Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié le 30 Octobre 2017

Service public d'eau potable : vers un allègement des contraintes imposées aux élus locaux
 

 

 

 Le Sénat a entériné ce 26 octobre la proposition de loi tendant à simplifier certaines obligations applicables aux collectivités territoriales dans le domaine du service public d'eau potable. Élaboré par Bernard Delcros (UC - Cantal) et René Vandierendonck (ancien sénateur socialiste du Nord) dans le cadre de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation, ce texte répond à une problématique de simplification des normes bien identifiée, soumise au Sénat en application du partenariat signé avec le Conseil national d’évaluation des normes (CNEN).
Au terme de quatre articles brefs et relativement techniques, cette proposition de loi vise à empêcher la majoration indue de la redevance pour prélèvement sur la ressource en eau liée à la succession "peu optimale" de plusieurs obligations déclaratives des collectivités. Pour ce faire, le texte décale d'un an (au 1er avril de la seconde année " n+2" suivant le constat des éléments) la transmission des indicateurs de performance susceptibles de déclencher l'application d'une majoration conduisant au doublement de la redevance. "A cette date, les indicateurs seront alors complètement stabilisés, ce qui garantira une application fiable du mécanisme de majoration", justifie le rapporteur du texte Pierre Médevielle (UC - Haute-Garonne).

Suspension temporaire de la majoration

Le second élément de simplification - inspiré de la logique du "dites-le nous une fois"- est le pré-remplissage de la déclaration effectuée auprès de l'agence de l'eau avant le 1er avril. Dans le cadre de la présentation du rapport annuel sur le prix et la qualité du service public d'eau potable (RPQS) , les collectivités auront en effet déjà renseigné les indicateurs de performance dans le système informatique des agences de l'eau. L’entrée en vigueur de ces dispositions est différée au 1er janvier 2020, pour tenir compte du transfert de la compétence "eau" aux EPCI prévu par la loi Notre et permettre les développements informatiques nécessaires au pré-remplissage.
La proposition de loi prévoit en outre de suspendre le mécanisme de majoration de la redevance sur le prélèvement en eau en 2020 et 2021, pour les manquements constatés en 2018 et 2019. Selon le rapporteur, "le transfert de la compétence eau aux EPCI devrait réduire le nombre de ces cas, et par conséquent diminuer le manque à gagner [estimé de 4 à 5 millions par an] résultant de ces deux années blanches". Pour finir, les sénateurs ont levé en séance le gage financier prévu à l’article 5 de la proposition (supprimé par un amendement gouvernemental).

Lire aussi

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 28 Octobre 2017

Glyphosate : une bonne leçon de démocratie

Editorial. Le report, mercredi, de la décision sur la réautorisation de l’herbicide montre que la Commission ne peut plus écarter des discussions les citoyens et les députés européens, dont les inquiétudes sont légitimes.

LE MONDE |

Abonnez vous à partir de 1 € Réagir Ajouter

image: http://s2.lemde.fr/image/2017/10/26/534x0/5206239_6_582f_manifestation-contre-la-reautorisation-du_2104d07acd110406719d8a7de699aea9.jpg

Manifestation contre la réautorisation du glyphosate, à Bruxelles le 25 octobre.
Manifestation contre la réautorisation du glyphosate, à Bruxelles le 25 octobre. JOHN THYS / AFP

Editorial du « Monde ». Faut-il prolonger ou interdire l’usage du glyphosate, plus connu sous le nom de Roundup ? Depuis deux ans, les gouvernements européens tergiversent. Car, depuis mars 2015, l’herbicide le plus vendu dans le monde est aussi classifié « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Cette agence des Nations unies est arrivée à cette conclusion sur la base du travail mené pendant un an par un groupe d’experts indépendants.

Jusqu’à mercredi 25 octobre, pourtant, il n’était question, pour la Commission européenne et la plupart des Etats membres de l’UE, que de renouveler pour dix ans l’homologation du « best-seller » du groupe américain Monsanto. En d’autres termes : de prendre la décision de continuer à exposer leurs concitoyens, les agriculteurs en premier lieu, à un pesticide jugé probablement cancérogène par l’agence scientifique internationale de référence.

PalinodiesMême si l’on évoque désormais une durée moindre – cinq à sept ans pour la Commission européenne, trois à quatre ans pour le gouvernement français –, même si la question d’une interdiction à moyen terme n’est plus taboue, la licence du glyphosate expire le 15 décembre et il reste peu de temps pour se mettre d’accord. Comment l’Europe en est-elle arrivée à de pareilles palinodies ? Quelle que soit la dépendance actuelle des agriculteurs au glyphosate et quelles que soient les menaces de poursuites de Monsanto si aucune décision n’était prise d’ici à cette date butoir, n’est-il pas plus urgent et nécessaire d’en avoir le cœur net quant aux dangers du pesticide ?Lire aussi :  Le glyphosate en sursis faute de consensus européenUn telle confusion n’aurait pas été possible sans l’emploi, par Monsanto, de méthodes de lobbying et de pression aussi agressives que douteuses, comme le démontrent les « Monsanto papers », ces milliers de documents internes rendus publics à la suite de procédures judiciaires intentées aux Etats-Unis contre la firme agrochimique. Celle-ci semble pratiquer de façon systématique la manipulation de données scientifiques. Or, les études fournies par Monsanto étaient le socle de la décision des autorités américaines d’autoriser le glyphosate en 1974. Ces études ont aussi conduit les agences réglementaires européennes à réitérer leur feu vert en 2015 et 2017.

Lire aussi :   « Monsanto papers », désinformation organisée autour du glyphosate

Le doute jeté sur l’ensemble des données scientifiques produites par Monsanto sur l’innocuité de ses produits est profond. Il a ébranlé l’opinion publique et choqué les députés européens qui, le 25 octobre, ont adopté une résolution, non contraignante, exigeant l’interdiction du glyphosate d’ici à 2022. Seules la Commission européenne et ses agences semblent vouloir ignorer à la fois l’onde de choc provoquée par cette affaire et l’ampleur de la remise en question du système européen d’évaluation des pesticides. Ces atermoiements ne peuvent susciter que l’incompréhension, voire la colère.

