Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Publié le 31 Janvier 2017

 

Sur les "grands tueurs" de la biodiversité (Maxwell et al 2016)

Quatre chercheurs ont utilisé la liste rouge des espèces menacées (IUCN) pour quantifier l'importance relative des menaces pesant aujourd'hui sur la biodiversité, à l'échelle planétaire. Les menaces traditionnelles (surexploitation, agriculture, urbanisation, invasion, pollution) arrivent très largement en tête, et les scientifiques suggèrent que l'on adresse ces impacts dominants au lieu de mettre en avant des phénomènes plus périphériques. Alors que la création de l'Agence française de la biodiversité le 1er janvier 2017 vient d'être officialisée, il faut souhaiter que les mesures environnementales de notre pays soient fondées sur des diagnostics scientifiques sérieux et partagés par la communauté des chercheurs, et non sur la capacité des lobbies à dissimuler ou au contraire exagérer des menaces, ni sur des stratégies d'établissements administratifs à la programmation peu rigoureuse. Dans le domaine de l'eau, on en est encore loin...

Observant que la couverture médiatique de la biodiversité est souvent centrée sur certaines menaces (comme le réchauffement climatique), Sean L. Maxwell, Richard A. Fuller, Thomas M. Brooks et James E. M. Watson ont analysé la nature des pressions qui pèsent sur plus de 8000 espèces menacées de la liste rouge de l'IUCN, récemment mise à jour.

Leur résultat se retrouve dans ce tableau suivant:

Maxwell et al 2016, droit de courte citation. On observe au passage que les grands barrages sont une cause réelle mais mineure d'altération de la biodiversité, quand on rapporte à l'ensemble des pressions. 
 

Par ordre décroissant, les menaces sont:

  • la surexploitation (6241 espèces menacées)
  • l'agriculture (5407)
  • le développement urbain (3014)
  • les invasions et maladies (2298)
  • la pollution (1901)
  • les modifications des écosystèmes (1865)
  • le changement climatique (1688)
  • les perturbations humaines directes (1223)
  • le transport (1219)
  • la production d'énergie (913)

Les chercheurs font observer trois limitations :

  • les espèces les plus étudiées par les biologistes et écologues ne sont pas forcément les plus nombreuses, il y a un biais de sélection,
  • les pressions tendent à s'accumuler et interagir (80% des espèces sont sous plusieurs contraintes),
  • l'équilibre des pressions va certainement changer dans les décennies à venir (en lien au climat notamment).

Mais selon eux, ces réserves ne doivent pas masquer le message principal. Concernant notamment le cumul des impacts, argument souvent avancé pour ne pas hiérarchiser les actions publiques, ils font observer: "en attendant qu'une meilleure compréhension soit atteinte sur la manière dont des menaces agissent de manière additive, synergique ou antagoniste, un choix pragmatique d'action est de limiter les impacts qui affectent aujourd'hui le plus grand nombre d'espèces".

Commentaire
Ce bilan est fait à l'échelle mondiale et, comme tel, il n'est pas applicable à la France ou à telle ou telle de ses écorégions. Il faut rappeler que les premières menaces sur la biodiversité planétaire concernent aujourd'hui les pays en développement ou récemment développés, parce qu'ils ont les réservoirs d'espèces le plus importants et parce que leur modernisation réplique en peu de temps ce que nous avons connu en Europe en quelques siècles. Inversement, les pays anciennement industrialisés et densément occupés (comme l'Europe) sont déjà très largement anthropisés, avec des peuplements et des habitats durablement modifiés.

Il n'empêche que la France a aussi des enjeux de biodiversité, et le Ministère de l'Environnement vient à ce sujet d'officialiser la création de l'Agence française de la biodiversité. Qui commence sur un mauvais départ : une partie seulement des établissements publics concernés, dont l'Onema, ont été rassemblés, cela pour des raisons de lobbying interne à l'administration, sans aucun rapport avec l'intérêt de la biodiversité.

Sur les ondes de France Inter (23/12/2016), on a pu entendre l'astrophysicien Huvert Reeves (président d'honneur de cette Agence française de la biodiversité) affirmer que "les êtres humains ont tué à peu près la moitié des espèces vivantes" au cours des dernières décennies. En fait, le dernier rapport IUCN dit que les vertébrés (et non les espèces en général) ont perdu la moitié de leurs effectifs (et non pas été éteints) en 50 ans. C'est déjà beaucoup, mais cela n'a rien à voir.

Anecdote? Certainement, mais elle ne soulève aucune objection critique de la part des médias ou des décideurs, elle est répliquée de manière moutonnière sur les réseaux sociaux, et elle est révélatrice d'un état d'esprit que nous déplorons: croire que l'écologie peut encore se permettre d'avancer par des approximations (immanquablement généreuses et immanquablement alarmistes), des annonces médiatiques et des choix dictés par le copinage en lieu et place du travail rigoureux que l'on attend dans n'importe quelle autre politique publique concernant un thème dont l'exploration relève, avant toute chose, de l'examen scientifique.

Observer, comprendre, prioriser, agir : c'est la séquence normale d'une action fondée sur l'évaluation rationnelle des besoins quand les moyens sont limités. Notre analyse plus détaillée des politiques publiques des milieux aquatiques montre que nous n'agissons pas vraiment ainsi: on intervient aujourd'hui sur les rivières de notre pays sans diagnostic de biodiversité (ou limité à une infime partie du vivant en lien à l'intérêt particulier de certains usagers), sans modèle pression-impact pour hiérarchiser les enjeux de chaque bassin, sans analyse des services rendus par les écosystèmes pour conjuguer bénéfices environnementaux et sociaux, etc.                   Donc avant même de proposer des mesures et de commencer la concertation, on manque déjà d'une compréhension de base des phénomènes à propos desquels il faut débattre et agir. Ce n'est pas durable, car ce n'est pas ainsi que les problèmes environnementaux seront correctement traités ni qu'une culture écologique sérieuse sera diffusée dans la société.

