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Publié le 31 Août 2017

Le chiffre du 18 Août 2017
83%
Tel est le pourcentage de nappes phréatiques orientées à la baisse au 1er août selon le BRGM. Le phénomène de baisse des niveaux s'est fortement accéléré au cours des derniers mois, relève l'établissement public. Seuls 5% des points sont en hausse alors qu'ils étaient encore 24% au 1er juin. Le BRGM qualifie la situation de "pas totalement inhabituelle" dans la mesure où l'on se situe dans la période des plus basses eaux, mais il la considère malgré tout comme "assez prononcée".

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Publié le 30 Août 2017

Les petits barrages limitent les effets de la sécheresse

20/08/2017 05:38
Au barrage du Cluzeau, à Thollet. Bertrand de Laitre estime que détruire les seuils sur les rivières serait contre-productif. - Au barrage du Cluzeau, à Thollet. Bertrand de Laitre estime que détruire les seuils sur les rivières serait contre-productif. Au barrage du Cluzeau, à Thollet. Bertrand de Laitre estime que détruire les seuils sur les rivières serait contre-productif.
 
Au barrage du Cluzeau, à Thollet. Bertrand de Laitre estime que détruire les seuils sur les rivières serait contre-productif.

Le niveau des rivières est très bas. Propriétaire d’un moulin, Bertrand Delaitre souligne l’intérêt des seuils, dans le collimateur d’une directive européenne.

Depuis près de 70 ans que sa famille est propriétaire de ce moulin à Thollet, c'est la troisième fois seulement qu'il y a aussi peu d'eau dans la Benaize : « 30 litres à la seconde, pas plus, a mesuré Bertrand de Laitre à la pelle (1) qui alimentait autrefois la roue. L'an passé, il y avait plus d'eau que ça. Cette année, nous avons eu un printemps très sec, des mois de juin et juillet chauds. En août, pour l'instant on a eu 30 mm. » Suffisamment pour gâcher le plaisir des vacanciers « mais pas assez pour compenser le manque qu'on a accumulé jusque-là ».

" L'arasement : véritable gabegie et erreur écologique "

De ce constat, Bertrand de Laitre veut relancer le débat sur l'arasement programmé des anciens seuils de moulins, écluses et autres barrages comme le sien. Ils sont dans le collimateur d'une directive européenne et d'une loi visant à rétablir la continuité écologique des cours d'eau. L'objectif du texte est de permettre la circulation naturelle des poissons et des sédiments en supprimant ou en aménageant les ouvrages artificiels construits au fil des siècles. Les études ont débuté sur la Vienne et la Gartempe, suscitant de nombreuses oppositions ces dernières années, notamment au seuil de Mazerolles.
« La nécessité de conservation de nos barrages se confirme en cette année de sécheresse », souligne Bertrand de Laitre. Élu de sa commune et délégué à la communauté de communes Vienne et Gartempe, il est membre des commissions environnement et patrimoine : « Sans le barrage qui forme une retenue d'eau, il y aurait encore moins d'eau à couler dans la Benaize. Comment voulez-vous que les poissons survivent dans 5 cm ? La réserve créée par nos écluses permet la préservation de l'empoissonnement et l'oxygénation, elle permet un équilibre écologique indiscutable et montre un vrai respect de la nature de la part de nos ancêtres. L'arasement conduirait à une catastrophe environnementale sans précédent, véritable gabegie [80.000 € en moyenne de travaux] et erreur écologique. »
Au-delà des aspects écologiques, Bertrand de Laitre met aussi en avant les autres usages des barrages : « Ils peuvent servir de réservoir en cas d'incendie, être utilisés pour installer des mini-centrales hydrauliques, être des lieux de repos et de visite par les chemins de randonnée. »

(1) Trappe coulissante régulant le passage de l'eau.

Sébastien Kerouanton

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Publié le 30 Août 2017

Un incident dans une usine Lactalis provoque la mort de nombreux poissons

Une usine du sud-est de Rennes a accidentellement déversé mi-août du lactose brut dans une rivière. Le niveau de pollution est depuis retombé mais les pêcheurs ont porté plainte après la mort, selon eux, de milliers de poissons.

Mis à jour le
publié le

Un incident sur une ligne de production de l'usine Lactalis de Retiers (Ille-et-Villaine) est à l'origine de la mort de milliers de poissons dans la rivière Seiche, dont la pollution diminue progressivement, a-t-on appris mardi auprès de la préfecture d'Ille-et-Vilaine.   

L'incident, le 18 août, a entraîné un déversement anormal de lactose brut dans le cours d'eau, en raison de la saturation de la station d'épuration de l'entreprise, qui a alerté les services de l'État quatre jours plus tard, le 22 août.

La forte concentration en matière organique a appauvri en oxygène la Seiche, affluent de la Vilaine. "Plusieurs milliers de poissons", selon Jérémy Grandière, président de la Fédération de pêche d'Ille-et-Vilaine, ont été retrouvés morts asphyxiés à la surface, sur 8 km, au sud-est de Rennes. "La puanteur est terrible. On va vers un gros problème sanitaire, il y a urgence à agir."