Prendre des décisions politiques « fondées sur la science » : à Bruxelles, ce slogan de lobbyiste est devenu un mot d’ordre, quand il n’est pas un mot d’excuse. Car les industriels exigent que les décisions soient fondées sur la science, à condition qu’il s’agisse de la leur. Il est salutaire que les citoyens, écartés de discussions techniques menées à huis clos, fassent entendre leurs inquiétudes et se réapproprient le débat démocratique. Même fondées sur la science, les décisions ne peuvent être que politiques. La Commission européenne ne peut l’ignorer.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/26/glyphosate-une-bonne-lecon-de-democratie_5206240_3232.html#A4x6uf0XdQMAEhb0.99

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 28 Octobre 2017

Sud-Manche. La base de loisirs La Mazure en travaux pendant six mois

Au bord du lac de Vezins, à Isigny-le-Buat (Manche), les enfants de la base de loisirs ont laissé place aux artisans. La Mazure est en plein chantier depuis début octobre 2017.

Daniel Galopin, directeur de la base de loisirs La Mazure, devant « une toiture en patchwork » qui témoigne de l’ancienneté des bâtiments. (©La Gazette)

Depuis le 9 octobre 2017, et jusqu’à mi-avril 2018, la base de loisirs La Mazure se refait une beauté.

À commencer par les bâtiments d’hébergements qui bénéficieront de nouvelles toitures, huisseries, isolation, système de chauffage ou encore de nouveaux sanitaires.

Tout va être refait. C’est une nécessité. Des clients nous faisaient des remarques sur la vétusté des bâtiments » , affirme Daniel Galopin, le directeur de la base de loisirs.

« Tout est en vente »

Le mobilier n’échappe pas à ce grand ménage. « Les lits, les tables, les chaises… C’est là depuis trente ans. » Tout est en vente. « Nous profitons de ces travaux pour tout remettre à neuf. » Y compris le matériel nautique.

De nouveaux bateaux ?
Le matériel nautique de La Mazure a été vendu. (©La Gazette)

« On devait changer le matériel nautique en 2009. On ne l’a pas fait car il y a eu l’annonce de l’arasement des barrages. Depuis, on attend la décision finale. Alors plutôt que de laisser les bateaux au bord d’un lac vidangé la saison prochaine, autant les vendre maintenant », explique Daniel Galopin, directeur de la base de loisirs La Mazure

« Une nouvelle dynamique »

L’objectif de tous ces travaux ? 

On va repartir la saison prochaine avec une structure forte. Cette rénovation va créer une nouvelle dynamique. »

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 28 Octobre 2017

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 27 Octobre 2017

Y aura-t-il encore de l’eau potable à Noël ?

Publié le | Mis à jour le

A la station du Vivier, l’eau de la résurgence n’a pas été aussi bas depuis 2005.

A la station du Vivier, l’eau de la résurgence n’a pas été aussi bas depuis 2005.
© Photo NR

Jusqu’à présent, le Vivier a pu gérer la pénurie. Mais s’il ne pleut pas d’ici là, la situation va devenir compliquée en décembre. Et catastrophique au printemps.

 

Assurément, l’état des masses d’eau est préoccupant. Elmano Martins ne cache pas son inquiétude quand on le questionne sur l’état de nos réserves en eau : « S’il ne pleut pas d’ici décembre, redoute le président du Syndicat des eaux du Vivier (SEV), on sera en situation de crise. Et si les nappes ne se rechargent pas cet hiver, ce sera la catastrophe en mars. »
Depuis le début de l’année, il n’a plu que 464 mm d’eau. Il en faudrait le double pour une recharge normale des nappes… Comment se fait-il dans ce cas que l’eau coule toujours à nos robinets ?
“ Demander plus d’efforts à nos concitoyens nous ferait entrer dans une logique de contraintes comme en Afrique du Nord ” D’abord parce que le syndicat a actionné ses captages secondaires. « En période normale, les trois captages principaux du Vivier, Gachet et Gachet 3 suffisent, explique Marc Lambert, le directeur du syndicat. Sauf qu’en ce moment, on doit aller pomper 200-300 m3/h à Chat-Pendu (Saint-Liguaire), le premier de nos trois captages secondaires. La dernière fois qu’on a eu besoin de Chat-Pendu, c’était en 2005… » 2005, l’année de la grande sécheresse…
Autocensure Ensuite, parce que le syndicat a engagé de lourds travaux sur ses canalisations, ce qui permet d’envoyer autant d’eau chez les abonnés en puisant deux fois moins dans les nappes. « En 2003, explique Elmano Martins, le rendement de notre réseau n’était que de 55 % : sur cent litres prélevés, quarante-cinq fuitaient dans la nature. Aujourd’hui, notre rendement est de 87,5 %. »
Parallèlement, les consommateurs ont modifié leurs comportements : « Les gens ont intégré la nécessité d’économiser l’eau, assure Elmano Martins. Ils ne lavent plus leurs voitures chez eux. Quand ils arrosent leurs jardins, ils le font avec l’eau de pluie qu’ils ont récupérée, les robinets sont équipés de mousseurs… Et en période de manque d’eau, on observe une sorte d’autocensure… »
“ L’équilibre est précaire ” « Cette “ autocensure ” a été très nette en septembre, confirme Marc Lambert : d’habitude, on constate à la rentrée une reprise d’environ 15 % de la consommation d’eau potable par rapport aux deux mois d’été, ça s’explique tout simplement par le retour des gens après leurs vacances. Or, cette année, cette augmentation n’a pas eu lieu. C’est un comportement d’adaptation à la rareté de l’eau. »
Pour autant, la consommation ne diminuera sans doute pas davantage : « Car demander plus d’efforts à nos concitoyens nous ferait entrer dans une logique de contraintes, comme en Afrique du Nord. On sortirait alors du registre classique de notre confort occidental, ce serait très compliqué à mettre en œuvre, impossible à contrôler. »
Le directeur du SEV se veut pour le moment rassurant : il sait pouvoir compter sur les captages secondaires, les interconnections avec les réseaux d’eau des syndicats voisins (Sertad à l’est et le Seco au nord) et une recharge tardive des nappes. « Mais l’équilibre est précaire. Il ne faut pas de casse sur notre réseau : en l’état actuel des choses, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser échapper le moindre mètre cube d’eau. »

