Publié le 30 Juin 2012

Rendre l'écologie aimable

samedi 30 juin 2012
Nos interrogations sont nombreuses au sujet de notre environnement. Nos inquiétudes aussi, au point que l'on finit par se demander si nous ne divorçons pas de plus en plus d'avec la nature.

 

Heureusement, les opinions publiques affichent une certaine prise de conscience en ce domaine, surtout dans les pays dits avancés, c'est-à-dire ceux qui bénéficient le plus des progrès techniques. Ils ont déjà agi au plan international, mais leurs recommandations paraissent parfois décalées vis-à-vis des pays les plus pauvres. Ceux-ci, en effet, ont autant besoin que nous, aujourd'hui, des moyens techniques dont nous disposons et que nous avons pu utiliser à profusion hier.

Nous voudrions maintenant en limiter l'usage pour éviter les dégâts de la pollution, le réchauffement climatique, l'épuisement des ressources de la planète, etc. Mais les pays en question ne peuvent se développer à leur tour sans les utiliser massivement. Alors de quel droit pourrait-on les en priver ou les limiter alors que, pour notre propre développement, nous les avons utilisés pendant des dizaines d'années sans limites ? Comment, dans ces conditions, pourrons-nous redonner sa chance à la planète, sauvegarder l'habitabilité et la sécurité sanitaire pour tous les habitants du Globe ?

Cependant, l'écologie n'a pas toujours bonne presse dans les pays développés. Trop souvent, ses protagonistes s'érigent en juges et manifestent en même temps une volonté d'imposer des changements, sans doute utiles voire nécessaires, mais auxquels les populations ne sont pas préparées. Les réticences, les refus renforcent d'autant les exigences des écologistes qui en arrivent parfois à penser comme des idéologues totalitaires et à agir par la contrainte. On se trouve alors placé dans une sorte de cercle vicieux qui freine toute évolution. Pour sortir de l'impasse, il est évident que l'information, la pédagogie seront plus efficaces que les oukases brandis à tout bout de champ ou les actions plus ou moins violentes auxquelles on a déjà pu assister ici ou là.

Une organisation mondiale de l'environnement

Il faudrait aussi et surtout montrer les aspects positifs des changements de comportements souhaités. Il faudrait fixer des étapes acceptables pour atteindre les objectifs nécessaires aux améliorations. Autrement dit, il faut arriver à rendre tout cela désirable au lieu d'échanger la peur des catastrophes annoncées en peur du gendarme.

Mais, au-delà de ces tensions entre pays riches et pays pauvres, entre les convertis à l'écologie et les autres, il faudra bien trouver un moyen nouveau pour véritablement sauvegarder les équilibres sur notre planète. Les Sommets de l'environnement n'y suffiront pas. La dernière rencontre, qui vient d'avoir lieu à Rio, l'a démontré une nouvelle fois.

La finance, le commerce, le désarmement sont discutés dans des instances internationales. Or, l'écologie ne dispose à ce niveau d'aucune institution. « Ne peut-on imaginer la création d'une organisation mondiale de l'environnement, l'OME ? Une OME qui ferait contrepoids par exemple à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) », écrivent Jean-Marie Pelt et Gilles-Éric Séralini dans un livre intitulé Après nous, le déluge. Voilà une idée qu'il serait temps de creuser et de mettre en oeuvre.

 

(1) Après nous le déluge, éditions Flammarion-Fayard.

François Régis Hutin

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Publié le 30 Juin 2012

LANCEMENT D’UNE CAMPAGNE EXPLORATOIRE SUR LA PRÉSENCE DES MICROPOLLUANTS ÉMERGENTS

Une campagne exceptionnelle de mesure des micropolluants dans les milieux aquatiques est lancée sur l’ensemble du territoire français. Les résultats contribueront à élaborer une nouvelle liste de substances pertinentes à surveiller au niveau national à partir de 2014. Initiée par le ministère en charge du développement durable, cette étude est réalisée par différents organismes de recherche et est coordonnée et financée par l’Onema avec l’appui des agences de l’eau. Elle s’inscrit dans le cadre du plan national micropolluants.