La préfecture d'Ille-et-Vilaine a indiqué dans un communiqué que des mesures avaient "immédiatement été prises" lorsque la pollution a été portée à sa connaissance : "Enlèvement et équarrissage des poissons morts, déviation du lactose dans les bassins de rétention de l'entreprise, dilution de l'eau de la rivière."

Plainte des pêcheurs contre Lactalis

Selon le secrétaire général de la préfecture, Denis Olagnon, les mesures effectuées quotidiennement par l'Agence française de biodiversité (AFB) montrent une "forte diminution" de la pollution. Montée à 240 mg/L la semaine dernière, la concentration en lactose était retombée lundi à 75 mg/L. La préfecture a fait savoir que l'usine serait inspectée et qu'un procès-verbal "pour infraction délictuelle au Code de l'environnement" serait transmis au parquet.

La Fédération de pêche d'Ille-et-Vilaine a déposé plainte contre Lactalis. "On a l'impression que Lactalis se moque de nous. Le directeur de l'usine a fait appel à la solidarité des pêcheurs pour l'aider à ramasser les poissons morts, mais ce sont leurs cadavres!", estime Jérémy Grandière. 

Contacté par l'AFP, Lactalis assure avoir "pris le sujet à bras le corps" face à une situation "critique". "Une trop grande quantité de lactose a été envoyée à la station d'épuration et avec la sécheresse, ça a fait un cocktail détonnant", a expliqué le groupe. "Nous avons mis en place un plan d'action, nos équipes sont non-stop sur le cours d'eau et nous avons diminué un peu l'activité du site car, pour réguler une station d'épuration, il faut un peu de temps."

Avec AFP

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Publié le 30 Août 2017

Sécheresse: le sud du département de l'Orne en situation de “crise”

© PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
© PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Depuis plusieurs semaines, des restrictions d'eau sont en vigueur dans le département de l'Orne. Une réunion a eu lieu ce mardi en préfecture. La situation nécessite la mise en place de mesures encore plus draconiennes dans certains secteurs.

Par CM

Dés le début du printemps, les hydrologues ont tiré la sonnette d'alarme. L'hiver particulièrement sec n'a pas permis à bon nombre de nappes phréatiques de se recharger suffisamment. Les premières mesures de restriction d'eau ont été mises en place avant l'été, comme dans le département de l'Orne, le 1er juin. Au fil des semaines, l'usage de cette ressource a été de plus en plus encadrée. 

En Normandie, certains secteurs de l'ex Haute-Normandie, dans l'Eure et en Seine-Maritime, sont déjà classés en "crise", le niveau maximal d'alerte requérant les restrictions les plus draconiennes. Le département de l'Orne va à son tour devoir mettre en place de telles mesures. Le sujet était à l'ordre du jour de la réunion du comité sécheresse qui s'est déroulée ce mardi après-midi en préfecture.

"Notre critère pour estimer la situation hydrologique du département c'est le débit des rivières, parce que sur le niveau des nappes phréatiques nous n'avons pas de données très anciennes, ce qui ne nous permet d'avoir une idée sur le caractère exceptionnel ou non du niveau des nappes cette année", explique Denis Gandin, chef du service aménagement en environnement de la DDT de l'Orne, "par contre, sur les débits des cours d'eau on a de longues séries de données qui nous permettent de savoir qu'on est vraiment sur une sécheresse à carcatère exceptionnel cette année".
 

Une amende de 1500 euros pour les contrevenants

Il a donc préconisé lors de cette réunion le passage en niveau 4, le niveau maximal, pour les mesures de restriction d'eau. Concrètement, seuls les usages liés à l'eau potable (boire, manger pour les humains et les animaux), à l'hygiène (se laver) et à la sécurité incendie sont autorisés. Plus de lavage de voiture ou d'arrosage du jardin pour les particuliers (à l'exception des potagers, le soir), plus d'irrigation pour les agriculteurs et du chômage technique pour les stations de lavage. Tout contrevant est passible d'une amende de 1500 euros.

Ces mesures concernent deux secteurs bien particuliers: le bassin de la Mayenne, autour de Juvigny, et le bassin de la Sarthe, autour d'Alençon et du Mesle-sur-Sarthe.  L'arrêté préfectoral devrait être pris dans la soirée. Ces mesures resteraient en vigueur jusqu'au 15 novembre selon les précipitations.

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Publié le 29 Août 2017

Sécheresses à répétition : les "axes d'action" du gouvernement pour mieux gérer l'eau

 

 

 

Face au risque de multiplication des sécheresses, le gouvernement a présenté le 9 août, lors du dernier conseil des ministres avant la trêve estivale, des pistes pour mieux gérer l’eau. Parmi celles-ci, qui visent aussi bien les agriculteurs que les entreprises, les administrations ou les particuliers, figurent la lutte contre les fuites dans les canalisations, la réutilisation des eaux usées traitées et la réalisation de projets de stockage hivernal de l’eau.