Référence
Maxwell SL et al (2016), Biodiversity: The ravages of guns, nets and bulldozers, Nature, 536, 143–145

 


Ci-dessus : destruction d'un seuil de moulin ancien (Saint-Nicolas, Tonnerre) par le SMBVA à l'automne 2016. Une illustration de l'approche environnementale dans la politique de l'eau. On décide de chantiers éparpillés par opportunités politiciennes ou jeux de lobbies, sans explication ni hiérarchisation des pressions sur le bassin, sans analyse approfondie de l'hydrosystème, sans connaissance des trajectoires environnementales locales, sans gain avancé ni mesuré de biodiversité, sans comparaison scientifiquement valide avant-après en populations cibles, sans étude des éventuels services rendus par les écosystèmes restaurés et, dans le domaine concerné de la continuité, sans modèle de connectivité ni projet solvable d'intervention sur d'autres fragmentations plus importantes de la rivière.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost 0

Bonjour à tous, Monsieur le Préfet de la Manche a réuni la Commission locale d’information le 23 Janvier à la Mazure. A l’ordre du jour : les modalités de la vidange du barrage de Vezins et la gestion des sédiments. Une confirmation : l’arrêté préfectoral du 3 Mars 2016 sera bien respecté, au grand dam d’un excité égaré par la douleur, toujours hors sujet dans ses multiples et vaines interventions, et de quelques idéologues attristés désormais conscients qu’ils devront sans doute attendre 2019 pour réclamer la suppression des barrages et des lacs de la Sélune. L’abaissement de la retenue de Vezins commencera en Mars 2017, suivi de la vidange « proprement » dite qui débutera en Avril 2018 pour atteindre un assec complet fin Juillet début Août 2018. Important : seule la retenue de Vezins sera vidangée. La RQB restera en eau et servira de « tampon » en cas de souci, pour éviter un éventuel relargage accidentel de sédiments contaminés vers l’aval et la baie du Mont-Saint-Michel, comme en 1993. La DDTM évalue le volume des sédiments à deux millions de m3, dont 560.000 m3 dans le lit mineur. Volume sans doute largement sous-estimé, tout comme en 1993. Le volume annuel d’entrée « naturelle » de sédiments dans la Sélune est estimé à 20.000 m3. Le bouchon de vidange (« culot merdeux ») ne devrait pas excéder 4.000 m3 à la sortie de RQB. Pour ce qui est de la réalisation des travaux, tous les appels d’offre ont trouvé preneurs et les contrats ont été signés en Décembre 2016. La maîtrise d’œuvre a été confiée à ANTEA et les entreprises choisies appartiennent toutes au groupe VINCI. Les principes retenus pour la gestion des sédiments sont le dragage (aspiration) et le curage (pelle mécanique) pour l’extraction. Notons toutefois que les sédiments seront déplacés, pas enlevés du site. Le coût et le bilan carbone (transport / camions etc.) faisant « barrage ». Pour ce qui est du stockage, c’est un système de casiers (merlons et digues) qui sera mis en place. Certains seront aériens (à l’air libre), d’autres seront « sous eau ». Tout le monde sait que le cône de l’Yvrande et ses environs immédiats (amont / aval) renferment une quantité importante de sédiments contaminés par des métaux lourds. Ils seront recouverts par des sédiments sains. Ce qui revient à créer un centre d’enfouissement. Le lit qui se trouve naturellement en milieu de talweg sera définitivement déplacé vers sa rive droite et maintenu en place par des merlons. Quatre digues transversales seront également construites. La cote d’exploitation du barrage de Vezins est à 60,56. Le niveau actuel est à la cote 58. Il sera abaissé à la cote 56 pour permettre la mise en place du dispositif et le début des travaux de gestion sédimentaire. (Sur l’Isolant, le Lair et l’Yvrande) En Octobre 2017, la cote 52 devrait être atteinte. Sachant que la conduite forcée se situe à la cote 49, la production d’énergie se poursuivra jusqu’à l’ouverture de la vanne de vidange. En Avril 2018, la vanne sera ouverte et la vidange commencera. L’assec complet (cote 42) sera atteint au plus tard début Août 2018. Il sera alors procédé à une revue de sûreté complète de l’ouvrage et des installations. C’est seulement quand tous les résultats de toutes les expertises seront connus et analysés que l’Etat prendra une décision définitive concernant l’avenir du barrage de Vezins, en tenant compte de très nombreux paramètres : sécurité de l’ouvrage, coût des travaux de remise en état, candidatures à la reprise de l’activité, propositions du ou des futurs opérateurs pour une mise en conformité etc. Cette décision n’interviendra probablement pas avant l’automne, voire la fin de l’année 2018. Pour le cas où les pouvoirs publics se prononceraient pour l’attribution d’une nouvelle concession, un appel d’offre serait lancé. C’est une procédure qui durerait entre deux et trois ans. En attendant, une remise en eau (au moins partielle) sera procédée. La raison invoquée par le responsable de la DDTM est purement technique : le débit de la vanne de vidange est inférieur à celui de la Sélune. Calendrier des opérations : MARS 2017 è Début de la pose des casiers dans le cône de l’Yvrande ; è Aménagement d’une base de vie à la République ; è Installation d’une plateforme de travaux aux Biards. AVRIL 2017 è Aménagement d’accès en queue de retenue ; è Déviation du lit de l’Yvrande. JUILLET 2017 è Remplissage des casiers de l’Yvrande. Des opérations de gestion des sédiments seront également mises en œuvre sur l’Isolant et le Lair. Une plaquette d’information sera éditée tous les six mois (Insuffisant) pour informer les communes, les riverains (etc.) de la progression des travaux. Des analyses seront régulièrement effectuées (qualité de l’eau, MES etc.) pendant toute la durée des opérations. Le Préfet prendra des arrêtés au fur et à mesure de l’évolution des travaux. (Circulation, sécurité etc.) COUT TOTAL DES OPERATIONS DE VIDANGE : 20 Millions d’Euros entièrement financés par des fonds d’Etat. L’association Les Amis du barrage a été créée par Clément Chesnel en 1993. Son objet était de proposer une animation culturelle et informative aux visiteurs du barrage de Vezins, notamment à l’occasion de la vidange de la retenue qui a eu lieu cette année-là. Nous avons l’intention de perpétuer cette tradition et nous mettrons en place des animations culturelles, informatives et festives pendant toute la durée des opérations. Nous mènerons ces différentes activités en fonction de ce qu’il nous sera possible et permis de faire, en accord avec les Pouvoirs publics et nos élus. Nous nous sommes battus d’arrache-pied pour que ce dossier soit entièrement remis à plat et qu’une décision objective soit prise, fondée sur des bases économiques et scientifiques réelles et sérieuses plutôt que sur des idéologies écolo-fumeuses rétrogrades et sectaires. Nous avons obtenu gain de cause, sans bien sûr présumer de ce que sera l’avenir. C’est grâce à tous ceux d’entre vous qui ont soutenu l’équipe des Amis du Barrage, sans jamais faillir ni faiblir, malgré des perspectives pas toujours réjouissantes. Je tiens à vous en remercier chaleureusement. Mais nous ne sommes qu’au milieu du gué. Il nous faut donc rester attentifs, vigilants et mobilisés. Bien cordialement à vous tous, John KANIOWSKY

Publié le 30 Janvier 2017

Bonjour à tous,

Monsieur le Préfet de la Manche a réuni la Commission locale dinformation le 23 Janvier à la Mazure.

