Publié le 31 Janvier 2018

Bonjour,

 

Depuis 2000, la cote d’exploitation de Vezins a été abaissée de 2m en période hivernale. A la demande des communes amont (St Hilaire) et aval (Ducey, Poilley et d’autres) Pourquoi ?

Quand la Sélune était en crue, la zone des Pare-Balles (Airon+Sélune), la Paveillle (Confluent Sélune/Airon) avaient les pieds dans l’eau parce que Vezins faisait « barrage » et empêchait l’écoulement de toutes les précipitations lorsqu’elles étaient soudaines et violentes.

A l’aval, toujours à la cote d’exploitation normale (60,56 NGF) la marge de retenue d’eau supplémentaire étant très limitée, l’exploitant devait rapidement relâcher des volumes importants, générant ainsi l’inondation de la zone du Pavement de Ducey et Poilley sur l’autre rive.

 

L’instauration de la cote d’hiver (moins 2m) a permis de créer un volume de stockage supplémentaire en cas de forte pluviométrie. Le lac de Vezins devient donc une zone tampon qui stocke une partie du débit entrant en évitant de noyer les zones situées à l’aval. Mais il ne s’agit que d’un effet limité dans le temps. Si la crue persiste et si le débit entrant est toujours excessif, il arrive un moment où l’opérateur est obligé de le restituer (débit sortant) dans son intégralité ou presque.

 

Donc on peut dire que les barrages freinent l’arrivée des inondations et en retardent indiscutablement les effets. Si la crue est limitée à quelques jours, comme souvent, les inondations sont évitées. Si la crue persiste, elle aura juste été retardée. Mais les habitants auront eu tout le temps de prendre leurs précautions.

 

Quand le président du Syndicat mixte du bassin de la Sélune déclare que les barrages ne jouent pas un rôle fondamental mais qu’ils ont un effet retardateur, il dit tout et son contraire dans la même phrase.

 

Vigicrues n’est qu’un système qui permet d’avertir et de mettre en garde. Il ne protège de rien, il ne retarde rien.

 

J’ai essayé d’être le plus clair possible.

 

Je reste à votre disposition pour vous fournir toute autre précision utile.

 

Cordialement,

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 31 Janvier 2018

La polémique sur les barrages du Sud-Manche relancée
La destruction du barrage a été officialisée le 14 novembre 2017 / © F3Normandie/J. Hamard
La destruction du barrage a été officialisée le 14 novembre 2017 / © F3Normandie/J. Hamard

Certains habitants et leurs maires s'inquiètent de la disparition annoncée des barrages hydroélectriques de la Sélune situés à Vezins et la Roche-qui-Boit. Un avis qui ne fait pas l'unanimité…

Par SN

Le 14 novembre 2017, le gouvernement annonçait officiellement la destruction des barrages hydroélectriques de la Sélune situés à Vezins et la Roche-qui-Boit. Problème, Les fortes précipitations et les risques d'inondation de ces dernières semaines relancent le débat sur cette destruction.

Le fleuve traverse deux communes situées à 6 kilomètres en Aval des barrages : Poilley et Ducey. Les deux maires et certains de leurs administrés sont inquiets. Une centaine d'habitations sont concernées par ce risque d'inondation et selon eux, les barrages sont essentiels.
Les deux élus ont décidé d'écrire à la Préfecture de la Manche. Ils n’ont toujours pas reçu de réponse.

Si la polémique de l'arasement ou du maintien des barrages est relancée, tous les élus du secteur ne sont pas d'accord.  C’est le cas du Président du Syndicat Mixte du Bassin de la Sélune, Jacky Bouvet, qui estime que les barrages ne jouent pas un rôle fondamental dans la régulation de l'eau.