 

à savoir

“ On a besoin de 100 mm de pluie ”

Combien de temps pouvons-nous tenir sans pluie ? « Pour l’instant, ça va, estime Marc Lambert, mais il est grand temps qu’il pleuve. » « Et pas une grosse pluie d’orage qui ruisselle sur la terre sèche, espère Elmano Martins.
Nous avons besoin de cent millimètres d’une pluie régulière sur plusieurs jours, une pluie qui s’infiltre dans les sols, recharge les nappes, sature les terrains. » « On saura fin novembre si la situation reste tendue, se prépare Marc Lambert. Ensuite, s’il ne pleut vraiment pas d’ici fin décembre, nous serons réellement en crise. Comme en 2005. »

 

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 25 Octobre 2017

Biodiversité : le rôle de chef de file des régions réaffirmé
 

 

Herbarium
 

Nicolas Hulot, ministre d'Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, François Bonneau, président délégué de Régions de France et Philippe Martin, président du Conseil d'administration de l'Agence française pour la biodiversité ont réuni le 23 octobre à Paris les présidents et vice-présidents délégués à la biodiversité des Régions lors d'un événement intitulé "Le pari des territoires pour la biodiversité : coup de projecteur sur les agences régionales de la biodiversité".
"Il est impératif que l'ensemble des territoires et que tous les acteurs se mobilisent pour que chacun à son niveau agisse en faveur de la biodiversité. Protéger, restaurer et valoriser les écosystèmes doit devenir une priorité", a rappelé Nicolas Hulot. "Cette rencontre est importante car elle reconnaît les Régions comme des partenaires incontournables de l'Etat dans cette mobilisation ainsi que dans l'articulation et la mise en cohérence des interventions locales avec les enjeux nationaux et internationaux", a souligné François Bonneau.
A l'occasion de cette rencontre, une déclaration d'intention nationale a été signée "pour prendre acte de la nouvelle répartition des compétences en matière de biodiversité entre les collectivités, du rôle structurant du chef de file des Régions et de l'importance de la part de l'Etat et des régions de faire ensemble le pari des territoires pour le déploiement des politiques en faveur de la biodiversité", selon un communiqué commun des signataires.
Nicolas Hulot, François Bonneau et Philippe Martin ont aussi accueilli huit régions ayant lancé leur démarche de création d'une Agence régionale pour la biodiversité. Issues de la loi de Reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, ces agences se positionnent comme de "nouvelles plateformes de collaboration innovantes dans les régions entre l'État et les collectivités", souligne le communiqué. Six régions - Bourgogne-Franche-Comté, Occitanie, Centre Val-de-Loire, Provence-Alpes-Côte-D'azur, Normandie, Bretagne - ont déjà signé avec l'AFB une convention de préfiguration d'agence et deux autres - Ile-de-France et Nouvelle-Aquitaine - s'apprêtent à engager cette démarche.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 25 Octobre 2017

Glyphosate. Onze questions pour tout savoir sur le "roi des pesticides"
  • L'agriculture de conservation des sols, qui repose sur le technique du semis sous couvert, utilise le glyphosate en appoint, de façon ciblée à de faibles doses.
    L'agriculture de conservation des sols, qui repose sur le technique du semis sous couvert, utilise le glyphosate en appoint, de façon ciblée à de faibles doses. | Hélène Lompech

Xavier BONNARDEL

Mercredi 25 octobre, l’Union européenne votera pour ou contre le renouvellement, pour une période de cinq à sept ans, de la licence du glyphosate, le désherbant le plus vendu dans le monde.

Mercredi 25 octobre, la Commission européenne propose aux 28 États membres de voter pour ou contre le renouvellement, pour une durée de cinq à sept ans, de la licence du glyphosate. Sa proposition initiale portait sur une réautorisation de dix ans. Cette période a été revue à la baisse sous la pression ans du Parlement européen qui a voté ce mardi pour une interdiction du glyphosate dans un délai de cinq ans.

1. Le glyphosate, c'est quoi exactement ?

Le glyphosate est une molécule chimique, aux puissantes propriétés herbicides, brevetée, fabriquée et commercialisée par la multinationale américaine Monsanto, à partir de 1974, sous la marque Roundup.

Dans le domaine public depuis 2000, le glyphosate est aujourd’hui le désherbant le plus vendu dans le monde, avec 720 000 tonnes écoulées par an. Il entre dans la composition de 750 produits, fabriqués par 90 firmes agrochimiques.

Son usage obéit à des modes opératoires très différents selon les pays et les continents. Usage massif, sous la forme de traitement aérien imprégnant, dans des plaines immenses, les monocultures de plantes (soja, maïs, coton, riz, colza…) génétiquement modifiées pour résister au glyphosate. Ce modèle d’agriculture hyperintensive sévit en Argentine, Brésil, États-Unis, sous l’impulsion de Monsanto, dont les semences OGM couplées au Roundup ont été présentées aux agriculteurs comme la solution miracle.

En France, et dans la plupart des pays européens (à l’exception de l’Espagne, du Portugal qui cultivent du maïs transgénique), le glyphosate est utilisé à doses beaucoup plus faibles, non pas sur les cultures en place, mais pour préparer le terrain à leur implantation.

