Publié le 30 Avril 2016

Le 29 avril 2016 à 12:32
Par : Hélène Leforestier

Jeudi 28 avril, les Amis du barrage avaient invité les représentants de la société Valorem a présenté leur projet de reprise pour les barrages de Vezins et La Roche-qui-Boit dans le sud-Manche. Devant une assistance nombreuse, Jean-Yves Grandidier, président de Valorem, a assuré qu'il voyait un avenir dans la production électrique pour ces ouvrages.

Jeudi 28 avril, une foule nombreuse se pressait dans l'espace Culturel d'Isigny-le-Buat pour la réunion publique des Amis du barrage. Au début de la réunion, John Kanioswki, président des Amis du barrage, s'est félicité des avancées du dossier depuis la venue, en décembre 2014, de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal : "Aujourd'hui, nous ne sommes plus dans la destruction à tout prix, mais dans une phase de réflexion. Depuis deux ans, la tendance s'est inversée en notre faveur et c'est déjà une grande victoire. Cependant, nous ne devons pas baisser notre vigilance"

Des spécialistes du développement durable

Après l'introduction, Jean-Yves Grandidier, président de Valorem, société candidate à la reprise des barrages hydroélectriques, a pris la parole pour présenter sa société et le projet soumis aux conseillers de Ségolène Royal le 2 mars dernier. Le siège social de Valorem se situe à Bègles mais dispose de bureaux à Nantes, Carcassonne et Amiens. "Pour mettre en place des projets autour de l'énergie renouvelable, il est important de tenir compte des contextes locaux" précisait le président de Valorem. Il a ensuite donné la parole à Antoine Poisson et Philippe Etur, ingénieurs, qui ont présenté à la fois les caractéristiques techniques et économiques du projet envisagé sur les barrages de Vezins et de La Roche-qui-Boit.

Quel coût pour ce projet ?

"Le projet que nous envisageons représentera un investissement maximum de 5 millions d'euros", précise Antoine Poisson. Certains élus locaux présents dans la salle s'interrogent sur le financement du projet : ces 5 millions sont-ils un investissement une fois subventions déduites ? Ou le coût total du projet ? "Nous avons basé nos projections sur un budget qui ne prend en compte aucune subvention, puisque nous n'avons pas de visibilité", assure Jean-Yves Grandidier.

Et les poissons ?

D'autres personnes présentes dans la salle, notamment des représentants des Amis de la Sélune (qui sont en faveur de la destruction des barrages) sont eux plus sceptiques sur les solutions proposées pour assurer la montaison et la dévalaison des espèces de poissons migrateurs. "Pour assurer la migration des poissons, nous souhaitons mettre en place des systèmes de transport des poissons par camion, pour leur faire franchir les barrages" expliquent les ingénieurs. Mais est-ce que le coût de cette opération est intégré dans le budget total ? "Le coût humain est intégré au projet. Pour la technique, nous envisageons, avec une fourchette haute, environ 300 allers-retours par an, il faudrait compter une enveloppe d'environ 35 000€", précisent-ils.

Ce qui va se passer dans l'immédiat

Aujourd'hui, le préfet de la Manche, suivant les instructions du ministère de l'Ecologie, a pris un arrêté en ce qui concerne la vidange des barrages. "Au début du mois de mai 2016, une consultation des entreprises va être lancée pour commencer à préparer la vidange à la mi-novembre. Cette phase de préparation durera jusqu'en avril 2018. A cette date, la vidange sera lancée jusqu'à un assèchement en juillet 2018. Ces travaux devront être réalisés sans faire de brèche ni porter atteinte aux barrages", a expliqué le député Guénhaël Huet, qui croit au maintien des barrages et tient ces informations du préfet. La décision de reprise des barrages ne devrait intervenir qu'après cette vidange.