Chaque partie s'accorde sur un point : elles souhaiteraient une étude scientifique consacrée à la relation entre les risques d'inondation et les barrages


Reportage Jean-Baptiste Pattier et Joël Hamard : 
 

 

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 30 Janvier 2018

Une rue inondée à Villeneuve-Saint-Georges près de Paris le 24 janvier 2018
Une rue inondée à Villeneuve-Saint-Georges près de Paris le 24 janvier 2018 / © AFP/Archives/Thomas Samson
Les crues, un "bain de jouvence" pour la biodiversité
Paris - AFP - Samedi 27 janvier 2018
 
 

Paris (AFP)

Les inondations peuvent déranger crapauds, taupes et autres petits animaux installés près des cours d'eau, mais une crue est plutôt un "bain de jouvence" pour la biodiversité, estime Grégoire Lois, naturaliste à l'Agence pour la biodiversité d'Ile-de-France

Q: Quel est l'impact sur la biodiversité d'une crue comme celle qui touche la région parisienne et d'autres régions françaises ?

R: "D'une manière générale, une crue est plutôt bénéfique. C'est ce qui a permis des bassins limoneux sur lesquels l'agriculture se porte très bien. Le bénéfice des crues pour la biodiversité, c'est finalement de +ré-ensauvager+ les berges, il y a beaucoup de limon qui se dépose. En 2016, quand ils avaient nettoyé les voies sur berge dans Paris, 5 cm de limon s'était déposé, c'est considérable. Ça a tendance à enrichir les terres (...). Et redéposer des limons, ça donne une végétation plutôt foisonnante la saison suivante. Les régimes de crues sont d'ailleurs à l'origine de l'apparition des grands bassins céréaliers, de l'apparition de l'agriculture, le Tigre, l'Euphrate, le Nil, qui étaient en crue tous les ans, avec parfois des mauvaises surprises pour les habitants mais avec des terres très fertiles dans les zones des crues."

Q: Mais pour la faune ? Certains craignent la mort de poissons qui peuvent se trouver piégés après la décrue...

R: "A la décrue ça arrive, c'est un risque. Je n'ai pas de chiffres mais je pense que ça relève de l'anecdotique, je n'imagine pas que des populations de poissons puissent se retrouver en mauvaise état suite à la crue. Les régimes de crue sont naturels, ça se produit sur tous les grands fleuves qui ne sont pas canalisés, bordés de berges, comme les fleuves d'Europe occidentale. Dans les fleuves, de façon normale, s'installe une faune qui a coévolué avec les régimes de crue. On trouve même des poissons qui profitent du régime de crue pour aller pondre, comme le brochet qui typiquement pond lors des crues hors du lit du fleuve. C'est dans son cycle de vie d'aller pondre dans les zones inondées."

Q: Et pour les autres animaux, les mammifères, les grenouilles ?

R: "Pour les mammifères, c'est plus un problème pour les mammifères fouisseurs, les taupes, les campagnols, des petits mammifères, mais aussi les renards, les blaireaux, qui se retrouvent avec des terriers complètement inondés. Ils s'éloignent de la zone en crue et peuvent revenir après. Le terrier est probablement détruit, mais ils le recreusent. En tant que naturaliste, je pense que c'est plutôt un bain de jouvence dans la mesure où ça réinsère quelque chose de naturel, un naturel parfois chaotique et hasardeux, y compris en pleine ville, en plein Paris. La Seine est d'une qualité qui s'améliore, il y a de plus en plus de végétaux hydrophiles, des algues d'eau douce. Donc de temps en temps un grand coup de rinçage comme ça, ça peut certes produire des pollutions accidentelles, mais sinon ça réintroduit du sauvage dans le régime du fleuve. (Les grenouilles et les crapauds), eux ils hibernent souvent en terrier, donc il peut y avoir un impact mineur avec un peu de mortalité pendant l'hibernation. Néanmoins, vu qu'il fait très doux, je pense qu'il n'y a pas de soucis. Les grenouilles et les crapauds avaient déjà commencé à bouger pour leur migration prénuptiale (période où ils quittent leurs terriers pour retourner s'accoupler et pondre dans les points d'eau, ndlr) il y a une dizaine de jours."

(Propos recueillis par Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS)

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 30 Janvier 2018

Les inondations et les crues sont-elles une bonne nouvelle pour les nappes phréatiques ?