Pour mener cette campagne, une vingtaine d’acteurs (organismes de recherche, agences de l’eau, offices de l’eau, laboratoires d’analyses, bureaux d’études…) se sont mobilisés en ce début d’année en métropole et en outremer. Ce sont en fait plusieurs campagnes successives qui vont être menées sur l’année 2012 : trois pour les eaux de surface, une pour les eaux littorales, une pour les plans d’eau, et deux pour les eaux souterraines des départements ultramarins.

Environ 30 000 analyses à réaliser

Près de 180 substances faisant partie d’une dizaine de familles de polluants émergents – pesticides, résidus de médicaments, biocides…- vont être recherchées, dont 16 molécules spécifiques aux DOM (essentiellement des pesticides). Les prélèvements seront réalisés par les agences de l’eau sur près de 250 points du réseau de surveillance DCE pour l’ensemble du territoire. Ces prélèvements, une fois effectués, seront transférés à des laboratoires de recherche spécialisés, sélectionnés au préalable avec l’aide d’Aquaref. Ils donneront lieu à près de 30 000 analyses.

Les résultats, validés puis bancarisés, seront analysés par l’Ineris pour les eaux de surface, l’Ifremer pour les eaux littorales et le BRGM pour les eaux souterraines. Ils permettront d’acquérir des connaissances sur la présence de contaminants émergents mais aussi de collecter des données fiabilisées sur des molécules préalablement surveillées dans des conditions non optimales.

Cette étude devrait contribuer à la proposition, par le comité d’experts animé par l’Onema et l’Ineris, d’une nouvelle liste de substances nationales pertinentes à surveiller, ce qui est l’une des priorités du plan national micropolluants.

Contacts :
pierre-francois.staub@onema.fr
christian.jourdan@onema.fr

Article issu de La Lettre #12 - Juin 2012

 

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Publié le 30 Juin 2012

Accueil >> Plan de sauvegarde de l’anguille - optimiser la conception et la gestion des ouvrages



LES RENCONTRES DE L’ONEMA : PLAN DE SAUVEGARDE DE L’ANGUILLE : OPTIMISER LA CONCEPTION ET LA GESTION DES OUVRAGES

Le programme de recherche et développement « Anguilles-ouvrages », fruit d’un partenariat réunissant l’Onema, l’Ademe et cinq producteurs d’hydroélectricité, a impulsé, trois années durant, dix-huit actions de recherche pour optimiser la conception et la gestion des ouvrages, dans une optique de protection des poissons migrateurs. Un séminaire de restitution a rassemblé scientifiques, gestionnaires de l’eau, associations, producteurs d’hydroélectricité pour dresser un panorama des résultats obtenus. Il en découle un éventail de solutions et d’outils, qui ouvrent la voie à une réponse concertée des acteurs économiques, face aux défis de la restauration de l’anguille. Les Rencontres de l’Onema « Plan de sauvegarde de l’anguille : optimiser la conception et la gestion des ouvrages » font la synthèse de ce séminaire.

Contact : philippe.dupont@onema.fr

Consulter ce n° des rencontres
Retrouver toutes les Rencontres de l’Onema

Brève issue de La Lettre #12 - juin 2012

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Publié le 28 Juin 2012

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Publié le 28 Juin 2012

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Publié le 27 Juin 2012

PARIS - Subventions, exonérations, pollution: les ONG veulent changer l'équation

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Créé le 27/06/2012 à 17h41 -- Mis à jour le 27/06/2012 à 17h43
Nicolas Hulot (d) et Morgane Créach, directrice du Réseau action climat, le 27 juin 2012 à Paris

Nicolas Hulot (d) et Morgane Créach, directrice du Réseau action climat, le 27 juin 2012 à Paris Kenzo Tribouillard afp.com

PARIS - Et si pour réduire la consommation de pétrole et de kérosène et protéger notre climat, on commençait par arrêter de les subventionner ? Pour Nicolas Hulot et les principales ONG françaises, le nouveau gouvernement doit "verdir" véritablement la fiscalité.

