taille inférieure.
400 barrages représente 95 % de cette puissance et sont soumis au régime de la concession. Ces concessions ont été, le plus souvent, attribuées pour 40 ans.
EDF est titulaire de plus de 80 % des concessions et le groupe Suez de 12 % par le biais de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et de la Société hydroélectrique du midi (Shem). Les derniers 8 % étant des petites installations concédées à des producteurs indépendants.
 
Après plusieurs années de surplace, la procédure semble repartir de l'avant en ce début 2012. Fin février, la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) du ministère de l'Ecologie a organisé un atelier d'une demi-journée ouvert aux candidats potentiels. Un atelier qui constitue "le véritable lancement de la procédure", estime Emmanuel Soetaert, président de Statkraft France, le groupe public norvégien premier producteur européen d'électricité hydraulique avec EDF.

 

Cette rencontre a d'abord été l'occasion pour le ministère de recadrer le calendrier, même si aucune date précise n'a été donnée. La procédure démarrerait "très probablement après les Présidentielles", rapporte Emmanuel Soetaert, président de Statkraft France. De son côté, la DGEC précise qu'en matière de calendrier, elle compte "adresser aux ministres [concernés] des propositions à la fin du premier trimestre 2012".

De même, elle a permis d'entrer dans le vif du sujet et d'évoquer certaines zones d'ombre relatives aux contraintes de calendrier des opérateurs intéressés, à l'organisation générale de la procédure, aux délais nécessaires pour réaliser les études d'impact et au degré de précision à apporter sur chacun des critères des appels d'offres. Il s'agissait, pour la DGEC de "faire le point sur les questions et préoccupations des candidats, et d'en tenir compte pour la rédaction des propositions qui seront soumises aux ministres".

Parallèlement, la Directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) Midi-Pyrénées a publié début mars la synthèse de la consultation publique relative à la Gestion équilibrée de la ressource en eau (Gedre) de la vallée d'Ossau. Ce document est un préalable indispensable à la mise en concurrence puisqu'il informe l'ensemble des candidats sur les enjeux de gestion de l'eau spécifiques à chacune des 10 concessions. La synthèse constitue donc un passage en revue des attentes, parfois conflictuelles, des acteurs locaux auxquels les candidats devront répondre.

Encore une longue procédure

Cependant, le retard pris pourrait encore s'aggraver. En 2010, le Conseil d'Etat publiait un rapport consacré à l'eau et son droit dans lequel il annonçait que la procédure de mise en concurrence du renouvellement des concessions, "sera longue". Pour justifier ce jugement, la Haute juridiction administrative listait les principales étapes : établir un dossier de fin de concession avec le concessionnaire sortant, élaborer un cahier des charges, lancer les consultations, choisir le candidat selon les critères de sélection, négocier le cahier des charges avec le candidat retenu et procéder aux enquêtes publiques. Pour l'instant, la remise des dossiers "est en cours", commente Emmanuel Soetaert.

La volonté de regrouper différentes concessions en une concession unique pose des problèmes juridiques et économiques pouvant justifier le retard. En effet, l'Etat doit notamment mettre un terme prématurément à certaines concessions. Ce faisant, il doit négocier avec les concessionnaires sortants et les indemniser.

De même, l'Etat a lancé quatre appels d'offres pour recruter des cabinets de conseil en matière juridique, technique, financière et d'ordonnancement. Ce n'est qu'une fois recrutés ces experts que l'Etat envisage de rédiger les cahiers des charges. Problème, les candidats se préparent de longue date et "les meilleurs consultants ont été recrutés par les opérateurs", explique Emmanuel Soetaert, président de Statkraft France. En l'occurrence, l'Etat vient seulement de sélectionner les experts.

Enfin, certains connaisseurs du sujet suggèrent que le retard pris pourrait se justifier par la volonté de certains concessionnaires sortants de préserver leur avantage concurrentiel. En retardant autant que possible la remise du dossier de fin de concession, ils maintiendraient une asymétrie de l'information qui leur serait favorable. Cela d'autant plus qu'avec une procédure de renouvellement ralentie, les opérateurs des barrages visés continuent à tirer profit de l'électricité produite par un site amorti.