"Alors qu’un important épisode de sécheresse touche de nombreux départements, le gouvernement veut apporter des solutions pour résorber durablement les situations de tension hydrique et associer pleinement les territoires à la politique de gestion de l’eau", ont déclaré Nicolas Hulot et Stéphane Travert le 9 août, à l’occasion de la présentation en conseil des ministres de leurs "axes d’actions" sur la gestion quantitative de l’eau. Les ministres de la Transition écologique et de l’Agriculture ont rappelé la situation hydrologique "préoccupante" que connaît actuellement la France. "Dans 82 départements, les préfets ont pris des arrêtés préfectoraux de restriction d'usage de l'eau. Parmi eux, 30 départements (...) ont pris des arrêtés de crise imposant l'arrêt des prélèvements d'eau non prioritaires (lavage de voiture, arrosage de jardins, remplissage des piscines...)", ont-ils détaillé dans un communiqué commun. Une "situation exceptionnelle" qui "pourrait devenir commune à partir de 2050 en raison du dérèglement climatique", ont-ils souligné. "Aussi, au-delà des mesures de restriction en périodes de crise, la politique de gestion de l’eau doit prendre en compte les changements de long terme pour préserver durablement les ressources naturelles notamment pendant la saison des basses eaux", ont affirmé les ministres. Dans ce but, ils proposent une série de pistes concernant aussi bien les agriculteurs que les entreprises, les administrations ou les particuliers.

"Sobriété des usages"

Les "axes d’actions" tournent autour de deux objectifs : "encourager la sobriété des usages et réguler en amont la ressource grâce notamment à l’innovation ; faire émerger, dans l’ensemble des territoires, des solutions adaptées aux besoins et aux contextes locaux". Pour "encourager la sobriété des usages et l’innovation", ils suggèrent de "réaliser, là où c'est utile et durable, des projets de stockage hivernal de l'eau afin d'éviter les prélèvements en période sèche, lorsque l'eau est rare". Ils proposent aussi de "poursuivre les investissements avec les collectivités pour accentuer la maintenance des réseaux afin de réduire au maximum les fuites dans les canalisations et de favoriser la réutilisation des eaux usées traitées quand cela est pertinent". Il faut aussi "développer une agriculture plus économe en eau" et "progresser encore, via l'innovation, dans l'efficience de l'irrigation", estiment-ils. Les ministres entendent également soutenir et valoriser la recherche et le développement de nouvelles solutions dans les différents organismes scientifiques ainsi que dans les pôles de compétitivité hydrique (Dream en Centre-Val de Loire, Pôle EAU en Occitanie et Provence-Alpes Côte d’Azur et Hydreos dans le Grand Est). Le gouvernement veut aussi "engager" chacun "dans des démarches d'économies d'eau" grâce à des campagnes de proximité de sensibilisation et de communication tout au long de l’année.

"Dynamiser les projets de territoires"

L'élaboration d'un "deuxième Plan national d'adaptation au changement climatique d'ici fin 2017" est également à l'ordre du jour, après celui de 2011-2016, afin de "mieux adapter les actions aux conséquences locales du changement climatique". Le gouvernement compte aussi soutenir le déploiement du plan d’actions "eau et assainissement" en outre-mer. Les collectivités locales compétentes dans le domaine de la préservation de l’eau et des milieux aquatiques seront accompagnées, notamment via les agences de l’eau, et les préfets coordonnateurs de bassin seront mobilisés pour "dynamiser les projets de territoires, qui permettent une concertation, avec l’ensemble des partenaires, sur les besoins locaux en eau", ont encore indiqué les ministres. Au niveau national, sur 87 projets de territoires, 14 sont déjà réalisés et 47 sont en cours, ont-ils précisé. D’ici le 31 octobre, une cellule d’expertise, chargée de dénouer les difficultés rencontrées dans la gestion de la ressource en eau en agriculture, examinera tous les projets en cours pour voir s’il est possible d’accélérer leur réalisation et rendra compte aux ministres des conséquences à tirer de cet exercice.

Réactions mitigées

Eric Frétillère, président d'Irrigants de France, qui fait partie de l'AGPM (producteurs de maïs), a accueilli plutôt favorablement les pistes proposées, saluant le fait que les mesures concernent tous les usages de l'eau et pas seulement l'agriculture. Quant au "principe de mettre tous les acteurs ensemble, on trouve que c'est une bonne chose, mais maintenant, il faut qu'il y ait de la création de réserves, qu'on puisse faire du stockage, et avancer. Remettre ça au goût du jour, c'est une excellente chose", a-t-il déclaré à l'AFP, soulignant que "le stockage, c'est vraiment le point majeur".
Pour la fédération France Nature Environnement (FNE), au contraire, construire des retenues d'eau n'est pas une solution durable. FNE "partage la plupart des solutions apportées par le gouvernement" mais "cette action présentée comme une action phare est en revanche inacceptable", notamment à cause de ses impacts environnementaux", a écrit l'ONG dans un communiqué. Il ne faudrait pas non plus, alerte-t-elle, que les agences de l’eau, qui doivent accompagner les collectivités locales, "continuent de voir leur budget fondre comme neige au soleil" .
Côté consommateurs, l'UFC-Que Choisir estime que "cette communication ne dit rien en matière d'actions concrètes et d'engagements de l'argent public". "A l'exception d'annonces floues autour du ‘développement d'une agriculture plus économe en eau et multi-performante’, on assiste à une nouvelle et inadmissible fuite en avant avec l'acceptation des réserves d'eau", déplore-t-elle. De son côté, la CLCV, qui représente aussi les usagers domestiques, "salue le volontarisme du ministre de l’écologie visant à prendre des mesures structurelles pour réduire le gaspillage d’eau". "Alors même que les agences de l’eau commencent à préparer leur futur programme pluriannuel, la CLCV encourage le ministre à engager une réforme ambitieuse de la politique de l’eau", a-t-elle souligné dans un communiqué. France Libertés, pour sa part, "salue les objectifs de Nicolas Hulot et l'appelle à agir concrètement". L’ONG, qui s’est notamment impliquée en faveur du droit à l’eau pour tous, "approuve entièrement" (...) " le choix de faire émerger des solutions locales adaptées aux besoins et aux contextes locaux". "Plus qu’une gestion raisonnée de l’eau, France-Libertés plaide pour le rétablissement du cycle de l’eau local afin de restaurer le climat", affirme-t-elle.

