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Publié le 29 Juillet 2016

Isigny-le-Buat Noyades. Ils voulaient rejoindre l'autre berge du lac de Vezins, au Petit-bois

Vendredi 22 juillet 2016, deux jeunes de vingt ans se sont noyés près du barrage de Vezins, au lieu-dit le Petit-bois. Le corps de l'un deux est toujours recherché.

26/07/2016 à 15:00 par pascalebrassinne

 

Une douzaine de plongeurs sont intervenus pendant trois jours pour tenter de retrouver le corps du deuxième jeune homme, qui a coulé dans le lac, près du barrage de Vezins, vendredi après-midi. Les deux copains avaient entrepris de rejoindre ces deux berges, distantes d'une centaine de mètres. -
Une douzaine de plongeurs sont intervenus pendant trois jours pour tenter de retrouver le corps du deuxième jeune homme, qui a coulé dans le lac, près du barrage de Vezins, vendredi après-midi. Les deux copains avaient entrepris de rejoindre ces deux berges, distantes d'une centaine de mètres. -

Vendredi 22 juillet 2016, deux jeunes de vingt ans se sont noyés près du barrage de Vezins, au lieu-dit le Petit-bois. Vers 14 h 50, l’alerte est donnée. Les pompiers de la Manche ont reçu un appel du Samu, alerté par un témoin.

« L’eau n’était qu’à 13-14° »

Il faisait très chaud ce vendredi. Vraisemblablement séduits par la quiétude des eaux du lac à cet endroit, à l’ombre des barrages, les deux jeunes hommes, l’un des Cresnays, l’autre du Grand-Celland, laissent leurs copines sur le rivage, deux jeunes filles mineures et cousines, et tentent de gagner l’autre côté de la berge, distant d’une centaine de mètres. L’un se met en caleçon et garde ses chaussures. Le second se met torse nu, gardant ses baskets et un large pantalon. « L’eau n’était qu’à 13-14° », commente le maire d’Isigny-le-Buat, sur place depuis ce vendredi aux côtés des pompiers, gendarmes et plongeurs. A une vingtaine de mètres du bord, le garçon, le moins en avance dans cette progression en eau froide, se trouve en difficulté. Son copain tente de le rejoindre mais se trouve à son tour en situation irrémédiable.

L’alerte donnée, une dizaine de plongeurs sont dépêchés sur place et vingt-sept personnels de sept centres de secours. Peu avant 17 h, un premier corps est ramené à terre.

Les recherches se poursuivent

Douze plongeurs, dont trois plongeurs de Ouistreham et Lézardrieux effectuent des recherches toute la journée de samedi, sans succès. Le procureur de la République décide alors de poursuivre les recherches dimanche. Le lac est à nouveau sondé, toujours sans succès. Lundi, une zone de 35 m2 sur une vingtaine de mètres de profondeur reste à explorer, « dans des conditions très difficiles : l’eau est froide, la visibilité très réduite et les fonds sont très encombrés en végétaux car sous le lac, la vallée est restée en l’état », confie le maire, qui ne manque pas de souligner le professionnalisme des équipes et la bonne coordination des secours. Au terme d’une journée au cours de laquelle la dizaine de plongeurs a épuisé leur temps et capacité de plongée, il est décidé qu’à partir de ce mardi, un canot des pompiers du centre de secours d’Isigny-le-Buat assurera une veille quotidienne des eaux pendant huit jours.

 

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Publié le 29 Juillet 2016

Bravo à nos Cinq Avranchinais!!!!.Les entrainements sur le lac de Vezins renforcent l'équipe de Kayak-Polo...Ces cinq joueurs ont maintenant assuré leur place pour les championnats du Monde à Syracuse (Sicile) du 29 août au 4 septembre 2016.

 
5 poloïstes d'Avranches à l'ECA Cup kayak-polo 2016. L'équipe U21F (3 Avranchinaises sur 7 joueuses) championne d'Europe. Des sélections pour Syracuse.
kayakavranches.fr

ECA Cup- Kayak-polo 2016

L’équipe de France U21F ( moins de 21 ans féminines)  a remporté la coupe d’Europe des    nations de kayak-polo appelée ECA Cup. Trois Avranchinaises sur les sept joueuses : Tiffany Bazin, Clotilde Lemasle et Céleste Louis. L’équipe a remporté la finale dans les 30 dernières secondes, grâce à un but de Clothilde Lemasle.

L’équipe U21H a dû se contenter de la quatrième place. Deux Avranchinais dans l’équipe: Guillaume Morin et Arno Robert.

Ces cinq joueurs ont maintenant assuré leur place pour les championnats du Monde à Syracuse (Sicile) du 29 août au 4 septembre 2016.

Les 16 et 17 juillet 2016 au plan d’eau du Traspy à Thury-Harcourt (aujourd’hui Le Hom) dans le Calvados où onze pays étaient représentés. L’Allemagne, la France et l’Italie ont trusté les podiums.

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Publié le 28 Juillet 2016

 

Auto-épuration des rivières par suppression des barrages: erreur manifeste d'appréciation ou tromperie en bande organisée sur les considérants ?

 A la demande du Ministère de l'Environnement, une expertise collective a été menée par des scientifiques d’Irstea, en partenariat avec l’Inra et l'Onema, concernant l’impact cumulé des retenues sur le milieu aquatique. Quand on lit son chapitre sur le bilan physico-chimique, un point est marquant : l'absence complète du concept d'auto-épuration, pourtant mis en avant depuis six ans par les autorités en charge de l'eau. Non seulement il n'existe aucune preuve scientifique qu'une suppression des seuils de moulins et barrages d'étangs pourrait être favorable au bilan des nutriments (azote, phosphore) et polluants (comme les pesticides) déversés dans les milieux, mais de nombreux travaux de recherche concluent en sens opposé. En tout état de cause, les chercheurs soulignent la complexité du phénomène et appellent avant tout à procéder à des mesures pour construire des modèles. Simultanément à cette analyse prudente et rationnelle, les DDT et l'Onema priorisent les "effacement", les agences de l'eau et les syndicats de rivière envoient des pelleteuses pour casser les ouvrages, tout en martelant des croyances présentées comme des certitudes destinées à tromper les élus. Ce déni de démocratie et de sérieux sont indignes d'une politique publique: elle doit cesser. 
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Nous publions ci-dessous un extrait de synthèse de l'expertise collective Irstea-Inra-Onema sur le rôle physico-chimique des retenues. Les données complètes sont disponibles dans le lien de référence en bas de cet article.

"Une retenue est le lieu de nombreux processus qui font évoluer la qualité physico-chimique de l’eau qui l’alimente. Selon son usage, il peut être aussi important de se focaliser sur cette évolution dans la retenue elle-même que sur les conséquences sur le cours d’eau en aval lorsque l’eau y est restituée.

L’effet d’une retenue sur la qualité de l’eau est d’abord lié à des processus physiques qui caractérisent le passage de conditions d’écoulements rapides (conditions lotiques ; alimentation par le cours d’eau ou par ruissellement de surface) à des conditions lentiques dans la retenue puis éventuellement de nouveau lotiques dans le cours d’eau aval.