Dérive calendaire

Pour rappel, la mise en place de la procédure de mise en concurrence des concessions a débuté en 2006 lorsque le gouvernement a confié une mission d'expertise aux services de Bercy et de Roquelaure. En juillet 2008, Jean-Louis Borloo indiquait que les premières concessions feraient l'objet d'appels d'offres dés la fin de l'année. Depuis ces annonces initiales, le calendrier n'a eu de cesse d'être reporté.

En avril 2010, l'Etat a franchi une nouvelle étape en publiant un arrêté qui précise le périmètre précis de renouvellement des concessions. Afin d'assurer une gestion cohérente des ouvrages d'un même cours d'eau, l'Etat a défini dix concessions regroupant une cinquantaine d'ouvrages d'une puissance cumulée de 5.300 mégawatts (MW) seront renouvelées d'ici 2015 soit 20% de la puissance installée. Par ailleurs, un nouveau calendrier échelonne l'ouverture des appels d'offres entre fin 2010 et 2015.

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Publié le 24 Mars 2012

L'eau potable au robinet, privilège de pays riches

samedi 24 mars 2012

ENTRETIEN. Avec Jacques Bertrand, délégué général « eau » de la Fondation Chirac.

Les neuf pays du bassin du Niger ont pris des engagements lors du Forum mondial de l'eau, la semaine dernière. Qu'est-ce que ça va changer pour les 275 millions d'habitants de cette région d'Afrique ?

Ce sont des engagements plus précis que ceux que prennent souvent les chefs d'État. Déclarer « nous sommes pour le droit à l'eau » est trop général. Là, ils s'engagent à mettre en place des outils pour mieux connaître le régime du fleuve. À faire de l'assainissement une priorité. À investir dans des politiques économes.

Les plus grosses économies se trouvent dans l'agriculture. L'irrigation moderne - l'aspersion au goutte à goutte - consomme cinq fois moins que les systèmes de rigoles. Un être humain a besoin de 3 litres d'eau à boire par jour, mais il en « mange » 3 000 litres pour son alimentation.

Le Niger est un fleuve important. On ne devrait pas manquer d'eau dans cette région...

Le problème, c'est la qualité de l'eau et sa distribution. Bamako, capitale du Mali de 2 millions d'habitants, grossit chaque année de 70 000 personnes. Le réseau d'eau ne se développe pas aussi vite. En ville, un réseau public coûte, en gros, 500 € par habitant. Le consommateur ne peut pas financer une telle somme par le tarif de l'eau. Il faut trouver d'autres solutions.

Quand il n'y a pas de réseau, les familles sont obligées de payer très cher une eau en bonbonne, ou d'aller loin s'approvisionner. Souvent, elles sont contraintes de consommer une eau de mauvaise qualité, porteuse de maladies, en particulier pour les enfants. Même lorsqu'il existe un réseau, l'eau distribuée n'est pas toujours potable. Quatre milliards de personnes, soit plus de la moitié de la population mondiale, n'ont pas un robinet d'eau potable chez eux.

La population augmente vite. Parallèlement, les apports du fleuve Niger diminuent, sans doute à cause du changement climatique...

Oui, la situation est assez dramatique. Mais si les engagements sont tenus, le fleuve peut continuer à être une ressource suffisante. À condition de prendre les bonnes décisions sans tarder. Et dans la concertation. Par exemple, qu'un pays ne construise pas un barrage sans s'assurer que ça ne privera pas les autres. L'inaction ou de mauvais choix d'aménagements pourraient conduire à des catastrophes.

Recueilli par Serge POIROT.
 

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Publié le 24 Mars 2012

Contexte

Deux millions de personnes auraient accès à une eau «non conforme aux réglementations», selon UFC-Que Choisir. L’association de consommateurs, qui a mené une enquête de deux ans, commune par commune, en se basant sur des résultats d'analyses du ministère de la Santé, affirme que l’agriculture est responsable de 70% des pollutions, tandis que autres contaminations relèvent d’un «défaut de traitement et de «contaminations naturelles». Dans l'ensemble, la qualité de l'eau en ville serait meilleure que celle des campagnes.