Pour le savoir, franceinfo a interrogé Delphine Allier, hydrogéologue au Bureau de recherches géologiques et minières.

La Seine en crue à Paris, le 28 janvier 2018.
La Seine en crue à Paris, le 28 janvier 2018. (JOEL SAGET / AFP)
avatar
propos recueillis parBenoît ZagdounFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

A Paris, la crue est finie. La Seine a atteint 5,85 m, lundi 29 janvier, loin des 6,10 m de 2016 et des 8,62 m de 1910. Mais la décrue s'annonce lente. Toute cette eau va-t-elle profiter aux nappes phréatiques, alors qu'environ deux tiers d'entre elles (64%) présentaient un niveau "modérément bas à très bas", selon un bilan au 1er janvier ? Pour le savoir, franceinfo a interrogé Delphine Allier, hydrogéologue au Bureau de recherches géologiques et minières.

Franceinfo : Les nappes phréatiques sont-elles en train d'absorber les crues ?

Delphine Allier : On constate une belle recharge, mais elle n'est pas généralisée et la situation reste assez contrastée. Selon les types de roches, la dynamique est en effet plus ou moins lente. Les sables stockent beaucoup plus d'eau que les craies et les calcaires, et dans les sols argileux, il n'y a pas du tout d'infiltrations.

Après les crues, le niveau des nappes devrait rester haut et il pourrait encore remonter si les précipitations se poursuivent en février et mars.Delphine Allierà franceinfo

Par endroits, les crues et les inondations sont donc bénéfiques pour les nappes phréatiques. Habituellement, celles-ci ont un effet tampon et permettent d'absorber l'eau après les crues. Elles ont donc un rôle globalement positif sur les inondations. Mais quand le niveau des nappes est déjà très haut, celles-ci "tamponnent" moins. Là où elles sont déjà gorgées d'eau, la décrue va donc être très lente.

Certaines nappes phréatiques gorgées d'eau risquent-elles de provoquer à leur tour des inondations ?

Sur nos points de mesures, le niveau des nappes est globalement en augmentation, parfois lentement, parfois rapidement et à des niveaux très importants, selon la porosité et la perméabilité des sols, mais le niveau moyen n'est pas inquiétant. En Ile-de-France, par exemple, les nappes phréatiques alluviales, proches des cours d'eau, sont à des niveaux très hauts, mais elles devraient baisser mécaniquement avec la décrue. Au sud de Paris, dans les sols calcaires, la remontée du niveau des nappes est très lente, mais on atteint des niveaux normaux pour cette période de l'année. Dans la Marne, l'Yonne, la Champagne, vers Nemours ou Provins, en revanche, les niveaux sont très hauts et dépassent ceux de la crue de juin 2016.

Les effets de ces crues et de ces inondations sur les nappes phréatiques vont-ils durer ?

Les nappes ont souvent un cycle annuel de recharge et de vidange. Leur niveau monte doucement, jusqu'en mars ou avril. Ensuite, ils baissent quand les précipitations deviennent moins importantes et que les pompages augmentent en été. Mais par endroits, cette mécanique s'étale sur plusieurs années. Dans des sols crayeux ou calcaires, les infiltrations d'eau sont très lente et il peut s'écouler un an, voire deux ou trois, avant que les eaux de pluie ne rejoignent le sommet de la nappe.

Dans ces cycles pluriannuels, les nappes mettent beaucoup de temps à monter et redescendre. Les effets des inondations et des crues se voient donc sur le long terme.Delphine Allierà franceinfo

Sur ces réservoirs-là, l'inertie est très forte. Il faut une succession de plusieurs années pluvieuses pour constater un débordement de la nappe. C'est ce qu'on a observé en 2001 dans la Somme. On est peut-être dans un cycle d'années pluvieuse. Il y a eu beaucoup de pluies en 2016, avec des crues et des inondations en juin. Et de nouveau, l'hiver 2017-2018 est pluvieux. Mais à l'inverse, on a des étés qui restent assez secs.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 29 Janvier 2018

Le deuxième plan algues vertes entre en action

Validé fin décembre 2017, le plan Algues vertes 2 entre en application avec la signature du premier contrat de baie, celui de Saint-Brieuc.