Les principaux effets potentiels d’une retenue sur le devenir de C, N, P sont résumés sur la Figure 17, en lien avec les conditions lentiques qui s’établissent au sein de la retenue et qui entraînent :

1. La sédimentation des particules solides, minérales ou organiques, contenues dans l’eau d’alimentation. Le phosphore, les éléments traces métalliques (ETM), des cations, certains pesticides peuvent être partiellement associés à ces particules et se déposent dans le même temps. Les particules organiques, quoique généralement plutôt légères, peuvent se déposer en partie, participant à la séquestration du carbone et apportant des nutriments sous forme organique. A cette MO allochtone s’ajoutent généralement de la MO autochtone issue de la production primaire, et de la MO du sol et de la végétation submergés. Toutes ces substances chimiques sont alors stockées dans la retenue sur un plus ou moins long terme. Cependant, si les conditions deviennent anoxiques à la base de la colonne d’eau, les, les transformations biogéochimiques en milieu réducteur peuvent entraîner leur mobilisation sous forme gazeuse ou dissoute dans la colonne d’eau (CH , NH +, PO 3- ...) ;

2. Une possible stratification thermique de la colonne d’eau, dans les retenues profondes, du fait du rééquilibrage de la température de l’eau avec la température de l’air (réchauffement) dans les couches de surface en été. Dans les retenues peu profondes, toujours en été, la température de l’eau stockée dans la retenue et non renouvelée a tendance à augmenter, ce qui diminue la solubilité de l’oxygène dans l’eau. Outre l’apparition de conditions réductrices dans le fond de la retenue et ses conséquences citées ci- dessus, l’anoxie favorise la dénitrification, c’est-à-dire la transformation du nitrate en gaz, inerte comme N2 ou à effet de serre comme N2O. La stratification contrôle les gradients d’oxygène, mais aussi les phénomènes de diffusion, mélange et sédimentation des éléments dissous et particulaires d’une couche à l’autre ainsi que la production primaire et la minéralisation de MO dans la colonne d’eau (Figure 33 en annexe III) ; on observe ainsi une zonation verticale des éléments dissous, fortement liée aux phénomènes de stratification thermique et de gradient d’oxygène. Deux types de structures trophiques se construisent sur ces bases, à partir des décomposeurs bactériens ou fongiques, ou à partir des producteurs primaires. Les éléments nutritifs tels que N et P et les contaminants suivent les phénomènes de diffusion (fraction dissoute) ou de sédimentation (fraction particulaire).

3. Un développement éventuel de la production primaire (phytoplancton, végétation). Il se produit surtout au printemps et en été, lorsque les nutriments sont abondants et dans les couches superficielles de la colonne d’eau où les conditions de température et de lumière lui sont favorables. Si PO 3- est abondant, cela peut conduire à une eutrophisation. En consommant ces nutriments, la production primaire entraîne une diminution des concentrations de NO - et PO 3-. L’eutrophisation entraîne une augmentation de biomasse et donc de MO à l’automne, dont la minéralisation va accentuer la consommation d’oxygène et les conditions réductrices dans la zone benthique. Les ions PO 3- ainsi libérés vont à leur tour entretenir l’eutrophisation. Le déficit de NO- peut être pallié par la fixation de N. Cette situation favorise les Cyanobactéries ayant cette possibilité.

 

Principaux effets potentiels d’une retenue sur le devenir de C, N, P à l’intérieur de la retenue. Les couleurs utilisées distinguent les compartiments, flux et processus concernant la phase dissoute dans la colonne d’eau (en bleu), la phase solide sédimentaire (en marron), la phase gazeuse (en rouge) et la biomasse (en vert). Ces effets potentiels sont associés aux conditions lentiques et n’intègrent pas les effets lors de changement de régime hydraulique (crue, brassage lié au vent, curage, vidange...).

L’établissement des conditions lentiques dans la retenue, ou de façon générale les conditions hydrodynamiques dans la retenue, constitue(nt) l’une des clés de fonctionnement des retenues vis-à-vis de la qualité de l’eau. Un faible renouvellement de l’eau augmente le temps de résidence, ce qui peut favoriser la sédimentation et le stockage de certains éléments, la stratification thermique et l’anoxie, et donc certaines transformations biogéochimiques dans la colonne d’eau. En retour, en cas de flux entrants importants et rapides, ou sous l’effet du vent, le brassage de la colonne d’eau et la remise en suspension des particules sédimentées peut entraîner un renouveau de mobilité des espèces chimiques associées aux particules ou un relargage de certains composés initialement concentrés dans le milieu interstitiel benthique. Le brassage peut aussi avoir un effet sur l’homogénéisation de la colonne d’eau réduisant la stratification thermique et les gradients d’oxygène, ainsi que sur la diffusion des éléments dans la colonne d’eau et à l’interface avec l’atmosphère. Enfin le phénomène de marnage, par définition très accentué dans les retenues, induisant des alternances de conditions anoxiques et oxiques en bordure de retenue, favorise encore plus la mobilisation des espèces chimiques associées aux sédiments (P, ETM, pesticides...).

Si l’établissement de conditions lentiques conditionne l’essentiel des processus d’évolution de la qualité physico- chimique de l’eau dans la retenue, l’expression de ces processus et leur intensité vont dépendre aussi de nombreux déterminants : à la fois les caractéristiques morphologiques propres de la retenue (taille, forme, profondeur), son environnement (occupation du sol, hydrologie) dans le bassin versant et son alimentation qui déterminent les flux entrants, sa gestion qui détermine les flux sortants, le climat régional et local et sa variabilité temporelle, sans oublier l’occupation du sol ennoyé et le temps écoulé depuis la submersion. Tous ces déterminants jouent à des degrés divers selon les variables physico-chimiques et les processus de transfert et de transformation associés.

Les conditions hydrodynamiques peuvent présenter une forte variabilité à toutes les échelles de temps, en particulier de la saison. Les inversions de température d’une saison à l’autre peuvent entraîner la stratification de la colonne d’eau, notamment dans les retenues profondes. La saison est aussi déterminante dans le développement cyclique de la production primaire (effet température, lumière) consommant des nutriments au printemps et en été, sénescente en automne, stockée sous forme de MO ou éventuellement décomposée, permettant le relargage de nutriments. L’oxygène dissous peut être affecté à la fois par la respiration, la photosynthèse et la décomposition de cette production primaire. Les phénomènes de diffusion, mélange et de sédimentation des éléments dissous et particulaires d’une couche à l’autre dans la colonne d’eau dépendent des phénomènes de stratification thermique et donc de l’emplacement de la thermocline et du métalimnion qui varient saisonnièrement.