2. La France utilise-t-elle beaucoup de glyphosate ? 

« En France, le glyphosate fait partie, avec le soufre, des deux substances phytosanitaires les plus vendues », souligne l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

Environ 9 000 tonnes sont utilisées chaque année : pour un usage agricole (7 000 tonnes) et pour un usage en jardin (2 000 tonnes). Les agriculteurs sont les plus gros utilisateurs. Mais pas les seuls : les jardiniers amateurs, l’Équipement pour l’entretien des routes, la SNCF pour l’entretien des voies ferrées pulvérisent ou ont pulvérisé du glyphosate.

Les communes avaient aussi l’habitude de recourir au glyphosate pour entretenir leurs espaces verts. Ce n’est plus le cas depuis le 1er janvier 2017, date à laquelle l’usage des phytos est interdit en ville.

3. Le glyphosate est-il dangereux pour la santé humaine ?

Le sujet fait l’objet d’une âpre bataille d’experts. En voici les derniers épisodes. Le 10 mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), qui dépend de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), classe le glyphosate comme « cancérogène probable pour l’homme ». « Sur la base de 350 études scientifiques indépendantes », insiste la journaliste Marie-Monique Robin, dans son dernier livre enquête Le Roundup face à ses juges.

 

Les produits à base de glyphosate sont aussi utilisés par les particuliers pour désherber leur jardin.
Les produits à base de glyphosate sont aussi utilisés par les particuliers pour désherber leur jardin. | Archives Jean-Michel NIESTER

 

Le 12 novembre 2015, l’Agence de sécurité alimentaire européenne (Efsa), estime qu’"il n’y a pas de lien de causalité entre l’exposition au glyphosate et le développement de cancer chez les humains". Elle considère aussi que le glyphosate n’est pas un perturbateur endocrinien.

Le 15 mars 2017, l’Agence européenne des produits chimiques (Echa), soupèse à son tour les risques liés à l’usage du numéro un mondial des herbicides. Oui, concède l’Echa, le glyphosate est «  une substance causant des lésions oculaires graves, toxique sur le long terme pour les organismes aquatiques  ». Non, contrebalance-t-elle, cette matière active " n’est pas cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ".

De son côté, le 12 février 2016, l’Anses déclare ne pas disposer de suffisamment de preuves pour classer le glyphosate comme substance potentiellement cancérogène pour l’homme. " L’ensemble des agences de sécurité sanitaire ont tranché : le glyphosate est sûr pour le consommateur comme pour l’utilisateur ", se réjouit l’association ForumPhyto, centre de ressources de la filière fruits et légumes sur les produits phytosanitaires. Pas si simple.

4. Pourquoi l’agence sanitaire française (Anses) se dit-elle préoccupée ?

Dans ce même avis, l’Anses juge « préoccupant » l’effet cocktail entre la matière active glyphosate et un de ses adjuvants (la tallowamine) dans les préparations phytopharmaceutiques commerciales. Les adjuvants permettent au glyphosate de mieux pénétrer les tissus végétaux.

Dans la foulée, le 20 juin 2016, l’Anses retire les autorisations de mise en marché de 126 produits associant glyphosate et tallowamine. Son argument : " des risques inacceptables, notamment pour la santé humaine, ne peuvent être exclus pour ces produits ".

«  Le danger vient des produits associés au glyphosate  », appuie Gilles-Eric Séralini, chercheur en biologie moléculaire à l’Université de Caen et auteur, en 2012, d’une étude sur les effets cancérogènes du glyphosate.

«  En 2013, nous avons testé 9 différents Roundup et montré que les adjuvants sont plus toxiques que le glyphosate  », assène Joël Spiroux. Dans la lettre d’information Alerte santé, le président du Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique) remet en cause les protocoles d’homologation des pesticides : " les formulations totales vendues aux agriculteurs ou aux particuliers sont de 2 000 à 10 000 fois plus toxiques sur des cellules humaines que les molécules dites actives, seules testées avant la mise sur le marché. "

5. Quels sont les indices qui accablent le glyphosate ?

De nombreuses études ont démontré l’effet perturbateur des herbicides à base de glyphosate sur la division cellulaire. En 2007, le professeur Robert Bellé, au sein de la station biologique de Roscoff, l’a mis en évidence sur l’embryon de l’oursin.

En 2017, l’équipe de recherche de Christian Vélot, généticien moléculaire à l’Université Paris sud, l’a constaté, avec de très faibles doses de Roundup, sur le métabolisme des cellules de champignons du sol.

En 2012, Gilles-Eric Séralini a observé, chez des rats exposés à l’herbicide de Monsanto, une augmentation significative de la fréquence des tumeurs.

D’autant plus inquiétant qu’une enquête de Générations futures a mis en évidence des traces de glyphosate dans des aliments (légumes secs, pâtes, céréales du petit-déjeuner) produits en France ou importés. " Nous sommes tous contaminés ! ", s’est alarmé l’ONG, après avoir détecté du glyphosate dans 100 % des urines analysées au sein d’un échantillon de 30 personnes.

L’enquête de Marie-Monique Robin révèle une suspicion supplémentaire : breveté pour ses propriétés antibiotiques et pour sa capacité à fixer les métaux, le glyphosate serait à l’origine de pathologies sévères chez les végétaux, les animaux et les humains.

 

En Argentine, la monoculture du soja OGM s'accompagne de l'utilisation massive de glyphosate.
En Argentine, la monoculture du soja OGM s'accompagne de l'utilisation massive de glyphosate. | Reuters

 

En Argentine, où 300 000 tonnes de glyphosate sont déversées sur les cultures OGM, la mortalité par cancer et les malformations congénitales explosent. " Il y a un faisceau de présomptions qui justifie d’appliquer le principe de précaution ", résume Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique.