Le deuxième plan algues vertes entre en action

Après son approbation par la région Bretagne fin décembre 2017, le plan Algues vertes 2017-2021 va pouvoir entrer en application avec ses déclinaisons locales. La baie de Saint-Brieuc a ouvert le bal avec le contrat de signature, le mardi 16 janvier 2017. Les sept autres baies, plus petites et moins impactées doivent le signer prochainement.

Avec ce nouveau contrat pour la baie de Saint-Brieuc, c'est tout le bassin versant de la baie qui est concerné, ainsi que tous les acteurs : les collectivités, les représentants de l'Etat, les agriculteurs et les associations. La baie bénéficie d'une enveloppe de 33 millions d'euros pour les cinq prochaines années. L'objectif est de réduire les flux d'azote arrivant dans la baie à moins de 120 tonnes en 2027, contre 168 tonnes en 2021 et 196 tonnes mesurées en 2015. Mais pas seulement puisqu'il s'agit également de réduire les flux de pesticides à moins de 0,5 microgrammes/l) et de phosphore (moins de 0,2 mg/l dans les cours d'eau).

Une enveloppe de 55 millions d'euros

Depuis le premier plan (dit PLAV 1, sur la période 2010-2015), les tonnages d'algues ont diminué de 15.000 à 5.000 tonnes par an depuis une dizaine d'années, conséquence de la baisse progressive des concentrations en nitrates. Le PLAV 2 poursuit l'objectif de l'arrêt des épisodes de marées vertes, avec en ligne de mire l'objectif 2027 de bon état écologique des eaux. Pour financer les actions du plan, les divers acteurs ont prévu une enveloppe financière de 55 millions d'euros pour les huit baies, en aval de 23 bassins versants. Il concerne 3.500 exploitations agricoles, soit 10% des exploitations bretonnes. 

Les huit baies concernées par le plan Algues vertes
 

 

Le plan insiste sur les actions préventives pour lutter contre la fuite des nitrates, comme la couverture des sols (semis sous couvert…), l'augmentation de la part d'herbe aux dépens du maïs, la conversion au bio, des aménagements comme les talus boisés, etc. Les effets du plan seront mesurés grâce à plusieurs indicateurs de suivi, dont la concentration en nitrates pour les cours d'eau contributeurs ainsi que le flux d'azote annuel. Les surfaces d'algues échouées seront également suivies, ainsi que l'évolution des pratiques agricoles. Par ailleurs, le ramassage des algues vertes sera poursuivi par les collectivités littorales.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 29 Janvier 2018

Inondations : le maire de Poilley s'interroge
Inondations : le maire de Poilley s'interroge

Le maire de Poilley, Michel Gérard, est inquiet pour les semaines à venir.

- Jean-Christophe Legrand
Le

Le maire de Poilley (Manche), Michel Gérard, s'est adressé au préfet de la Manche pour connaître précisément le dispositif mis en oeuvre pour éviter l'inondation des quartiers habités de Ducey et Poilley. Sceptique, il s'interroge sur les moyens de l'Etat.

Les fortes intempéries de ces dernières semaines auraient-elles fait la démonstration de l'utilité du barrage de Vezins dans le Sud-Manche. C'est en attendant ce que pense le maire de Poilley-sur-le-Homme (Manche), convaincu de la nécessité de maintenir ce barrage pour "éviter le pire". Autrement dit, pour épargner des inondations les quartiers sensibles de Ducey et de Poilley (Manche).

Quels dispositifs ?