Un déterminant de l’évolution de plusieurs des variables physico-chimiques évoqués ci dessus, largement cité dans la bibliographie, est le temps de résidence de l’eau dans la retenue. Celui-ci varie toutefois d’une façon complexe, tant dans le temps que spatialement dans la retenue, et les indicateurs habituellement utilisés (rapport du volume de la retenue sur le flux d’eau entrant, ou rapport de l’aire de la retenue sur l’aire du bassin versant drainé), s’ils donnent un ordre de grandeur utile, ne peuvent rendre compte de cette variabilité. Tous ces effets qui se manifestent dans la retenue ont aussi des conséquences sur la qualité de l’eau dans le réseau hydrographique aval, dans le cas où la retenue est située sur un cours d’eau ou y est connectée temporairement ou de façon permanente. Les conséquences dans le cours d’eau récepteur sont fonction de l’importance relative des flux sortants par rapport aux flux dans le cours d’eau, et restent plus ou moins visibles de manière significative vers l’aval en fonction des nouveaux flux entrants. Pour certaines variables (température, oxygène dissous) l’effet de la retenue peut s’annuler au-delà d’une certaine distance dans le cours d’eau, en lien notamment avec les turbulences engendrées par le retour aux conditions lotiques, et au fur et à mesure que les nouveaux apports au cours d’eau se mélangent aux flux sortants. Pour d’autres éléments (N, P...) l’effet de la retenue reste plus ou moins visible selon l’importance relative des flux sortants par rapport aux flux dans le cours d’eau et à la présence d’affluents.
(…)

Besoins et lacunes de recherches
Au niveau scientifique, les verrous identifiés concernent d’abord l’échelle d’une retenue, avec la quantification des nombreux processus actifs dans cette retenue. Des observations et des données à l’échelle locale sont encore nécessaires, avec des suivis suffisamment denses aux niveaux spatial et temporel. Leur objectif doit être clairement d’alimenter des modèles biogéochimiques adaptés aux retenues, dont le développement doit se poursuivre. Certains phénomènes spécifiquement développés dans les retenues ont besoin d’être quantifiés et mieux compris : l’effet initial dû à l’inondation de matières organiques et sa durabilité, l’effet du marnage.Par ailleurs les données existantes ou à acquérir à l’échelle d’une retenue pourraient être mobilisées dans une méta-analyse pour bien identifier les nombreux facteurs d’influence et permettre d’envisager une transposition des résultats acquis.

A l’échelle globale du bassin versant, d’autres modèles doivent être développés, permettant de traiter l’effet cumulé. La position des retenues dans le bassin jouant un rôle important (apports différents par l’aire drainée et interactions entre retenues liées à leur position relative sur les chemins hydrologiques), les modèles devront soit être distribués spatialement, soit faire ressortir une typologie [patterns spatiaux – effets physico-chimiques], qui reste à élaborer. Les possibilités de tracer des effets globaux de retenues grâce aux traçages isotopique de C et N mais peut être aussi de PO4 (développement en cours) mériteraient d’être évalués."

Ministère, Agences de l'eau, syndicats, bureaux d'étude : y aurait-il tromperie généralisée?
Le principal enseignement de cette étude est que l'effet d'une retenue créée par un seuil ou un barrage, a fortiori d'un cumul de retenues, est un processus complexe vis-à-vis duquel la connaissance est encore lacunaire. Beaucoup d'études montrent par exemple une réduction de l'azote et du phosphore à l'aval des retenues, mais le bilan dépend de diverses conditions physiques et chimiques. Le premier besoin du gestionnaire, c'est donc de faire des mesures et de construire des modèles afin de vérifier dans quelle proportion une retenue ou une succession de retenues d'eau va contribuer ou non à épurer la rivière concernée par un programme de gestion. Il se peut très bien que sur un bassin soumis à des pollutions agricoles, industrielles ou domestiques, la capacité de rétention, sédimentation et élimination des plans d'eau créés par les seuils et barrages joue un rôle globalement bénéfique aux milieux amont et aval de chaque site. Pour le savoir, il faut l'étudier.

Or, voici ce qu'ont écrit depuis quelques années les autorités en charge de l'eau :

Direction de l'eau et de la biodiversité, Ministère de l'environnement, Circulaire de 2013: "La transformation des anciens moulins à roue fonctionnant selon le besoin, et parfois avec des seuils sommaires en fascines peu étanches, en usines de production continue d’électricité avec turbines a également aggravé fortement les impacts de ces ouvrages en impliquant une dérivation constante de l’eau, des mortalités dans les turbines, une réduction des possibilités de transit par les seuils de prise d’eau et les organes d’évacuation et une étanchéité plus grande des ouvrages. Ces évolutions ont aggravé l’accumulation des sédiments fins qui jouent un rôle négatif en matière d’auto-épuration."

Onema et FNE (France nature environnement), Restauration de la continuité écologique des cours d’eau et des milieux aquatiques. Idées reçues et préjugés (sic), 2014 : "Un seuil engendre la présence d’un plan d’eau en amont de l’ouvrage provoquant de ce fait un écoulement plus lent, une augmentation de la profondeur et un faible renouvellement des eaux. Le phénomène d’auto-épuration, qui désigne la capacité d’un cours d’eau à éliminer les substances nocives pour la vie aquatique, ne pourra plus se faire naturellement comme c’est le cas sur un cours d’eau non entravé."

Agence de l'eauSDAGE Seine-Normandie 2016-2021, Orientation 19 : "La continuité écologique pour les milieux aquatiques se définit par la circulation des espèces et le bon déroulement du transport des sédiments. Elle a une dimension amont-aval, impactée par les ouvrages transversaux comme les seuils et barrages, et une dimension latérale, impactée par les ouvrages longitudinaux comme les digues et les protections de berges. Elle permet (…) 5° l'auto-épuration"

Sirtava - Syndicat de l'ArmançonSAGE de l'Armançon, 2013 : "20% des cours d’eau du bassin possèdent une forte capacité d’auto-épuration (en Côte d’Or comme dans l’Yonne). Ceux-ci bénéficient de débits permanents et sont en bon état physique et écologique (ripisylve continue et diversifiée, dynamique fluviale et continuité écologique préservées, faciès d’écoulement diversifiés…). En Côte d’Or, l’auto-épuration des cours d’eau est majoritairement (à 57%) moyenne. Dans l’Yonne, 43% des cours d’eau (une majorité d’affluents) ont une mauvaise capacité d’auto-épuration. La faiblesse des débits, la rupture de la continuité écologique, les recalibrages, les mises en biefs, la ripisylve peu diversifiée voire quasi-absente sont en cause." (Nota : de manière assez extraordinaire, aucun bilan physico-chimique n'a permis d'asseoir ces chiffres. On évalue au doigt mouillé, pas par des mesures in situ.)

SEGI, rapport de projet 2015 sur l'effacement de l'ouvrage de Perrigny-sur-Armançon : "l’effacement sera favorable à la diversification de faciès d’écoulement, au développement de nouveaux cortèges floristiques en marge du lit mineur. De nouveaux habitats se créeront naturellement, qui en association avec des vitesses d’écoulement plus importantes, participeront dans leur ensemble à améliorer les processus d’auto-épuration, l’oxygénation, et potentiellement la régulation thermique de l’eau."

Le contraste est saisissant :

  • d'un côté, des chercheurs soulignent la faiblesse scientifique des connaissances, la complexité des phénomènes concernés, le rôle favorable à certaines échelles de temps et espace pour certains types de contaminants des milieux aquatiques, la nécessité de mener des campagnes de mesures ;
  • d'un autre côté, des autorités assènent comme une évidence acquise le rôle négatif de seuils et barrages dans l'élimination des nutriments ou des polluants et sortent la non auto-épuration de leur chapeau en n'estimant pas anormal de produire des assertions sans preuve dans une communication publique ;
  • le même jargon relevant d'une idéologie administrative et non de la connaissance scientifique, destiné à impressionner le citoyen ou l'élu peu informé de ces questions, se répète du sommet à la base, c'est-à-dire du bureau des milieux aquatiques (DEB) du Ministère de l'Environnement jusqu'aux rapports des bureaux d'études mandatés par les syndicats avec l'argent des Agences de l'eau.