"Nous ne pourrons pas tout faire", préviennent les présidents des comités de bassin
Avant la présentation des mesures gouvernementales sur la gestion de l’eau, les sept présidents de comités de bassin, accompagnés des six directeurs d’agences de l’eau et de leurs représentants ont été reçus le 5 août par Nicolas Hulot et ses deux secrétaires d’Etat, Sébastien Lecornu et Brune Poirson. "Nous ne pourrons pas tout faire", ont-ils souligné dans un communiqué diffusé le lendemain de cette rencontre, qui devrait être amenée à se renouveler deux fois par an. "Le contexte est difficile à la fois au plan climatique avec les restrictions d’eau que nous connaissons et au plan financier avec des arbitrages budgétaires qui nous laissent entrevoir le pire avec l’instauration d’un plafond mordant sur la redevance sur l’eau qui priverait la politique de l’eau de ses moyens vitaux", ont-ils prévenu.
"Les défis qui sont devant nous sont énormes, a rappelé François Sauvadet, président de la conférence des présidents de comité de bassin : atteindre 100% de bon état des eaux en 2027 ; réussir la prise en main de la Gemapi par les collectivités ; élargir nos compétences à la biodiversité et au milieu marin ; assumer nos responsabilités sur le renouvellement des réseaux et la lutte contre les fuites ; s'adapter au changement climatique."
"Sur l'ensemble de ces sujets, on ne peut pas demander aux agences de l'eau de faire toujours plus avec moins de moyens. Les comités de bassin devront faire des choix et les assumeront", ont affirmé les élus. Ils ont en outre rappelé au ministre de la Transition écologique que le budget des agences provient des redevances sur l’eau payées par les consommateurs et les usagers. Elles n'ont, pour eux, "pas vocation à alimenter le budget des parcs nationaux ou de l’office national de la chasse et de la faune sauvage". "Priver la politique de l'eau de ses moyens est une catastrophe alors que nous sommes très loin d'atteindre 100% de bon état des eaux en 2027 conformément à l'engagement de la France. Il faudrait pour cela multiplier par 3 les budgets actuels d'intervention des agences", estiment-ils.
"En matière de climat, l'inaction coûte cher. Les inondations de mars 2016 sur la Seine ont coûté un milliard, bien plus qu'auraient coûté des mesures de prévention. Il en est de même pour le renouvellement des réseaux estimé à un milliard d’euros par an", ont-ils aussi rappelé.
Malgré le contexte difficile, "cette réunion a permis un dialogue constructif avec le ministre d'Etat et de partager une vision des enjeux du changement climatique", ont toutefois estimé les élus, jugeant que "des avancées concrètes ont pu voir le jour avec l'ouverture de la composition de l'Agence française de la biodiversité à un représentant des comités de bassin". Ils disent attendre maintenant que "la prise de conscience collective sur les enjeux de l'eau soit traduite dans les arbitrages budgétaires à venir", tout projet de prélèvement étant à leurs yeux "contraire aux enjeux de la transition écologique".
A.L. 

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Publié le 27 Août 2017

Les ouvrages hydrauliques peuvent-ils faire évoluer des poissons vers la sédentarité? (Branco et al 2017)

 Une étude menée par des chercheurs portugais sur le barbeau ibérique, un cyprinidé rhéophile, montre que les ouvrages de l'hydraulique ancienne n'empêchent pas la migration d'environ 10% des poissons, et que les 90% restant parviennent à accomplir leur cycle de vie dans les zones contraintes par les ouvrages. Cela suggère que des espèces mobiles peuvent s'adapter à la présence d'obstacles et évoluer vers un comportement plus sédentaire, pourvu qu'elles disposent d'habitats non dégradés sur les tronçons.

Le barbeau ibérique (Luciobarbus bocagei) est un cyprinidé rhéophile du genre Barbus, qui peut présenter un comportement mobile sur plusieurs kilomètres de rivière.

Paulo Branco et ses collègues ont recherché une rivière non impactée par des pollutions, avec un minimum d'activité agricole sur le versant, présentant une influence dominante de barrières physiques à la continuité longitudinale, sans affluents pour éviter des migrations latérales, hébergeant des espèces natives potamodromes à comportement mobile. La rivière Alviela présente ces caractéristiques sur un tronçon de 5,6 km.

On trouve sur ce tronçon six ouvrages hydrauliques, dont la hauteur varie de 0,95 à 2,25 m. Ce sont des ouvrages typiques des seuils et chaussées de l'hydraulique ancienne (voir l'image ci-dessous). Tous les ouvrages sauf un avaient un indice de franchissabilité considéré comme mauvais à modéré.

