Publié le 24 Juin 2012

Rio+20 : l'UICN appelle les dirigeants à sauvegarder la biodiversité

En présentant sa Liste rouge au sommet mondial Rio+20, l'UICN rappelle que l'extinction rapide des espèces a un coût économique. Et de souligner le service rendu aux hommes par les pollinisateurs évalué à 200 milliards de dollars par an.

Rio+20 : l'UICN appelle les dirigeants à sauvegarder la biodiversité

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a présenté mardi 19 juin la dernière mise à jour de sa Liste rouge des espèces animales et végétales menacées. Une Liste rouge qui alarme à nouveau ''du déclin rapide'' de la biodiversité, au moment où se tient le Sommet de la Terre Rio+20 au Brésil. L'organisation rappelle la valeur des services écosystémiques rendus aux humains. "La dernière mise à jour de la Liste rouge est un appel urgent à l'action, pour que les dirigeants du monde entier réunis à Rio sauvegardent la trame même de la vie sur la planète", a alerté Julia Marton-Lefevre, directrice générale de l'UICN.

Près de 20.000 espèces menacées d'extinction

Sur 63.837 espèces étudiées par l'organisation, 19.817 sont en effet menacées d'extinction dont 41% des espèces amphibies, 33% des barrières de corail, 25% des mammifères, 20% des plantes, 13% des oiseaux et 30% des conifères. Parmi ces espèces menacées, 3.947 sont dans une situation critique, 5.766 sont classées "en danger" et 10.104 "vulnérables". Or, ces espèces en extinction menacent aussi les sept milliards d'êtres humains qui en dépendent pour leur nourriture, leur subsistance ou la création de nouveaux médicaments.

"Les espèces ont une valeur économique et assurent des services irremplaçables et indispensables à notre bien-être", a réitéré Jon Paul Rodríguez, vice-président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'UICN. "De plus en plus d'espèces iront vers l'extinction si nous ne respectons pas les limites imposées par la nature et si nous ne gérons pas nos ressources naturelles de façon durable. Notre propre survie est en jeu si nous ignorons nos responsabilités", a-t-il prévenu alors que la communauté internationale reste loin d'atteindre l'objectif (fixé dès 2010) de stopper la perte de la biodiversité. Si les amphibiens ''jouent un rôle vital dans la mise au point de nouveaux médicaments'', près de la moitié de ces espèces sont menacées d'extinction, commela grenouille malgache Anodonthyla hutchisoni, désormais classée ''en danger".

 
La France, cinquième pays hébergeant le plus d'espèces menacées Avec 983 espèces mondialement menacées présentes sur son territoire, la France se situe au cinquième rang des pays les plus concernés, après l'Equateur, la Malaisie, les Etats-Unis et l'Indonésie. L'Hexagone figure aussi devant le Mexique, l'Inde, la Chine, l'Australie et le Brésil. Selon le comité français de l'UICN, cette situation "est principalement due à la très forte biodiversité abritée par les collectivités françaises d'outre-mer".
Situées dans des points chauds de la biodiversité mondiale, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française en tête placent la France dans cette position. Ainsi, la Tortue imbriquée, le Pétrel noir de Bourbon et le Monarque de Tahiti sont "en danger critique". Chez les plantes, plusieurs espèces de pins araucaria endémiques de Nouvelle-Calédonie sont "vulnérables" ou "en danger".
En Guyane, la Loutre géante est de son côté classé "en danger" tandis que dans les Terres australes et antarctiques françaises, l'Albatros d'Amsterdam est "en danger critique".

La France métropolitaine est également concernée : 215 espèces mondialement menacées y sont recensées. Parmi elles, l'Esturgeon européen "en danger critique", le Vautour percnoptère "en danger" ou encore la Violette de Rouen "en danger critique".
 

 

L'apport économique des plantes et pollinisateurs

Les médicaments proviennent également des plantes médicinales, elles aussi menacées de disparition dont un nombre est issu du sud-est asiatique. A l'instar de la Cardamome tsao-ko (Amomum tsao-ko) classée maintenant dans la catégorie "quasi-menacée" parce que "ses fruits comestibles ont fait l'objet d'une cueillette excessive pour le commerce", souligne l'UICN. Deux autres espèces sauvages apparentées au curcuma - Curcuma candida et Curcuma rhabdota - sont également classées "vulnérable" tandis que l'espèce sauvage de gingembre Zingiber monophyllum, est "en danger".