François Hollande, "lors du congrès de France Nature Environnement en janvier, s'était engagé à revoir l'ensemble de ces aides dès le début du quinquennat", a souligné mercredi Morgane Créach, directrice du Réseau action climat (RAC), en présentant un appel à "l'arrêt des subventions à la pollution".

A une semaine de la présentation du projet de loi de finances rectificative, actant les premiers choix budgétaires du gouvernement Ayrault, elle constate toutefois qu'"il n'y a rien dans le projet du gouvernement sur l'éco-fiscalité".

Nicolas Hulot, regrettant des "signaux pas très encourageants" dans les premiers pas du gouvernement, a quant à lui hâte de savoir ce qu'il y a "dans la tête de Pierre Moscovici et de Jean-Marc Ayrault".

Pour les signataires de cet appel, inédit en France où le sujet de la fiscalité "verte" était jusqu'ici moins abordé que dans le monde anglo-saxon, la première étape vers une fiscalité verte est de "supprimer rapidement les niches fiscales (...) néfastes pour l'environnement et les ressources naturelles".

Exonération de la taxe sur le kérosène pour l'aviation (3,5 milliards d'euros chaque année), remboursement partiel aux transporteurs routiers (300 millions), soutien aux agrocarburants (196 millions)... "Ces aides publiques augmentent les émissions de gaz à effet de serre, la pollution de l'eau et de l'air, la consommation de ressources naturelles et nuisent à la biodiversité", souligne l'appel adressé au président de la République et aux parlementaires.

"Entrer dans le disque dur"

Dans le monde, les subventions ou exonérations fiscales défavorables à l'environnement représenteraient 1.500 milliards de dollars, selon l'économiste Guillaume Sainteny, spécialiste de l'éco-fiscalité.

En France, ce montant atteindrait "un peu plus de 50 milliards d'euros par an", dans les secteurs de l'énergie, des transports, du BTP et de l'agriculture, ajoute-t-il, estimant qu'une partie devrait être réorientée pour favoriser les comportements et activités plus favorables à la planète.

Quelques jours après le sommet de Rio sur l'"économie verte", "le timing est favorable", selon cet ancien responsable des affaires économiques au ministère de l'Ecologie.

Favorable économiquement, avec un Etat qui "cherche à faire des économies". Politiquement, "parce que les grandes réformes fiscales se font toujours en début de mandat, pas en fin..."

Et au niveau international, enfin, avec le rappel fin mai par la Commission européenne du retard français en matière d'éco-fiscalité et la récente prise de position du FMI pour une fiscalité plus défavorable aux pollueurs.

L'appel des ONG soutient aussi la mise en place de l'éco-taxe sur les poids lourds, attendue pour 2013, et d'une contribution climat énergie (ou "taxe carbone"), en suspens depuis son report sine die en 2010.

Mettre en place des bonus/malus ou "verdir" à la marge la politique agricole commune, "c'est important mais insuffisant", estime Nicolas Hulot.

"A un moment ou un autre, il faut véritablement entrer dans le disque dur de notre modèle économique", préconise celui qui, boudé par les écologistes à la présidentielle, a récemment confié avoir voté Jean-Luc Mélenchon.

© 2012 AFP

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Publié le 27 Juin 2012

“ Nous sommes garants de la qualité des études d'impact ”

L'autorité environnementale du CGEDD est un acteur incontournable dans les procédures d'évaluation environnementale. Michel Badré, qui préside à ses destinées, nous précise quel est son rôle et dans quels cas ses avis sont sollicités.