Dans un nouveau courrier adressé le 24 janvier 2018 au préfet de la Manche, il rappelle, bien sûr, l'utilité des barrages mais surtout il s'inquiète des prochains coefficients de marrée (cote de 109), "dans les trois premiers jours de février", ainsi que des prévisions météorologiques "aggravées à venir". Aussi, dans sa missive au préfet de la Manche, Michel Gérard demande à connaître les dispositions qu'il compte mettre en œuvre pour éviter l'inondation des quartiers précités d'ici le début de mois de février. "Les barrages sont encore équipés de dispositifs mécaniques pour réguler les débits en sortie. Serait-il excessif de demander d'anticiper cette période à risques par des manoeuvres appropriées et de maîtriser, comme c'était le cas par le passé, les débits sortants ?", interroge-t-il. D'autant qu'un coefficient de 110 est également à prévoir le 3 mars 2018.

"Des services impuissants à proposer des solutions de substitutions ?"

Remonté mais surtout très inquiet, le maire de Poilley a, de nouveau, exprimé son " étonnement" quant "au silence de l'ensemble des services de la préfecture,n lors de la seconde montée d'eau du 21 janvier ". Et de poursuivre : "Dois-je en conclure qu'il y a abandon des services de l'État face aux risques qu'ils font peser sur les quartiers habités, et aussi industriels, de Ducey et de Poilley ? Peut-on y voir aussi des services impuissants à proposer des solutions de substitutions, probablement inexistantes ?" La préfecture n'a, pour l'heure, toujours pas communiqué sur ces questions.

La Manche Libre

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 28 Janvier 2018

 

Michel Gérard et Denis Laporte écrivent au Préfet, déjà plus de 60 élus de la vallée de la Sélune, du Sud Manche et de la Baie du Mont-Saint-Michel ont signé la LETTRE OUVERTE QUI EST TOUJOURS EN COURS DE SIGNATURE. Les inondations actuelles ont des conséquences sérieuses pour les communes situées entre la Roche qui Boit et l’estuaire. Services publics, particuliers, entreprises,… chacun est mobilisé pour soi-même et pour les autres, avec des manifestations de solidarité réconfortantes. Il n’empêche que la situation entraîne des pertes de biens et d’activités, des dommages à l’environnement et des dégradations des équipements et des bâtiments: les assurances n’effaceront pas tout ! Il est important que tout soit fait pour éviter tous les impacts qui peuvent l’être.
La situation actuelle est incompréhensible pour beaucoup de ceux qui subissent en ce moment les conséquences des inondations: pourquoi la capacité de stockage dans le lac de Vezins n’est-elle pas utilisée pour retarder l’arrivée de la crue à l’aval ? Plusieurs mètres de hauteur sont disponibles et, techniquement, l’équipement du barrage permettrait d’agir sans délai. Force est de rappeler que le grand lac représente 200 hectares.
Bien sûr, beaucoup d’autres sites de l’hexagone subissent actuellement des inondations et les prévisions de pluviométrie donnent à penser que la situation devrait s’améliorer dans les jours qui viennent. Partout ailleurs on cherche à utiliser correctement les capacités de stockage, voire à les renforcer. Et il faut insister ici sur une spécificité : les coefficients de marée prévus pour début février qui ne manqueront pas d’aggraver la situation si les surfaces actuellement inondées ne sont pas récupérées à temps. Ici, la crise va durer plus longtemps qu’ailleurs !
Pour l’ensemble de ces raisons les maires des communes situées entre la Roche qui Boit et l’estuaire demandent très instamment au Préfet de la Manche de prescrire sans délai la remontée du niveau du lac de Vezins pour utiliser la capacité de stockage disponible.
Ceux qui subissent actuellement les dégâts provoqués par l’inondation ne comprendraient pas qu’une action possible pour atténuer leurs difficultés ne soit pas engagée immédiatement par incapacité à s’abstraire pendant 3 mois des débats passionnés pour la suppression des barrages ou pour leur préservation, pour un PPRI ou pour un PAPI, pour le soutien à telle ou telle demande des organisations professionnelles, des syndicats, des ONG… Un tel armistice serait une contribution raisonnable aux gestes de solidarité qui sont une retombée positive des difficultés actuelles.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 26 Janvier 2018

Sept solutions pour se protéger des crues ou les limiter

Alors que le niveau de la Seine continue de monter en région parisienne, il existe des leviers pour gérer le trop-plein d’eau de manière naturelle et durable.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

Abonnez vous à partir de 1 € Réagir Ajouter

image: http://img.lemde.fr/2018/01/25/0/0/5268/3551/534/0/60/0/f602419_12901f33cc394fb99809cabbc88ee90d-12901f33cc394fb99809cabbc88ee90d-0.jpg

Un habitant d’Esbly (Seine-et-Marne), où le Grand Morin est en crue, le jeudi 25 janvier.