Selon les estimations, la valeur des plantes sauvages, contribuant par ailleurs à l'amélioration du rendement des cultures, atteint 100 milliards de dollars par an à l'échelle mondiale. La production d'un tiers au moins de la nourriture mondiale, dont 87 des 113 cultures alimentaires principales, dépend de la pollinisation assurée par les insectes, les oiseaux et les chauves-souris, ajoute l'UICN. L'apport de ces pollinisateurs est, lui, évalué à plus de 200 milliards de dollars par an. Pourtant d'après la Liste rouge, 16% des papillons endémiques d'Europe "qui sont d'importantes espèces pollinisatrices" et 18% des chauves-souris dans le monde sont en danger.

Impacts de la surpêche et des espèces invasives

Autre service écosystémique menacé : celui rendu par les mollusques bivalves qui filtrent l'eau et fournissent de l'eau salubre. En Afrique, 42% des espèces de mollusques d'eau douce et 68% des mollusques endémiques d'Europe sont menacés "à cause de la destruction de leurs habitats, de la pollution et de la construction de barrages". Les espèces exotiques envahissantes sont aussi responsables de la disparition des espèces. Elles représentent la cinquième source de menaces pour les amphibiens et la troisième pour les oiseaux et les mammifères. Parmi ces espèces invasives, la Jacinthe d'eau (Eichnornia crassipes), plante aquatique native du bassin amazonien, s'est rapidement propagée en Afrique où elle représente "une menace importante pour l'approvisionnement en eau et l'utilisation des eaux intérieures pour la pêche et le transport". Les pertes économiques que provoque cette plante peuvent atteindre 100 millions de dollars par an dans le continent africain.

Autre facteur d'extinction des espèces : la surpêche pointée par l'UICN. Dans certaines régions du monde, jusqu'à 90% des populations côtières vivent de la pêche, "mais la surpêche a réduit certains stocks d'espèces halieutiques de plus de 90%", a alerté l'IUCN. Parmi ces espèces, 36% des raies sont menacées d'extinction dont la Raie léopard (Himantura leoparda), classée "vulnérable". 55% des barrières de corail, dont dépendent 275 millions de personnes pour leur subsistance, sont également victimes de la surpêche. Idem, en Afrique, pour 27% des poissons d'eau douce alors qu'en Asie, l'espèce endémique comme le hareng du Mekong (Tenualosa thibaudeaui) est classée "vulnérable". 18% des mérous, grands poissons des récifs, sont aussi menacés.

"La plupart des causes de la perte de biodiversité, y compris de l'extinction des espèces, sont de nature économique", selon Simon Stuart, président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'UICN. "Une économie ne peut être qualifiée de « verte » que si elle favorise la réalisation des 20 Objectifs de biodiversité d'Aichi que les gouvernements ont défini d'un commun accord en 2010", souligne-t-il.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié dans #arasement pollution

Repost0

Publié le 24 Juin 2012

L'Etat (ré)ouvre le dossier du renouvellement des concessions hydroélectriques

En gestation depuis plus de cinq ans, la mise en concurrence des concessions hydroélectriques a accumulé les retards. En ouvrant une concertation en février, la DGEC lance les discussions formelles entre l'Etat et les entreprises intéressées.

En juillet 2008, Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Ecologie, présentait un plan de relance de la production hydroélectrique française dont le premier volet était la signature d'un décret autorisant la mise en concurrence des concessions des plus grands ouvrages. Une procédure rendue obligatoire par la perte du statut d'établissement public d'EDF en 2004 et la suppression, à la demande de la Commission européenne, du droit de préférence dont bénéficiait le concessionnaire sortant.

L'Etat compte sélectionner les meilleurs dossiers selon des critères énergétiques (investissements proposés pour accroître la puissance installée et la capacité de modulation de la production), environnementaux (protection des écosystèmes et respect des usages de l'eau) et économiques (taux de la redevance proportionnelle au chiffre d'affaires de la concession).

Relance de la procédure

 

 
L'hydroélectricité en France Première filière de production d'électricité renouvelable en France, l'hydroélectricité représente environ 12% de la production d'électricité nationale en 2010, selon les données publiées par RTE. Le parc français est évalué à 744 ouvrages de plus de 10 mètres de haut, dont 296 de plus de 20 mètres, et des milliers d'ouvrages de taille inférieure.
400 barrages représente 95 % de cette puissance et sont soumis au régime de la concession. Ces concessions ont été, le plus souvent, attribuées pour 40 ans.
EDF est titulaire de plus de 80 % des concessions et le groupe Suez de 12 % par le biais de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et de la Société hydroélectrique du midi (Shem). Les derniers 8 % étant des petites installations concédées à des producteurs indépendants.
 