   
“ Nous sommes garants de la qualité des études d'impact ”
Michel Badré
Président de l'Autorité environnementale du CGEDD
   

Actu-Environnement.com : Quelle est l'origine de l'autorité environnementale du CGEDD ?

Michel Badré : Il y a eu deux temps. Les directives européennes imposent de soumettre l'évaluation des impacts environnementaux des plans et des projets à une "autorité compétente en matière d'environnement" afin d'éviter que les maîtres d'ouvrage soient à la fois juges et parties, de manière à améliorer la prise en compte de l'environnement et rendre crédibles et publiques ces évaluations. La plupart des Etats membres ont désigné le ministère chargé de l'environnement comme "autorité environnementale". La France s'apprêtait à faire de même en 2007 lorsque a été créé un grand ministère chargé non seulement de l'environnement mais aussi de l'énergie, des transports et de divers autres domaines, architecture gouvernementale qui vient d'être confirmée dans son principe par le nouveau gouvernement. Le ministère risquait d'être lui-même "juge et partie" dans un grand nombre de cas. Il a donc été décidé de créer l'autorité environnementale (Ae) du CGEDD à l'été 2008 et le décret de création a été publié début mai 2009.

AE : Quel est le rôle de l'Ae ?

MB : L'Ae rend des avis sur l'évaluation des impacts sur l'environnement des plans et des gros projets tels que les grandes infrastructures de transport (autoroutes, lignes à grande vitesse…), d'énergie (lignes à haute tension, installations nucléaires…) ou les ports. Elle rend également des avis sur des projets locaux soumis à étude d'impact lorsque le maître d'ouvrage est le ministère de l'Ecologie ou un établissement placé sous sa tutelle : c'est le cas d'un échangeur sur une route nationale ou de la suppression d'un passage à niveau par exemple.

AE : Que change pour vous la réforme des études d'impact entrée en vigueur le 1er juin dernier ?

MB : Le principal changement est la procédure de "cas par cas" qui est nouvelle comme elle l'est d'ailleurs pour les autres autorités environnementales, c'est-à-dire les préfets de région dans la plupart des cas et le ministère de l'Ecologie plus rarement. Avec cette nouvelle procédure, pour certaines catégories de projets, l'Ae décide en amont si le projet doit être soumis à étude d'impact ou non, alors que l'avis intervient en règle générale au stade de "l'avant projet détaillé", c'est-à-dire juste avant l'enquête publique. Lorsque l'Ae décide que l'étude d'impact est nécessaire, elle doit rendre un avis une fois l'étude réalisée.

AE : Des critiques sur la procédure de "cas par cas" portant sur son imprécision ou sur le risque de dérapage du calendrier ont vu le jour. Qu'en pensez-vous ?

MB : Nous manquons de recul, la réforme n'étant entrée en vigueur qu'au début du mois. Mais le risque de dérapage du calendrier ne me paraît pas réel. Les procédures sont encadrées par des délais réglementaires stricts. Dans la procédure de "cas par cas", l'Ae dispose d'un délai de 35 jours pour répondre à partir du moment où la demande est complète. L'absence de réponse vaut obligation de mener une étude d'impact. De plus, sur les 198 avis que nous avons rendus depuis la création de l'Ae, aucun dépassement du délai de trois mois qui nous est imparti dans la procédure classique n'a été constaté.

AE : Constatez-vous d'autres difficultés ?

MB : La rédaction de certaines rubriques du tableau annexé au nouveau décret et indiquant les projets soumis à étude d'impact pose question. Par exemple, comment apprécier la notion de "modification substantielle" des infrastructures routières ? Ce sont des interrogations partagées par les maîtres d'ouvrage et par l'Ae. Les réponses seront apportées par la pratique administrative ou la jurisprudence en cas de contentieux, mais cela peut créer une insécurité juridique pendant un certain temps.