Extrait de Branco et al 2017, art cit, droit de courte citation. Certains ouvrages ont le profil typique des seuils et chaussées de moulin. La hauteur pouvant dépasser 2 m n'empêche pas la migration d'une partie des barbeaux.
 

Les chercheurs ont capturé, mesuré et tagué (polymère fluorescent) 683 barbeaux, dont ils ont ensuite examiné le comportement à partir de 7 points de mesure sur le tronçon. Ils ont pu recapturer 104 poissons. Les analyses se sont faites sur 4 saisons et 2 années.

Voici leurs principaux résultats:

  • 10,6% des poissons ont franchi les barrières, 89,4% sont restés entre les ouvrages,
  • il n'y avait pas de direction privilégiée à la migration (montaison comme dévalaison),
  • il n'y avait pas de différence notable de taille entre les poissons franchissant les obstacles (25,5 cm ± 5,2 cm) et les poissons sédentaires (25,7 cm ±8,4 cm)/

Comme le remarquent les auteurs, un nombre croissant d'observations suggèrent que les espèces réputées migratrices possèdent en fait des individus qui ont un comportement variable ("migration partielle"), avec des stratégies alternativement mobile ou sédentaire ("behavioural dichotomy model"). A titre de conclusion, ils font l'hypothèse que les obstacles à la migration agissent comme une pression sélective et peuvent favoriser l'émergence de sous-populations à comportement sédentaire ou de faible mobilité.

Discussion
Un travail comparable à celui mené par Paulo Branco et ses collègues n'a nullement été réalisé dans la préparation du classement des rivières à fin de continuité écologique en France. Si certains axes grands migrateurs amphihalins (saumons, aloses, anguilles) sont assez évidents au regard de la présence historique  des espèces cibles et de zones de fraie ou de grossissement vers l'amont, un grand nombre de rivières de tête et milieu de bassin ont également été désignées comme étant d'aménagement obligatoire, sans examen des enjeux pisciaires et, surtout, du comportement réel des populations présentes. Des règles ont été édictées dans une sous-information scientifique ayant conduit au classement des cours d'eau.

Le barbeau ibérique a des capacités moindres de saut, de nage et d'effort par rapport à d'autres espèces d'eau douce comme la truite commune. Le fait que des ouvrages d'hydraulique ancienne n'empêchent pas la migration de 10% des individus indique que le brassage génétique ou la recolonisation de l'amont après des épisodes extrêmes peut être assurée dans certains conditions typiques de l'évolution biologique des populations. Cela suggère qu'il faut réviser les critères actuels d'évaluation de la franchissabilité (protocole ICE en France) et leurs applications réglementaires. Les ouvrages présentant une franchissabilité partielle pourraient par exemple être exemptés d'obligation d'aménagement, afin que les moyens publics se concentrent sur ceux qui forment des barrières totales à l'ensemble des espèces.

Enfin, les discontinuités sont naturellement présentes dans beaucoup de rivières. Elles sont loin d'avoir des effets toujours négatifs et elles ont contribué à la production de diversité biologique au cours de l'évolution. Il est probable que les discontinuités d'origine anthropique agissent comme un filtre adaptatif. Il apparaît nécessaire de sortir du paradigme naïf de la "renaturation" ou de la "restauration" comme retour à la transparence totale de conditions pré-humaines idéalisées. Les analyses de diversité et fonctionnalité des hydrosystèmes aménagés doivent être menées sans biais idéologique de valorisation d'une "naturalité" de référence, au moins quand ces analyses se réfèrent à l'objectivité de la science plutôt qu'à la subjectivité des usages ou des représentations propres à certains acteurs.

Référence : Branco P et al (2017), Do small barriers affect the movement of freshwater fish by increasing residency?, Science of the Total Environment, 581–582, 486-494

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Publié le 26 Août 2017

L'écologie de la restauration et l'oubli du social (Martin 2017)

 L'écologie de la restauration a été conçue voici quelques décennies au prisme des sciences naturelles, principalement la biologie et l'écologie, avec pour seul souci un certain état des écosystèmes. Mais parce qu'elle change des lois et mobilise des fonds publics tout en modifiant le cadre de vie et les pratiques des citoyens, cette démarche relève aussi de la question sociale. L'invocation de la nature n'est pas un énoncé impératif qui se suffirait à lui-même pour justifier tout et n'importe quoi: la restauration écologique ne peut faire l'économie des débats sur les valeurs, croyances et intérêts attachés à ses objectifs et à ses méthodes. David M. Martin constate le problème et lance le débat dans la revue Restoration Ecology.  

David M. Martin, représentant de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), publie un point de vue dans le dernier numéro de la revue nord-américaine Restoration Ecology.

La définition la plus répandue de la restauration écologique s'énonce ainsi (exemple de la motion de consensus présentée au colloque 2003 de la Society for Ecological Restoration) :

"La restauration écologique est un procédé visant à assister le rétablissement d'un écosystème qui a été dégradé, endommagé ou détruit".

Le problème de cette définition : elle décrit ce que fait la restauration écologique (son objectif), mais elle ne précise pas pourquoi elle le fait. Les valeurs et croyances en sont absentes.