Après plusieurs années de surplace, la procédure semble repartir de l'avant en ce début 2012. Fin février, la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) du ministère de l'Ecologie a organisé un atelier d'une demi-journée ouvert aux candidats potentiels. Un atelier qui constitue "le véritable lancement de la procédure", estime Emmanuel Soetaert, président de Statkraft France, le groupe public norvégien premier producteur européen d'électricité hydraulique avec EDF.

 

Cette rencontre a d'abord été l'occasion pour le ministère de recadrer le calendrier, même si aucune date précise n'a été donnée. La procédure démarrerait "très probablement après les Présidentielles", rapporte Emmanuel Soetaert, président de Statkraft France. De son côté, la DGEC précise qu'en matière de calendrier, elle compte "adresser aux ministres [concernés] des propositions à la fin du premier trimestre 2012".

De même, elle a permis d'entrer dans le vif du sujet et d'évoquer certaines zones d'ombre relatives aux contraintes de calendrier des opérateurs intéressés, à l'organisation générale de la procédure, aux délais nécessaires pour réaliser les études d'impact et au degré de précision à apporter sur chacun des critères des appels d'offres. Il s'agissait, pour la DGEC de "faire le point sur les questions et préoccupations des candidats, et d'en tenir compte pour la rédaction des propositions qui seront soumises aux ministres".

Parallèlement, la Directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) Midi-Pyrénées a publié début mars la synthèse de la consultation publique relative à la Gestion équilibrée de la ressource en eau (Gedre) de la vallée d'Ossau. Ce document est un préalable indispensable à la mise en concurrence puisqu'il informe l'ensemble des candidats sur les enjeux de gestion de l'eau spécifiques à chacune des 10 concessions. La synthèse constitue donc un passage en revue des attentes, parfois conflictuelles, des acteurs locaux auxquels les candidats devront répondre.

Encore une longue procédure

Cependant, le retard pris pourrait encore s'aggraver. En 2010, le Conseil d'Etat publiait un rapport consacré à l'eau et son droit dans lequel il annonçait que la procédure de mise en concurrence du renouvellement des concessions, "sera longue". Pour justifier ce jugement, la Haute juridiction administrative listait les principales étapes : établir un dossier de fin de concession avec le concessionnaire sortant, élaborer un cahier des charges, lancer les consultations, choisir le candidat selon les critères de sélection, négocier le cahier des charges avec le candidat retenu et procéder aux enquêtes publiques. Pour l'instant, la remise des dossiers "est en cours", commente Emmanuel Soetaert.

La volonté de regrouper différentes concessions en une concession unique pose des problèmes juridiques et économiques pouvant justifier le retard. En effet, l'Etat doit notamment mettre un terme prématurément à certaines concessions. Ce faisant, il doit négocier avec les concessionnaires sortants et les indemniser.

De même, l'Etat a lancé quatre appels d'offres pour recruter des cabinets de conseil en matière juridique, technique, financière et d'ordonnancement. Ce n'est qu'une fois recrutés ces experts que l'Etat envisage de rédiger les cahiers des charges. Problème, les candidats se préparent de longue date et "les meilleurs consultants ont été recrutés par les opérateurs", explique Emmanuel Soetaert, président de Statkraft France. En l'occurrence, l'Etat vient seulement de sélectionner les experts.

Enfin, certains connaisseurs du sujet suggèrent que le retard pris pourrait se justifier par la volonté de certains concessionnaires sortants de préserver leur avantage concurrentiel. En retardant autant que possible la remise du dossier de fin de concession, ils maintiendraient une asymétrie de l'information qui leur serait favorable. Cela d'autant plus qu'avec une procédure de renouvellement ralentie, les opérateurs des barrages visés continuent à tirer profit de l'électricité produite par un site amorti.

Dérive calendaire

Pour rappel, la mise en place de la procédure de mise en concurrence des concessions a débuté en 2006 lorsque le gouvernement a confié une mission d'expertise aux services de Bercy et de Roquelaure. En juillet 2008, Jean-Louis Borloo indiquait que les premières concessions feraient l'objet d'appels d'offres dés la fin de l'année. Depuis ces annonces initiales, le calendrier n'a eu de cesse d'être reporté.