AE : Quelle est la valeur des avis rendus par l'Ae ?

MB : Dans le cadre de la procédure de "cas par cas", la décision de l'Ae lie le maître d'ouvrage et peut être attaquée devant les tribunaux. Dans les autres cas, l'avis de l'Ae peut être suivi ou non par le maître d'ouvrage. Mais nous avons un argument fort : les avis, qui sont collégiaux, sont mis en ligne sur le site de l'Ae le soir même de la délibération et sont joints au dossier d'enquête publique. Le maître d'ouvrage doit donc avoir de bons arguments pour ne pas suivre les recommandations de l'Ae. Les gros maîtres d'ouvrage ont d'ailleurs pris l'habitude de joindre au dossier d'enquête incluant notre avis un document de réponse indiquant les recommandations qu'ils ont prises en compte ou les raisons de ne pas en suivre certaines. Cette pratique nous paraît très bonne.

AE : Disposez-vous d'un pouvoir d'auto-saisine ?

MB : Non. Mais au-delà des avis demandés, nous publions un rapport annuel dans lequel nous menons une réflexion de fond sur les avis rendus durant l'année écoulée. Nous avons organisé également une réunion avec les principaux maîtres d'ouvrage en mars dernier qui a permis d'échanger sur la manière de construire les avis. Nous avons mené aussi une "démarche d'écoute clients" classique auprès d'une trentaine d'interlocuteurs principaux : maîtres d'ouvrage, autorités administratives, représentants d'associations.

AE : Qu'en est-il ressorti ?

MB : Que les recommandations contenues dans les avis n'étaient pas assez hiérarchisées pour la bonne compréhension du public et de l'autorité administrative, qui ont besoin de savoir si un sujet majeur éclipse tous les autres. D'autre part, mais ce n'est pas nouveau, qu'il existe un maquis de procédures redoutable : étude d'impact, loi sur l'eau, espèces protégées, expropriation, etc. Les gros maîtres d'ouvrage, qui ont un service juridique, ne se perdent pas trop. C'est en revanche très difficile pour le public et même pour certains services administratifs. C'est pourquoi nous allons développer le chapitre "procédure" dans les avis afin d'expliquer comment ça marche. Enfin, nous sommes garants de la qualité des études d'impact, ce qui nous interdit de participer à leur élaboration : les maîtres d'ouvrage ont parfois du mal à comprendre que l'on ne puisse intervenir dans le processus des études d'impact lui-même.

AE : Une procédure de "cadrage préalable" n'existe-elle pas pourtant ?

MB : Oui, c'est la seule chose que l'on s'autorise à faire en appui à l'élaboration des études d'impact. La possibilité pour le maître d'ouvrage de demander des précisions sur l'étude d'impact à mener est d'ailleurs prévue par les directives communautaires. Mais il ne peut s'agir que de questions techniques précises avant d'engager l'étude d'impact et ces questions sont rendues publiques avec les réponses apportées. C'est ce que l'on vient de faire avec les questions posées par l'Etat et EDF sur l'effacement des barrages de la Sélune dans la Manche. Mais il n'y a pas de "co-construction" de l'étude d'impact, sinon le rôle de l'Ae comme garant ne serait plus crédible.

AE : Qu'en est-il du rôle d'évaluation des plans et programmes qui est également dévolu à l'Ae ?

MB : Ces avis ne représentent qu'une petite vingtaine des 198 avis rendus à ce jour par l'Ae. Ils ont porté sur le réseau de transport du Grand Paris, le schéma national des infrastructures de transport, les chartes de parcs nationaux ou encore le cadrage préalable du schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF). Ils sont très complexes et font souvent plus parler que les projets.

AE : Vous avez rendu récemment un avis très critique sur le projet de décret relatif à l'évaluation des plans et programmes ?