Sur son site, Monsanto se veut rassurant : " le glyphosate a uniquement été détecté, en très faibles proportions, dans seulement 12 % des produits alimentaires européens testés par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Les résidus de glyphosate qui peuvent être présents dans la nourriture s’y trouvent en si faibles quantités qu’ils sont à peu près équivalents à quelques gouttes d’eau dans une piscine olympique. "

6. Pourquoi la crédibilité des agences européennes de sécurité sanitaire est-elle contestée ?

L’impartialité et l’indépendance des Agences européennes Echa et Efsa sont remises en question. Selon les révélations du journal Le Monde, l’Efsa aurait écarté délibérément des études attestant du caractère potentiellement cancérogène du glyphosate. Elle reprend textuellement des passages entiers de documents rédigés par les experts de… Monsanto.

Une complaisance de bon aloi au moment où Monsanto est sur le point d’être absorbé par le géant agrochimique allemand Bayer. Par ailleurs, l’affaire des « Monsanto papers », ces documents confidentiels internes à Monsanto, rendus publics par la justice américaine, révèle que les études concluant à l’innocuité du glyphosate ont été rédigées par les toxicologues de la puissante firme chimique américaine, puis signées par des scientifiques de renom, à la solde de Monsanto.

7. Le glyphosate est-il dangereux pour l’environnement ?

500 pesticides sont présents dans les cours d’eau français. Le glyphosate, en hausse constante depuis 2011, et l’ampa (acide aminométhylphosphonique), le métabolite issu de sa dégradation, sont les deux molécules les plus détectées dans les cours d’eau français depuis 2009, observe dans son rapport de novembre 2015, le Commissariat général du développement durable (CGDD).

Dans la région des Pays de la Loire, l’ampa est détecté dans 83 % des prélèvements, indique la Direction régionale de l’environnement et de l’alimentation (Dréal). La concentration de glyphosate dans les eaux brutes atteint voire dépasse le seuil réglementaire limite de potabilité par pesticide (0,1 microgramme par litre). L’ampa le dépasse nettement.

Cette substance provient aussi de la dégradation d’agents antitartre utilisés dans les canalisations industrielles et domestiques. Classé toxique sur le long terme pour les organismes aquatiques, le glyphosate, à l’exception de pics localisés, ne dépasse pas les seuils d’écotoxicité, tempère le Commissariat du développement durable.

Soulagement pour le consommateur : le glyphosate ne parvient pas ou très peu jusqu’à l’eau du robinet car la chloration dans les stations de traitement et de potabilisation des eaux permet son élimination quasi complète. "Aucun de nos travaux ne met en évidence, sur la base des connaissances disponibles à ce jour, de danger et d’occurrence de risque pour le consommateur ", résume l’Anses.

Autre danger : l’apparition de mauvaises herbes résistantes. Une réalité observée dans les pays (Amérique du Sud, Amérique du Nord, Asie) où règne la monoculture de plantes transgéniques. «  L’usage répété du glyphosate sur une même parcelle entraînera inévitablement la sélection d’une flore résistante », s’alarment, dès 2009, Arvalis, Coop de France et les chambres d’agriculture.

8. Pourquoi les agriculteurs sont-ils « accros » au glyphosate ?

Le glyphosate est un herbicide total et systémique. Total : il est capable de détruire efficacement toutes les plantes, à la différence d’un herbicide sélectif, au spectre d’action restreint à une seule famille de végétaux. Systémique : à la différence d’un désherbant de contact, qui reste à la surface des feuilles et qui est lessivable par les pluies, il pénètre les tissus végétaux et agit sur la durée, des feuilles jusqu’aux racines.

Pratique pour se débarrasser des adventices (herbes indésirables) coriaces ou invasives, telles que le liseron, le chiendent ou les chardons, les repousses de céréales. Simplissime pour «  nettoyer  », en un seul passage, et sans travail du sol, une parcelle avant le semis, d’où des économies de carburant et de temps de travail. Radical pour « griller » une prairie avant l’implantation d’une céréale ou d’un maïs.

Ses propriétés et son prix écrasé (2 € par litre) font du glyphosate une molécule imbattable sur le plan de la rentabilité économique : "Une fenêtre météo se présente, vous sortez votre pulvé « araignée » de 24 mètres de large, décrit un céréalier angevin, et vous traitez 15 ha en une heure ! "

« Si demain je dois désherber à 50 € par ha et mon concurrent à 2 €, je ne serai plus compétitif  », alerte l’agriculteur agronome sarthois Philippe Pastoureau.

Selon l’Institut du végétal Arvalis, la suppression du glyphosate coûterait un milliard d’euros par an aux céréaliers français. Selon d’autres sources (institut Ipsos et plateforme glyphosate), les viticulteurs subiraient une baisse de leurs rendements de 13 % à cause de la concurrence des mauvaises herbes sur la vigne, et un surcoût de 900 millions d’euros.

9. Pourquoi l’usage ciblé et limité du glyphosate peut-il avoir un rôle dans la protection des sols ?

L’interdiction brutale du glyphosate marquerait un recul environnemental, estime Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole FNSEA : « à la place d’1,5 litre de glyphosate, on va devoir mettre 4,5 litres d’antidicotylédones et 4,5 litres d’antigraminées ! »

Avis partagé par l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (Apad), qui regroupe en France 500 agriculteurs adeptes des techniques de conservation. Selon l’Apad, le glyphosate, à faible dose, est un outil indispensable pour la mise en œuvre de la technique du semis direct sous couvert aux multiples avantages agroécologiques : protection des sols contre l’érosion, limitation des transferts de polluants par ruissellement dans les cours d’eau, stockage du carbone, biodiversité microbienne du sol, amélioration de la fertilité des terres…

Stéphane Le Foll le confirme : le glyphosate fait partie de la boîte à outils de l’agroécologie. " Le couvert laisse la place à la culture sous l’effet du gel ou d’une destruction mécanique. Mais ce n’est parfois pas suffisant et il faut nettoyer, de temps en temps, les mauvaises herbes. Avec un peu de glyphosate, dans des conditions encadrées. Les agriculteurs les plus au point utilisent un voire un demi-litre par ha. L’équivalent d’une bouteille sur un terrain de foot ! On est dans un usage ciblé, agronomiquement utile ", déclare l’ancien ministre de l’Agriculture.

