Publié le 31 Mai 2015

Charente: le fleuve ou la mort coule tranquille

Publié le 31 mai 2015

Nous reproduisons en bref non extenso sur la Charente. Il relates hélas de Nombreux cours d'eau en France.

Il inventorie les CAS d'utilisation de Produits Chimiques appliqués POUR UNE bonne cause ... Prétendue des balivernes: il s'agit d'Un manque de discernement voiture IL s'agit Toujours de Mauvaises Raisons .

Ce est redingote non paroxysme d'incohérence à l'aune des concepts Environnementaux, de la désinvolture vis-à-vis de la qualité de l'eau, du code de l'environnement, de la Continuité écologique y afférente, des SRCE et de la biodiversité. Rien de Moins.

Les Acheteurs DE PRODUITS NE PEUVENT POURTANT, plus Invoquer le défaut d'information.

Alors?

Du genfoutisme de base et de l'obscurantisme écologique, non défaut de gouvernance (1) ... ou l'ignorance crasse (2)?

(1) «défaut de gouvernance»: ce est l'élu Qui ferme les yeux sur l'achat des Produits Qui impactent l'environnement, la voiture le (la) responsable Est Un (une) Fonctionnaire territorial (e) indéboulonnable un fils poste, immuable Dans SES pratiques.

(2) de plus de en plus de Quand insupportable sur prétends Exercer des Responsabilités ous l'ignorance du particulier Qui Apprécie la Facilité.

http://blogs.mediapart.fr/edition/la-mort-est-dans-le-pre/article/280515/charente-le-fleuve-ou-la-mort-coule-tranquille

article PDF ici: Charente polluée

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Publié le 29 Mai 2015

Prix de l'électricité : la France enregistre la plus forte hausse en Europe

Energies | 28 mai 2015 | Florence Roussel

La France a vu son prix de l'électricité domestique bondir de 10,2% entre le second semestre 2013 et le second semestre 2014 selon les statistiques d'Eurostat publiées le 27 mai. Il s'agit "de loin" de la plus forte hausse constatée parmi les Etats membres de l'Union européenne devant le Luxembourg (+5,6%), l'Irlande (+5,4%) ou encore la Grèce (+5,2%).

Toutefois, avec ses 17,5 euros pour 100 kWh, la France ne fait pas partie des pays où le prix de l'électricité domestique est le plus élevé : le Danemark (30,4 euros), l'Allemagne (29,7) et l'Irlande (25,4) constituent le trio de tête. La France affiche même un prix inférieur à la moyenne qui est de 20,8 euros/100 kWh. Les prix les plus bas sont rencontrés en Bulgarie (9 euros), en Hongrie (11,5) et à Malte (12,5).

Les diverses taxes et redevances représentaient en moyenne 32% du prix de l'électricité facturée aux ménages dans l'UE au second semestre 2014. La France est dans cette moyenne avec un taux de 31%.

Florence Roussel, journaliste
Rédactrice en Ch
ef

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Publié le 28 Mai 2015

Anthropocène, grande accélération et qualité des rivières

Publié le 7 février 2015

Les géologues divisent les séquences de longue durée de l'histoire de la Terre en ères, périodes, époques et étages. Nous vivons ainsi dans une époque appelée "Holocène", commencée avec le dernier interglaciaire voici 10.000 ans, et cet Holocène se situe dans la période dite "Quaternaire", elle-même dans l'ère "Cénozoïque" (jadis appelée Tertiaire). Les frontières entre ces subdivisions sont généralement données par des événements climatiques, géologiques ou biologiques majeurs. Par exemple la frontière entre l'ère primaire (Paléozoïque) et l'ère secondaire (Mésozoïque) est fixée par la grande extinction Permien-Trias, qui a vu disparaître 95% des espèces marines et 70% des espèces terrestres voici environ 252 millions d'années (Ma).

L'Anthropocène, époque où notre espèce modifie la vie sur Terre
Depuis quelque temps, un débat anime la communauté des géologues : certains proposent la création d'une nouvelle époque, appelée Anthropocène, définie comme l'époque où l'espèce humaine est devenue la force majeure de transformation de la Terre. Parmi les traces manifestes de cette époque, on note par exemple la modification substantielle des cycles naturels du carbone, de l'azote, du phosphore, de l'uranium ; l'érosion rapide de la biodiversité avec une accélération du rythme de disparition des espèces ; la modification des composés de l'atmosphère et des équilibres énergétiques du climat ; le changement d'usage des sols, en particulier la déforestation à fin de transformation agricole. Ces événements associés au développement de l'espèce humaine laisseront des traces perceptibles dans l'histoire longue de la Terre.

Cet Anthropocène serait donc appelé à suivre l’Holocène. Mais quand débute-t-il? La plupart des propositions convergent vers le XVIIIe siècle, le commencement de la Révolution industrielle moderne qui a donné les moyens de l'explosion démographique humaine et de la transformation de la nature. Dans un article très commenté, Will Steffen et ses collègues viennent plutôt de proposer une nouvelle date : 1950. Ils nomment cette date le seuil de la "grande accélération".

Depuis 1950, les courbes exponentielles de la grande accélération
Pourquoi? Parce que cette période correspond à une très nette accélération des tendances modernes dans le domaine démographique et socio-économique, comme le démontre la forme exponentielle plutôt que linéaire de ces courbes : population, PIB, investissement, énergie primaire, urbanisation, fertilisants, usages de l'eau, grands barrages, tourisme, production de papier, transport télécommunication. (Cliquer pour agrandir)

Les années 1950 correspondent également à une accélération dans les mesures de perturbations environnementales : dioxyde de carbone, protoxyde d'azote, méthane, ozone, température de surface, acidification des océans, volumes de pêches océaniques, nitrates en littoraux, déforestation tropicale, terres cultivées, dégradation de la biosphère terrestre. (Cliquer pour agrandir)

La rivière, témoin (encore) vivant d'un changement d'époque

Pourquoi parler Anthropocène et grande accélération sur le site OCE? Parce que nous rencontrons souvent chez nos interlocuteurs institutionnels l'idée (fausse) que les variations morphologiques associées aux barrages de moulins seraient à l'origine de la dégradation d'une majorité des rivières françaises. Et parce que dans le même temps, nous recevons de la plupart des riverains âgés les témoignages (vrais) que les rivières se sont dégradées bien plus récemment (et rapidement) pendant les "Trente Glorieuses". C'est-à-dire justement dans le cadre de cette grande accélération.