Cette carence s'explique par l'histoire de la restauration écologique : apparue dans les années 1970 et 1980, en complément de stratégies plus anciennes de conservation, elle a surtout été portée par des biologistes et écologues. Ces champs disciplinaires ont donc spontanément imposé la vision des sciences naturelles, sans éprouver particulièrement le besoin de travailler avec leurs collègues des sciences sociales.

Le succès de la restauration écologique dans les années 1990 et 2000 a conduit à élargir le champ de vision. En 1994, Higgs parle d'un "ensemble complet (social, scientifique, économique, politique) d'idée et de pratiques impliquées dans la restauration des écosystèmes". En 2004, Davis et Slobodkin évoquent la restauration de "processus ou attributs valorisés d'un paysage". La Convention sur la diversité biologique des Nations-Unies voit dans la restauration "un moyen de soutenir la résilience des écosystèmes et de conserver la biodiversité".

Pour Martin, ces évolutions sont encore insuffisantes, car "elle ne reconnaissent pas explicitement l'ampleur de la recherche scientifique moderne sur le sujet, pas plus qu'elles n'admettent que l'engagement social et la définition d'objectifs fondés sur des valeurs sont des parts fondamentales du processus de restauration". Il propose donc une définition élargie:

"La restauration écologique est un procédé visant à assister le rétablissement d'un écosystème qui a été dégradé, endommagé ou détruit, pour refléter les valeurs regardées comme inhérentes à l'écosystème et pour procurer des biens et services que les gens valorisent".

A titre d'exemple, l'auteur donne un diagramme d'objectifs pour une opération de restauration, répondant à la question "pourquoi" et non seulement "quoi" (cliquer pour agrandir).

Discussion
La tribune de David M. Martin répond à un arrière-plan complexe de l'évolution de l'écologie depuis quelques décennies, à la frontière de la science, de la gestion et de la politique. On peut en rappeler les grandes lignes :

  • il existe un débat scientifique (interne à la communauté des écologues) sur la nature exacte de ce qu'il s'agit de conserver ou de restaurer, avec certaines écoles soutenant que la nature "pré-humaine" reste la référence à protéger ou rétablir (minimisation ou suppression de l'impact humain) et d'autres écoles posant que l'influence humaine fait partie de l'évolution, donc que l'écologie s'adresse plutôt à des fonctionnalités ou des potentiels évolutifs, sans vouloir à tout prix conserver la structure et composition des systèmes précédant l'anthropocène,
  • il existe un débat philosophique sur les raisons pour lesquelles nous voulons conserver ou restaurer des écosystèmes et leurs espèces, certains affirmant que la nature a une "valeur intrinsèque" s'imposant aux autres finalités humaines (biocentrisme, écocentrisme), d'autres considérant que ce sont en dernier ressort des motivations humaines qui justifient une certaine gestion de la nature et qui nourrissent le consentement à cette gestion (anthropocentrisme, pouvant se référer à l'utilité mais aussi à la beauté, la culture, etc.),
  • il existe un nombre croissant de débats politiques sur l'allocation des fonds publics et la justification des normes réglementaires, ce qui est la rançon du succès de l'écologie passée de la contestation à l'institutionnalisation. Dès lors que l'Etat (ou une collectivité) engage des contraintes ou des coûts, il faut en justifier la nécessité dans le cadre d'un débat démocratique contradictoire où tout le monde ne partage pas les mêmes idées, tant sur le volume de la dépense que sur son périmètre et ses finalités.

De ce point de vue, le texte de David M. Martin ne fait que la moitié du chemin. Il reconnaît que les sciences naturelles doivent travailler avec les sciences sociales au sein de l'écologie de la restauration. Il admet que les questions relatives à la santé, l'équilibre ou la diversité des écosystèmes ne peuvent se limiter à leur description naturaliste, mais doivent intégrer les valeurs, croyances et intérêts relatives à ces écosystèmes. Il est silencieux en revanche sur la manière dont on organise l'expression de ces valeurs, croyances et intérêts, ainsi que la décision en situation de positions contradictoires. Enrober la démarche naturaliste de croyances assénées comme universelles alors qu'elles ne le sont pas et impératives alors qu'elles doivent faire l'objet de débats reconduirait le problème observé des démarches de conservation et restauration.

Nous avions déjà évoqué ce point en commentant plus particulièrement des travaux, également nord-américains, relatifs aux difficultés de la gestion de barrages dans la restauration écologique de rivière (voir Cox et al 2016, Magalligan 2017).  Des recherches françaises ont également montré la diversité des points de vue en ce domaine (par exemple Le Calvez 2015). Si l'écologie de la restauration se contente d'énoncer une série de valeurs sociales à côté d'une série d'objectifs naturels, en présupposant que ceux ne partageant pas les valeurs ou les objectifs sont simplement "mal informés", rien n'aura été fait. Il faut plutôt admettre que, comme toutes les autres politiques humaines, celle de l'environnement ne va pas de soi et ne se réduit pas à des angles simplistes (ce qui est "le plus écologique" ou "le plus économique" serait naturellement bon). Les projets qui réussissent sont généralement ceux qui laissent une large place à la science dans l'élaboration des objectifs, à la concertation dans la définition des méthodes et au temps dans la mise en oeuvre. Hélas, pour le domaine des rivières, la France est encore loin de ces conditions ouvertes et apaisées.