Tant que nous ne sortirons pas de ce régime dogmatique de croyance, de ces pratiques manipulatrices de communication, du clientélisme des bureaux d'études, les institutions concernées ne convaincront pas dans la mise en oeuvre contre nature de la continuité écologique.

Référence : Carluer N. et al, Irstea-Inra-Onema (2016), Expertise scientifique collective sur l’impact cumulé des retenues, rapport 325 pp + annexes, voir chapitre V Physico-chimie.

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Rédigé par jojo

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Publié le 26 Juillet 2016

Le silure, étonnant géant de nos rivières

CES BÊTES MYSTÉRIEUSES QUI NOUS FONT PEUR (4/5) Le gigantesque poisson-chat a colonisé les rivières françaises en quelques décennies et suscite bien des fantasmes.

Pêche du silure au leurre souple. / Rémi Masson/Naturimages

Et soudain l’été dernier, le voile se lève sur une des plus grandes énigmes animalières de l’histoire. Le quotidien anglais Daily Mail interroge le 15 juillet 2015 Steve Feltham, qui depuis plus de vingt ans campe au bord du Loch Ness, en Écosse, quêtant inlassablement le monstre légendaire. Le bonhomme l’affirme : « Nessie » finalement ne serait qu’un silure glane, cet énorme poisson-chat qui peuple les eaux douces européennes.

Le quinquagénaire précise ce qu’il considère comme « l’hypothèse la plus probable » : les silures auraient été introduits dans le lac à la fin de l’époque victorienne, auraient grandi jusqu’à atteindre pas moins de 4 m dans les années 1930, époque des premières photos présumées de Nessie, puis se seraient entre-dévorés au point qu’il ne reste quasiment plus de représentants de l’espèce aujourd’hui.

Des proportions sidérantes et peu réalistes

Le lendemain, le très sérieux The Times titre : « Le chasseur de Nessie résout le mystère du monstre. » L’Agence France-Presse sort une dépêche sur le sujet. Le 17 juillet, la plupart des journaux tricolores reprennent l’information et les réseaux sociaux s’emportent à l’unisson. Nessie le silure ? « C’est une idée avancée par un prétendu expert sans aucun fondement scientifique et qui alimente les fantasmes existant autour du silure, regrette Frédéric Santoul, chercheur au laboratoire écologie fonctionnelle et environnement (Ecolab) du CNRS à Toulouse et spécialiste du poisson. À commencer par sa taille : en Europe, il n’a jamais dépassé les 3 m. »

Car c’est bien sa dimension qui assure sa réputation au silure glane. La chronique lui prête des proportions sidérantes. Ainsi la littérature en la matière rapporte-t-elle au milieu du siècle dernier la prise d’un gigantesque poisson de 5 m et de 306 kg dans le Dniepr en Ukraine. Mais si les spécialistes la mentionnent encore aujourd’hui, c’est pour ajouter qu’aucun élément tangible ne la confirme vraiment. Sans compter que les projections poids/taille calculées à partir des pêches actuelles contredisent totalement la possibilité de pareil phénomène.

Un silure d’une taille record de 2,73 mètres en France

Alors bien sûr, des pêcheurs du Mékong, dans le nord de la Thaïlande, ont bien juré avoir attrapé un poisson-chat de 3 m pour 293 kg en mai 2005. Sauf que là encore, la pêche miraculeuse n’a été rapportée à la presse locale que deux mois après l’événement, et une fois le monstre… passé à la casserole. Pour l’heure, le record en France dûment constaté par huissier date d’octobre 2015 : un silure de 2,73 m pêché sur le Petit-Rhône (Gard).

À Lyon, ces pêcheurs professionnels ont sorti un beau spécimen du Rhône.  / E. Soudan/Alpaca/Andia

À Lyon, ces pêcheurs professionnels ont sorti un beau spécimen du Rhône. / E. Soudan/Alpaca/Andia

Ce n’est déjà pas rien que d’imaginer de tels bestiaux dans nos cours d’eau. Et tant mieux s’ils n’atteignent pas tout à fait la dimension mythique du célèbre Namazu japonais, auquel le folklore populaire attribue bien des désastres. L’immense poisson-chat, échappant à la vigilance du dieu Kashima, remuerait ainsi les entrailles de la planète et serait responsable des tremblements de terre. Allez vous étonner, après, qu’on dise pis que pendre du silure !

Des silures, ogres des rivières

Parce qu’il n’est pas seulement grand, le bougre, il est aussi affamé. Là encore, les contes et légendes abondent sur l’ogre des rivières, notamment dans les pays de l’Est et sur tout le bassin du Danube, son lit originel en Europe, à partir duquel il s’est répandu au sud et à l’ouest du continent au XIXe siècle. Il s’en raconte, des histoires qui font peur, sur le silure mangeur d’enfants, capable même de sortir de l’eau pour trouver pitance. Calembredaines, certes. Mais loin des écrits anciens, le très moderne Internet s’est chargé en 2012 de nourrir la crainte du croque-mitaine aquatique.

Les chercheurs de l’Ecolab toulousain ont diffusé cette année-là sur le Web une vidéo tournée de juin à octobre 2011 du haut du Pont-Vieux d’Albi surplombant un banc de sable du Tarn. Se regroupent là des pigeons qui font trempette et toilette. Ils ne sont pas seuls. Dans l’eau, des silures, barbillons aux aguets, captent leurs vibrations et régulièrement attaquent, en se projetant gueule ouverte sur leurs proies. Résultats : 28 % de réussite notent les chercheurs. Spectaculaire, la vidéo fait un buzz de tous les diables. « Des journalistes japonais, chinois, des gens de National Geographic se sont déplacés à Albi », raconte Frédéric Santoul. Évidemment, l’image du silure n’en ressort que plus inquiétante.

Des milliers d’années de cohabitation, peu de morsures

Un vil animal, ce silure ? Bouffeur d’oiseaux, de canards, voire de chiens, prétend la rumeur ? « C’est un poisson carnassier parfaitement opportuniste, reprend Frédéric Santoul. Il s’adapte, et son régime alimentaire est un vrai catalogue à la Prévert. Il peut certes manger des volatiles et des petits mammifères, mais c’est assez marginal. Il consomme surtout du poisson, des écrevisses américaines, des mollusques, des batraciens, des tortues même. En fait, ce qui est disponible dans son milieu. » Le cannibalisme est aussi une option. Horreur ! On se calme. La chose arrive aussi chez les autres carnassiers des rivières, et plus fréquemment même chez le sandre ou le brochet.

Il n’empêche. Avec sa taille XXL et sa mine patibulaire, le silure enflamme les imaginations. Et si c’était le grand requin blanc de nos fleuves ? « Depuis des milliers d’années de cohabitation avec l’homme, les cas de gens mordus se comptent sur les doigts d’une main, assure Frédéric Santoul, et encore, cela n’arrive que parce qu’un silure sent une menace, pour son nid par exemple. » Il faut le dire et le répéter : le silure ne présente aucun danger pour l’homme.

Quel impact sur les milieux aquatiques ?

Reste que le prédateur nage toujours dans les eaux troubles de la polémique concernant son impact réel sur les milieux aquatiques. Depuis le XIXe siècle, il s’est répandu à vitesse grand V dans tous les pays où des pêcheurs l’ont introduit. En France, son arrivée est relativement récente : le bassin du Rhône à partir de la Saône en 1966, la Camargue au début des années 1970, les bassins de la Loire et de la Seine au milieu de cette décennie, enfin celui de la Garonne au crépuscule des années 1980.