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Publié le 30 Avril 2016

Eaux potables et usées : la visite des collégiens

  • Les élèves de 3e « prépapro » du lycée Notre-Dame-de-la-Providence ont visité la station de production d'eau potable de Milly, puis celle de traitement des eaux usées de Saint-Hilaire-du-Harcouët.
    Les élèves de 3e « prépapro » du lycée Notre-Dame-de-la-Providence ont visité la station de production d'eau potable de Milly, puis celle de traitement des eaux usées de Saint-Hilaire-du-Harcouët. | 

 

Les élèves de 3e « prépapro » du lycée Notre-Dame-de-la-Providence et leurs enseignantes, Sophie Loison et Catherine Guillardont, ont visité, jeudi dernier, la station de production d'eau potable de Milly, puis celle de traitement des eaux usées de Saint-Hilaire-du-Harcouët, gérées par la société STGS.

« Dans le cadre de leur projet annuel sur l'environnement, les élèves ont découvert les diverses étapes lors de la production d'eau et du traitement des eaux usées pour 5 700 abonnés et 25 communes autour de Saint-Hilaire, expliquent les enseignantes. Les élèves ont pu se rendre compte concrètement des diverses étapes dans les deux sites pour obtenir de l'eau potable et traiter les eaux usées. Ils ont pu en déduire que le coût de l'eau est lié à ces étapes. Ils ont compris l'importance de ne pas jeter n'importe quoi dans les eaux usées, de ne pas mettre n'importe quoi dans nos terres et dans les rivières. Il est essentiel de préserver notre planète. »

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Publié le 30 Avril 2016

Barrages du sud-Manche: d'autre solutions possibles selon Ségolène Royal

Alors que la commission d'enquête a donné un avis favorable à l'arasement des barrages de Vézins et de la Roche-qui-Boit, la ministre de l'Environnement a estimé ce jeudi qu'il existait des "solutions alternatives".

  • avec AFP
  • Publié le 05/12/2014 | 16:17
Les deux barrages, de Vezins et de la Roche-Qui-Boit, datent des années 30. En 2009, l'Etat a décidé de les faire disparaître

Les deux barrages, de Vezins et de la Roche-Qui-Boit, datent des années 30. En 2009, l'Etat a décidé de les faire disparaître

En visite dans la Baie du Mont-Saint-Mciehl ce jeudi, La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a estimé qu'il était possible "d'étudier des solutions alternatives" au projet de destruction de deux barrages hydroélectriques sur la Sélune, près du Mont-Saint-Michel, s'inquiétant du "rapport qualité-prix" de ce projet.

"Il y a de quoi se poser des questions sur des solutions alternatives", a dit la ministre lors d'un point de presse en rappelant que le projet d'arasement des barrages de Vezins (36 m de haut pour 278 de long) et de La Roche-qui-Boit (16 m de haut pour 125 de long), situés à une trentaine de kilomètres du Mont-Saint-Michel, site classé par l'Unesco, avait deux objectifs: améliorer la qualité de l'eau de la Sélune et permettre le passage des poissons migrateurs.


Des barrages datant de 1916 et 1926


La ministre, qui s'est interrogée sur le "paradoxe" "de supprimer des ouvrages qui produisent de "l'énergie renouvelable", a décidé de demander "des expertises sur le potentiel de production d'hydroélectricité" de ces barrages. Ces barrages datent de 1916 et 1926 et produisaient en 2012, 0,04% de la production électrique française.

Le projet de destruction fait l'objet d'un "avis favorable" de la commission d'enquête publique mais il est contesté par plusieurs parlementaires UMP locaux. L'opération est rendue délicate en raison des 1,8 million de m3 de sédiments cumulés (en 2004), les barrages jouant le rôle de barrière à métaux lourds.
 