A lordre du jour : les modalités de la vidange du barrage de Vezins et la gestion des sédiments.

Une confirmation : larrêté préfectoral du 3 Mars 2016 sera bien respecté, au grand dam dun excité égaré par la douleur, toujours hors sujet dans ses multiples et vaines interventions, et de quelques idéologues attristés désormais conscients quils devront sans doute attendre 2019 pour réclamer la suppression des barrages et des lacs de la Sélune.

Labaissement de la retenue de Vezins commencera en Mars 2017, suivi de la vidange « proprement » dite qui débutera en Avril 2018 pour atteindre un assec complet fin Juillet début Août 2018.

Important : seule la retenue de Vezins sera vidangée. La RQB restera en eau et servira de « tampon » en cas de souci, pour éviter un éventuel relargage accidentel de sédiments contaminés vers laval et la baie du Mont-Saint-Michel, comme en 1993.

La DDTM évalue le volume des sédiments à deux millions de m3, dont 560.000 m3 dans le lit mineur. Volume sans doute largement sous-estimé, tout comme en 1993.

Le volume annuel dentrée « naturelle » de sédiments dans la Sélune est estimé à 20.000 m3.

Le bouchon de vidange (« culot merdeux ») ne devrait pas excéder 4.000 m3 à la sortie de RQB.

Pour ce qui est de la réalisation des travaux, tous les appels doffre ont trouvé preneurs et les contrats ont été signés en Décembre 2016. La maîtrise d’œuvre a été confiée à ANTEA et les entreprises choisies appartiennent toutes au groupe VINCI.

Les principes retenus pour la gestion des sédiments sont le dragage (aspiration) et le curage (pelle mécanique) pour lextraction.

Notons toutefois que les sédiments seront déplacés, pas enlevés du site. Le coût et le bilan carbone (transport / camions etc.) faisant « barrage ».

Pour ce qui est du stockage, cest un système de casiers (merlons et digues) qui sera mis en place. Certains seront aériens (à lair libre), dautres seront « sous eau ».

Tout le monde sait que le cône de lYvrande et ses environs immédiats (amont / aval) renferment une quantité importante de sédiments contaminés par des métaux lourds. Ils seront recouverts par des sédiments sains. Ce qui revient à créer un centre denfouissement. Le lit qui se trouve naturellement en milieu de talweg sera définitivement déplacé vers sa rive droite et maintenu en place par des merlons. Quatre digues transversales seront également construites.

La cote dexploitation du barrage de Vezins est à 60,56. Le niveau actuel est à la cote 58. Il sera abaissé à la cote 56 pour permettre la mise en place du dispositif et le début des travaux de gestion sédimentaire. (Sur lIsolant, le Lair et lYvrande)

En Octobre 2017, la cote 52 devrait être atteinte.

Sachant que la conduite forcée se situe à la cote 49, la production dénergie se poursuivra jusquà louverture de la vanne de vidange.

En Avril 2018, la vanne sera ouverte et la vidange commencera. Lassec complet (cote 42) sera atteint au plus tard début Août 2018.

Il sera alors procédé à une revue de sûreté complète de louvrage et des installations.

Cest seulement quand tous les résultats de toutes les expertises seront connus et analysés que lEtat prendra une décision définitive concernant lavenir du barrage de Vezins, en tenant compte de très nombreux paramètres : sécurité de louvrage, coût des travaux de remise en état, candidatures à la reprise de lactivité, propositions du ou des futurs opérateurs pour une mise en conformité etc.

Cette décision ninterviendra probablement pas avant lautomne, voire la fin de lannée 2018.

Pour le cas où les pouvoirs publics se prononceraient pour lattribution dune nouvelle concession, un appel doffre serait lancé. Cest une procédure qui durerait entre deux et trois ans.

En attendant, une remise en eau (au moins partielle) sera procédée.

La raison invoquée par le responsable de la DDTM est purement technique : le débit de la vanne de vidange est inférieur à celui de la Sélune.

 

Calendrier des opérations :

MARS 2017

è Début de la pose des casiers dans le cône de lYvrande ;

è Aménagement dune base de vie à la République ;

è Installation dune plateforme de travaux aux Biards.

AVRIL 2017

è Aménagement daccès en queue de retenue ;

è Déviation du lit de lYvrande.

JUILLET 2017

è Remplissage des casiers de lYvrande.

Des opérations de gestion des sédiments seront également mises en œuvre sur lIsolant et le Lair.

Une plaquette dinformation sera éditée tous les six mois (Insuffisant) pour informer les communes, les riverains (etc.) de la progression des travaux.

Des analyses seront régulièrement effectuées (qualité de leau, MES etc.) pendant toute la durée des opérations.

Le Préfet prendra des arrêtés au fur et à mesure de lévolution des travaux. (Circulation, sécurité etc.)

COUT TOTAL DES OPERATIONS DE VIDANGE :

20 Millions dEuros entièrement financés par des fonds dEtat.

 

Lassociation Les Amis du barrage a été créée par Clément Chesnel en 1993. Son objet était de proposer une animation culturelle et informative aux visiteurs du barrage de Vezins, notamment à loccasion de la vidange de la retenue qui a eu lieu cette année-là.

 

Nous avons lintention de perpétuer cette tradition et nous mettrons en place des animations culturelles, informatives et festives pendant toute la durée des opérations.

Nous mènerons ces différentes activités en fonction de ce quil nous sera possible et permis de faire, en accord avec les Pouvoirs publics et nos élus.

Nous nous sommes battus darrache-pied pour que ce dossier soit entièrement remis à plat et quune décision objective soit prise, fondée sur des bases économiques et scientifiques réelles et sérieuses plutôt que sur des idéologies écolo-fumeuses rétrogrades et sectaires. Nous avons obtenu gain de cause, sans bien sûr présumer de ce que sera lavenir.

Cest grâce à tous ceux dentre vous qui ont soutenu léquipe des Amis du Barrage, sans jamais faillir ni faiblir, malgré des perspectives pas toujours réjouissantes.

Je tiens à vous en remercier chaleureusement.

Mais nous ne sommes quau milieu du gué. Il nous faut donc rester attentifs, vigilants et mobilisés.

 

Bien cordialement à vous tous,

John KANIOWSKY

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost 0

Publié le 29 Janvier 2017

---
Environnement, biodiversité,
écologie…le fardeau n’est-il pas trop lourd pour la FNPF ?

Environnement, biodiversité, écologie…le fardeau n’est-il pas trop lourd pour la FNPF ?