Son développement extrêmement rapide interroge, et ses détracteurs reprochent au silure un appétit démesuré qui risque de mettre en péril d’autres espèces. Un proverbe bohémien résume l’affaire : « Un poisson est toujours la proie d’un autre, mais le silure glane les mange tous. »

Le silure (Silurus glanis). Planche de l’Histoire naturelle des poissons, par Marcus Elieser Bloch (1723-1799) / Coll. Migny/Kharbine-Tapabor

Le silure (Silurus glanis). Planche de l’Histoire naturelle des poissons, par Marcus Elieser Bloch (1723-1799) / Coll. Migny/Kharbine-Tapabor

 

Un débat passionnel sur l’équilibre

Entre « pro » et « anti », et comme toujours sur ce type de questions, le débat est passionnel. Un équilibre naturel peut-il à terme se dégager ou faut-il au contraire intervenir par des campagnes d’éradication du silure sur certains sites ? Difficile de trancher. D’autant que les problématiques sont assez différentes en fonction des populations concernées, poissons d’eau douce ou poissons migrateurs.

« Pour les premiers, les études réalisées avec désormais trente ans de recul montrent que le silure ne provoque pas globalement de disparitions d’espèces, ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas de problèmes ponctuels dans certains endroits, explique Frédéric Santoul. Pour les seconds, le sujet est complexe, car il n’est déjà pas simple de quantifier le stock de ces espèces menacées, et qu’il faut aussi prendre en compte les effets sur les migrations des barrages construits sur les fleuves. »

Les silures communiquent-ils entre eux ?

Le silure est loin d’être idiot, et il a bien compris l’intérêt de camper autour des passes à poisson des barrages pour se payer un festin. Pour éviter cet écueil, les spécialistes préconisent pour l’heure de travailler sur l’aménagement des passes afin de fluidifier le trafic des migrateurs et de limiter l’influence du silure. « Les études se multiplient, et je pense que nous y verrons plus clair sur ce sujet d’ici quatre ou cinq ans », conclut l’expert toulousain.

Une certitude : bien des mystères restent à révéler sur le géant des rivières. Les chercheurs viennent ainsi de découvrir que les silures semblent émettre un son à partir de leur vessie natatoire. Des spécialistes belges, stéphanois et toulousains vont essayer de comprendre comment et pourquoi. Les silures communiquent-ils entre eux ? Il ne manquait plus que ça.

> Retrouvez l’intégralité de cette série sur les créatures mystérieuses

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► Un poisson introduit en France dans les années 1960

Des fossiles témoignent de la présence du silure en Europe dès la préhistoire. Les périodes glaciaires ne le laissent ensuite subsister qu’à l’est du continent, dans les bassins du Danube, du Dniepr, de la Volga.

C’est l’homme qui à partir du XIXe siècle va introduire le silure dans les rivières plus à l’ouest et au sud : en Angleterre à partir de 1880, en Italie au tournant du XXe siècle, en France dans les années 1960 et en Espagne la décennie suivante.

Seule certitude : le silure peut vivre longtemps. Entre vingt et cinquante ans, mais les scientifiques manquent encore de données pour borner précisément les choses.

À voir : Le Retour du silure, de Bertrand Lenclos, production Nokill (DVD, 52 minutes, 2012).

Jean-Luc Ferré

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Publié le 26 Juillet 2016

Vosges : la destruction de barrages provoque le courroux des agriculteurs A la une

La Cleurie et la Moselotte subissent des travaux destinés à améliorer le continuité écologique des rivières en restaurant le milieu naturel. Problème : cela va à l'encontre de l'intérêt des agriculteurs du secteur de Vagney (Vosges) qui ont décidé de mener une action de protestation.

Barrage Lecomte Blaise à Vagney-Le Syndicat © www.ccterredegranite.fr

Barrage Lecomte Blaise à Vagney-Le Syndicat


Les agriculteurs qui exploitent les parcelles à proximité des deux cours d'eau s'opposent en partie à la politique d’aménagement de la Moselotte menée par la communauté de communes "Terre de granite".
Les travaux autour et dans cette rivière ont pour objectif de restaurer la Moselotte et ses affluents. L'opération est lancée depuis 2010, d'importants aménagements ont déjà eu lieu l'an dernier.

Les prochains prévoient notamment d’effacer les barrages afin de rendre, par la technique de l'arrasement, son lit naturel à la rivière.
Plus de barrages, pour la bonne et la libre circulation des poissons et des sédiments, ce qu’on appelle la continuité écologique.
 
YouTube Video Preview
Qu'est-ce que la continuité écologique ?


Sauf que, ces barrages servent au quotidien, aux agriculteurs notamment pour abreuver les animaux. L'un des objectifs de cette restauration est notamment de limiter les impacts liés à la présence de bétail dans les prairies riveraines.
A Vagney, les exploitants reprochent aux décideurs de ne pas les avoir consultés.
 
Damien Perry, de la FDSEA du secteur
Doris Henry
Audio Player
 
 
 
 



Les agriculteurs du secteur de Vagney qui vont donc se mobiliser mardi 26 juillet 11h, pour une remise en eau du canal.
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



 
Dernière modification le lundi, 25 juillet 2016 16:11

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Publié le 26 Juillet 2016

Noyade dans la Manche : fin des recherches du second corps au lac de Vezins Actu

Les recherches subaquatiques ont été menées durant 3 jours au lac de Vezins
© La Manche Libre

Noyade dans la Manche : fin des recherches du second corps au lac de Vezins

18h39 - 25 juillet 2016

Les recherches subaquatiques menées pour retrouver le corps du deuxième jeune homme qui s'est noyé dans le lac de Vezins (Manche) le vendredi 22 juillet 2016 sont toujours infructueuses. Elles sont arrêtés ce lundi 25 juillet 2016.

Les recherches étaient menées au lac de Vezins (Manche) depuis le vendredi 22 juillet 2016, jour du drame. Elles ont pris fin ce soir du lundi 25 juillet 2016. Une décision prise par le procureur de la République de Coutances.

Un drame dans la Manche

Deux jeunes hommes âgés de 19 et 20 ans se sont noyés dans le lac de Vezins près d'Isigny-le-Buat (Manche), le vendredi 22 juillet 2016 en début d'après midi. Les deux victimes, originaires du Grand-Celland (Manche) et des Cresnays (Manche), étaient accompagnés de deux jeunes filles de leur âge.

Des recherches infructeuses

Un premier corps avait été repêché rapidement après le drame. Le second n'a toujours pas été retrouvé après plus de trois jours de recherches dans les eaux du lac de Vezins. 

Depuis le vendredi 22 juillet 2016, les recherches ont été menées par des plongeurs, venus de la gendarmerie de Ouistreham (Calvados) et des centres de secours de Granville et Cherbourg (Manche). Ils se sont relayés par équipe de quatre dans le partie du lac où les jeunes gens se sont noyés. 

Après la décision du procureur d'arrêter les recherches subaquatiques, ce lundi 25 juillet 2016, une mission de surveillance de la surface des eaux du lac va être menée par les pompiers et les gendarmes.

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Publié le 24 Juillet 2016

Barrage de Vezins ( 50): le maire explique la difficulté des recherches

Les recherches ont repris ce matin, dès 9h, au barrage de Vezins, dans la Manche, pour retrouver le corps du deuxième jeune homme, disparu, lors d'une baignade, hier.