Et de fait, il n'y a aucune raison que les milieux aquatiques continentaux ne suivent pas le mouvement général exposé par Will Stefen et ses collègues. Certains phénomènes décrits dans les courbes ci-dessus comme le changement climatique (et les changements hydrologiques associés) ont un effet direct sur les populations piscicoles, notamment les espèces thermosensibles vivant dans des zones à la limite de température de tolérance. C'est également le cas évidemment pour la construction des grands barrages contemporains comme pour l'usage industriel de nitrates et autres intrants dans les cultures agricoles, substances qui par ruissellement et infiltration ont modifié les équilibres des masses d'eau (eutrophisation, hypoxie et anoxie, etc.).

Plus largement, c'est bien à partir des années 1950 que se généralisent la motorisation individuelle (HAP pyrolytiques qui se retrouvent dans les rivières), la chimie de synthèse permettant l'usage de masse des phytosanitaires (pesticides) et des biocides en général, des molécules médicamenteuses (perturbateurs développementaux, neurologiques et endocriniens), des lessives et produits d'entretien ou d'hygiène (notamment charge en phosphates avant interdiction), des produits industriels ou de grande consommation peu biodégradables (plastiques, PCB, etc.). Dans cette période d'abondance marquée par l'âge d'or du pétrole et du béton, on a également assisté à des travaux massifs d'urbanisation des rives et d'aménagement des berges, conduisant à des altérations et déséquilibres sur les rivières bien plus rapides que la lente installation des moulins entre le Moyen Âge et le XIXe siècle. La mondialisation des échanges et des flux a également accéléré la diffusion des espèces invasives et des pathogènes importés dans de nombreux milieux, dont les rivières.

Ne pas se tromper de cible et réformer la politique de l'eau
Une leçon de la grande accélération appliquée aux rivières est ainsi, que les naturalistes et les écologistes ne doivent pas se tromper de cible : les menaces de premier ordre sur la qualité des milieux aquatiques ne proviennent ni des seuils ni des petits barrages (quand bien même certains méritent des aménagements pour être plus fonctionnels, et pourquoi pas plus transparents sur une sélection raisonnable d'axes à grands migrateurs ou à enjeux sédimentaires). On l'observe d'ailleurs sur des espèces-témoins polluo-sensibles, dont le déclin ne correspond nullement à la construction ou la densification des seuils, comme par exemple les écrevisses du Morvan ou encore les moules perlières de certaines de nos rivières.

Les centaines de millions d'euros que la France dépense en ce moment chaque année pour des opérations de "restauration morphologique" décidées plus ou moins à l'aveugle en fonction des opportunités et non des besoins, réalisées quasiment toujours sans suivi scientifique, sont autant de budgets qui seraient mieux dépensés ailleurs :

- déjà pour avoir les campagnes de mesures de qualité exigées par la DCE 2000 (mais très incomplètes sur la majorité des masses d'eau),

- ensuite pour inciter les chercheurs à construire des modèles descriptifs et prédictifs,

- pour aider les agriculteurs à réduire leurs impacts et à sortir d'un modèle productiviste qui conduit à l'impasse,

- pour aider les communes à normaliser et améliorer leurs assainissements,

- pour favoriser l'émergence d'une "alchimie verte" orientée sur l'auto-épuration des déchets produits par nos sociétés,

- pour inclure les rivières dans la transition énergétique permettant de limiter les émissions carbone, et plus largement les émissions de tous les polluants associés à la combustion des sources fossiles.

Inverser les courbes mortifères de la grande accélération demande une vision à long terme, un diagnostic correct et une action cohérente pour répondre aux enjeux.

Alternant les longues inerties et les coups de barre brutaux, les mesurettes sans effet et les modes sans objet, les déclarations fracassantes à défaut d'idées et les inactions patentes par défaut de moyens, la politique française de l'eau n'est pas à la hauteur de cet enjeu de civilisation pour ce qui concerne la reconquête de la qualité des milieux aquatiques.

références
Will Steffen W.et al. (2015), The trajectory of the Anthropocene: The Great Acceleration,The Anthropocene Review, epub, doi:10.1177/2053019614564785

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Publié le 27 Mai 2015

Continuité écologique : épistémologie d’un système réinventant les 7 péchés capitaux

Publié le 18 novembre 2014

"comment en est-on arrivé là" ? ..."qui décide au juste" ?

Ces questions reviennent souvent quand on parle de continuité écologique et de la politique de l’eau dont les effets sont infligés aux ouvrages hydrauliques.

Radiographie d’un système à bout de souffle qui patauge, incapable d’améliorer la qualité de l’eau, alors qu’il s’agissait d’un « enjeu majeur »

Essayons donc d’exposer les principaux acteurs. Les commentaires en italiques aident à interpréter chaque entrée.

Union européenne. Une part croissante du droit des Etats membres provient de l’activité législative et réglementaire de l’Union européenne. À titre d’exemple pour l’eau : Directive 91/271/CEE 1991 Eaux résiduaires urbaines ; Directive 91/676/CEE 1991 Nitrates ; Directive 92/43/CEE Habitats Faune Flore ; Directive 1996 (96/61/CE puis Directive 2008 2008/1/CE) Prévention et réduction intégrées des pollutions (IPPC) ; Directive 2000/60/CE 2000 DCE Etat chimique et écologique des masses d'eau ; Directive 2009 Pesticides (2009/128/CE). C’est la DCE 2000 qui a le plus influence pour la question des ouvrages hydrauliques.