Peut-elle encore s’occuper des pêcheurs ? Un schéma légal inapproprié, une organisation pyramidale à cavités, sans pouvoir légal sur 3700 associations. Nous portons un regard neutre sur ce milieu en proie à des doutes et des difficultés. Notre analyse n’est pas un réquisitoire, sur ce loisir encore pratiqué en 2015 par 1 553 271 pêcheurs, loin s’en faut. Le bât blesse quand leurs …

Lire la suite.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost 0

Publié le 28 Janvier 2017

 

Les 6 dimensions des rivières: impératif du pluralisme et besoin d'une socio-écologie

Le cours d'eau, un phénomène naturel? Pas si simple. Produit historique de la nature et de la société, la rivière est un objet hybride et complexe, elle défie les approches réductionnistes qui voudraient lui assigner un seul horizon d'existence. On peut distinguer au moins six dimensions de la rivière dans les représentations et les pratiques humaines. Accepter cette diversité a des implications pour nos politiques publiques.

Il existe une seule et même rivière coulant dans nos montagnes, nos vallées ou nos plaines, mais elle est un composé de multiples actions passées et un assemblage de nombreuses représentations présentes. En voici quelques-unes.

Rivière nature : définie par sa morphologie et sa biologie, ses écoulements et ses peuplements, c'est la rivière vue à travers son écologie.

Rivière culture : ponts, gués, lavoirs, moulins, forges, douves, canaux, barrages… c'est la rivière porteuse d'un patrimoine visible qui manifeste les usages humains à travers les âges.

Rivière paysage : rencontre de la nature et de la culture, le paysage est la première image que la plupart des gens ont d'une rivière, selon sa visibilité et son accessibilité.

Rivière usage : elle se définit par son exploitation utilitaire, qu'il s'agisse d'eau potable, d'irrigation, d'énergie, de navigation, d'extraction de granulats, de pisciculture, de pêche professionnelle, etc.

Rivière plaisir : elle occupe nos souvenirs d'enfants (ou d'adultes) avec la baignade, la pêche, la randonnée, le canotage, le kayak, le rafting, etc.

Rivière risque : dans la mémoire et l'actualité, la rivière ne véhicule pas que des images positives, elle est aussi associée aux crues et aux inondations, ainsi qu'à un caractère imprévisible (étiages, assecs).

Rivière nature, de la négligence à la prééminence
La rivière nature est le lieu d'un paradoxe : elle est la première en place puisqu'elle pré-existe à l'homme, mais elle est sans doute la dernière née dans nos représentations, car il faut attendre les travaux de la biologie et de l'écologie modernes pour appréhender le fonctionnement complexe de la rivière. Outre la rareté des connaissances théoriques (compensée par une expérience et une mémoire locales), les sociétés humaines pré-modernes ont eu pour contrainte forte la survie incertaine de leurs membres, de sorte que l'exploitation des ressources de la rivière est le premier angle qui transparaît des archives du passé.

La méconnaissance de la rivière nature a induit certaines dégradations des cours d'eau au fil des siècles, et singulièrement des dernières décennies (voir cet article sur la grande accélération de l'Anthropocène).

A partir des années 1990, on a assisté à un retournement des politiques publiques de la rivière, matérialisés par la directive cadre européenne sur l'eau (2000) et en France la loi sur l'eau et les milieux aquatiques (2006). Après une longue indifférence, puis une lente prise de conscience (années 1970-1990), un paradigme écologique a fini par s'imposer dans la gestion de la rivière. En assez peu de temps, la rivière nature longtemps négligée est devenue le référent à partir duquel toutes les autres dimensions devaient être évaluées.

L'hégémonie d'une seule vision de la rivière est non durable
La rivière nature peut-elle prétendre à cette hégémonie qui lui est soudainement accordée? Non. La prise en compte de l'environnement est un trait structurant du développement durable qui ne disparaîtra pas. Mais ce développement durable inclut deux autres piliers – économie et société – qui n'ont pas vraiment vocation à disparaître eux non plus.

On ne peut pas dissoudre toutes les représentations de la rivière en une seule, encore moins dans un délai très court. Mais ce n'est pas qu'une affaire de temps qui changerait les esprits et les moeurs. Le problème est aussi épistémologique: la nature ne peut être une nature sans humain, pas plus que la rivière ne peut être une réalité sans riverain. La nature est aussi un produit de l'histoire, car l'homme la modifie depuis des millénaires et le vivant rétro-agit à ces altérations.

La dimension plurielle de la rivière a des implications pour chaque acteur. Par exemple, les défenseurs des ouvrages hydrauliques (dont nous sommes) ne sauraient ignorer les interpellations dont ils font l'objet au seul prétexte que la rivière comme culture, comme paysage, comme plaisir ou comme usage a leurs faveurs. Il est exact que les ouvrages hydrauliques ont des impacts sur d'autres usages de l'eau, également qu'ils modifient la biologie de la rivière. La bonne attitude n'est jamais dans l'ignorance des connaissances nouvelles, mais dans la prise en compte des faits établis et la recherche de solutions raisonnables là où des problèmes se posent.

Inversement, les adversaires des ouvrages hydrauliques (ceux qui souhaiteraient leur disparition) ne peuvent fonder une position audible sur la négation radicale des autres dimensions de la rivière, comme s'il existait un consensus social sur le sacrifice de nos héritages et de nos usages à la seule rivière nature. Ce consensus n'existe pas. On acquiesce collectivement à l'idée de diminuer l'impact humain sur les milieux, pas de donner prééminence aux milieux sur toute activité humaine.

La question essentielle n'est toutefois pas ici la position particulière de tel ou tel acteur de la rivière, plutôt la manière dont on peut et doit articuler les positions. C'est la politique publique de la rivière qui est en jeu, la politique où tous les citoyens doivent se reconnaître et le cas échéant s'investir. Cette politique de la rivière doit acter la diversité de ses dimensions et organiser l'expression du pluralisme au lieu de l'étouffer.

Le paradigme de la gestion de rivière appelle donc une socio-écologie davantage qu'une écologie, soit une compréhension croisée de la place de la nature dans la société et de la place de la société dans la nature.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost 0

Publié le 27 Janvier 2017

jeudi 26 janvier 2017

Livre blanc du syndicat des énergies renouvelables et hydro-électricité

 
Placer toute l'hydroélectricité sous la tutelle de la direction de l'énergie et du climat, et non de celle de l'eau et la biodiversité pour les petites puissances ; rendre les prescriptions environnementales compatibles avec nos objectifs ambitieux de transition énergétique : ces deux mesures parmi d'autres seront défendues par le Syndicat des énergies renouvelables auprès des candidats à l'élection présidentielle. Un autre enjeu important est à défendre pour les moulins, étangs et riverains : simplifier grandement les procédures d'autoconsommation avec injection du surplus, afin que chacun puisse produire facilement.  