Il faut que le rapport qualité-prix soit raisonnable. On ne met pas 53 millions d'euros pour faire passer les poissons" Ségolène Royal


Mme Royal veut faire étudier les possibilités d'améliorer la qualité de l'eau sans détruire les ouvrages et des solutions pour permettre le passage des poissons, citant sur ce point les "pelles à poissons" ou les "ascenseurs à poissons". "Il faut que le rapport qualité-prix soit raisonnable. On ne met pas 53 millions d'euros pour faire passer les poissons", a dit Mme Royal, soulignant que le coût du projet d'arasement était de 38 millions d'euros auxquels il faut rajouter 15 millions d'euros pour renaturaliser le site.

La ministre a ajouté qu'il y avait un risque que les sédiments toxiques libérés par la destruction des barrages aillent polluer la baie du Mont-Saint-Michel. Elle a aussi pointé le risque d'inondations pour les communes limitrophes. Mme Royal s'exprimait à l'issue d'une réunion avec les élus des villes concernées, sur le site du centre de loisirs d'Isigny-le-Buat, qui pourrait disparaître, son activité économique étant liée au lac formé par le barrage.

Une centaine d'opposants à l'arasement, que Mme Royal a salués, était présents.

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Publié le 29 Avril 2016

Hier soir, à Isigny , devant plus de 500 défenseurs des barrages de Vezins et de la Roche qui Boit, la societe Valorem, candidate à la reprise de la concession, a exposé de façon précise et argumentée la faisabilité technique, économique et financiere de l'exploitation des barrages.
Un nouveau motif de satisfaction apres l'arrêté préfectoral qui ne concerne que l'opération de vidange et de gestion des sédiments,au grand dam des idéologues favorables à l'arasement.
Deux ou trois d'entre eux étaient présents et ont tenté d'exprimer des arguments dont la faiblesse n'avait d'égale que la suffisance de leurs auteurs.
Merci à John Kaniovsky et a l'association des amis : restons tous mobilisés pour sauver nos barrages!

 
 
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Commentaires
Patrick Deguette
 
Patrick Deguette Félicitations à tous. De tout coeur avec vous. Patrick Deguette à Morondava Madagascar
 
Maryvonne Rouault
 
Maryvonne Rouault Un grand merci à tous ceux qui oeuvrent pour conserver les barrages.
 
Joel Malle
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Publié le 28 Avril 2016

Ségolène Royal lance officiellement l'appel d'offres sur la petite hydroélectricité

La ministre de l'Environnement lance un premier appel d'offres sur la petite hydroélectricité. L'objectif ? Développer près de 60 MW de nouvelles capacités ne relevant pas du régime de la concession afin de relancer une filière endormie.

Ségolène Royal lance officiellement l'appel d'offres sur la petite hydroélectricité
Ségolène Royal a lancé, mardi 26 avril en clôture de la Conférence environnementale, le premier appel d'offres pour le développement de la petite hydroélectricité. L'objectif est de "développer près de 60 mégawatts (MW) de nouvelles capacités ne relevant pas du régime de la concession pour relancer cette filière, par définition dans le respect des enjeux environnementaux et de la continuité écologique", a déclaré la ministre de l'Environnement. L'arrêté relatif aux objectifs de...
 

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Publié le 27 Avril 2016

Politique

Conférence environnementale : quelles mesures pour l'eau ?

le 26/04/2016

 
 
 
 
 

Accompagner les collectivités dans la réforme territoriale qui touche leurs compétences en matière de gestion de l'eau, améliorer les efforts entrepris pour la protection des captages ou encore mise en place d'un indicateur de la qualité de l'eau potable à fournir aux abonnés, plusieurs mesures ont été discutées lors de la troisième table ronde. 

Conférence environnementale : quelles mesures pour l'eau ?
 Flick'r/Strelitzia
 

Cette année, il n'y avait pas d'atelier entièrement consacré à l'eau lors de la conférence environnementale. Mais la thématique s'est invitée à la troisième table ronde « Préserver les milieux afin d'améliorer le cadre de vie de tous ». Entre les mesures inscrites dans les documents du ministère pour la table ronde, les mesures déjà existantes et les annonces complémentaires faites pendant la conférence environnementale, difficile néanmoins de faire le tri.