MB : Le ministère de l'Ecologie a consulté l'Ae sur ce projet comme le prévoit la directive "plans et programmes" dès lors qu'il y a une modification du champ de sa transposition en droit national. Notre principale critique portait sur le fait que, pour certaines rubriques, l'Ae est la même que l'autorité chargée de l'élaboration du document, à savoir le préfet de région dans la plupart des cas. Nous avons estimé qu'il y avait là une confusion des genres.

AE : L'Ae du CGEDD est-elle amenée à évoluer ?

MB : Il n'y a pas de modification institutionnelle à l'ordre du jour à ma connaissance, mais il ne revient pas à l'Ae de faire évoluer la réglementation. Notre légitimité tient à notre totale indépendance de jugement.

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Publié le 27 Juin 2012

Rio+20 : un rendez-vous manqué pour insuffler une nouvelle dynamique au développement durable

Si le Sommet de la Terre a débouché sur un accord fort de 700 engagements visant à s'orienter vers une voie durable, les ONG ont dénoncé un accord a minima, sans engagements concrets ni objectifs contraignants et pointé une nouvelle occasion manquée.

Rio+20 : un rendez-vous manqué pour insuffler une nouvelle dynamique au développement durable

Vingt ans après le premier Sommet de la Terre de Rio qui avait introduit le développement durable à l'agenda mondial, l'édition 2012 de la conférence internationale onusienne n'a pas été à la hauteur des espoirs attendus, accouchant d'une souris selon les ONG.

Avant même que se tienne le Sommet Rio+20 du 20 au 22 juin, près de 200 pays participants avaient déjà trouvé un accord sur le projet de Déclaration finale sur le développement durable, intitulé "L'avenir que nous voulons". Une Déclaration de 49 pages bouclée in extremis la veille du sommet le 19 juin, alors que les ONG critiquaient déjà un texte minimaliste. Tandis que des blocages perduraient depuis six mois entre les chefs d'Etat.

La conférence s'est achevée vendredi 22 juin avec l'adoption d'un compromis, mené sous la houlette du Brésil, pays hôte, face à l'impasse des négociations. Dans ce texte, les 191 pays participants déclarent ''renouveler leur engagement envers le développement durable et envers un avenir économiquement, socialement et écologiquement durables pour notre planète et pour les générations présentes et futures".

Plus de 700 promesses

Les chefs d'Etat signataires du texte se veulent optimistes. Ils ont souligné le franchissement d'''une étape" à l'instar du Président français François Hollande présent à Rio. Idem pour son homologue brésilienne Dilma Roussef pour qui le document constitue un "point de départ". "L'important est que, quand on a un document écrit, personne ne peut nier ou oublier ce qui y est écrit", a-t-elle déclaré selon l'AFP. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a également affiché un gros satisfecit et salué un "très bon document (…) nous ouvrant la voie au développement durable". Près de 700 "engagements concrets ont été pris pendant la conférence pour réaliser les objectifs fixés", a-t-il affirmé dans un communiqué.

Parmi les "avancées" enregistrées durant ces trois jours de sommet : "la feuille de route" pour fixer des Objectifs du Développement Durable (ODD) destinés à relayer ceux pour le Millénaire pour le développement (OMD) en 2015, le "renforcement" du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) ou encore l'accord sur la "protection des océans", a mis en avant M. Hollande. Mais le lancement du processus de négociation sur la protection de la haute mer a été repoussé à 2015.

Plus de 513 milliards de dollars ont également été mobilisés ''par le secteur privé, les gouvernements et la société civile pour financer des projets dans l'énergie, les transports, l'économie verte, la désertification, l'eau ou les forêts'', s'est félicité Ban Ki-Moon. Sur l'ensemble des fonds promis, 323 milliards de dollars iront à l'initiative du Secrétaire général, "Énergie renouvelable pour tous", qui doit garantir un accès universel à l'énergie propre d'ici à 2030, a-t-il précisé. Ce texte souligne aussi "l'importance de renforcer l'égalité entre les sexes et reconnait l'importance du bénévolat, de l'engagement de la société civile et du monde académique'', selon le chef de l'ONU. Rio+20 prône aussi "la définition des politiques d'économie verte" laissée à chaque pays mais qui ne doit pas constituer "une restriction déguisée au commerce international", selon la Déclaration.