  • Par Sabine Daniel
  • Publié le , mis à jour le
Les équipes de plongeurs ce matin au barrage de Vezins

Les équipes de plongeurs ce matin au barrage de Vezins


13 plongeurs étaient opérationnels ce matin, dès 9h, au barrage de Vezins, dans la Manche. Ils vont tenter de retrouver le corps du deuxième jeune homme disparu, hier, lors d'une baignade près du barrage. Les deux jeunes de 19 et 20 ans se seraient mis à l'eau avec leurs chaussures pour entamer une traversée de 100m d'un bras du lac, traversée rendue extrêmement difficile en raison du poids de l'eau infiltrée dans leurs chaussures. Les deux jeunes gens auraient rapidement disparu de la surface du lac. Un premier corps a été retrouvé hier après midi. Les recherches ont été interrompues vers 21h. Le second corps n'a pas encore été repéré car l'eau très trouble rend difficile le travail des plongeurs.
Le lac de Vezins est artificiel, ses berges sont abruptes et il est très profond. Il alimente un barrage electrique. Les lâchers d'eau ne sont pas prévisibles. La baignade près du barrage est strictement interdite.

Reportage de Stéphanie Lemaire et Charles Bézard avec la participation de : Erick Goupil, maire d'Isigny-le-Buat
 

 
 
Vezins (50) les recherches continuent

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Publié le 24 Juillet 2016

Les sapeurs-pompiers en nombre au lac de Vezins (Manche), où le drame s'est déroulé. - Hélène Leforestier

Le 22 juillet 2016 à 17:20
Par : Nicolas Thomas

Deux adolescents se sont noyés ce vendredi 22 juillet 2016 après-midi dans le lac de Vezins (Manche). Le corps sans vie de l'un d'entre eux a été repêché par les pompiers plongeurs. La seconde victime est activement recherchée.

Le drame s'est déroulé peu avant 15 h, ce vendredi 22 juillet 2016, au lac de Vezins (Manche). L'alerte a été donné au centre de secours à 14h50. Selon nos informations, des témoins ont vu couler un adolescent qui se baignait près du barrage, en dehors de la zone de baignade. C'est alors qu'un second jeune serait venu le chercher, et aurait également coulé. Les deux garçons étaient accompagnés de deux jeunes filles, du même âge.

Un périmètre important de sécurité

D'après notre journaliste sur place, les riverains sont sous le choc et se posent des questions. Comme Yvette Trochon, qui allait faire sa promenade habituelle, quand elle a vu "de l'agitation", témoigne-t-elle. D'autres, qui revenaient de Saint-James où ils faisaient leurs courses, se sont etonnés du périmètre important de sécurité. Les touristes en promenade ont été priés de se rendre ailleurs.

Un a été repêché, un autre recherché

Les secours ont repêché le corps d'un adolescent de 17 ans à 16h09, et sont toujours à la recherche de la seconde victime. Quant aux deux jeunes filles, elles ont été évacuées en état de choc vers le centre hospitalier d'Avranches (Manche). D'importants moyens de secours ont été dépêchés sur les lieux : hélicoptère de la sécurité civile Dragon 50, Samu, PC de commandement, avec aussi neuf pompiers plongeurs de Granville et de Cherbourg, capables de nager jusqu'à 60 m de profondeur. En tout, une quarantaine de sapeurs-pompiers est sur place.

Les recherchent continuent

Sur place, Erick Goupil, maire d'Isigny-le-Buat, a annoncé que les recherches allaient continuer jusqu'à 21h. Si le deuxième jeune homme n'était pas retrouvé, elles reprendront samedi 23 juillet au matin. Il n'y a que très peu de visibilité dans le lac au-delà de 50 cm, car il n'y a que très peu de courant. Les plongeurs utilisent une technique circulaire dans une zone qui se trouve à la confluence du lac de Vezins et de l'Yvrande et qui fait environ 50 à 100m de diamètre.

A 21h, la seconde victime n'avait toujours pas été retrouvée, les recherches reprendront samedi 23 juillet au matin.

Plus d'informations à suivre sur lamanchelibre.fr

 

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Publié le 24 Juillet 2016

Manche. Double noyade dans la Sélune, au barrage de Vezins

  • Les circonstances du drame sont inconnues pour le moment.
    Les circonstances du drame sont inconnues pour le moment. | Ouest-France

Deux jeunes se sont noyés dans la Sélune, au niveau du barrage de Vezins, en début d'après-midi, ce vendredi 22 juillet. L'un serait décédé, l'autre est encore recherché.

Il était 14 h 50, ce vendredi 22 juillet, quand le drame s'est produit. Un jeune se baignait, dans la Sélune, à Isigny-le-Buat, au niveau du barrage de Vezins. Le voyant en difficulté, un proche a tenté de lui porter secours. Les deux jeunes se sont noyés.

Le corps de l'un d'eux a été retrouvé peu après 16 h, par l'une des deux unités de plongeurs spécialisés engagées sur place. L'hélicoptère dragon de la Sécurité civile a également sillonné la zone du drame pendant environ 15 minutes pour tenter de retrouver le second corps, en vain. Les recherches se poursuivent. Les deux victimes sont âgées de 17 et 20 ans.

Également présentes sur place, leurs cousines, âgées de 13 et 14 ans, en état de choc, ont été transportées vers le centre hospitalier de Granville.

 

25 sapeurs-pompiers issus de 7 centres de secours ont été mobilisés.

 

Depuis le milieu d'après-midi, 25 sapeurs-pompiers, issus de 7 centres de secours sont déployés sur place, dont 9 plongeurs venus de Granville et de Cherbourg. Les gendarmes sont également sur les lieux.

Les recherches ont été arrêtées et reprendront samedi 23 juillet au matin. A 21 h, le second corps n'avait toujours pas été retrouvé. 

 

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Publié le 23 Juillet 2016

 

Rapport Pointereau 2016: "la continuité écologique doit aller du dogmatisme au pragmatisme"

 Dans un rapport sénatorial au ton très direct sur le bilan de la politique de l'eau depuis la loi de 2006, le sénateur Rémy Pointereau souligne les dérives observées dans la mise en oeuvre de la continuité écologique à partir du plan national d'action (PARCE) de 2009 et du classement des rivières de 2012-2013. Le parlementaire est signataire de l'appel à moratoire sur les effacements d'ouvrages, parmi 1300 autres élus de la République et plus de 300 associations. Nous publions ci-dessous quelques extraits de ce rapport, suivis de commentaires. Car la situation devient quelque peu ubuesque, avec des SDAGE et des SAGE ayant ré-affirmé la prétendue nécessité des effacements. Or, ces diagnostics sont contestés par les principaux concernés et ne sont pas partagés par la ministre de tutelle des administrations en charge de l'eau. Les moulins et 450 000 ha d'étangs sont dans le collimateur.
De toute évidence, les plus importantes clarifications sont encore devant nous sur ce dossier de plus en plus confus de la continuité écologique.