Routes inondées, musées en alerte, Franciliens les pieds dans l’eau ou évacués… Le niveau de la Seine continuait de monter, vendredi 26 janvier, en région parisienne. Le pic de la crue devrait être atteint samedi, avec une hauteur comprise entre 5,80 mètres et 6,20 mètres. Un niveau comparable à celui de juin 2016 (6,10 m) mais très loin de l’épisode historique de 1910 (8,62 m). Comment l’Ile-de-France se prépare-t-elle à la survenue de ces événements amenés à devenir plus intenses ? Des leviers existent pour gérer le trop-plein d’eau de manière naturelle et durable.

  1. Repenser la ville
  2. Repenser la gestion de risque
  3. Revoir les pratiques agricoles
  4. Favoriser les zones humides
  5. Créer des bassins de rétention
  6. Améliorer la prévision scientifique
  7. Sensibiliser les populations
  • Repenser la ville

Les zones déjà inondées ne doivent pas être reconstruites à l’identique. Il s’agit de bâtir des quartiers résilients, dans lesquels « on ne vit plus contre l’eau mais avec l’eau », avance Magali Reghezza-Zitt, géographe et maîtresse de conférence à l’Ecole normale supérieure. La ville de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), par exemple, a inauguré en 2011 de nouvelles constructions avec des niveaux surélevés, des habitations au premier étage tandis que le rez-de-chaussée laisse passer l’eau, des chemins permettent de circuler en hauteur. « Ces quartiers nouveaux sont trop peu nombreux », regrette toutefois Ludovic Faytre, responsable des études risques majeurs et aménagement à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Ile-de-France.

La vulnérabilité des métropoles aux inondations tient beaucoup à leur dépendance à de multiples réseaux interconnectés : transports bien sûr, mais aussi électricité pour les faire fonctionner, eau potable, égouts, déchets… « Le traitement des déchets de l’agglomération parisienne est très centralisé, explique l’expert. Or les trois principaux sites se trouvent tous au bord de l’eau, à Ivry, Saint-Ouen, Issy-les-Moulineaux. De même, les dépôts d’hydrocarbures y sont tous situés en zone inondable. »

Lire :   Paris se prépare à la future crue du siècle

« Ces réseaux critiques sont essentiels à l’activité économique et s’avèrent générateurs de coûts colossaux lorsqu’ils sont endommagés », complète Magali Reghezza-Zitt. Il est ainsi essentiel de travailler sur leur continuité en cas de crise et d’installer, dans la mesure du possible, les nouvelles infrastructures – métro, transformateurs électriques – hors d’atteinte.

image: http://img.lemde.fr/2018/01/25/0/0/3500/2334/534/0/60/0/fa728c7_PHW54_FRANCE-WEATHER-FLOODS_0125_11.JPG

Un homme transfère un sac, à l’aide d’une corde, à un ami vivant sur une péniche sur la Seine en crue, le 25 janvier.
Un homme transfère un sac, à l’aide d’une corde, à un ami vivant sur une péniche sur la Seine en crue, le 25 janvier. PHILIPPE WOJAZER / REUTERS
  • Repenser la gestion de risque

En Ile-de-France comme ailleurs, l’actuelle densification urbaine se traduit par des constructions en zone inondable, notamment sur d’anciennes friches industrielles réaménagées. « Les fleuves comportent un risque mais ils font aussi partie du patrimoine de la ville, analyse M. Faytre. Nous disons qu’il faut composer avec cela et donc réfléchir davantage à la gestion de la crise lorsqu’elle se produit, et à l’après-crise aussi. »

Faut-il évacuer toute une population ou aménager des accès protégés pour permettre à certains de rester chez eux ? Ces réflexions-là manquent, alors que près de la moitié des logements de l’agglomération sont exposés à un risque d’aléa fort à très fort, c’est-à-dire à une élévation d’un mètre du niveau des cours d’eau.