''Une occasion ratée"

Malgré ces ''avancées réelles", M. Hollande a reconnu les insuffisances du Sommet de Rio. "Ces résultats, aussi appréciables soient-ils, sont en dessous de nos responsabilités et de nos attentes", a-t-il avoué devant la presse.

Premier regret du chef d'Etat : la création d'une organisation mondiale de l'environnement (OME) portée par la France, l'UE et les pays africains, restée au point mort. Or, ce projet visait à hausser le Pnue au rang d'agence onusienne... Seconde déception : "la proposition d'instaurer des financements innovants" - à l'image d'une taxe sur les transactions financières proposée par la France - n'a pas trouvé de "traduction concrète". "Si nous n'ajoutons pas des financements aux aides qui sont aujourd'hui prévues, nous ne pourrons pas atteindre [nos] objectifs", a prévenu le Président français.

De leur côté, les 200 ONG réunies à Rio, à l'initiative d'un (contre) sommet alternatif des peuples, ont, elles, affiché leur colère et dénoncé un texte sans ambition, laissant ''un goût amer''. Toutes estiment que le texte n'est pas à la hauteur de l'événement historique. La conférence s'est terminée par l'adoption "d'une déclaration marquée par son extrême faiblesse. Sans engagement prescriptif, encore moins contraignant, sans date de mise en œuvre, cette déclaration n'impose en rien un changement de paradigme pour construire « le futur que nous voulons »'', ont déploré les associations Les Amis de la Terre et Attac dans un communiqué. Les ONG ont également dénoncé des Objectifs du développement durable (ODD) "dont se félicitent les négociateurs (…) pauvrement définis, plombés par l'absence de limites données à la prédation des ressources.'' Elles ont aussi pointé la "soumission des États aux exigences de la finance globale" entérinée par ce texte qui "ne fait plus aucune référence à la « justice environnementale »", selon elles.

Le texte de 40 pages "fait l'impasse sur les réels défis de la mondialisation, l'épuisement des ressources naturelles, et l'évolution de l'économie mondiale (…). Les propos restent incantatoires quand ils ne marquent pas un recul par rapport à l'existant", a fustigé de son côté le collectif français RIO+20 qui regroupe une trentaine d'organisations de la société civile et de syndicats. Le collectif - qui réunit l'association 4D sur le développement durable, le Comité 21 ou l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) - a regretté l'impact de la crise qui aurait primé sur les décisions du Sommet. Cette crise a provoqué "une logique de repli sur les intérêts nationaux au détriment de l'intérêt général", selon Pierre Radanne, président de 4D.

Pour Jim Leape, Directeur général du WWF, "le résultat donne une nouvelle fois une impression d'occasion ratée - un accord qui ne met pas la planète sur le chemin du développement durable. L'urgence d'agir n'a cependant pas changé'', espère-t-il. "La bonne nouvelle est que le développement durable est une plante qui a pris racine et qui grandira en dépit du faible leadership politique. Nous avons vu des dirigeants aller de l'avant à Rio mais pas lors des négociations. En fin de compte, nous devons agir partout, auprès des citoyens, au sein des villages, des villes, des pays, des petites et grandes entreprises ainsi qu'au travers de la société civile et les ONG", a-t-il conclu.

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Publié le 25 Juin 2012

Sortir de la crise par la croissance verte ? Avis d'économistes

En parallèle de la Conférence Rio+20, une vingtaine d'économistes membres du Conseil économique pour le développement durable (CEDD) proposent leurs contributions sur les enjeux de la sortie de crise et les moteurs de la relance. Il en ressort la nécessité de mettre en place une « stratégie de transition économique durable dans un monde où les ressources naturelles, fossiles et minérales, se raréfient ».