Les départements les plus touchés sont ceux où l'agriculture est la plus intensive, précise l’UFC: «le Bassin parisien (Eure-et-Loir, Loiret, Seine-et-Marne, Yonne), le Nord (Pas-de-Calais) et la Champagne (Marne, Aube)». Dans l’eau «contaminée», l’enquête a décelé principalement la présence de pesticides, de nitrates et de sélénium. Un signe de plus qui met en avant le danger que la pression agricole fait peser sur la ressource, selon les auteurs de l'étude.

Selon un article du site Owni.fr du 16 mars 2012, une directive du ministère de la Santé discrètement entrée en vigueur en 2011, aurait revu à la hausse les concentrations autorisées de pesticides dans l’eau potable. «Avec cette modification passée sous silence, la France tolère ces polluants en quantité cinq fois supérieures», précise le site.

Dans ces conditions, faut-il boire l’eau du robinet ?

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Publié le 24 Mars 2012

 

Pesticides à volonté

Le 16 mars 2012

Le 20 mars prochain, une douzaine d'ONG lanceront en France et en Europe la Semaine sans pesticides. L'occasion de mettre en évidence les dérives réglementaires du gouvernement français. Ainsi, à la faveur d'une discrète directive du ministère de la Santé, désormais l'eau du robinet peut contenir des doses de pesticides en quantité cinq fois supérieures.

Le 22 février dernier, l’association Générations Futures a révélé l’existence d’une directive du ministère de la Santé, discrètement entrée en vigueur il y a plus d’un an, et qui revoit à la hausse les concentrations autorisées de pesticides dans l’eau potable.  Avec cette modification passée sous silence, la France tolère ces polluants en quantité cinq fois supérieures.

Une découverte qui devrait animer les débats prévus en France, à partir du 20 mars prochain, à l’occasion de la Semaine sans pesticides, à laquelle prendront part une douzaine d’ONG ainsi que quelques collectivités publiques, dont la Mairie de Paris.

Car la conséquence de ces changements réglementaires nourrit quelques inquiétudes. Alors qu’en 2009, 34.300 personnes avaient subi des restrictions d’usage du fait de la présence de pesticides dans l’eau, en 2010, leur nombre n’était plus que de 8.939 personnes. Pour Générations Futures, il s’agit d’une “baisse artificielle” due à une “manipulation des valeurs”. En cause, une instruction émise par la Direction générale de la santé le 9 décembre 2010.

Pour répondre aux exigences dans la lutte contre la pollution de l’eau, soit on met tout en œuvre pour réduire la présence des substances nocives, soit on préfère remonter les taux et prétendre à une amélioration de la situation. C’est un peu comme si on changeait les degrés sur un thermomètre pour faire croire qu’il fait moins chaud.

François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures, s’insurge ainsi contre ce cet “aveu de faiblesse” du gouvernement. Selon lui, en France, l’examen de la qualité de l’eau reste un processus abscons qui pourrait, à l’occasion, générer des interprétations abusives.

La surveillance de l’eau du robinet, pour déterminer si elle est potable, s’effectue en plusieurs étapes. Le principe consiste à mesurer la quantité de pesticides présente dans un échantillon pour en déduire une concentration en microgramme par litre. L’Union européenne a instauré la directive 98/83/CE en novembre 1998 pour juger de la bonne conformité en proposant des doses maximales en dessous desquelles l’eau est dite de qualité.

Limites de qualité pour l’eau du robinet, en microgramme par litre (μg/L)
0,10 pour chaque pesticide (par substance individuelle)
0,03 pour les pesticides aldrine, dieldrine, heptachlore et époxyde d’heptachlore
0,50 pour la somme de tous les pesticides en présence

Lorsque ces exigences ne sont pas respectées, il faut de nouveau tester cette eau et mesurer les concentrations de tous les pesticides en présence. Ces taux vont alors être comparés avec des valeurs de référence, uniques pour chacune de ces substances et qui correspondent à des limites au delà desquelles un risque pour la santé est suspecté. Ces valeurs sont appelées Vmax pour valeurs sanitaires maximales, provenant majoritairement des données de l’Organisation mondiale de la santé.