Commentaire : bon nombre de « décideurs-applicateurs » ont coutume de se défausser sur l’Europe quand la rumeur publique critique les lois françaises sur l’eau. Il faut savoir : d’une part que les directives européennes sont conçues et approuvées par les Etats-membres, et que d’autre part la DCE 2000 n’impose nullement la destruction des seuils et barrages. C’est un choix dogmatique purement franco-français.

Législateur (Sénat et Assemblée nationale). Nos élus ne peuvent être omniscients mais ils décident des grandes orientations de la politique de l’eau au travers des lois (en fonction de ce qu’on leur a suggéré de penser sur une lecture manichéenne de l’écologie). Dont acte : la dernière en date est la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA 2006), faisant suite à d’autres textes (loi de répartition et lutte contre la pollution des eaux de 1964 ; loi sur la protection de la nature de 1976 ; loi sur la pêche de 1984 ; loi sur l'eau de 1992). La LEMA 2006 est en partie une transposition en droit français de la DCE 2000 (voir ci-dessus).

Commentaire: les lois votées par les représentants du peuple sont souvent vidées de leur substance ou détournées par leur mise en application réglementaire. Exemple : dans le vote législatif, la continuité écologique devait concerner initialement les grands migrateurs amphihalins (saumons, esturgeons, anguilles…). La dérive ? Les décrets et arrêtés d’application ont compliqué singulièrement la situation en ratissant très large : plus d’une vingtaine d’espèces (dont certaines non jamais été migratrices stricto sensu). Les effets induits ? Des contraintes techniques irréalistes pour la plupart des sites (exemple protocole ICE) et se traduisant par une charge financière exorbitante.

Gouvernement, Ministère de l’Ecologie. Le gouvernement et l’administration centrale de l’État ont en charge de faire des choix politiques et d’assurer l’exécution pratique des lois, cela par des arrêtés et des décrets. Pour les ouvrages hydrauliques, la charge en revient principalement à la Direction de l’eau et de la biodiversité (DEB) du Ministère de l’Ecologie et subsidiairement (pour l’hydro-électricité) la Direction de l’Energie et du Climat (DEC). Le Ministère de l’Agriculture a son mot à dire pour tout ce qui est pratiques agricoles, bien sûr. Outre les arrêtés et décrets, le Ministère de l’Ecologie dispose de divers outils pour donner des orientations (les plans, par exemple) ou des interprétations (autre exemple : les circulaires d’application).

Commentaires : le problème n°1 des moulins et des usines hydrauliques s’appelle la Direction de l’eau et de la biodiversité au Ministère. C’est l’épicentre de l’inflation réglementaire. La contribution essentielle au mille-feuille administratif qui s’auto alimente.

La cause ? Les fonctionnaires des Grands corps d’Etat (les « corpsards »). Les Ministres se succèdent…eux restent en place !

Eloignés du terrain, isolés dans leurs tours, ils sont là pour réfléchir. N’ayant aucune sanction électorale ni aucun contact avec les réalités, ces néo-hydro-technocrates passent leurs journées à concevoir des dispositions toujours plus pointilleuses et coûteuses, sans que personne ne puisse relever les effets collatéraux ni l’éventuelle impossibilité d’appliquer leurs directives par les particuliers, les entreprises ou par les agents publics chargés de les contrôler. Leur ministre de tutelle, se contentant de leur répercuter les dictats des lobbies qui tiennent les rênes du réel pouvoir.

DDT, DREAL, service déconcentrés de l’État. Le principal interlocuteur dans le domaine hydraulique est la DDT (Direction départementale des territoires, et de la mer – DDT(M) pour les départements marins), qui assure avec l’ONEMA la fonction de police de l’eau. Leur tâche consiste instruire les dossiers de déclaration ou d’autorisation au titre du CE, à vérifier que les ouvrages en rivière sont conformes à la réglementation (nationale ou préfectorale si arrêtés spécifiques en département ou région), le cas échéant à prononcer des sanctions administratives (abrogation de droit d’eau, injonction de renaturation du milieu, etc…)

Commentaires : instruction à charge avec des œillères des petits dossiers privés, instruction très complaisante des dossiers de déclaration de travaux de destruction (sans contrôle du respect des prescriptions) ,instruction édulcorée sans analyse des impacts ni de la prise en compte des réels enjeux pour les dossiers importants, LRAR tous azimuts pour assurer son devoir d’information, LRAR pour dégager ses responsabilités, une mise aux normes coûte que coûte et toujours : un plaidoyer en faveur de la destruction des ouvrages « pour le bien de la planète »…

Agences de l’eau. Etablissements publics administratifs créées en 1964, les Agences de l’eau (6 en métropole) sont des agences de moyens qui collectent l’ensemble des taxes sur l’eau et les redistribue pour assurer la mise en œuvre. Leurs orientations sont choisies par des Comités de bassins, qui définissent aussi les SDAGE (schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux).

Commentaires : le problème n°2 des moulins et des usines hydrauliques est lié à la politique doctrinale inéquitable de financement. Alors que les aménagements écologiques (passes à poissons) relèvent de l’intérêt général, les Agences rechignent le plus souvent à les financer et mènent un chantage financier permanent pour inciter « pédagogiquement » [sous-entendu « financièrement »] les propriétaires à effacer (araser ou déraser) leurs ouvrages avec 80 à 100% de financement public. L’incohérence: la restauration des vannages censés assurer le transit sédimentaire est dogmatiquement inéligible aux aides. Les milliards gaspillés auraient permis de remettre à neuf tous les vannages de France. Nous sommes très loin du compte ! À signaler que les Comités de bassin sont perçus comme la chambre d’enregistrement des lobbies les plus puissants de l’eau. (Donc se payer les ouvrages hydrauliques pour laisser croire qu’on agit en faveur de la qualité de l’eau ne gêne pas grand monde, et arrange même certains…). L’inflation de certaines dépenses de fonctionnement et de subventions publiques sans aucune mesure scientifique réelle de leurs retombées environnementales en période parait-il de crise économique frôle la provocation.