Accompagnement des collectivités dans la réforme territoriale
Selon François Mitteault, directeur de l'eau et de la biodiversité, le sujet de l'eau a fait débat. « Mais il y a eu un large consensus sur les réformes en cours (ndlr : Maptam et Notre) qui redistribuent les compétences des collectivités. Elles vont restructurer la maîtrise d'ouvrage et donner une capacité d'intervention plus forte aux collectivités », a-t-il souligné lors de la restitution. Une mesure, discutée lors de la table ronde prévoit en effet « d'accompagner les collectivités et les acteurs du territoire afin de préparer la mise en œuvre de cette nouvelle organisation de leurs compétences ». Et de citer la stratégie d'organisation des compétences locales de l'eau (Socle), annoncée dans un arrêté en début d'année. La mesure aborde aussi « la réalisation d'un programme de grands travaux pour la réduction des fuites dans les réseaux d'eau potable et d'assainissement ». La réglementation prévoit pourtant déjà l'atteinte d'un objectif de rendement de réseau sous peine de pénalités dans les redevances collectées par les agences de l'eau. Dans son discours de clôture, Manuel Valls a pourtant rappelé l'importance « d’accélérer les grands travaux sur les fuites d'eau dans les réseaux ». 

Accélerer la protection des captages prioritaires
Une seconde mesure prévoit de renforcer la protection des 1000 captages prioritaires avec la définition avant la fin de l'année d'une instruction gouvernementale décrivant les solutions à mettre en place. Cela passerait par la réalisation d'un diagnostic partagé et la mise en place d'un centre de ressources sur cette thématique.

Améliorer l'information autour de l'eau potable
Concernant l'eau potable, la mise en place de plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux pour maîtriser les risques a été évoquée. L'objectif est d'inscrire cette initiative dans les plans régionaux santé-environnement qui seront publiés mi-2017. Pour améliorer l'information délivrée à la population, des synthèses seront publiées chaque année et un bilan complet tous les trois ans. Le site du ministère de la Santé a déjà fait peau neuve et propose les synthèses 2013 et 2014. Enfin, Marc Mortureux, directeur général de la prévention des risques, l'a souligné lors de la restitution de la table ronde : un indicateur de qualité de l'eau qui serait intégré à la fiche d'information jointe à la facture d'eau est en cours de réflexion. Un modèle d'indicateur sera proposé aux acteurs de l'eau d'ici la fin de l'année 2016. 

Premier appel d'offres sur la petite hydroélectricité
Par ailleurs, Ségolène Royal a annoncé le lancement d'un premier appel d'offres sur la petite hydroélectricité de 60 MW qui devrait « lancer le développement de cette filière importante pour la transition énergétique », a-t-elle précisé dans son discours de clôture tout en assurant que cela devait être réalisé en accord avec les objectifs de continuité écologique. Elle a aussi annoncé une procédure allégée pour l'équipement des petits seuils existants tels que les moulins ( de 36 à 150 kW).

Nouveau plan micropolluants 2016-2021
Enfin, le site du ministère de l'Environnement annonce déjà la mise en place du nouveau plan micropolluants 2016-2021. « Le nouveau plan micropolluants 2016-2021 sera lancé lors de la prochaine conférence les 25 et 26 avril prochains », indique le site. Aucune annonce n'a été faite pour l'instant. 

Pauline Rey-Brahmi

 

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Publié le 27 Avril 2016

Venez très nombreux le 28 Avril pour réaffirmer votre soutien aux barrages de Vezins et de la Roche qui Boit

 
 
Photo de Jean Pierre Hamon.

Jean Pierre Hamon à Sauvons les barrages de Vezins et de La roche qui boit.

Une soirée d'informations très, très importante pour l'avenir de notre belle vallée de la Sélune, soyez nombreux !