En 2016, la préfecture de police de Paris avait organisé un exercice grandeur nature de gestion de crise, « EU Sequana 2016 », pour tester la réactivité de tous les acteurs concernés face à une inondation majeure.

  • Revoir les pratiques agricoles

Le ruissellement accru de l’eau n’est pas seulement la conséquence de l’urbanisation galopante. « La moitié des terres sont agricoles en France, or elles sont bien souvent devenues imperméables par la surexploitation des sols, qui les a rendues aussi dures que du béton », estime Jacques Caplat, de l’association Agir pour l’environnement.

« Couvrir les parcelles de végétaux en hiver et organiser une vraie rotation des cultures peut permettre à la fois de laisser l’eau s’infiltrer grâce au système racinaire et de la stocker, car l’humus se gorge comme une éponge. »

Les préoccupations de cet agronome spécialiste du bio ne semblent pas partagées par Christophe Dion, chef du service conseil innovation de la chambre d’agriculture d’Ile-de-France. La situation, explique celui-ci, n’a rien à voir avec celle de 2016, où les crues s’étaient produites peu avant le moment des récoltes. « Nous sommes en plein hiver et seules les cultures comme le colza et le blé, plantés à l’automne, vont être affectées », expose-t-il.

En réponse au retour rapide des crues, la profession serait-elle prête à revoir ses pratiques ? « Elle pourrait réserver des zones inondables au bord des cours d’eau moyennant des indemnisations, avance-t-il. Sinon, la priorité d’un exploitant reste d’évacuer l’eau le plus rapidement de ses parcelles. »

  • Favoriser les zones humides

La préservation des zones humides est essentielle pour limiter les risques et les conséquences des crues. Les marais, tourbières, berges de rivières ou les plans d’eau dans les jardins privés et publics fonctionnent comme des éponges en absorbant les trop-pleins et en limitant les ruissellements, à l’origine des inondations. Chaque hectare de zone humide peut stocker jusqu’à 15 000 m3 d’eau.

Or, la France n’en compte plus que 3 %, tant elles ont été massivement artificialisées. « On a drainé ces espaces et imperméabilisé des terres pour construire des projets immobiliers ou des infrastructures, ce qui empêche la régulation naturelle des cours d’eau, regrette Marine Le Moal, coordinatrice du réseau eau et milieux aquatiques à l’association France Nature Environnement. Il est important que la nature réintègre la ville, en la revégétalisant et en restaurant les zones humides. »

La commune de La Teste-de-Buch, en Gironde, a par exemple entrepris de détruire les polders sur certains prés-salés, permettant ainsi à ces étendues artificielles gagnées sur l’eau de se remplir à nouveau au gré des marées. Marseille est également engagée dans un vaste plan pour végétaliser des zones jusqu’à présent occupées par du béton ou du bitume.

  • Créer des bassins de rétention

En région parisienne, la décision d’aménager quatre lacs de rétention en amont de la capitale remonte aux années 1950. Ils servent non seulement en cas de crues, mais ils livrent aussi de 60 % à 80 % de l’eau qui manquerait sinon à la Seine entre juin et novembre. Deux d’entre eux sont actuellement au maximum de leur capacité. « En cas de fortes pluies dans les prochains jours, la situation pourrait devenir inquiétante », avance Jean-François Magnin, de l’établissement Seine Grands lacs. La solution pourrait être une cinquième retenue d’eau, qui permettrait de retenir alternativement l’eau de la Seine et de l’Yonne. Le projet est à l’étude.