Onema. Ancien CSP (Conseil supérieur de la pêche), appelé à être intégré dans l’Agence de la biodiversité, l’Onema remplit des rôles assez divers : recherche scientifique, gestion des bases de données, rapportage de la qualité des rivières à l’Union européenne, conseil et prescription technique aux DDT en région et département, police de l’eau sur le terrain.

Commentaires : cristallisant souvent l’ire des propriétaires d’ouvrages hydrauliques, et ayant été fortement critiqué pour ses fautes de gestion interne par la Cour des Comptes, l’Onema mérite sans doute un jugement plus nuancé. Ses travaux scientifiques sont intéressants, son rôle sur le terrain est celui d’une police classique. Le principal problème observé réside dans la fonction de « soutien argumentaire » aux DDT : opaque dans son fonctionnement, cette tâche est assurée par des ingénieurs / techniciens parfois dénués de souplesse, de réalisme et de discernement, appliquant à la lettre des protocoles techniques complexes dont l’effet direct est la ruine économique de certains particuliers (la mise en œuvre des prescriptions exigées est extrêmement coûteuse). On signale aussi de ci de là quelques dérives idéologiques et doctrinaires éloignées des considérations environnementales. Et plus fréquemment, des exigences techniques et légales peu robustes qui contraignent les requérants à se tourner vers les tribunaux administratifs qui réaffirment leurs droits.

Syndicats de rivières et de bassins versants. Ces EPCI ou EPTB sont des établissements de coopération entre communes et autres collectivités locales. Les collectivités ont désormais la charge de ce que l’on nomme « gestion de l’eau, des milieux aquatiques et de prévention des inondations » (GEMAPI) mais en dehors des métropoles et agglomérations de grande taille, elles n’ont pas de compétence technique interne en hydraulique et hydrologie. Donc elles délèguent la tâche aux syndicats. Les syndicats portent parfois des SAGE (schéma de gestion et aménagement des eaux) ou divers contrats de rivières / de bassins.

Commentaires. Les EPCI et EPTB sont très dépendants des financements des Agences de l’eau. Donc, dans le domaine de la continuité écologique, les syndicats tendent à réaliser ce qui plaît aux hauts fonctionnaires des Agences, des Préfectures et du Ministère…mais qui déplaît souvent fortement aux riverains et aux élus. Il y a plus ou moins d’autonomie et de courage à la tête des syndicats, certains sont capables de résister un peu à pression du financeur et de l’État, d’autres s’y plient servilement pour ne pas avoir de problème, certains anticipent en étant probablement convaincus d’atteindre le « bon état 2015 ». Mais une constante : ils sont tous persuadés que la bonne idée consiste à lancer une DIG. Certains EPTB ont une approche plus professionnelle de l’hydrologie et leurs actions vont dans le bon sens : l’amélioration de la qualité de l’eau.

Et de tout cela naissent les 7 plaies de la continuité écologique …

Nous le constatons, la situation est assez compliquée. Et encore, nous avons résumé à grands traits, sans parler en détail du rôle Régions (SRCE), de certains services comme les DREAL, etc…

Cette situation produit les 7 maux de la continuité écologique.

1) complexité. Illisible, enfermé sur lui-même, traversé de jeux de pouvoir enchevêtrés, formé d’un empilement non questionné de structures non évaluées (sérieusement), chapeauté par des technocrates en roue libre, le système est complexe dans ses normes qui s’accumulent, ses règlements, ses données, ses processus de décision, ses outils de communication.

2) opacité. L’action publique aime tout contrôler, mais elle répugne à l’être elle-même. Quiconque a essayé d’obtenir des informations sait combien il est très difficile d’obtenir publication de l’ensemble des documents internes présidant aux choix de l’administration, et plus généralement l’ensemble des données techniques sur l’eau. Le bateau ivre dérive au gré des courants du moment, sans juger bon de réponde de ses divagations.

3) inefficacité. Le mauvais état de bon nombre de rivières françaises témoigne à lui seul du résultat (médiocre) de la politique de l’eau depuis 50 ans. Les directives anciennes relatives à la pollution ne sont toujours pas appliquées, les choix en rivières changent tous les 20 ans (avant, on bétonnait les berges, les prêts des travaux connexes aux remembrements sont tout juste remboursés, des kilomètres de rivières rectilignes ont été créés…) et les mesures n’ont même pas d’analyse de suivi pour s’assurer d’un usage efficient de l’argent public.

4) gabegie. Bien que public, le système pousse au jeu du « presse-bouton » pour appeler qui un bureau d’étude pour produire des études, qui un bureau d’étude assurant la maîtrise d’œuvre, qui une entreprise privée en exécution de travaux… tout cela dans le cadre de marchés publics réputés faire exploser artificiellement les coûts. Peu importe : le contribuable paie. Des rentes s’instaurent. Des milliards dépensés tous les ans. Combien exactement ? Personne ne le sait.

5) irresponsabilité. Les bureaucraties ne font pas bon ménage avec la responsabilité personnelle. Les hauts fonctionnaires pratiquent la lutte des places et changent de poste dès qu’ils peuvent, les résultats ne sont pas sérieusement évalués, les échecs ne sont pas sanctionnés et les erreurs ne sont pas reconnues. Personne n’est coupable, personne n’est responsable, la machine ronronne en boucle… et l’Etat paie toutes les amendes.

6) autoritarisme. Illustration caricaturale du jacobinisme centralisateur et autoritaire, la continuité écologique est imposée de haut en bas, décidée pour l’essentiel par une poignée de Parisiens en circuit fermé, obsédés par la volonté de tout réguler et de laisser le minimum de liberté aux acteurs locaux. Ce n’est même plus de « l’écologie punitive », cela devient de la punition pour la punition, la volonté de démontrer la toute puissance de l’administration dans le gouvernement des personnes et des choses. Il faut détruire les moulins ainsi que les 450 000ha d’étangs. Ce que la révolution a épargné par nécessité, la continuité écologique doit l’effacer : tout doit disparaître. Point.