Depuis 1998, un avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) prévoyait une interdiction provisoire de consommation :

lorsque la valeur mesurée et confirmée dépasse la valeur maximale sanitaire ;
lorsque le dépassement est supérieur à 20% de la valeur maximale sanitaire pendant plus de 30 jours consécutifs.

Par exemple, un herbicide comme la Simazine, dont l’utilisation a été prohibée en 2003, a une Vmax de 2μg/L. Si on la retrouve dans les eaux en concentration supérieure à 0,4μg/L pendant plus d’un mois, l’eau ne peut être consommée, “ni pour la boisson, ni pour la préparation des aliments”.

Revenant sur ces précautions d’usage, la Direction générale de la santé, dépendant du ministère de la Santé, a donc émis le 9 décembre 2010 une instruction qui remplace le précédent avis. Cette note interne, non communiquée aux associations locales, fixe la limite à ne pas dépasser à 100% de la Vmax. C’est l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) qui s’est chargée de déterminer la valeur maximale sanitaire pour chacun des pesticides surveillés. Extrait de l’instruction :

 

L’Anses estime ainsi que l’ingestion pendant la vie entière d’une eau contenant un pesticide à une concentration inférieure ou égale à la valeur sanitaire maximale (Vmax) n’entraîne, sur la base des critères toxicologiques retenus et en l’état actuel des connaissances, aucun effet néfaste pour la santé.

Le taux intermediaire de 20 % n’existe plus, ce qui revient à dire que la concentration maximale autorisée pour chaque pesticide a été multipliée par cinq lorsqu’une pollution sur plus de 30 jours est constatée.

Pour Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’UIPP, l’Union des Industries de la Protection des Plantes qui compte parmi ses adhérents les plus grands producteurs de pesticides, il s’agit d’une évolution logique :

Les risques sanitaires ont été évalués par l’Anses. Qui dit présence de polluants ne veut pas forcément dire danger pour la santé ou pour l’environnement ! Les dépassements de concentrations autorisées étant assez fréquents il était normal de fixer à quel niveau on se situe pour éviter de faire trop de traitements des eaux.

En conséquence, une eau peut contenir des doses très élevées de certains pesticides sans pour autant être interdite à la consommation.  La présence d’acide benzoïque dont est dérivé le désherbant Dicamba, peut par exemple atteindre les 15 milligrammes dans un litre d’eau. Bien loin donc des recommandations de la directive européenne. Si ces Vmax sont sensées refléter une idée relative de la toxicité pour chaque polluant à l’étude, le cas de certains pesticides soulève des interrogations.

Une étude de l’Inserm datée de mars 2011 menée en Bretagne souligne notamment qu’un herbicide, l’Atrazine aurait un impact sur le développement du fœtus et ce à de faibles doses environnementales. Hautement toxique et soupçonné d’être cancérigène et perturbateur endocrinien, il a été interdit en France en 2003 après 30 ans d’utilisation intensive, il est pourtant encore fréquemment retrouvé en cas de pollution des eaux.  Depuis décembre 2010, le taux limite est désormais fixé à 2μg/L, quelque soit la durée d’exposition. François Veillerette y voit dans cette nouvelle instruction un système hypocrite :

Même si ces 20% n’étaient qu’une valeur relative, cette concentration maximum permettait au moins de se rapprocher un peu plus de l’esprit du texte européen à savoir retrouver le moins de résidus de pesticides possible. En se cachant derrière des chiffres, le gouvernement a en fait une attitude anti-scientifique : elle oublie le principe de précaution. C’est ce genre de raisonnement qui a causé le scandale du bisphénol A.

À noter également que cette instruction ne prend toujours pas en compte les effets de synergie pouvant survenir, c’est-à-dire les effets combinés des pesticides qui, mélangés, peuvent avoir de graves conséquences.

 

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Rédigé par jojo

Publié dans #arasement pollution

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