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) vient de publier son Livre blanc. Le mardi 31 janvier, à l’occasion de son colloque annuel, le  SER invitera les principaux candidats à l’élection présidentielle à présenter leur vision du rôle des énergies renouvelables dans le mix énergétique français. Il leur proposera de se positionner sur les orientations stratégiques détaillées dans ce Livre blanc.
 
Deux propositions à soutenir: une tutelle administrative de l'énergie (et non plus de l'eau), une révision en profondeur de la continuité écologique
Nous publions ci-dessous quelques extraits du chapitre consacré à l'hydro-électricité. Parmi les points que nous appelons à soutenir tout particulièrement dans les prochains mois, tant auprès des candidats à la présidentielle que de ceux à la députation:
 
  • placer toute l'hydro-électricité (petite ou grande) sous le tutelle de la direction de l'énergie et du climat.  La direction de l'eau et de la biodiversité est aujourd'hui en charge de la petite hydro-électricité, mais elle n'est pas dans son domaine premier de compétence et, pour l'essentiel, cette direction travaille à freiner le développement de cette énergie renouvelable au lieu de le favoriser, ce qui rend la politique publique illisible;
  • réviser en profondeur la réforme de continuité écologique, qu'il s'agisse de son périmètre, de ses méthodes, de sa gouvernance, de son suivi, de ses analyses coût-bénéfice et de son financement. La continuité est un angle légitime de gestion des rivières mais sa mise en oeuvre administrative s'est révélée coûteuse, complexe et conflictuelle, ainsi que contraire à l'objectif de développement de l'hydro-électricité (soit par destruction pure et simple du potentiel énergétique, soit par exigence d'aménagements à financement public défaillant, dont le surcoût imposé et la perte de productible annulent tout espoir de rentabilité pour beaucoup d'exploitants). Au-delà des amendements d'urgence déjà votés, c'est une remise à plat complète de cette continuité qui s'impose, pour en faire un instrument consensuel, durable et réaliste de la politique des rivières et plans d'eau. 

Une proposition à construire: faciliter l'autoconsommation pour des dizaine de milliers de sites potentiels
Notre regret concernant ce Livre blanc: l'absence de proposition sur l'autoconsommation avec injection du surplus. Des premières mesures ont été prises dans la loi de transition énergétique et son ordonnance d'application, mais elles sont encore insuffisantes pour l'objectif : que les foyers soient réellement incités à produire avec l'énergie locale dont ils disposent.

Chaque rivière française de taille petite ou moyenne possède des ouvrages de moulins susceptibles de relancer facilement la production qui était la leur jusqu'au XXe siècle (voir cette synthèse). L'obstacle n'est pas technologique: roue, vis, turbine, hydroliennes permettent de produire à toute hauteur et tout débit, avec des génératrices adaptées. Mais la puissance de ces sites, de quelques kW à dizaines de kW, n'est pas toujours suffisante pour motiver le montage d'un dossier complet d'injection, dans le cadre d'une activité considérée aujourd'hui comme industrielle, avec ce que cela implique en complexité (création de société commerciale, souscription d'un contrat de 20 ans, instruction détaillée par le service administratif, etc.). Nous sommes devant un paradoxe: alors qu'il est techniquement simple de produire sur un site (l'équivalent de plusieurs dizaines à centaines de m2 de panneaux solaires), c'est administrativement et fiscalement compliqué.

La relance des moulins se heurte ainsi à des obstacles qu'il appartient de surmonter: régime fiscal clair pour les particuliers, contrat d'injection du surplus (à prix de marché, sans aucune subvention), intégration des effacements et des protections de découplage dans les compteurs intelligents, soutien public (indispensable) aux dispositifs écologiques d'accompagnement, dont la continuité, Turpe dimensionnée à la taille très modeste du productible, dossier environnemental simplifié.

La double modernisation écologique et énergétique des moulins est un enjeu qui intéresse tous les territoires, chaque département comptant des centaines à des milliers de sites. Mais elle ne peut réellement progresser que par un contrat simple et universel incitant les gens à produire leur électricité et à injecter ce qu'ils ne consomment pas sur le réseau local. L'aide publique peut être nulle pour l'énergie (le maître d'ouvrage assume totalement son équipement, il ne bénéficie pas d'un tarif spécial de rachat pour le surplus d'électricité produite), mais elle doit en revanche être totale pour l'écologie: la collectivité doit financer les équipements qu'elle exige quand ces équipements relèvent de la poursuite d'un bien commun, et non pas de l'intérêt particulier du maître d'ouvrage (qui se voit au contraire imposer une nouvelle servitude d'entretien et surveillance des dispositifs écologiques mis en place).

Extraits du Livre blanc du SER (hydro-électricité)
Avec plus de 25 000 MW de puissance installée, l’énergie hydraulique délivre chaque année 70 TWh d’électricité, soit 65 % de l’électricité produite par les énergies renouvelables, constituant ainsi la 1ère filière de production d’énergie électrique renouvelable en France. L’activité génère plus de 20 000 emplois à l’échelle nationale (étude BIPE 2012 pour le SER).

1. Améliorer la gouvernance liée à l’hydroélectricité au niveau de l’État pour mieux articuler les politiques publiques qui lui sont applicables
Les projets hydroélectriques, qu’ils soient soumis à une autorisation au titre de la loi sur l’eau (< 4,5 MW) ou au régime des concessions (> 4,5 MW) ne bénéficient pas de la même tutelle alors que les problématiques économiques,  fiscales ou environnementales sont de même nature. L’hydro-électricité fait appel à de très nombreuses problématiques techniques, industrielles et scientifiques. Ces enjeux de natures diverses et d’un niveau technique élevé rendent complexes, voire contradictoires, un certain nombre de dispositions applicables à la  filière.

Le SER propose que l’ensemble de la  filière relève, au sein du ministère de l’Energie, de la direction en charge de l’énergie, qui doit pouvoir compter sur une expertise de haut niveau. Cette nouvelle organisation doit permettre de renforcer la cohérence entre les politiques publiques liées d’une part au développement des énergies renouvelables et d’autre part à la préservation de l’environnement.

2. Concilier politique environnementale et énergétique
La nécessité de prendre en compte les enjeux environnementaux a permis d’engager l’hydroélectricité dans le sens de l’amélioration et de la préservation du bon état écologique des eaux. La  filière s’est désormais largement approprié cette préoccupation, comme en témoigne sa mobilisation pro-active en faveur d’une hydroélectricité de haute qualité environnementale. 

Néanmoins, l’ampleur, la précision et la généralisation des prescriptions environnementales n’ont cessé de croître au détriment de la production d’électricité renouvelable, générant un empilement de normes de différentes natures et de prérequis disproportionnés. C’est ainsi que la contribution de la  filière au développement durable, aux objectifs de qualité de l’eau et de respect de la biodiversité, s’est traduite dans les faits par l’obligation de mise en œuvre de prescriptions environnementales très lourdes (franchissement piscicole notamment) sans bilan coût-efficacité et par une baisse importante du potentiel de développement de nouveaux aménagements ainsi que du productible des aménagements existants. 