10. Comment font les agriculteurs bio pour se passer de glyphosate ?

L’agriculture biologique, dont le cahier des charges interdit les pesticides de synthèse, démontre qu’il existe des alternatives au glyphosate.

Selon Grégoire Gabillard, céréalier bio à Combrée (Maine-et-Loire), elles tiennent en cinq points fondamentaux. Point numéro un : diversifier les cultures qui se succèdent sur une parcelle pour éviter la sélection de mauvaises herbes spécifiques d’une culture. Sur ses 124 ha, Grégoire Gabillard pratique "une rotation longue, incluant sept, voire huit cultures " : colza, féverole, blé, lupin, chanvre, tournesol, soja, maïs grain.

Point numéro deux : le couvert végétal est broyé mécaniquement, puis mélangé avec la couche superficielle du sol pour servir d’engrais vert avant un labour à vitesse lente qui enfouit les graines indésirables sans déstructurer le sol.

Trois : deux binages assurent la maîtrise de l’enherbement tout au long du cycle cultural. Quatre : "il faut beaucoup observer ses cultures et être à l’affût de la bonne fenêtre météo", pour scalper les mauvaises herbes par temps sec. Cinq : puiser dans le sac des astuces agronomiques : décaler la date de semis, réaliser un faux semis pour faire lever les mauvaises herbes et s’en débarrasser dans la foulée…

Grégoire Gabillard le reconnaît : "sans parapluie chimique, c’est plus risqué et c’est compliqué en année humide." Gourmande en temps de travail et en main-d’œuvre, moins productive en termes de rendements, la production de céréales bio compense son coût de production plus élevé "par un prix des céréales deux à trois fois plus élevé qu’en agriculture conventionnelle".

11. Peut-on aller vers le zéro pesticide ?

 

Marche blanche contre les pesticides dans les vignes, dans le Bordelais. 


Listrac Medoc, France, oct 8th 2017 DEMONSTRATION AGAINST PESTICIDES USE IN VINEYARDS
Marche blanche contre les pesticides dans les vignes, dans le Bordelais. Listrac Medoc, France, oct 8th 2017 DEMONSTRATION AGAINST PESTICIDES USE IN VINEYARDS | MAXPPP Sud-Ouest

 

Sorti des alambics sulfureux de Monsanto, le glyphosate cristallise l’hostilité croissante de la société contre l’ensemble des pesticides chimiques, dont le procès à charge se nourrit de plus en plus de preuves accablantes. Plus d'un million trois cent mille personnes dans toute l’Union européenne ont signé une initiative citoyenne européenne pour réclamer l’interdiction du glyphosate.

Cette interdiction ouvrirait la voie à l’interdiction définitive des insecticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. À l’interdiction des pesticides perturbateurs endocriniens. À l’interdiction des "nombreuses molécules classées cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques, qui sont encore utilisées par les travailleurs agricoles", pointe Phytovictimes, l’association d’aide aux professionnels victimes des pesticides fondée par le céréalier charentais Paul François.

"C’est un choix de société, résume Grégoire Gabillard. Soit on privilégie la santé humaine, soit on privilégie les intérêts de l’agriculture productiviste."

L’acceptabilité sociale des pesticides est de plus en plus contestée. Ils seront interdits dans les jardins particuliers à partir du 1er janvier 2019.

Dans le vignoble bordelais, les manifestations contre les pesticides se succèdent. La contestation monte aussi dans les tribunaux.

 

Marche blanche contre les pesticides dans les vignes, dans le Bordelais. 


Listrac Medoc, France, oct 8th 2017 DEMONSTRATION AGAINST PESTICIDES USE IN VINEYARDS
Marche blanche contre les pesticides dans les vignes, dans le Bordelais. Listrac Medoc, France, oct 8th 2017 DEMONSTRATION AGAINST PESTICIDES USE IN VINEYARDS | MAXPPP Sud-Ouest

 

Aux États-Unis, 3 500 plaignants se retournent contre la firme américaine. En France, une mère de famille, intoxiquée au Roundup pendant sa grossesse, a porté plainte contre Monsanto.

Des dizaines d’agriculteurs et de salariés agricoles s’échinent dans les palais de justice à faire reconnaître leur cancer comme maladie professionnelle liée à l’exposition aux produits phytosanitaires. L’agronomie, la sélection de variétés résistantes aux maladies, les progrès du biocontrôle (utilisation de substances et organismes naturels pour lutter contre les ravageurs des cultures), la montée en puissance de l’agriculture biologique rendent plausible l’avènement d’un monde sans pesticide.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 24 Octobre 2017

Démolition du barrage de Parent

 

L’aménagement hydroélectrique était inutilisé plus depuis 1966

 

Bernard Lepage bernard.lepage@tc.tc
Publié le 19 octobre 2017
 
 
 

 

 

 

PARENT. D’ici la fin du mois d’octobre, le barrage et la centrale hydroélectrique de Parent ne seront plus qu’un souvenir.

Publicité
 
 
 

 

Hydro-Québec a entrepris en début de saison estivale le démantèlement de cet aménagement qui n’aura servi que de 1956 à 1966. C’est en raison de la vétusté des installations localisées sur la rivière Bazin que la société d’État a pris cette décision. Une inspection des lieux avait démontré qu’elles n’étaient plus conformes aux normes de sécurité. «Les coûts du démantèlement sont moins élevés que ceux que représentent la réfection», peut-on lire sur le site web d’Hydro-Québec.

 

 
 
 
 

Les coûts du démantèlement sont moins élevés que ceux que représentent la réfection.

.