7) incohérence. Nous ne cessons de pointer les innombrables incohérences qui devraient lézarder le socle du dogme manichéen de l’eau. En 2014, il prime encore sur la clairvoyance. Il faudra pousser les curseurs des actions dispendieuses sans effet environnemental encore quelques années pour imaginer un jour une gestion équilibrée des cours d’eau : atténuer l’impact des crues et des étiages, améliorer la qualité de l’eau en réduisant les pollutions, réduire les pompages dans les nappes phréatiques…pour s’apercevoir que la cible des moulins n’était pas une priorité et ne méritait pas cet acharnement destructeur.

Et pour conclure…

Comme dans un roman de Kafka, on ne sait pas trop comment on est entré, on ne voit pas trop comment on peut sortir. Il faut prendre du recul : si elle menace le troisième patrimoine de France (celui de l’eau et de ses ouvrages hydrauliques), la continuité écologique ne concerne que quelques dizaines de milliers de personnes soit aucun poids électoral. Un public paisible. Elle n’est qu’un infime aspect des problèmes généraux que pose le dérèglement manifeste de l’action publique dans notre pays.

On en sort comment ?

  • Au même titre que le droit de réserve ou le principe de précaution, on en sortira par une résistance à l’absurde, c’est-à-dire par un refus net, immédiat et déterminé d’appliquer les consignes de la continuité écologique quand elles mutilent le patrimoine (par précaution) et persécutent les meuniers. La grogne monte. C’est le rôle des associations, des collectifs et de leurs avocats. Des ouvrages qui ont traversé les siècles auront été détruits pour l’exemple. Cette mutilation patrimoniale est plus difficile à accepter en temps de paix surtout quand elle est initiée par l’administration,
  • Mais aussi en laissant un peu de temps au temps : l’État n’a d’ores et déjà plus les moyens humains et financiers de nourrir son obésité réglementaire,
  • les travaux scientifiques n’arrivent pas à légitimer l’absence de résultats de la continuité écologique,
  • un nombre croissant d’élus et de responsables constatent les échecs et sont témoins des conflits locaux sur le terrain,
  • Les normes inapplicables… ne seront tout simplement pas appliquées. Cela s’appelle le principe de réalité,
  • Et la continuité écologique à la sauce étatique ira se fracasser sur le mur du réel : elle subira l’érosion… du poids de l’inertie.

Après avoir célébré les funérailles de la continuité écologique, on pourrait enfin passer à une écologie intelligente, productrice d’emplois et ô combien nécessaire à nos rivières.

lire: https://cedepa.wordpress.com/2012/12/09/dce-epistemologie/

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Rédigé par jojo

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Publié le 27 Mai 2015

Quel est l'avenir de notre océan?

Publié le 21 mai 2015

L'avenir de l'océan se joue sur terre. La charge que nous infligeons à nos cours d'eau en termes de pollutions directes et diffuses, de surcharge sédimentaire due à l'érosion agricole, dépassent largement leurs capacités auto-épuratrices.

Résultat: tout file vers l'océan...mais celui-ci est loin, immense, n'appartient à personne et n'a même pas de statut pour ester en justice internationale.

La marchandisation des actifs naturels sera une réponse. La captation de l’océan par la finance. Une fabuleuse opportunité de créer un marché hautement spéculatif et 100% virtuel sur la vague de l’écologie : vendre le concept environnemental sans à aucun moment chercher à résoudre les problèmes. c'est très fort. Des perspectives de gains financiers exponentiels.

La sauvegarde de la biodiversité et des écosystèmes...d'autres thèmes immatériels qui permettront de lancer de nouveaux produits financiers.

Les lanceurs d'alerte se réunissent le 9 Juin 2015 à Paris. Ils préparent le début d'une prise de conscience sociale. En gros ces puristes, sans l'imaginer, créent un besoin légitime: la protection de l'océan... que les requins monétariseront.

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What Is the Future of Our Ocean?
What the science shows and what we can do about it

Tuesday, June 9, 2015
14:00 - 20:00
Maison des Océans (Grand amphithéâtre)
195 rue Saint-Jacques, 75005 Paris

Conference organised by Paris Sciences et Lettres Research University and The Pew Charitable Trusts, members of the Ocean & Climate Platform

The ocean is critical to sustaining life on our planet, but it is changing in ways that we do not fully comprehend. This conference will explore the science behind our understanding of the ocean, the impacts of human activities on ocean health, and the ways we can best manage the ocean to ensure its protection.

AGENDA

14:00-14:45: Registration
14:45-15:00: Welcome addresses
15:00-17:00: "The Hard and Social Science of the Ocean", plenary session chaired by Francoise Gaill (Ocean & Climate Platform's Scientific Committee)
Speakers: Paul Falkowski (Rutgers University), Lisa Levin (Scripps Institution of Oceanography), Charles Sheppard (University of Warwick), Marjan van den Belt (Massey University)

17:00-17:30: Coffee break

17:30-19:00: "How to Manage the Ocean", roundtable discussion led by Brice Lalonde (former French Minister of the Environment)
Speakers: Lucien Chabason (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales), Francoise Gaill (Ocean & Climate Platform/CNRS), Philippe Cury (Institut de Recherche pour le Développement), Luis Valdés (UNESCO), Dan Laffoley (International Union for Conservation of Nature)

19:00-20:00: Closing remarks, followed by a cocktail reception

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Rédigé par jojo

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Publié le 27 Mai 2015

De Sivens en Sélune… la GEMAPI et l'introuvable démocratie des rivières

Publié le 10 décembre 2014

Gestion de l'eau, des milieux aquatiques et prévention des inondations : sous le label très administratif de la GEMAPI se tient une importante mutation en cours. L'Etat transfère à compter de 2016 la gestion des rivières au bloc communal, soit le plus petit échelon des collectivités locales (voir par exemple ici). Quelles vont être les conséquences?