La profession plaide donc en faveur d’une meilleure transparence sur les objectifs et les résultats de la politique environnementale, afin d’aboutir à un cadre règlementaire et législatif plus équilibré. La révision de la Directive cadre sur l’eau (DCE) doit être l’opportunité pour l’Europe comme pour la France de concilier plus efficacement les politiques environnementale et énergétique. La législation française sur l’eau et sa mise en œuvre doivent être fondées sur la conciliation des usages de l’eau, adossées à une analyse scientifique et contradictoire des enjeux et à l’évaluation du ratio coûts / bénéfices, ainsi que le prévoit la DCE.

A noter également : nouveau scénario négaWatt

Le nouveau scénario négaWatt 2017-2050, avec objectif 100% renouvelables, a été rendu public le 25 janvier 2017. Ce scénario prévoit une production hydraulique constante, mais avec des pertes de productible dues à des aménagements de biodiversité et à une baisse tendancielle estimée à 15% de débit disponible. En d'autres termes, pour tenir cet enjeu de production hydro constante avec 15% de débit (donc puissance) en moins, il faut en réalité augmenter la puissance actuellement installée. Donc restaurer énergétiquement des milliers de sites déjà en place mais ne produisant plus (le potentiel des moulins seuls, hors barrages, serait de l'ordre de 1000 MW). A noter que pour négaWatt, le stockage se fait par la voie du biogaz (méthanation) et non pas par des STEP (ou par l'hydrogène couplé à l'hydro-électrique, comme cela commence à apparaître). En fait, il faudra sans doute équiper davantage les moulins et usines à eau si l'on ne parvient pas à tous les objectifs de réduction de la consommation énergétique prévus dans ce scénario négaWatt. Pour rappel, ces objectifs (baisse de 63% de l'énergie primaire et de 50% de la consommation finale) sont jugés très ambitieux par les énergéticiens vu ce qu'ils demanderaient en investissement constant sur 3 décennies dans les infrastructures logement, transport et chauffage, alors que la puissance publique ne parvient déjà pas à impulser et financer des objectifs intermédiaires beaucoup plus modestes.
 

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost 0

Publié le 27 Janvier 2017

 

La moitié des rivières européennes devrait changer d'écotype d'ici 2050 (Laizé et al 2017)

La moitié des masses d'eau de surface européennes devrait changer de régime hydrologique d'ici quelques décennies sous l'effet des changements climatiques et des usages humains associés. Avec d'inévitables conséquences sur les écotypes. Espèces végétales et animales des cours d'eau en  France seront particulièrement concernées. Ce résultat repose une question intriguant déjà nombre de chercheurs en écologie des milieux aquatiques: pourquoi donc la DCE (Directive cadre européenne sur l'eau) s'est-elle construite sur l'idée qu'il existerait un "état de référence" intangible de chaque rivière?

Le travail de Cédric Laizé, Mike Acreman et Ian Overton s'inscrit dans le projet SCENES (water SCenarios for Europe and for NEighbouring States) visant à anticiper les évolutions hydrologiques du Vieux Continent ainsi que de ses voisins anatolien et méditerranéen. Deux modèles climatiques de circulation globale ont été mobilisés, IPSL-CM4, de l'Institut Pierre Simon Laplace (France) ; MIROC3.2, du Centre de recherche sur le système climatique (Japon). Les chercheurs ont comparé les données de référence 1961-1990 (Climate Research Unit, Royaume-Uni) avec le projections 2040-2069 des modèles.

Les auteurs rappellent l'importance du régime hydrologique des débits dans la caractérisation écologique des rivières. "Bien que beaucoup de facteurs influencent le type et la condition des écosystèmes d'eaux douces, incluant la lumière, la température de l'eau, les nutriments et les interactions entre espèces (Moss et al 2009), dans les rivières c'est le débit (c'est-à-dire l'écoulement mesuré comme volume par unité de temps) qui est considéré comme le facteur clé (…) le paradigme du régime de débit naturel (Poff et al 1997) pose que le caractère dynamique du débit naturel d'un cours d'eau - caractérisé par son amplitude, sa fréquence, sa durée, sa période et son rythme de changement – est central pour soutenir la biodiversité et l'intégrité de l'écosystème (Lytle et Poff 2004)".

Laizé et ses collèges ont donc créé des indicateurs de débit (Monthly Flow Regime Indicators MFRIs) avec 14 métriques d'intérêt pour leur influence sur les écosystèmes de rivière. Par une analyse en partitionnement (clustering), 13 écotypes d'écoulement ont été définis (10 existant aujourd'hui et 3 n'existant pas actuellement en Europe). Ces types éco-hydrologiques se différencient par la saisonnalité des hautes eaux (hiver, printemps), par l'ampleur et la variabilité des régimes (basses eaux, hautes eaux), par la fréquence des extrêmes.

Changement des régimes hydrologiques autour de 2050 selon le modèle IPCM4 EcF, en vert pas de changement, en bleu changement dans un régime déjà existant, en rouge apparition d'un nouveau régime inexistant sur la zone. On voit que les bassins français devraient être massivement concernés par des évolutions hydroclimatiques.  Extrait de Laizé et al 2017, art cit, droit de courte citation.
 

Résultats (fourchettes basses et hautes des deux modèles):

  • 30 à 49% des rivières ne changent pas de type de débit;
  • 42 à 55% des rivières changent de type, pour un type connu;
  • 9 à 18% des rivières entrent dans un type encore inconnu (plutôt des régimes à dominante hivernale avec peu de variabilité et d'extrêmes).

Conclusion des scientifiques : "il est donc raisonnable de dire que si une rivière change d'un type éco-hydrologique de débit pour un autre, il existe un potentiel pour de nouveaux écosystèmes, particulièrement si cela résulte en une perte d'espèces existantes. Cependant, l'écosystème qui se développera réellement dépendra de la capacité des nouvelles espèces qui arrivent à exploiter des niches disponibles".

Discussion
Les prévisions des modèles mobilisés par Cédric Laizé et ses collègues se réaliseront-elles? C'est incertain, car les modèles hydroclimatiques appliquées aux échelles régionales donnent encore des résultats divergents (ce qui est le cas, dans le détail, des 2 modèles ici mobilisés). Le climat fonctionne par couplage dynamique océan-atmosphère, avec des oscillations naturelles et des évolutions stochastiques, donc savoir comment les forçages anthropiques vont altérer ces mécanismes et leur téléconnexions restent un champ assez ouvert pour la modélisation climatique.