Publicité
 
 
 

 

Propriétés de la municipalité de Parent et situés à environ 13 km du cœur du village, le barrage et la centrale hydroélectrique ont été cédés Hydro-Québec lors de la nationalisation de l’électricité dans les années 1960. En raison de la faible hydraulicité de la rivière Bazin, la société d’État n’a jamais opéré le site. Ainsi, dès 1966 des poutrelles de bois sont mises en place dans les pertuis de la prise d’eau et la porte d’accès est bétonnée. Les Parentois seront dès lors alimentés en électricité par une centrale thermique jusqu’en 1984, année où ils sont raccordés au réseau d’Hydro-Québec.

 

 
 
 
 
 

 

L’impact le plus important de ce démantèlement sera que le cours d’eau retrouvera son état naturel. En amont du barrage sur un peu plus de 2 kilomètres, des berges inondées seront de nouveau accessibles et la rivière Bazin devrait retrouver ses rapides disparues depuis plus de 60 ans.

 

 
 
 
 
 

 

Hydro-Québec a d’ailleurs aménagé un sentier de portage sur la rive droite afin de faciliter la descente du cours d’eau. À cet effet, il faut savoir que rivière Bazin était déjà très prisée des amateurs de canots et de kayaks et que sa popularité risque de s’accroître suite à ces travaux de démantèlement. En entrevue avec le magazine <@Ri>L’Actualité<@$p>, un porte-parole de la Fédération québécoise du canot et du kayak, Bernard Hugonnier, se réjouissait de cette démolition : «L’élimination du barrage est une bonne nouvelle, car on retrouvera des rapides disparues sur près de 500 mètres.»

 

 
 
 
 
 

 

Et les férus du patrimoine auront aussi droit à une aire de repos où seront installés des panneaux d’interprétation relatant l’histoire de ce barrage hydroélectrique et les grandes étapes de son existence. Il s’agira du neuvième barrage depuis 15 ans au Québec à passer sous le pic des démolisseurs

 

 
 
 
 
 

 

Hydro-Québec prévoit mettre la touche finale à ce chantier au printemps 2018 alors que des arbres et arbustes seront plantés afin que la nature y reprenne plus rapidement ses droits. Soulignons que le coût des travaux est estimé à 2,7 millions$. Les 14 200 m³ de béton du barrage seront concassés et transportés à La Tuque pour être recyclés dans des ouvrages municipaux.

 

 
 
 
 
 

 

Un peu d’histoire

 

 
 
 
 
 

 

C’est en janvier 1954 à l’occasion d’un référendum que le conseil municipal de Parent prend la décision de construire un barrage hydroélectrique sur son territoire. Afin d’économiser sur les coûts, la municipalité acquiert une turbine réusinée, mais mal lui en prit, car celle-ci s’avère peu efficace.

 

 
 
 
 
 

 

Jumelé au fait que la masse de retenue d’eau s’avèrera plus faible qu’escomptée, le nouvel aménagement hydroélectrique est si peu performant qu’il ne peut satisfaire la demande de consommation d’électricité des Parentois. Ce sont alors les génératrices du Canadien National qui doivent alors prendre le relais.

 

 
 
 
 
 

 

Pris à la gorge par une dette astronomique, le conseil municipal est mis alors sous tutelle. Lors de la nationalisation de l’électricité, le ministre René Lévesque en profite pour éponger la dette et permettre un nouveau départ à la municipalité.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 24 Octobre 2017

La gouvernance de l'eau poursuit sa mue sur fond de grogne
 

 

 

Un décret publié au Journal officiel ce 22 octobre modifie la composition des conseils d'administration des agences de l'eau. Il s’agit en réalité de prendre en compte les évolutions d’ores et déjà apportées par voie réglementaire aux collèges des comités de bassin dont la composition vient tout juste d’être amendée par décret en application de la loi Biodiversité de 2016. Le conseil d'administration de chaque agence de l'eau est effet constitué, outre son président, de 34 membres désignés notamment par les comités de bassin et en leur sein. Le texte modifie par ailleurs à la marge le fonctionnement de ces conseils d’administration en prévoyant la faculté de recourir aux délibérations à distance. Ce nouveau cadre partenarial intervient sur fond de grogne des comités de bassin, alors que le projet de loi de finances (PLF) 2018 "a non seulement mis en place un plafond mordant qui réduira le produit de la redevance sur l’eau, mais aussi augmenté le prélèvement des agences de l’eau pour le financement de l’Agence française de la biodiversité qui passera de 150 à 200 millions d’euros". "La situation va devenir intenable", prédisent ainsi les présidents des comités de bassins, au regard des responsabilités augmentées des agences de l’eau en matière de biodiversité ou de prise en main de la Gemapi par les collectivités. "Si les agences aident moins les projets de réduction des pollutions ou les investissements nécessaires à l’adaptation au changement climatique, les collectivités n’auront le choix qu’entre reporter des investissements pourtant indispensables ou bien augmenter le prix de l’eau", craignent-ils.

Vague de protestation

Le monde associatif commence lui aussi à se mobiliser. A travers une nouvelle campagne lancée à l’occasion des Etats généraux de l’alimentation, l’UFC-Que Choisir remet en question le modèle de gouvernance de l’eau, réclamant "une rénovation en profondeur" (lire notre article ci-dessous).  "Compte tenu du faible nombre de sièges accordés aux ONG, les débats des instances régionales et locales censées définir la politique de l’eau en région (agences de l’eau, comités de bassin et commissions locales de l’eau) sont trop souvent conduits en fonction des intérêts agricoles", dénonce l’association de consommateurs. France Nature Environnement tire également la sonnette d’alarme, estimant que la possibilité ouverte par la loi de 2016 aux agences de l’eau de contribuer aux politiques de préservation de la biodiversité "ne doit pas être la porte ouverte au déshabillage des politiques de l’eau". Face à cette vague de protestation, un amendement gouvernemental au PLF 2018 - adopté en séance publique ce 21 octobre - reporte à 2019 le plafonnement "mordant" des taxes affectées, lui substituant une ponction de 200 millions d’euros pour la seule année 2018 sur la trésorerie de ces organismes.