D'abord, si les métropoles et les grandes agglomérations disposent de compétences techniques et de moyens financiers, ce n'est pas le cas des collectivités rurales, très majoritaires en nombre comme en linéaire de rivières. Donc concrètement, ce sont les syndicats de gestion des rivières (EPAGE, EPTB) qui vont prendre de l'importance dans les années à venir (voir ici le peu d'appétit des communes pour ce cadeau empoisonné).

Ensuite, pour gérer une rivière, il faut des moyens. Et des moyens d'autant plus importants que l'eau a connu une explosion réglementaire depuis 15 ans, avec d'innombrables obligations de qualité, de contrôle et de surveillance, qui ont toutes des coûts. Comme l'Etat transfère la compétence mais réduit dans le même temps la dotation aux collectivités, la GEMAPI devrait donc se traduire par une nouvelle taxe locale. Cette nouvelle taxe est supposée être plafonnée à un montant annuel de 40 € par habitant, elle est encadrée par l'article L. 211-7-2 du Code de l’environnement

Enfin, et en conséquence des points précédents, la GEMAPI va exiger une révolution démocratique dans la gestion de la rivière. Actuellement règnent l'opacité et le formalisme : la composition des commissions locales de l'eau (quand elles existent grâce à un SAGE) est rigidée et fixée par le Préfet, les vraies décisions se prennent en tout petit comité fermé (direction des EPAGE / EPTB, Agence de l'eau, Misen, DDT, ONEMA, DREAL), la complexité apparente des sujets et de leur jargon produit l'indifférence des élus et des citoyens :

-les réunions d'information sont rares, minimalistes et toujours partiales,

-les "consultations du public" produisent des résultats désespérément faibles en participation qui ridiculisent cette forme de prétendue démocratie,

-les études d’impacts très édulcorées voire insipides,

-les enquêtes publiques obligatoires pour satisfaire les procédures administratives... et peu enclines à modifier les projets.

Continuer sur cette voie, alors qu'on va lever un nouvel impôt et que la pertinence des dépenses des syndicats est déjà fortement remise en question, nous craignons d’avoir tous les ingrédients d’une conflictualité durable sur les rivières.

Du barrage de Sivens dans le Tarn aux barrages de la Sélune en Normandie en passant par le Center Parcs de Roybon , on observe déjà des premiers exemples de cette insurrection latente.

En particulier, les élus découvrent les conséquences des classements des rivières au titre de la de continuité écologique (art. 214-17 C env.) : des milliers de seuils et barrages qu’il faut soit détruire en remettant en cause le patrimoine et le paysage des vallées et des villes, soit aménager lourdement pour le transit sédimentaire et le franchissement piscicole. Dans les deux cas, avec un coût considérable, un retour écologique aléatoire, des effets parfois contre-productifs (érosion régressive, déformation géotechnique) et des oppositions riveraines de plus en plus résolues.

Mt St Michel: les élus mécontents

Les positions contradictoires et imprévisibles de l'Etat sur le dossier « eau » (destruction des moulins par centenaires d’un côté, puis reconstruction de vannages et de seuils de l’autre, programmer la destruction des barrages normands de la Sélune puis reconnaître que la dépense est absurdement élevée, sortir du chapeau le serpent de mer de la promesse jamais tenue du referendum local etc…) indiquent assez que, même au sommet – surtout au sommet –, on ne sait plus trop comment gérer un dossier que l'on a soi-même rendu explosif.


Plus elles gagnent en pouvoir de décision et d'action sur nos cadres de vie, plus les technocraties gestionnaires de rivières devront rendre des comptes et s'ouvrir au réel débat démocratique. Si elles ne le font pas, elles en paieront le prix : désaffection de certaines collectivités n'ayant plus d'intérêt à adhérer à un syndicat qui détruit leur paysage de vallée ou de capacité financière à assumer des obligations bien trop lourdes, multiplication des recours et contentieux judiciaires, pétitions diverses, blocage des projets par voie de manifestation comme ultimes moyens de se faire entendre pour certains usagers désespérés, actions extrêmes et violentes des écologistes, lobbying des pêcheurs.etc…

Les rivières débordent souvent. Les hommes aussi…

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Rédigé par jojo

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Publié le 27 Mai 2015

mémoires d'un meunier Bressan

Publié le 28 mai 2013

Extrait des souvenirs (2013) de Jean Convert, ancien meunier, adhérent de l’Association des Amis des Moulins de l’Ain, publiés dans le bulletin des Moulins de Touraine (AMT)

Il nous semble intéressant de diffuser les témoignages des "anciens", antérieurs à l'industrialisation massive de l'agriculture et la montée en flèche des diverses sources polluantes. Il n’est pas de notre propos de jouer les anciens contre la science (du genre mieux vaut un bon dicton météo qu'un modèle de l'atmosphère ou la "certitude" de la femme enceinte sur le sexe de son bébé), car ce n'est absolument pas crédible. Inversement, la céci-surdité des autorités de l'eau à ce genre de témoigne n'est pas tenable. Elle est d'autant moins tenable que sur la plupart des espèces et des cours d'eau, il n'y a aucune mémoire quantitative (aucune mesure dans le temps long). Cette surdité, c’est le déni de la mémoire et du sens de l’observation au profit de la science…ce n’est pas toujours plus probant.

…En 1940, j’avais 14 ans, malgré les pénuries et le manque de main d’œuvre de cette époque, pas de moulin sans charretiers ou voituriers qui amenaient les grains et retournaient la mouture chez les clients, paysans ou boulangers. J’ai donc moi-même pratiqué, non le métier de « charretier » mais celui de simple conducteur. En effet si le cheval sait revenir au moulin par instinct il ne sait pas partir seul chez le client à livrer. J’étais assis sur les sacs, mais souvent il fallait marcher à coté du cheval dans les côtes, le tenir par la bride, et l’encourageais de la voix. Etant trop jeune pour porter les sacs, qui à l’époque faisaient tous 100 Kg, sauf ceux de son qui faisaient 50 Kg, mon père prévenait le boulanger de mon arrivée pour qu’il organise le déchargement des sacs. Mais un problème désagréable, que je cachais, se posait à moi. Les chevaux faisant souvent les mêmes parcours, prennent l’habitude de s’arrêter devant les bistrots dans lesquels le charretier (en titre) avait ses habitudes. Notre cheval n’y faisait pas exception. Il s’arrêtait et malgré mes demandes insistantes, il ne repartait pas… Finalement, le tenancier sortait et faisait repartir mon cheval. Chaque fois j’étais penaud, surtout que d’un air goguenard il me lançait : « Mon pauvre garçon, tu ne feras jamais un bon charretier ». Paroles bien pénibles à entendre et que j’avais tout le temps de méditer le long du trajet de retour au moulin.