En avril 2010, l'Etat a franchi une nouvelle étape en publiant un arrêté qui précise le périmètre précis de renouvellement des concessions. Afin d'assurer une gestion cohérente des ouvrages d'un même cours d'eau, l'Etat a défini dix concessions regroupant une cinquantaine d'ouvrages d'une puissance cumulée de 5.300 mégawatts (MW) seront renouvelées d'ici 2015 soit 20% de la puissance installée. Par ailleurs, un nouveau calendrier échelonne l'ouverture des appels d'offres entre fin 2010 et 2015.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 23 Juin 2012

anthony-001.jpg

La Gazette - 20 juin 2012

 

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié dans #la pêche

Repost0

Publié le 23 Juin 2012

Rédigé par jojo

Publié dans #la pêche

Repost0

Publié le 23 Juin 2012

Rédigé par jojo

Publié dans #arasement pollution

Repost0

Publié le 22 Juin 2012

Remaniement ministériel : Delphine Batho remplace Nicole Bricq à l'Ecologie
Remaniement ministériel : Delphine Batho remplace Nicole Bricq à l'Ecologie

Jeudi 21 juin 2012, François Hollande, président de la République et Jean-Marc Ayrault, Premier ministre ont remanié l'équipe gouvernementale. Delphine Batho (PS), précédemment ministre déléguée à la Justice, remplace Nicole Bricq (PS) qui devient ministre du Commerce extérieur.

Le ministère de l'Ecologie perd une spécialiste de la fiscalité environnementale, l'ancienne ministre ayant rédigé en 1998 un rapport d'information parlementaire prônant un renforcement du principe pollueur-payeur. Delphine Batho, proche de Ségolène Royal, à laquelle elle a succédé au siège de député des Deux-Sèvres en 2007, est une spécialiste des questions de sécurité. Elle a notamment été secrétaire nationale chargée des questions de sécurité au PS de 2003 à 2008.

"Le changement… c'est déjà maintenant", ironise Agir pour l'environnement qui estime que "en pleine conférence internationale de Rio+20, ce changement est loin d'être la décision la plus judicieuse qu'ait prise le nouveau premier Ministre français". L'association note que "le remplacement de la ministre de l'écologie ressemble à une valse hésitation [et] s'étonne que le ministère de l'écologie puisse servir de variable d'ajustement dans un jeu de chaise musicale qui n'est pas à la hauteur des crises écologiques".

Le portefeuille élargi de Frédéric Cuvillier

Ce changement intervient alors que huit organisations écologistes, dont Greenpeace, France nature environnement, Guyane nature environnement, le WWF et la Fondation Nicolas Hulot déploraient le même jour l'annonce de la reprise des forages d'exploration pétrolière en Guyane. "Après moult tergiversations la décision calamiteuse est tombée", dénonçaient les ONG.

Par ailleurs, Frédéric Cuvillier, chargé des Transports, voit le périmètre de son ministère élargi. Il est désormais ministre délégué auprès de la ministre de l'Ecologie chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche. De même, Stéphane Le Foll est maintenant chargé de la forêt et devient ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié dans #Réaction de nos politiciens

Repost0

Publié le 22 Juin 2012

Rédigé par jojo

Publié dans #Nos arguments

Repost0

Publié le 21 Juin 2012

Nitrates : eaufrance publie une synthèse des cinq campagnes de surveillance réalisées entre 1992 et 2009

La cinquième note Les synthèses publiée par eaufrance revient sur les résultats des cinq campagnes de surveillance de la concentration en nitrates des eaux françaises. Ce bilan est présenté à l'occasion des 20 ans de la directive européenne relative aux nitrates adoptée en 1991.

"Ces campagnes [de surveillance de la concentration en nitrates des eaux] permettent d'évaluer les effets des programmes d'actions et de réexaminer la délimitation des zones vulnérables à la pollution diffuse par les nitrates d'origine agricole", indique eaufrance, rappelant qu'il s'agit là d'une des obligations introduites par la directive européenne.

En février, la Commission européenne, a annoncé qu'elle aller traduire la France devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) "pour n'avoir pas pris les mesures efficaces contre la pollution des eaux par les nitrates". Les modifications apportées à la législation française suite à l'avis motivé envoyé à la France en octobre 2011, ont été trop lentes et insuffisantes, estime la Commission.

Globalement, la note de 7 pages pointe une stabilité de la situation. Néanmoins, la comparaison des résultats d'une campagne à l'autre semble délicate, notamment du fait de variations dans le nombre de points suivis.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié dans #arasement pollution

Repost0

Publié le 21 Juin 2012

Rio 2012. L'énergie rattrapée par le business

20 juin 2012 à 06h25 - Réagir à cet article

Rio+20, le sommet international consacré au développement durable, s'ouvre ce mardi, au Brésil. La question de l'accès à l'énergie pour tous devrait alimenter de nombreux débats dans un contexte de crise assez peu propice à la pure philanthropie.