Cette réserve étant posée, la plupart des climatologues et hydrologues pensent que le régime des rivières sera bel et bien modifié de manière substantielle par les changements climatiques annoncés au cours du siècle. S'il est encore difficile de prédire avec précision l'avenir de chaque grand bassin, des évolutions thermiques et hydrologiques sont à peu près inévitables. Et cela à relativement court terme – quelques décennies, ce qui est peu pour le vivant.

Comme le relèvent Cédric Laizé et ses collègues, les changements hydrologiques impliqueront des évolutions écosystémiques. Cela rend quelque peu problématique l'approche choisie par l'Union européenne dans la directive cadre sur l'eau : définir des "états de référence" biologiques et physico-chimiques afin de déterminer quels peuplements et écoulements "naturels" sont attendus sur des cours d'eau, et forment donc l'objectif de la conservation ou de la restauration de ceux-ci. En effet, en prenant comme base des statistiques d'observation de la fin du XXe siècle, nous avons de bonnes chances de poser des référentiels de qualité ou d'intégrité qui deviendront automatiquement désuets à mesure que le vivant s'adaptera aux conditions nouvelles. Ce malentendu fondateur de la DCE 2000, déjà souligné par des chercheurs dubitatifs sur l'approche choisie par les gestionnaires (voir Bouleau et Pont 2015), gagnerait à être éclairci au plus vite.

Mais la Direction générale Environnement de la Commission de Bruxelles est-elle davantage ouverte aux nuances, incertitudes et réserves des débats scientifiques en écologie que ne le sont nos bureaucraties nationales? Au regard de la genèse de la directive cadre (voir Loupsans et Gramaglia 2011), il y a quelques craintes à avoir…

Référence : Laizé C et al (2017), Projected novel eco-hydrological river types for Europe, Ecohydrology & Hydrobiology DOI: 10.1016/j.ecohyd.2016.12.006

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost 0

Publié le 27 Janvier 2017

EnvironnementPublié le vendredi 27 janvier 2017

Si près de 96% des consommateurs peuvent boire sans crainte l'eau du robinet, 2,8 millions de personnes n'ont accès qu'à une eau polluée notamment par des pesticides, des nitrates ou du plomb, selon une étude de l'UFC-Que Choisir présentée le 26 janvier. Une carte interactive sur le site de l'association permet à chacun de connaître la qualité de l'eau potable qu'il consomme.

A partir des résultats officiels du ministère de la Santé, l'UFC-Que choisir a passé au peigne fin, dans une étude présentée ce 26 janvier, les réseaux de distribution des quelque 36.000 communes de France, pour la totalité des 50 critères réglementaires. "Le résultat global se révèle très satisfaisant puisque l'eau distribuée à 95,6% des consommateurs français respecte haut la main la totalité des limites réglementaires et ce tout au long de l'année", estime l'association de consommateurs qui fonde son analyse sur la période allant de février 2014 à août 2016. Mais 2,8 millions de personnes, essentiellement des habitants de petites communes rurales, "reçoivent une eau non conforme", déplore-t-elle. Elle n'est pas forcément impropre à la consommation, "cela dépend de la nature de la molécule, du niveau du dépassement et de sa fréquence", a précisé à l'AFP Olivier Andrault, chargé de mission à l'UFC-Que Choisir qui a dirigé l'étude.

Les pesticides, première cause de pollution 

Les pesticides, détectés dans 5% des réseaux de distribution (2.271 communes concernées) sont "de loin" la première cause de non–conformité, souligne l'étude. Ils contaminent l'eau de 2 millions de consommateurs, principalement ruraux, dans les régions d'agriculture intensive. Mais ils affectent également les réseaux de certaines villes. C'est le cas notamment de Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis (2 des 3 réseaux de distribution touchés), de Sens (3 des 4 réseaux de distribution), de Lens, de Tarbes ou d'Auch. "Les molécules retrouvées sont essentiellement des herbicides", comme l'atrazine, un herbicide "désormais interdit mais (...) particulièrement rémanent dans l'environnement", précise l'UFC.
Les nitrates sont la deuxième cause de pollution (0,8% des réseaux contaminés dans 370 communes). Près de 200.000 consommateurs sont concernés, en particulier dans le Loiret, la Seine-et-Marne, l'Yonne, l'Aube, la Marne, le Pas-de-Calais et la Somme.
Troisième source de pollution : les "contaminations bactériennes dues aux défauts de surveillance ou à la vétusté des installations" (0,7% des réseaux dans 253 communes). Elles concernent environ 200.000 personnes et touchent surtout les petites communes rurales de montagne (Alpes, Massif central, Pyrénées). L'étude fait aussi état d'une pollution naturelle, l'arsenic, présent dans l'eau de quelques petites communes rurales du Massif central, des Alpes et des Vosges notamment.

Alerte sur les composants toxiques dans les canalisations

L'UFC-Que Choisir alerte également sur la présence de "composants toxiques" dans les canalisations. "Sur l'ensemble de la France, 3% des analyses réalisées dans les logements font apparaître la présence de plomb, de cuivre de nickel ou de chlorure de vinyle relargués par des canalisations vétustes ou corrodées", note-t-elle. Dans le cas du plomb, ce sont les logements situés dans les centres anciens qui sont concernés (Nice, Toulon, Dijon, Avignon, Créteil, La Rochelle, Albi, Saint-Brieuc…). Mais cette pollution reste la plus mal mesurée, du fait d'"un très faible nombre de prélèvements" (15 en moyenne par ville pour les communes citées, sur une période de deux ans et demi), qui "ne permettent pas de connaître l'exposition réelle des consommateurs".
L'association juge ces pollutions "d'autant moins acceptables que l'alerte est donnée depuis longtemps et que les bons remèdes ne sont toujours pas appliqués". "Si l'eau de 97% des consommateurs échappe aux pesticides par exemple, ce n'est pas parce que l'agriculture aurait amendé ses pratiques" mais à cause d'une "coûteuse dépollution financée à 87% par les consommateurs et seulement à 6% par les agriculteurs", affirme-t-elle. Un principe du "pollué-payeur", dénonce-t-elle.
L'UFC-Que choisir réclame donc à l'inverse l'application du principe "pollueur-payeur" dans le calcul des redevances de l'eau par une augmentation de la taxation des pesticides et des engrais azotés et par un "soutien financier aux agricultures biologiques et intégrées". Elle souhaite aussi que soit réalisé "un audit national" des composants toxiques des canalisations pour estimer le niveau d'exposition des consommateurs" et milite pour une aide aux particuliers qui remplacent leurs canalisations en cas de pollution au plomb.
Les consommateurs peuvent se renseigner sur la qualité de l'eau de leur robinet en consultant une carte interactive sur le site de l'UFC-Que choisir.   "Un Français sur cinq n'a pas confiance en l'eau du robinet (...) et un sur deux privilégie l'eau en bouteille", a déploré le président de l'association, Alain Bazot, au cours d'une conférence de presse téléphonique. Pourtant, "la qualité de l'eau est très largement au rendez-vous", a-t-il souligné. En outre, selon l'association, à 0,4 centime d'euro le litre, l'eau du robinet est 65 fois moins chère en moyenne que celle en bouteille. La fabrication des bouteilles en plastique génère, elle, 360 fois plus de gaz à effet de serre. Elles parcourent en moyenne 300 km avant d'arriver sur nos tables et génèrent 150.000 tonnes de déchets d'emballages par an, selon l'UFC-Que Choisir.