Je me souviens de l’état dans lequel j’ai connu nos rivières avant les années 50. Ceci pour les jeunes générations qui ne peuvent l’imaginer. Aujourd’hui peu de gens peuvent en causer, car j’ai 84 ans. J’ai grandi chez mon père au moulin de Thuet, à Vonnas sur la Veyle, où je suis resté 40 ans. J’ai eu diverses activités sur d’autres rivières. A mon âge j’ai vu passer l’eau à divers débits, je me rappelle de la grosse crue de 1935, puis des suivantes ; des étiages d’été, des travaux d’entretien. A 18 ans j’ai participé à ceux de la réfection du vannage et la pose d’une nouvelle turbine. En ces temps, en dehors des grosses eaux, l’eau était claire, surtout en août et septembre, nous en buvions, on voyait le fond (1,5 à 2 m.) et l’on s’y baignait. Les pêcheurs étaient nombreux à faire leur friture de petits poissons ou prises de plus gros : la carpe avec des boulettes, le brochet avec un vif ou à la cuillère, comme pour les perches etc…Sous les cailloux, il y avait des « grémilles », dans la mousse des petites crevettes, les pêcheurs trouvaient facilement des appâts le long des berges où vivait tout un monde de petits animaux aquatiques, dont les vers « porte-bois »

Les goujons se pêchaient avec deux ou trois hameçons, maintenant leurs bancs de sable sont recouverts de vase où les herbes poussent. Pareil pour les vairons. Pour frayer, les barbeaux et d’autres venaient sur les bancs de graviers à l’aval du déversoir (ce gros poisson a été l’un des premiers à disparaître !) Les rousses et les chevesnes se frottaient contre le mur de la sortie de la roue ou de la turbine. On voyait, dans le courant, s’agiter leurs ventres argentés.

Les brochets remontaient, parfois assez loin, dans les losnes que formaient les biefs à leur jonction avec la rivière. En fin d’été, nous voyons près de la surface, les alevins regroupés en essaims.

Les anguilles se pêchaient au gros ver ou à la nasse. Lors des étés 41 et 42, du fait du manque de tout, il a fallu revenir aux travaux manuels ; les prés étaient fauchés à la main dès les premières lueurs du jour, dans ceux voisins de la rivière, il arrivait qu’un faucheur s’empare d’une anguille…

Je sais pour y avoir travaillé, que dans l’estuaire de la Loire, s’y promène avec la marée « un bouchon » (c’est le terme utilisé là-bas), il est seulement chassé lors des crues, puis il se reforme. Ce bouchon est un réel repoussoir pour la faune aquatique, ce qui explique, pour elle, entre autre, la difficulté à remonter le fleuve.

Aujourd’hui, la pollution a tué l’autodéfense et l’autoépuration, que l’eau de nos rivières avait en elle, favorisant aujourd’hui une eau morte. Pollution en hausse et débits en baisse ne font qu’augmenter la mort du milieu halieutique. A qui la faute ? Aux seuils des moulins ? Le pauvre meunier est bien là, l’âne, le baudet, « des animaux malades de la peste » de notre bon La Fontaine !

Aujourd’hui, je n’ai plus de moulin, mais je reste attaché à ce que j’ai eu la chance de connaître dans ma jeunesse…

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Rédigé par jojo

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Publié le 26 Mai 2015

Gestion désinvolte des cours d’eau: a-t-on mesuré tous les impacts marins?

Publié le 5 décembre 2014

Après 1960, le réflexe du "tout à l’océan" était une pratique désinvolte tellement généralisée qu’elle ne souffrait aucune objection ...

Depuis quelques années, les écologistes vocifèrent mais n’ont engagé aucune prospective corrective : tous les obstacles à l’écoulement seraient "nuisibles" et ils s’en remettent encore et toujours au formidable pouvoir épurateur des océans.

Mais à force de faire subir aux écosystèmes halieutiques beaucoup plus qu’ils ne peuvent supporter…l’effet boomerang pourrait être brutal. Il y aurait déjà quelques indicateurs visuels…mais qui s’en soucie ?

Concernant la mortalité des moules, des coquilles Saint-Jacques et des pétoncles dans le pertuis breton, les spécialistes étudient…

http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2014/06/mortalite-moules-pertuis-charentais.html

Comme pour les huîtres, nous imaginons qu’il ne devrait pas y avoir plus de réponse(s) officielle(s) pour les moules que pour les abeilles… c’est-à-dire rien de rien !

Nous n’entendons plus parler des « pluies acides » démodées…mais désormais du « réchauffement climatique » : une vraie aubaine sémantique en termes de fourre-tout médiatique.

Pour l’heure, les conchyliculteurs doivent s'adapter aux modifications du milieu prétendument "naturel"…. alors qu’il est très fortement anthropisé.

Mais si les moules du Pertuis breton crèvent encore "sans raison" en 2015 (*), de nombreux producteurs mettront la clé sous la porte...

(*) "crever sans raison en 2015"...ne serait-ce pas un défaut d'étude scientifique?

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Rédigé par jojo

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Publié le 26 Mai 2015

Rivières sauvages : le déni du passé pour un avenir sans eau

Publié le 6 juillet 2014

La gestion historique de l’eau : les Romains, au prix de travaux considérables, ont procédé à l’aménagement des cours d’eau du sud de la France.