De la théorie à la pratique : l'effacement des seuils ne doit pas être la solution de facilité.
Dans la continuité de la LEMA, un plan d'action pour la restauration de la continuité écologique des cours d'eau (PARCE) a été lancé en 2009, reposant principalement sur des mesures d'aménagement ou de suppression des obstacles, censées être « établies au cas par cas et de manière proportionnées », comme l'indique le secrétaire d'État chargé de la mer, des transports et de la pêche, M. Frédéric Cuvillier, dans sa réponse à une question orale de votre rapporteur : « les décisions d'intervention sur les ouvrages font toujours l'objet d'une analyse tenant compte des impacts et des enjeux écologiques, de la sécurité, de la dimension patrimoniale éventuelle des ouvrages et des impératifs de gestion de l'eau sur les cours d'eau concernés. Les effacements sont réservés à des ouvrages abandonnés et sans usage, et ne sont en aucun cas systématiques ».

Or, comme l'indique le diagnostic de mise en oeuvre du PARCE, publié en décembre 2012, les pouvoirs publics décident concrètement au cas par cas des aides susceptibles d'être octroyées : « les propriétaires peuvent ainsi avoir l'impression d'être soumis à des décisions qu'ils ne partagent pas obligatoirement. Or, il apparaît que dans de nombreux cas, la solution préconisée par l'administration, car la moins coûteuse et la plus efficace, est l'effacement total ou partiel de l'ouvrage ».

Au cours des différents entretiens et de ses déplacements, votre rapporteur a pu constater que la solution de l'effacement du seuil était, d'une part, mal acceptée par les propriétaires riverains des cours d'eau, et en particulier des propriétaires de moulins, d'autre part, trop souvent systématique. L'acceptabilité sociale du principe de continuité écologique semble ainsi clairement mis à mal par son application concrète sur le terrain dans la mesure où elle prend fréquemment la forme de décisions plus idéologiques que pragmatiques et où elle dépend, dans la plupart des cas, des services de l'État déconcentrés, dont l'appréciation n'est pas toujours conforme aux directives nationales.

En outre, si la continuité écologique présente des avantages lorsque les cours d'eau sont en débit satisfaisant, elle est en revanche source de graves désagréments en cas d'étiage sévère. Or, ces cas se multiplient depuis les dernières décennies. La continuité écologique devient alors un piège pour les espèces aquatiques. (…)

Revenir à la concertation et au cas par cas
Votre rapporteur regrette que, depuis la loi sur l'eau, une nouvelle approche de la gestion de l'eau se soit progressivement imposée, de nature idéologique, fondée sur l'idée d'une nocivité de l'action anthropique et des activités économiques sur les milieux naturels.

Comme le rappelait le diagnostic de mise en oeuvre du PARCE cité plus haut, le « parti-pris culturel » qui sous-tend la mise en application de la politique de restauration de la continuité écologique ne doit pas être mésestimé.

Si les objectifs fixés par la DCE ne sont pas remis en cause par les acteurs directement impactés comme les agriculteurs ou les propriétaires de moulins, c'est l'argumentation diffusée par les services du ministère et notamment l'Onema qui pose des difficultés : manque de concertation et de directives claires sur les décisions prises, diffusion de diagnostics se fondant uniquement sur les points négatifs des ouvrages, sans jamais tenir compte des apports positifs éventuels des différents ouvrages, comme par exemple la stabilité de biodiversité qu'elle permet, ou encore le potentiel de production hydro-électrique, ou le maintien d'un niveau d'eau (avec une humidité des sols) dans les parcelles jouxtant l'ouvrage. L'abaissement des seuils a en outre un impact négatif sur l'érosion des berges et la qualité agricole des sols.

Le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) a mis en évidence en 2013 un manque de données, d'études et de concertation sur ce sujet. En outre, selon une étude de l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (IRSTEA), les seuils des moulins ne sont responsables que de 12 % du fonctionnement des continuités écologiques.

Le coût des aménagements conduit trop souvent l'administration à préconiser l'arasement. Une passe à poissons coûte en effet  de 300 000 euros en moyenne.

L'abaissement des seuils a en outre un impact négatif sur l'érosion de berges ainsi que sur la qualité agricole des terres.

Proposition 4 :

Privilégier la recherche de solutions locales, associer l'ensemble des acteurs à la concertation (élus de la commune, syndicats de rivière, entreprises, associations, propriétaires de moulins et d'étangs et propriétaires riverains).

Proposition 5 :

Favoriser les solutions au cas par cas, acceptables économiquement et socialement, ainsi que la combinaison de différentes techniques pour restaurer la continuité écologique ; inscrire les modifications de seuils dans le cadre d'actions plus globales de restauration du milieu aquatique dans son ensemble.

Un classement des cours d'eau qui doit respecter la conciliation de tous les usages
Concernant le classement des cours d'eau, il s'agit d'une procédure déconcentrée : les deux catégories de cours d'eau sont énumérées sur des listes établies pour chaque bassin ou sous-bassin par le préfet coordonnateur de bassin après avis des conseils généraux intéressés et du comité de bassin.

Afin de tenir compte des enjeux liés à la confrontation entre le droit de l'eau et le droit de propriété des propriétaires de moulins et de remédier aux difficultés rencontrées par l'administration pour disposer d'appuis techniques compétents, le rapport du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) sur l'évaluation de la mise en oeuvre du plan de restauration de la continuité écologique des cours d'eau, rendu public le 15 mars 2013, préconisait l'élaboration d'une charte entre les représentants des propriétaires de moulins, le ministère chargé de l'écologie, l'ONEMA ainsi qu'éventuellement des associations de protection de l'environnement.

Constatant que cette charte n'avait toujours pas vu le jour et que ce projet semblait s'enliser, votre rapporteur avait déposé un amendement, dans le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité prévoyant que la continuité écologique des cours d'eaux devait être conciliée avec les différents usages de l'eau dans les cours d'eau classés.

Cet ajout à l'article L. 214-17 du code de l'environnement a été adopté par le Sénat mais n'a pas été retenu in fine par l'Assemblée nationale.

Proposition 6 :

Compléter l'article L. 214-17 du code de l'environnement, qui concerne les obligations relatives aux ouvrages, afin de préciser que le classement des cours d'eau en liste 2, c'est-à-dire dans lesquels il est nécessaire d'assurer le transport suffisant des sédiments et la circulation des poissons migrateurs, doit permettre de concilier le rétablissement de la continuité écologique avec les différents usages de l'eau, et en particulier le développement de la production d'électricité d'origine renouvelable.

Les crues de juin 2016 ont par ailleurs montré l'importance de ce sujet de la classification des cours d'eau, qui doit être fait en concertation avec l'ensemble des acteurs.

Des contrôles mal acceptés
Le projet de loi relatif à la biodiversité prévoit de regrouper au sein du nouvel établissement public de l'Agence française pour la biodiversité (AFB) un certain nombre d'établissements existants dont l'Onema. Cette agence disposera de pouvoirs de police judiciaire et administrative en matière d'environnement, comme c'est actuellement le cas pour les agents de l'Onema.

Pourtant, l'intégration des agents de police de l'environnement au sein de cette agence pose un certain nombre de difficultés pour les acteurs socio-professionnels, à même de la solliciter pour leurs projets ou leurs questionnements sur leurs pratiques. En effet, cela confèrerait à cette agence une « double casquette » ambiguë et surtout peu opérationnelle. Elle serait d'un côté, un guichet, à l'image de l'ADEME, pour accompagner et financer des projets et diffuser des connaissances sur la biodiversité, et de l'autre, le contrôleur et le «sanctionneur» de ces mêmes projets réalisés par des opérateurs privés et publics.