Référence : Martin DM (2017), Ecological restoration should be redefined for the twenty-first century, Restoration Ecology, DOI: 10.1111/rec.12554

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Publié le 22 Août 2017

Budget des agences de l'eau : les présidents des comités de bassin se rebiffent

"On ne peut pas demander aux agences de l'eau de faire toujours plus avec moins de moyens. Les comités de bassin devront faire des choix et les assumeront", réagissent les sept présidents de comités dans un communiqué commun. Ceux-ci, accompagnés des six directeurs des agences de l'eau, ont été reçus le 5 août dernier par Nicolas Hulot et ses deux secrétaires d'Etat, Sébastien Lecornu et Brune Poirson.

Les ministres leur ont fait part d'un arbitrage budgétaire qui instaurerait "un plafond mordant sur la redevance sur l'eau", réduisant de facto les moyens dont disposent les agences de l'eau. "Les défis qui sont devant nous sont énormes", se défend François Sauvadet, à la tête de la conférence des présidents de comités de bassin. Et de citer : objectif de 100% de bon état des eaux en 2017, prise en main de la compétence Gemapi par les collectivités, élargissement des compétences des agences à la biodiversité et au milieu marin, renouvellement des réseaux et lutte contre les fuites, adaptation au changement climatique.

Les redevances sur l'eau payées par les consommateurs et les usagers "n'ont pas vocation à alimenter le budget des parcs nationaux ou de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage", estiment en outre les sept présidents de comités de bassin.

Les agences de l'eau contribuent déjà à hauteur de 175 millions d'euros au budget de l'Etat et de 145 millions au budget de l'Agence française pour la biodiversité. Les organismes de bassin craignent qu'une ponction supplémentaire ne soit votée dans le cadre de la loi de finances pour 2018. Ils se félicitent en revanche de "l'ouverture de la composition de l'Agence française de la biodiversité à un représentant des comités de bassin".

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Publié le 19 Août 2017

CANADA – Les saumons transgéniques dans les assiettes

Le saumon transgénique arrive dans les assiettes canadiennes après près de 20 ans de tergiversations. Les associations de consommateurs ou écologistes n’ont pas dit leur dernier mot et l’industrie est encore très divisée sur l’intérêt de vendre ou non ce saumon génétiquement modifié pour grossir plus vite.

La bataille a été dure, âpre. Est-elle pour autant gagnée ? Le vendredi 4 août 2017, l’entreprise AquaBounty Technologies a annoncé la vente d’environ cinq tonnes de filets de saumon transgénique sur le marché canadien [1], après avoir obtenu l’ultime feu vert des autorités. Il s’agit de la première commercialisation d’un animal transgénique destiné à l’alimentation humaine. Dans ce communiqué, AquaBounty précise que la vente de ce saumon génétiquement modifié (GM) lui a rapporté 53 300 dollars en 2017.

Si les premiers saumons GM sont arrivés récemment dans les assiettes des Canadiens, les écologistes et les associations de consommateurs continuent de dénoncer l’absence d’un étiquetage obligatoire. Ils demandent aux supermarchés de ne pas vendre ce saumon dans leurs étals. Thibault Rehn, coordinateur de l’association québécoise Vigilance OGM, dénonce lui aussi l’impossibilité de choisir de consommer ou non ce saumon, car, sans étiquetage, rien ne le différencie à vue d’œil d’un saumon conventionnel. AquaBounty n’a pas souhaité révélé quelle(s) enseigne(s) avai(en)t accepté de vendre ce saumon. Pour Thibault Rehn, « les consommateurs canadiens deviendront, à leur insu, les premiers cobayes ». Ron Stotish, directeur exécutif d’AquaBounty, a seulement précisé que ce saumon a été vendu 11,70 dollars le kilo [2].

Le ministère de la Santé et l’Agence canadienne des aliments (ACIA) avaient estimé le 20 mai 2016 [3] que ce saumon « est aussi sain et nutritif pour les humains et le bétail [4] que le saumon classique ».

Actuellement, les œufs sont produits dans les installations d’AquaBounty dans l’île du Prince Edouard, puis expédiés ensuite au Panama. Ils reviennent ensuite sous forme de filets au Canada. En juin 2017, l’entreprise a étendu ses installations en vue d’intégrer la filière sur ce site de production.

Le saumon GM bientôt produit aux États-Unis ?

En parallèle, fin juin 2017, AquaBounty achetait une ferme piscicole à Albany, dans l’Indiana (États-Unis) – pour la modique somme de 14,2 millions de dollars - et attend aujourd’hui le feu vert des autorités étasuniennes pour commencer la production. L’élevage de saumon transgénique est interdit aux États-Unis, et l’autorisation donnée à la vente a été suspendue « jusqu’à ce que la FDA publie des lignes directrices en matière d’étiquetage pour informer les consommateurs finaux » [5]. AquaBounty estime que la production dans l’Indiana pourrait commencer courant 2018 et s’élever à 1 200 tonnes de saumon annuellement.

AquaBounty précise que des « essais en champs » (sic) avec ce saumon transgéniques ont commencé en avril 2016 au Brésil et en Argentine [6].