Les efforts ont été repris sous Louis XI, Louis XIV... puis poursuivis jusqu’aux 19ème et 20ème siècles.

Pendant 2000 ans, par un diagnostic constant et confirmé, l'’homme a imaginé puis réalisé des aménagements... qui sombrent en grande disgrâce au 21ème siècle.

Le dogme écologique résumé est clair : « l’eau doit rester dans le cours d’eau ; les canaux, biefs, étangs, lacs artificiels nuisent à l’environnement ».

Le CEDEPA ne prétend évidemment pas que les aménagements des rivières augmenteraient le débit, mais ils permettent de le réguler en retenant l’eau en excès quand elle s'écoule vers l’océan puis en la restituant en période de sécheresse. Ces aménagements des cours d'eau ont été les vecteurs du développement agricole et industriel. Ils répondent tout simplement aux besoins.

Thuir (66) est une petite ville qui a la particularité d’être édifiée en dehors de tout cours d’eau. Mais elle possède une merveille du génie médiéval, son canal royal. Sur 35km, il irrigue la plaine du Roussillon et alimentait en eau la ville de Perpignan à laquelle il a été attribué par ordonnance royale en 1510. Ce chef d’œuvre a permis de planter de la vigne, du blé, des oliviers, du chanvre, du lin, et des cultures maraîchères. Il a contribué à faire de Perpignan la grande capitale textile et drapière qu’elle a été. Thuir devint une capitale de la poterie. Le canal de Thuir est un exemple, parmi les nombreux canaux qui irriguent les sud de la France, de ceux qui drainent le marais Poitevin ou la Sologne et de ceux, un peu plus larges, qui ont permis la navigation fluviale. Sans compter les biefs des moulins qui ont nourri les populations puis favorisé l’essor industriel. Thuir est un exemple parmi tant d'autres.

Le déni du passé et les oeillères actuelles pourraient nous préparer un avenir…sans eau.

Cette gestion historique de l’eau a-t-elle provoqué des impacts environnementaux négatifs? Lesquels ?

Il serait intéressant d’analyser le dogme écologique des « rivières sauvages » à l’aune d’une expertise socio-économique exhaustive: quel serait l'état du territoire si le concept avait été appliqué depuis les romains jusqu'à nos jours ?

De quel droit infligerions-nous cette régression aux générations futures ?

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Rédigé par jojo

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Publié le 24 Mai 2015

Monsanto. Des milliers de manifestants contre les OGM et les pesticides

France - 23 Mai - 0

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  • Manifestation à Lorient, devant le port de commerce de Kergroise contre Monsanto. | Photo : Thierry Creux / Ouest-France

Des milliers de personnes ont défilé ce samedi 23 mai, en France et dans le monde, contre les pesticides et les OGM du géant américain de la biotechnologie agricole Monsanto.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans 35 villes françaises, contre le géant américain de la biotechnologie agricole Monsanto, et plus spécialement contre les OGM, pesticides et autres produits chimiques, dans le cadre d'une mobilisation mondiale. Dans le monde, des manifestations ont également eu lieu dans 400 villes, dans une quarantaine de pays.

À Paris

De 2 000 à 3 000 personnes ont effectué une marche à Paris entre la place Denfert-Rochereau et le Champs-de-Mars, accompagnées par des percussions. À l'appel de collectifs citoyens et de nombreuses associations comme Greenpeace, le collectif « Alternatiba » ou « Stop Tafta », les manifestants ont défilé derrière la banderole « Paris marche contre Monsanto », scandant notamment : « Monsanto non, ma santé oui » ou encore « Des OGM ? on n'en veut pas ! »

L'Ouest mobilisé

Dans l'Ouest, des manifestations ont eu lieu à Rennes, Carhaix, Brest, Nantes, Lorient...

À Rennes, environ 1 400 personnes, selon la police, ont manifesté dans le centre-ville, dans un cortège coloré réunissant des personnes de tous âges au son de roulements de tambour, avec des pancartes anti-Monsanto. L'herbicide Roundup, produit-phare de Monsanto récemment classé comme « cancérogène probable » par l'agence du cancer de l'Organisation mondiale de la santé, était particulièrement ciblé par les manifestants : « Envie d'un petit suicide collectif ? Ayez le réflexe Roudup », proclamait ainsi une pancarte, au-dessous d'une tête de mort en carton.

À Nantes, quelque 3 000 manifestants sont partis de la place Royale et ont défilé, en scandant « Monsanto, dégage ! ».

À Lorient, la manifestation a rassemblé plus de 2 000 personnes aux cris de « Port de Lorient sans OGM ! » et « Monsanto pollue notre eau ». Une halte a été observé à proximité des silos de céréales du port, donc l'accès était interdit par une petite présence policière.

Ailleurs en France

À Toulouse, plusieurs dizaines de manifestants ont envahi samedi le rayon jardinerie d'un hypermarché près de Toulouse, pour en retirer les flacons d'herbicides - tel le Roundup de Monsanto.

À Strasbourg, entre 800 et un millier de manifestants se sont rassemblés devant le Parlement européen, avant de se coucher sur le sol pour observer une minute de silence devant le Conseil de l'Europe, « en hommage aux victimes existantes et à venir empoisonnées par les pesticides », selon l'un des organisateurs.

À Lyon, quelque 500 personnes ont défilé dans le centre-ville, arborant des affiches colorées et des petits panneaux tournant en dérision des sigles ou moquant les firmes agrochimiques.

Respect de l'environnement

Pour le collectif citoyen « Les Engraineurs », qui a organisé les manifestations en France, cette mobilisation vise à œuvrer en faveur d'« une agriculture respectueuse de la santé des travailleurs, des consommateurs et des générations futures, pour un nouveau modèle agricole respectueux de l'environnement ».

Lancée en 2013 par la mouvance Occupy, la Marche mondiale contre Monsanto se réclame « d'une dynamique citoyenne, autogérée par les groupes qui s'en emparent localement ».

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Rédigé par jojo

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