Six thématiques sont abordées : enjeux de long terme et crise économique ; transition énergétique et climat ; évaluation des choix ; incitations et le financement ; soutenabilité et développement et enfin, environnement et compétitivité.

Le document, intitulé « Les économistes et la croissance verte - Essais libres », est disponible sur le site du Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.

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Publié le 25 Juin 2012

Guyane. Des forages qui embarrassent les écologistes

24 juin 2012 - 6 réaction(s)

La mise à l'écart de Nicole Bricq du ministère de l'Écologie continue de provoquer des remous. Certains défenseurs de l'environnement voient dans cette éviction la patte du lobbying de l'industrie pétrolière. Cécile Duflot s'est voulue rassurante.

Le changement opéré jeudi à la tête du ministère de l'Écologie a suscité de vives réactions au sein d'Europe Écologie - Les Verts (EELV). Pascal Durand, qui a été élu, hier, à la tête du parti en lieu et place de Cécile Duflot, confirmée dans ses attributions ministérielles, a déclaré hier qu'il serait «très grave» que le départ de Nicole Bricq du ministère soit lié à sa position sur le forage de pétrole au large de la Guyane. «Je ne sais pas si elle est vraiment partie à cause du forage en Guyane. Si c'est le cas, c'est très grave, c'est un très mauvais signal que ce gouvernement enverrait à l'écologie et même en général à la société», a dit le nouveau secrétaire national d'EELV. La compagnie pétrolière Shell a finalement reçu vendredi les autorisations qu'elle espérait pour démarrer une campagne de forages controversée au large de la Guyane. Il y a dix jours, Nicole Bricq avait pourtant annoncé - conjointement avec son homologue chargé du Redressement productif Arnaud Montebourg - une «remise à plat» de tous les permis d'exploration pétroliers et gaziers, en attendant une refonte du code minier.

Des forages «dès la semaine prochaine »

L'Union française des industries pétrolières a rejetté catégoriquement toute idée de pression des lobbys du secteur. Il reste que les autorisations accordées à Shell à la suite du remaniement ministériel vont permettre à la compagnie de lancer, dès «la semaine prochaine», une campagne de forages exploratoires au large de la Guyane, et de mener d'ici la fin de l'année des études sismiques qui permettront de continuer à évaluer le potentiel guyanais en hydrocarbures, après la découverte, l'an dernier, d'or noir par 6.000mètres de profondeur. José Gaillou, seul élu écologiste au conseil régional de Guyane (Guyane Écologie, affilié à EELV), très isolé, opposé à la mise en oeuvre des forages, a fustigé l'«unité des élus guyanais en faveur d'une multinationale qui pille les ressources de la planète». «L'urgence en Guyane n'est pas la recherche pétrolière. J'aurais aimé voir une telle unité derrière les problèmes plus urgents de logement, de santé et d'insécurité», a-t-il ajouté. Titulaire du portefeuille du Logement au sein du gouvernement Ayrault, Cécile Duflot a tenté hier de rassurer les membres de son parti au sujet de ces autorisations de forage. L'ex-secrétaire nationale d'EELV a assuré que «les enjeux environnementaux en Guyane» seraient «réexaminés» par la nouvelle ministre de l'Écologie, assurant que son gouvernement «écoutait la voix des écologistes».

Cécile Duflot se veut rassurante

«Je suis fière d'appartenir à un gouvernement qui écoute la voix des écologistes. Le souci de l'écologie, c'est le souci de notre gouvernement. Et ce gouvernement ne mettra jamais les intérêts particuliers avant l'intérêt général», a-t-elle assuré, lors de sa dernière prise de parole après dix ans à la direction d'Europe Écologie-Les Verts.

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