Proposition 7 :

Recentrer les interventions des agents de l'Onema sur des actions pédagogiques plutôt que sur la répression. On peut s'interroger sur l'utilité de conserver le port d'armes pour ces agents.

Les enjeux de la petite hydroélectricité
Le classement des cours d'eau avec le critère des « réservoirs biologiques » condamne en réalité 72 % du potentiel hydro-électrique restant. Or, la petite hydroélectricité représente aujourd'hui en France une filière industrielle importante dans le domaine de l'énergie. Alors que l'énergie hydraulique est la première source d'électricité renouvelable et la deuxième énergie renouvelable, la petite hydroélectricité en France représente 2 178 petites centrales de moins de 12 MW (soit 2 000 MW de puissance installée), dont 80 % sont détenues par des petits producteurs indépendants. La production annuelle moyenne est d'environ 7 TWh, c'est-à-dire l'équivalent de l'électricité nécessaire pour éclairer toute la France la nuit.

Votre rapporteur insiste sur la nécessité de soutenir cette activité qui permet, d'une part, une production d'électricité souple et proche des lieux de consommation (évitant ainsi les pertes dues aux réseaux de distribution), d'autre part, qui contribue au bilan bas-carbone de la France en n'émettant pas de gaz à effet de serre. Il souligne que, dans le cadre de la transition énergétique dont les orientations ont été fixées dans la loi adoptée en 2015, elle produit une électricité renouvelable non intermittente, et contribue à l'activité économique et au développement des territoires tout en respectant l'état écologique des rivières grâce à tout un panel d'outils (passes à poissons, manoeuvres de vannes, rivières de contournement, turbines fish-friendly...). (...)

Proposition 8 :

Les missions de conseil et de police de l'environnement devant être dissociées, retirer les missions de police de l'environnement des missions de la future Agence française pour la biodiversité ; mettre en place un corps spécifique de contrôle de l'application du droit de l'environnement.

Proposition 9 :

Placer les sujets relatifs à l'hydroélectricité sous la tutelle de la direction de l'énergie et non celle de la direction de l'eau et de la biodiversité.

Commentaires: une situation confuse où l'effacement est simultanément encouragé par l'administration et condamné par les particuliers
La rapport du sénateur Pointereau fait suite au rapport des députés Dubois et Vigier de février 2016, qui avait déjà souligné certaines limites importantes de la mise en oeuvre de la continuité écologique (malgré une regrettable censure de certains acteurs). Il s'inscrit aussi dans le contexte des nombreuses déclarations de la Ministre de l'Environnement Ségolène Royal sur la nécessité de stopper la destruction des moulins, et de l'instruction donnée aux préfets en ce sens, avec mission en cours du CGEDD (la troisième…) pour comprendre la nature des blocages. Enfin, ce rapport fait suite à des premières modifications de l'article L 214-17 CE (ayant institué en 2006 la continuité écologique) dans le cadre des votes des lois Patrimoine et Biodiversité de cet été, modifications sur lesquelles nous reviendrons quand les deux lois seront votées et publiées au Journal officiel.

Il paraît désormais acquis que la destruction des ouvrages de moulins et d'étangs est reconnue comme une mauvaise solution par un large spectre de la classe politique française. Un point marquant de ces débats depuis deux ans étant que quasiment personne ne s'est réellement engagé avec poids pour défendre leurs intérêts intrinsèques et contester la destruction de ces petits ouvrages en termes d'amélioration des milieux aquatiques.

Reste que nous entrons dans une situation proprement ubuesque, car le discrédit de la casse du patrimoine hydraulique se superpose à d'autres tendances de fond... qui l'encouragent:

  • les Agences de l'eau (en particulier Loire-Bretagne et Seine-Normandie) ont adopté des SDAGE qui font de la destruction en première intention des ouvrages hydrauliques et des étangs le choix privilégié des gestionnaires, amenant à se demander qui produit réellement les normes en France faisant fi de la moindre base démocratique (voir les problèmes de fond soulignés dans les lettres ouvertes à Joël Pélicot et à François Sauvadet),
  • ces mêmes Agences exercent une très forte pression financière sur les propriétaires, les exploitants, les riverains, les Collectivités et les syndicats (ou autres établissements intercommunaux en charge de l'eau) en payant généreusement l'effacement sur argent public, tandis qu'elles limitent au maximum le financement d'aménagements exigés par la loi, de facto relue par cette insupportable iniquité.
  • de nombreux syndicats priorisent dans leur SAGE ou leurs contrats territoriaux les travaux d'effacement alors même que la Ministre a demandé de faire une pause.
  • le protocole ICE de l'Onema continue de qualifier "migratrices" la plupart des espèces d'eaux douces et d' imposer des contraintes techniques de franchissabilité qui rendent plus coûteux tout chantier, et interdit souvent les solutions les plus simples (ouverture de vanne en période migratoire par exemple).

Comment sortir de ce capharnaüm?  Nous voyons quelques pistes à débattre et creuser pour les acteurs de ce dossier :

  • une nouvelle circulaire d'application du classement des rivières par le Ministère à l'intention des services instructeurs paraît indispensable pour donner des directions claires (ainsi qu'opposables par les citoyens et leurs associations). Il s'agit d'acter les modifications récentes du L 214-17 CE, d'intégrer les recommandations  qui avaient déjà été formulées en 2012 , restées sans effet, d'inverser les priorités et de faire de l'effacement (arasement ou dérasement) des ouvrages la solution de seconde intention selon l'esprit de la loi et comme l'a exprimé la représentation nationale à de multiples reprises);
  • une évolution de l'article L 214-17 CE sera probablement encore nécessaire dans le cadre d'un projet de loi ad hoc, afin de rendre réaliste et solvable la continuité écologique en rivières classées liste 2 (le choix ayant le plus de sens écologique étant selon nous de limiter cette liste 2 aux espèces migratrices amphihalines et aux espèces documentées comme en voie d'extinction sur les bassins où elles sont attestées, ce qui évite des aménagements de moindre intérêt, mais nombreux et coûteux, pour des espèces peu menacées à brève échéance ou peu mobiles dans leur cycle de vie);
  • la continuité écologique (qui n'est pas un angle inintéressant en soi, malgré les critiques que nous portons à sa mise en oeuvre actuelle en France) doit rester une option ouverte au volontariat (y compris des effacements) hors rivière classée, sur la base notamment d'une modélisation des sites ayant le plus d'influence sur les espèces d'intérêt. Il convient aussi d'insister sur la continuité latérale, qui a des effets souvent plus importants sur la biodiversité en même temps qu'elle participe à la gestion des crues par diversion sur des parties du lit majeur;
  • un chantier doit être ouvert (par exemple par la nouvelle Agence pour la biodiversité) en vue de produire un modèle d'écologie raisonnée des rivières, dont les enjeux sont d'une part d'insuffler une culture de la preuve et de la donnée chez les gestionnaires (ce qui implique un effort de recherche appliquée et de formation), d'autre part de mettre en oeuvre une concertation élargie et une gestion partagée, adaptative du cours d'eau à l'échelle de chaque bassin versant, visant à intégrer davantage les usagers dans les instances de concertation et de programmation, au lieu de se retrancher derrière une vision manichéenne et dogmatique de l'écologie.

illustrations: seuils de moulins et grand étang d'eau douce qui peut avoir d'autres valorisations que la pêche à la ligne.

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