Référence : décret n° 2017-1484 du 20 octobre 2017 relatif aux conseils d'administration des agences de l’eau, JO du 22 octobre 2017, texte n° 3.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 24 Octobre 2017

 
Les sciences sociales se saisissent de la question des effacements de barrages (Sneddon et al 2017)
Un numéro spécial de la revue Water Alternatives vient d'être consacré à la question de l'effacement des barrages en France, en Europe et dans le monde, vue sous l'angle des sciences sociales. Nous en commenterons plusieurs articles, en commençant ici par celui, introductif à la problématique, de Chris S. Sneddon, Régis Barraud et Marie-Anne Germaine. Ces trois chercheurs observent notamment que la suppression des barrages est devenue un objet de contestation, avec des critiques et conflits révélant la dimension complexe des représentations de la nature dans la société. D'où la nécessité d'une analyse critique des stratégies des acteurs comme des modes de construction de l'hydropolitique.

Chris S. Sneddon (Dartmouth College, Etats-Unis), Régis Barraud (Université de Poitiers, équipe Ruralités) et Marie-Anne Germaine (Université Paris Nanterre, laboratoire LAVUE) introduisent un numéro spécial de Water Alternatives dédié à la suppression de barrage et à la restauration de rivière dans une perspectives internationale.

A compter des années 1990, la gestion écologique des rivières a évolué en Amérique du Nord et en Europe. A la lutte contres le pollutions chimiques s'est ajoutée la restauration physique visant à rendre à la rivière certaines de ses propriétés dynamiques. "Parmi les actions de restauration écologique les plus emblématiques, le démantèlement des barrages et des seuils est un outil de gestion de plus en plus défendu par un ensemble de scientifiques, d'organisations environnementalistes et d'acteurs gouvernementaux", pointent les auteurs.

Aux Etats-Unis, l'association American Rivers rapporte 1400 ouvrages hydrauliques détruits depuis 1912, dont plus de 70% depuis 1999. En Europe, l'association European Rivers Network pointe 3450 obstacles à l'écoulement effacés depuis les années 1990. "Aux Etats-Unis et en Europe, la plupart des ouvrages sont des petits barrages et seuils associés à d'anciens moulins".

Mais cette politique suscite des questions. Des désagréments sinon des controverses surgissent à propos des objectifs et des méthodes de la restauration de rivière. "Le succès ou l'échec des processus de consultation, la participation du public et le rôle des communautés locales, le lien entre les opérations de restauration écologique et le développement de projets d'économie locale, et la perte ressentie d'un paysage historique valorisé font partie des sujets que les chercheurs en sciences sociales examinent dans la restauration de rivière".

Les chercheurs énumèrent ainsi une liste de questions qu'ils  se posent aujourd'hui :

"Qu'est-ce que les effacements de barrage révèlent à propos des déplacements de représentation des rivières par diverses communautés humaines? Comment les arguments pour et contre la destruction des barrages sont-ils présentés, diffusés et contestés ? Quelle constellation de forces politiques, économiques, culturelles et économiques guident la suppression des barrages et la restauration des rivières dans ce contexte historique? Commebt divers groupes sociaux (agences gouvernementales, défenseurs de l'environnement, populations locales) perçoivent et évaluent la destruction de barrage? Dans quelle mesure des facteurs non-humains (poissons, rivières) guident les débats et processus de la suppression d'ouvrages? Quel est le rôle des différents types de connaissance (scientifique, experte, locale) dans les effacements contestés, où et comment ces domaines de connaissance entrent-ils en conflit? Qu'est-ce qui définit un succès ou un échec dans le contexte des effacements de barrage et de la restauration de rivière, et comment des perspectives apparemment incommensurables sur la destruction peuvent être reconnues et intégrées?"

Enfin, Chris S. Sneddon et ses collègues soulignent la diversité des approches nécessaires pour répondre à ces questions : écologie politique, services écosystémiques, théorie de l'acteur-réseau, géographie physique critique, études des sciences et technologies. Ils observent notamment à travers certaines approches mobilisées un dépassement de la "division épistémologique artificielle" entres des sciences "sociales" et "naturelles", comme si "les domaines ontologiques de l'humain et du non-humain pouvaient être séparés en pensée et en action".

Discussion
On doit se féliciter de voir un nombre croissant de travaux venus des sciences sociales s'intéresser à cette question de l'effacement des ouvrages hydrauliques, et plus généralement à la question des rivières.

En France, la programmation publique en ce domaine s'est très largement fondée sur une expertise successivement halieutique, hydrobiologique et hydromorphologique. Il est compréhensible que la rivière comme phénomène biophysique soit au coeur de politiques environnementales, mais la réduction des cours d'eau à cette dimension décrit très incomplètement leurs réalités historiques, sociales, psychologiques, esthétiques et économiques. Tout se passe un peu comme si nous étions passés d'un antinaturalisme brut (la nature est une ressource soumise à l'homme et destinée à être valorisée) à un naturalisme naïf (la nature est une instance séparée de l'homme et destinée à être  conservée), sans pouvoir imaginer des approches un peu plus complexes, métisses, de la question.

Référence : Sneddon CS et al (2017), Dam removals and river restoration in international perspective, Water Alternatives, 10,3, 648-654

Illustration : destruction à la dynamite du barrage Marmot sur la rivière Sandy, Oregon (NOAA, domaine public). C'est aux Etats-Unis que le démantèlement des barrages a connu une mise en valeur précoce, autour de revendications portées par des associations environnementalistes, des sociétés de pêche et des communautés amérindiennes. Le contexte nord-américain a aidé à cette cristallisation : imaginaire de la nature sauvage (wilderness) et scénique (sanctuarisation de parc), lois fédérales de protection d'espèces et de milieux dès les années 1960, moindre profondeur historique des implantations hydrauliques hors des zones anciennes de colonisation de l'Est du pays. Pourtant, ce pays connaît aussi bien des oppositions locales aux destructions d'ouvrage.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0
1 2 3 4 > >>