Anne Lenormand avec AFP

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost 0

Publié le 27 Janvier 2017

Qualité des eaux. La Bretagne désormais bonne élève

3
 

Aujourd'hui, 35 % des masses d'eau de Bretagne sont dans un bon état écologique (*). L'objectif fixé pour 2021 par la directive européenne sur l'eau est de 69 %. Pari impossible, ou ambition raisonnable ? Sylvie Detoc, directrice de la délégation Armorique de l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne, se disait confiante, hier, au Carrefour des gestions locales de l'eau.


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/bretagne/qualite-des-eaux-la-bretagne-desormais-bonne-eleve-26-01-2017-11376571.php#hXHKuJgYwcR6cqtl.99

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost 0

Publié le 27 Janvier 2017

Eau du robinet : la carte interactive pour savoir si la vôtre est trop polluée

L'UFC-Que-Choisir a mis en ligne une carte interactive et une étude en révélant que 2,8 millions de consommateurs en France sont à risque de boire une eau trop polluée. Plombs, nitrates, pesticides... Vérifiez si votre eau n'est pas toxique.

Pouvez-vous boire sans risque de l'eau de votre robinet ? Il est désormais possible de le savoir grâce à la carte intaractive publiée aujourd'hui sur le de l'UFC-Que-choisir. Il suffit de taper le code postal ou le nom de sa ville pour consulter les résultats de l'étude en ce qui concerne votre commune. Pour l'élaboration de cette carte, les experts ont étudié le niveau de présence de 50 contaminants et paramètres pyhisco-chimiques listés par le Ministère de la Santé. En moyenne, ils révèlent que "96% des consommateurs peuvent boire leur eau en toute confiance en revanche 2,8 millions ont une eau polluée".

 

Radioactivité et pesticides...

Les analyses d'eau ont été faites entre février 2014 et août 2016 dans les 36 567 communes de france métropolitaine. Deux critères ont été pris en compte : les limites de qualités c'est-à-dire, le respect des normes en matière de présence de composants toxiques dans l'eau et les références de qualité, c'est-à-dire, des dépassements de normes qui n'ont pas d'impact sur la santé mais qui entraînent des désagréments pour la population comme la couleur de l'eau, des dépôts, du calcaire... La notation comprend également le taux de polluants agricoles dû à l'activité humaine et la radioactivité. Pour évaluer ses différents facteurs l'UFC-que-choisir a mis en place des indicateurs de couleurs sous la forme d'une goutte d'eau :
Vert : c'est bon
Vert pâle : satisfaisant
Orange : médiocre
Rouge : mauvais
Noir : très mauvais

Pour consulter la carte : cliquez-ici


En savoir plus sur http://www.medisite.fr/a-la-une-eau-du-robinet-la-carte-interactive-pour-savoir-si-la-votre-est-trop-polluee.1260145.2035.html?xtor=EPR-26-%5BMedisite-a-la-Une%5D-20170127#Xicypqxv9o3ybLV7.99

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost 0

Publié le 26 Janvier 2017

EnvironnementPublié le jeudi 26 janvier 2017

70% des Français se disent globalement confiants dans l'état des canalisations d'eau potable qui desservent leur domicile, contre 29% qui se disent inquiets, selon les résultats d'un sondage dévoilés à l'occasion du 18e Carrefour des gestions locales de l'eau organisé les 25 et 26 janvier à Rennes. Réalisée par Harris Interactive* pour le compte d'IDEAL Connaissances, organisateur du salon, et des Canalisateurs de France, cette enquête montre que ce sont les personnes les plus modestes (celles qui ont un revenu inférieur à 1.000 euros par mois ou qui vivent dans un logement de type HLM) qui ont le plus de craintes sur l'état des canalisations.
De manière spontanée, les Français pensent que le budget moyen pour la consommation d'eau potable et d'assainissement dans leur logement (hors achat d'eau minérale) est de 46 euros par mois. Cette estimation moyenne est plus élevée et dépasse 50 euros par mois pour les personnes vivant en couple avec enfants, pour celles habitant une maison individuelle, mais aussi pour les plus jeunes.
De manière générale, les Français associent étroitement la qualité de l'eau potable à sa provenance, mais aussi à l'état des canalisations qui assurent sa distribution. 91% des personnes interrogées estiment que "la provenance, la source de l'eau" influe sur la qualité de l'eau potable, et 59% considèrent même qu'elle l'influence "beaucoup". L'état des canalisations est jugé comme ayant une importance à peu près aussi grande que la source puisque 91% des personnes interrogées estiment que "la qualité des matériaux des canalisations" influe sur la qualité de l'eau potable (58% disent "beaucoup"), et 89% pensent qu'il en est de même en ce qui concerne l'âge des canalisations (53% disent "beaucoup").
Certaines catégories de population font un lien encore plus étroit que la moyenne entre l'état des canalisations et la qualité de l'eau potable distribuée. C'est le cas en particulier des personnes âgées de 65 ans et plus, et de celles qui se disent inquiètes de l'état des canalisations d'eau potable qui desservent leur domicile.
Lorsqu'on leur demande au bout de combien de temps, il faut renouveler les canalisations d'eau potable pour assurer la qualité de l'eau, les personnes interrogées estiment qu'il faut le faire en moyenne tous les 24 ans. Si la plupart des réponses (69%) sont concentrées entre 10 et 40 ans, 16% des Français estiment toutefois qu'il faut renouveler ces canalisations tous les 40 ans ou à une fréquence plus faible. Parmi ceux qui pensent qu'il faut renouveler ces canalisations à une fréquence un peu plus élevée que la moyenne se trouvent les femmes, les plus jeunes (moins de 35 ans), les personnes aux revenus modestes et, en toute logique, celles qui se disent inquiètes de l'état des canalisations desservant leur domicile.
 

Anne Lenormand


* Enquête réalisée en ligne du 10 au 12 janvier 2017. Échantillon de 1.015 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l'interviewé(e).

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost 0
1 2 3 4 5 > >>