D’autres animaux transgéniques attendent aussi les ultimes autorisations, à l’instar des bœufs et vaches mis au point par l’entreprise AgGenetics dans le Tennessee aux États-Unis [7].

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Publié le 18 Août 2017

Une zone morte géante asphyxie les côtes des USA

Par Estelle Lévêque

 
ACTUALITÉ
Une gigantesque zone marine ne renfermant quasiment plus d’oxygène ne cesse de s’étendre au large des États-Unis, dans le golfe du Mexique. Sans oxygène, pas de vie. Cette « zone morte », fatale à la faune marine, inquiète les scientifiques. En cause : le réchauffement climatique et les polluants issus de l’agriculture.

 

 
 

 

Aux États-Unis, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : une immense « zone morte » grandit dans le golfe du Mexique, le long de la Louisiane et du Texas. Son étendue est aujourd’hui estimée à 22 000 kilomètres carrés (soit un peu moins que la surperficie de la Bretagne). Le secteur est 3 % plus grand qu’en 2002, le record précédent, selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

Le terme « zone morte » désigne un milieu aquatique (mers, océans, estuaires, grands lacs, mares, etc.) où l’oxygène dissous dans l’eau (plus précisément le dioxygène, ou O2) se fait tellement rare que les organismes ne peuvent plus respirer correctement et finissent souvent par mourir asphyxiés. « Cette grande zone morte montre que la pollution agricole et urbaine coule dans le Mississippi et continue de toucher les ressources côtières et les habitats dans le golfe du Mexique », indique la NOAA dans un communiqué. « Nous avions prédit que la zone serait grande et elle est grande », déplore la scientifique Nancy Rabalais, de l’Université de Louisiane, qui mesure la zone depuis 1985.

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La faute aux fertilisants agricoles

« L’origine du problème est aujourd’hui liée au rejet de matières organiques dans l’eau », confirme le bio-géochimiste Paul Tréguer, professeur émérite à l’Université de Bretagne Occidentale (UBO). Les agriculteurs américains ont en effet épandu en grande quantité des fertilisants dans leurs champs.

Le lessivage des sols par les pluies et des précipitations abondantes ont entraîné en masse ces éléments nutritifs dans le fleuve Mississippi, qui se déverse dans le golfe du Mexique. Une fois dans un milieu aquatique, ces nutriments contribuent à augmenter les demandes chimiques et biologiques en oxygène, bien au-delà de ce que cet environnement peut fournir : l’azote et le phosphore charriés par le fleuve Mississippi entraînent notamment une prolifération d’algues qui se décomposent en captant l’oxygène, asphyxiant peu à peu les espèces marines qui y vivent…

« Les épandages deviennent rapidement des bactéries, qui ont besoin de se nourrir », résume Johannes Karstensen, scientifique du Centre pour les recherches océaniques de Kiel, en Allemagne. En 2015 pourtant, des dispositions avaient été prises aux États-Unis, dans l’État du Mississippi, pour réduire ce phénomène « mais ça n’a pas été très efficace », indique Paul Tréguer.

Des zones mortes de plus en plus nombreuses

« Un premier rapport de l’Organisation des nations unies recensait 150 zones mortes dans le monde en 2004, poursuit Paul Tréguer. Un second rapport publié en 2008 par l’Institut des sciences marines de Virginie, aux États-Unis, en dénombrait 400, étendues sur 245 000 kilomètres carrés… » Le plus souvent, ces zones sont à proximité des zones agricoles denses.

Or, pour avoir une bonne teneur en oxygène, propice à la vie marine, « l’eau de mer doit être brassée ou avoir des fonds très froids et très profonds », explique le bio-géochimiste. Une étude de l’Institut océanographique de Monaco de 2012 le confirme : « Ce sont les eaux intermédiaires (entre 100 et 1 000 mètres de profondeur) qui ont la moins grande concentration en dioxygène. »

 

 
 
(Photo d’illustration : Pixabay)

 

L’étude souligne aussi que cette « désoxygénation de l’eau pourrait aussi être due au réchauffement climatique, la dissolution du dioxygène est moins évidente quand les eaux sont trop chaudes ». Évidemment, les zones peu profondes et où il y a moins de courants, comme dans le golfe du Mexique, sont plus exposées à la raréfaction de l’oxygène, car l’eau n’est pas assez brassée.

Quelles solutions ?

Cette pénurie d’oxygène a un impact direct sur les écosystèmes marins. « Les êtres vivants qui peuvent se déplacer, comme les poissons, s’enfuient avant de mourir asphyxiés, indique Paul Tréguer. Les êtres vivants qui ne peuvent pas se déplacer (coquillages et coraux) meurent. À long terme, on peut imaginer qu’il pourra y avoir une adaptation de certains êtres vivants. Des organismes seront peut-être capables un jour de survivre avec moins d’oxygène »

N’est-il pas déjà trop tard ? « Nous arrivons aujourd’hui à un seuil critique, reconnaît le bio-géochimiste. Il faut trouver des modèles, pour prévoir quels impacts les activités humaines vont avoir sur les cycles de nutriments des océans. » Pour l’instant, les scientifiques prônent donc la régulation des produits chimiques dans l’agriculture.

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Rédigé par jojo

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