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Publié le 27 Avril 2016

mardi 26 avril 2016

Hybridation génétique des saumons de la Sélune (Le Cam et al 2015)

 
Le cas des barrages de la Sélune a été très médiatisé: associations écologistes et pêcheurs militent pour la suppression de ces ouvrages hydrauliques (voir nos articles). Nettement moins commentée, une analyse génétique menée par des chercheurs a montré l'an dernier que les saumons de la Sélune souffrent de pollution génétique liée à l'introduction de géniteurs étrangers au bassin lors des alevinages, ayant engagé des hybridations avec apparition de traits pas forcément favorables à long terme pour les souches locales de saumons. Avant de donner des leçons d'intégrité biotique aux autres usagers de l'eau et de militer pour transformer en profondeur des cadres de vie au nom des saumons, certains devraient déjà améliorer leurs propres pratiques.

La Sélune est l'une des quatre rivières à saumons trouvant leur exutoire dans la baie du Mont Saint-Michel. La population de salmonidés de cette rivière a décliné depuis plusieurs décennies en partie pour des causes locales (construction des barrages qui bloquent son cours supérieur et pollutions du bassin versant), en partie pour des causes plus générales et encore mal connues.

Afin de soutenir la population de migrateurs, des introductions de saumons atlantiques ont été réalisées entre 1989 et 1997. Sur la période, 337.000 juvéniles ont été déversés depuis des progéniteurs d'élevage venus de l'Aulne en 1989-1994 et 1996-1997 ; 30.000 autres juvéniles venus d'une souche du Gave d'Oloron ont été introduits en 1995. L'empoissonnement artificiel a cessé sur la Sélune après 1997, mais il a continué sur la rivière voisine du Couesnon jusqu'en 2010.

Sabrina Le Cam et ses collègues (Inra, Agrocampus Ouest, Station biologique de Roscoff, Université Laval Québec) ont analysé le génotype et le phénotype de 720 poissons en montaison. Il s'agissait d'individus ayant passé soit un hiver en mer (castillon, SSW) soit plusieurs hivers (saumon de printemps, MSW). C'est une des premières études au monde à procéder ainsi à un suivi longitudinal de 21 ans (1989-2009) sur l'évolution génétique et physiologique avant, pendant et après un empoissonnement de souches distinctes des saumons locaux.

Voici quelques-unes de leurs observations :
 
  • les poissons déversés se sont reproduits entre eux aussi bien qu'avec la souche locale de la Sélune (sur l'ensemble de la période, 471 prises de souche Sélune, 21 de souche Gave, 103 de souche Aulne et 125 hybrides);
  • le brassage génétique des différentes souches a augmenté rapidement dans la première décennie, avec diminution de la différenciation des populations sources;
  • des différences phénotypiques (taille et poids moindres) se retrouvent entre les souches, mais aussi chez les populations mélangées par rapport à leurs géniteurs;
  • la perte d'intégrité génétique des populations locales (hybridation introgressive) a été rapide et marquée.

Les chercheurs font observer en conclusion qu'un tel mélange de populations peut avoir toutes sortes de conséquences difficiles à prédire : dérive neutre (sans effet adaptatif), renforcement de la valeur sélective (par admission de nouveaux gènes-traits mieux adaptés à des conditions variables), dépression hybride (perte du potentiel adaptatif par introduction de gènes-traits défavorables). Ils concluent en appelant à la prudence: "La taille et le poids plus faibles des poissons issus d'une hybridation entre individus natifs et d'élevage indique des effets potentiellement négatifs sur la viabilité à long terme des populations locales (…) Ces impacts potentiellement négatifs suggèrent donc que la translocation d'individus devrait être considérée prudemment en gestion de conservation des espèces menacées et que ses conséquences devraient être suivies sur le long terme pour être pleinement appréciées".