1,3 milliard d'individus n'ont à ce jour pas accès à l'électricité dans le monde. Ils sont 2,7 milliards à ne disposer que de bois et ou de déjections animales pour se chauffer ou cuire leur nourriture.
Dans un tel contexte, comment imaginer une émancipation des femmes, favoriser l'éducation des enfants, améliorer les conditions sanitaires, envisager la sortie d'une économie vivrière et éviter que ces populations n'aient en toute logique envie de migrer vers la lumière ?

Une thématique centrale
L'accès aux réseaux d'énergie est ainsi devenu au fil du temps un enjeu géopolitique et un axe prioritaire des politiques de développement, comme le défendent les Nations Unies, mais aussi l'Europe qui a décidé, en avril dernier, de débloquer une enveloppe de 20 M€ pour permettre à 500 millions d'individus d'accéder à de l'énergie renouvelable d'ici 2030.
Ambition louable, certes. Mais pas tout à fait désintéressée... Car en aidant les plus pauvres à accéder à l'énergie, l'Europe cherche aussi clairement à s'ouvrir de nouveaux marchés, notamment en Afrique où la concurrence chinoise se fait de plus en plus pressante.

Énergie : un bien universel
Si en haut lieu, on se refuse à reconnaître une telle ambition, il se murmure dans les couloirs bruxellois que les représentants des groupes énergétiques européens, notamment norvégiens et danois, fréquentent désormais assidûment les instances européennes. À tel point d'ailleurs que les Organisations non gouvernementales (ONG) craignent désormais de se voir écartées des projets de développement liés au marché lucratif de l'énergie.
Et si, finalement, la solution pour résoudre ce problème de l'accès à l'énergie pour tous était ailleurs ? Si l'on se décidait à considérer l'énergie comme un bien universel et non uniquement comme un marché ?
C'est ce que défendent les membres du GENI (Global energy network institute), groupe soutenu par Al Gore et l'ancien secrétaire général de l'Onu Boutros Boutros Gali.
Ce groupe ne fait en réalité que reprendre les idées de l'ingénieur américain Buckminster Fuller qui dès les années 60 se préoccupait de ces questions déclarant alors : «L'énergie électrique - sa production comme sa distribution - est l'un des problèmes majeurs dans le monde», ajoutant que «faire de l'argent, s'employer à assurer aux grandes compagnies influence et profits, est une politique à courte vue».

Interconnexion mondiale possible
C'était il y a plus de 40 ans et dès cette époque, le visionnaire américain déplorait le fait que les grandes entreprises mondiales veuillent imposer l'énergie atomique comme seule alternative au pétrole...
L'homme évoquait déjà le potentiel énergétique des marées, du soleil et du vent, et défendait l'idée d'une interconnexion mondiale possible grâce aux lignes à haute tension permettant aux uns de profiter des ressources renouvelables des autres, en jouant notamment sur les fuseaux horaires, les saisons... Une vision utopiste ? Peut-être. À moins de considérer la mondialisation comme autre chose qu'une concurrence économique morbide entre pays du monde.

  • Anne Burel

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié dans #Réaction de nos politiciens

Repost0

Publié le 20 Juin 2012

Reach : une restriction du 1,4-dichlorobenzène en consultation

L'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a lancé le 19 juin une consultation publique de six mois sur une proposition de restriction du 1, 4-dichlorobenzène dans les désodorisants et les blocs WC. Mais elle souhaiterait recueillir les premiers commentaires dès le 1er septembre afin d'alimenter les premières discussions sur la restriction proposée.

Cette substance, classée cancérogène de catégorie 2, est toxique pour le foie, les reins et les voies respiratoires. Le rapport, réalisé par l'ECHA à la demande de la Commission, démontre une exposition supérieure aux niveaux de sécurité des utilisateurs domestiques de ces produits et des personnels de nettoyage des toilettes.

Les parties intéressées peuvent commenter à la fois la proposition de restriction et le rapport associé. Les commentaires seront pris en compte par le comité d'évaluation des risques (RAC) et le comité d'analyse socio-économique (SEAC) de l'ECHA. Les avis des deux comités devraient être rendus en juin 2013 et permettront à la Commission de prendre une décision sur l'opportunité d'introduire ces restrictions dans le règlement Reach.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié dans #arasement pollution

Repost0