Discussion
La pêche compte parmi les activités ayant eu le plus grand impact sur la biodiversité aquatique au cours des derniers siècles en Europe. Ces impacts ont d'abord été associés aux excès de captures en eaux douces et estuaires à l'époque de la pêche vivrière, jusqu'au XIXe siècle. Ils ont ensuite été liés à la pratique massive des acclimatations, ensemencements, alevinages, repeuplements et autres empoisonnements artificiels, ayant toutes sortes de conséquences : prédation par espèces invasives, compétition territoriale avec les espèces natives, apport de pathogènes, hybridations génétiques (introgressions). Les introductions récentes de saumons étudiées par S. Le Cam et ses collègues ne sont évidemment pas une nouveauté, elles sont motivées de manière ambiguë par la volonté de restauration biologique, relevant d'un intérêt général, et par le soutien à un loisir, relevant d'un intérêt sectoriel à visée prédatrice (voir par exemple déjà Vibert 1945 sur la gestion des rivières à saumons)

Faut-il pour autant céder à l'alarmisme? Non, laissons cela aux marchands de peur et prophètes d'apocalypse qui ont besoin de postures maximalistes pour exister dans l'opinion. Les populations mondiales de saumons ont certainement des problèmes plus graves que des hybridations locales. Et les introductions d'espèces peuvent aussi avoir des effets favorables sur la biodiversité totale. En revanche, ces travaux sur le saumon de la Sélune rappellent combien les gestionnaires et représentants du monde de la pêche sont mal placés pour donner aux autres usagers de la rivière des leçons d'intégrité biotique et de soi-disant respect scrupuleux des équilibres naturels des milieux. Un peu moins d'agressivité et de suffisance, un peu plus de modestie et de rigueur seraient bienvenues de leur part...

Référence: Le Cam S et al (2015), Genetic and phenotypic changes in an Atlantic salmon population supplemented with non-local individuals: a longitudinal study over 21 years, Proc. R. Soc. B, 282, doi: 10.1098/rspb.2014.2765
 

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Publié le 25 Avril 2016

Bonjour à tous,

Je vous rappelle la réunion publique organisée par Les Amis du Barrage

 

JEUDI 28 AVRIL, 20H30, salle de l’Espace culturel à ISIGNY-LE-BUAT.

       

Elle débutera par un point sur nos diverses actions et les derniers développements du dossier concernant nos barrages, lévocation de certaines déclarations partisanes voire mensongères et des arguments fallacieux de ceux qui entendent contester larrêté préfectoral du 3 mars 2016 autorisant la vidange (Et seulement la vidange) de la retenue de Vezins.

 

Les responsables de VALOREM exposeront ensuite leur projet pour le maintien en activité des barrages de Vezins et la Roche qui Boit.

 

Il sera procédé à la lecture de la brève déclaration de Monsieur Bernard PINEL (Maire honoraire et ancien Conseiller général dIsigny-le-Buat), ainsi quà celle de Monsieur Pierre JUHEL (Président du mouvement Ecologie normande) qui ne pourront pas être des nôtres jeudi.

 

Et la parole sera donnée aux élus puis au public qui pourra librement s’adresser à ses élus, aux responsables de VALOREM et à ceux des Amis du Barrage.

 

Je souhaite vivement que cette réunion publique soit placée sous le double signe de léchange et de la convivialité.

Ainsi, la priorité sera donnée à linformation de la population locale sur les nombreuses incertitudes et interrogations qui ont été formulées ces dernières semaines.

 

Le sentiment des élus vis-à-vis de lopposition massive de leurs administrés à un projet darasement pourtant récemment cautionné par certains, la possibilité délaborer un véritable projet de territoire capable de fédérer lensemble des habitants du Sud Manche en maintenant lacs, barrages et production dénergie jusquà la fin de vie des ouvrages, la faisabilité du projet de reprise et limpact des aménagements prévus par VALOREM sur la vie locale

Autant de questions parmi dautres qui méritent des réponses claires, sincères, adaptées et motivées.

Toute la population locale est concernée, mais bien au-delà.

Je vous espère donc très nombreux.

A jeudi !

 

Bien à vous,

John KANIOWSKY

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Publié le 24 Avril 2016

 
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    Saint-Julien.  L'étang rouge du château interpelle et inquiète
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    Saint-Julien.  L'étang rouge du château interpelle et inquiète

Dans la petite commune de Saint-Julien (22), l'étang du château a disparu sous le tapis ocre d'une plante invasive. Cela fait un paysage singulier et inquiétant. Alors on se presse pour voir ce drôle d'envahisseur...

« Eh ben, quelle horreur ». 15 h, hier, à Saint-Julien (22), près de Saint-Brieuc. Une petite dame descend le chemin forestier qui mène au pied de l'étang du château de la Coste. La nappe rouille qui a recouvert la surface de l'eau se distingue de loin. Et puis, elle fait un tel contraste avec les pousses printanières des grands arbres qui ceinturent le point d'eau. Du ruban de balisage en grandes lignes rouges et blanches empêchent désormais d'accéder aux rives de l'étang. Question de sécurité. C'est qu'on pourrait croire à une prairie de terre battue. « J'ai 76 ans, je suis passée ici tous les jours pour aller à l'école, je n'ai jamais vu ça », lâche la dame, stupéfaite. Depuis que l'histoire de ce point d'eau envahi par une fougère aquatique est passée à la télé, les curieux se pressent à Saint-Julien. Ils s'ajoutent aux promeneurs qui ont l'habitude de fréquenter ce lieu paisible. Comme ce monsieur qui passe ici « tous les jours ». « Ça a commencé en novembre dernier », raconte-t-il, en montrant l'autre bout de l'étang, là où un ruisseau se jette dans le bassin. Et puis « ça a tout recouvert en quatre ou cinq mois ». Pour l'heure, aucune victime de l'illusion d'optique offert par ce tapis végétal. « À part les chiens qui y vont. Mais plus ça va, plus c'est épais ».

 

Changement de couleur

 

Surtout ça a changé de couleur. « C'était vert, d'abord. Et en janvier, ça a pris un beau rouge vif. Maintenant, ça tire au rose. Mais on voit que ça redevient vert sur les bords ». Certains se souviennent que les chasseurs ont essayé de nettoyer l'étang « par deux fois ». En vain. Une barrière a été installée pour empêcher l'eau de gagner la retenue du Gouët tout proche. Sur les arbres, des affiches indiquent la « présence d'une plante invasive : l'azolla filiculoïde ». « Sur internet, ils disent que ce n'est pas toxique », affirme une riveraine, qui s'en va cueillir un bout de rhizome. L'envahisseur viendrait « d'Amérique du Sud », avec un très fort tempérament invasif dans des eaux tempérées. La preuve.

Cadavre de brochet

 

Quelques pêcheurs sont aussi venus se rendre compte. L'endroit était connu pour son concours de pêche et ses belles truites. « Ça mordait bien ! », confirme l'ancienne écolière de Saint-Julien. « Ah dame oui ! Il y avait des pêcheurs tous les jours ! ». C'était du temps des nénuphars. La faune souffre dans une eau sans oxygène. Près d'une grosse pierre, le cadavre d'un très beau brochet fait une tache blanche sur la nappe ocre des fougères. « C'est du goudron rouge ? », demande une femme en s'approchant. « C'est le sang des poissons ! », répond l'autre. « À tous les coups c'est quelqu'un qui est venu vider son aquarium avec une algue exotique et ça a tout envahi », prophétise un jeune homme. L'affaire ne connaît pas de réponse officielle pour l'instant. Mais les habitués ont vu « les techniciens du zoopôle de Ploufragan sur place ». Et l'affaire de l'étang étouffé par les fougères fera l'objet d'une réunion spéciale en mai prochain. Autour de la table : les institutions et le propriétaire de l'étang, qui est privé.


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Rédigé par jojo

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