  • Améliorer la prévision scientifique

Au-delà de la prévention des crues, l’autre enjeu réside dans la prévision des précipitations assurée, au premier chef, par le réseau de 31 radars hydrométéorologiques qui maillent le territoire français. « Leurs ondes électromagnétiques mesurent le cumul d’eau qui tombe au sol, ainsi que sa nature (pluie, glace, neige) et sa vitesse de déplacement », explique Pascal Brovelli, directeur adjoint scientifique à la direction de la prévision de Météo France. Ces observations radar, réalisées à une résolution de 1 km2, permettent d’élaborer des prévisions jusqu’à une échéance de quarante-cinq heures.

image: http://img.lemde.fr/2018/01/26/0/0/5012/3341/534/0/60/0/2fc959a_5708-13uknwg.ldcw.jpg

Inondation à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), le 24 janvier.
Inondation à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), le 24 janvier. THOMAS SAMSON / AFP

Ces bulletins sont ensuite transmis aux 450 prévisionnistes et hydrologues de Vigicrues, un service du ministère de la transition écologique, qui analysent pluies, niveaux des cours d’eau (à l’aide de 3 000 stations de mesure sur le terrain), humidité ou nature des sols. « Nous disposons de modèles pour traduire les volumes des pluies en débit et en hauteur d’eau et connaître les temps de propagation d’un endroit à l’autre et la concomitance des événements », explique Bruno Janet, à la direction de Vigicrues. Alors que des relais téléphoniques avaient été inondés lors de la crue de 2016, la fiabilité des réseaux de mesure et de transmission des informations a depuis été améliorée.

  • Sensibiliser les populations

Les populations sont appelées à se tenir informées grâce en particulier aux bulletins de Vigicrues, qui classent les alertes en quatre niveaux de vigilance : vert, jaune, orange et rouge. Son site est actualisé deux à quatre fois par jour. Les maires délivrent de leur côté des consignes de prudence aux habitants. Il existe également des applications pour smartphones et tablettes (telles que My Predict ou Visov) qui peuvent alerter et conseiller en temps réel.

« Il y a encore des progrès à faire, car parfois les messages sont trop généraux et les populations se retrouvent démunies, notamment dans les territoires peu habitués aux inondations », prévient Magali Reghezza-Zitt.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/01/25/sept-solutions-pour-se-proteger-des-crues-ou-les-limiter_5247214_3244.html#KQH27C1K7LWdiXsF.99

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 26 Janvier 2018

vendredi 26 janvier 2018

Après Notre-Dame-des-Landes, Edouard Philippe doit stopper le projet contesté de destruction des barrages et lacs de la Sélune
 
Edouard Philippe a déclaré à tous les Français qu'un projet d'aménagement ne pouvait se poursuivre s'il est contesté et divise la population concernée. Le gouvernement doit être cohérent et demander au ministre de l'écologie Nicolas Hulot de stopper immédiatement son projet annoncé de destruction de deux barrages et lacs de la Sélune, projet contre lequel les 20 000 riverains se sont exprimés massivement en consultation locale. Ce chantier a un rapport coût-bénéfice déplorable (50 millions € minimum pour 1300 saumons maximum), il détruit des outils de production bas carbone pour la transition énergétique, il anéantit les activités et le cadre de vie de la population locale, il met en danger les zones aval et la baie du Mont-Saint-Michel. L'enquête publique a été réalisée alors que l'on ne disposait pas de tous les éléments d'information. Ségolène Royal avait eu la sagesse de stopper le projet au regard de son coût et de la forte opposition locale. Il existe aujourd'hui un plan alternatif déjà communiqué au ministère de l'écologie, sans que Nicolas Hulot daigne recevoir son porteur. Les riverains et le collectif national de défense des lacs et barrages de la Sélune s'opposeront à cette caricature de concertation et de démocratie.
 
 

Dans sa déclaration du 17 janvier 2018 justifiant l'abandon de Notre-dame-des-Landes, Edouard Philippe a affirmé :
"les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet (…) un tel projet d'aménagement, qui structure un territoire pour un siècle, ne peut se faire dans un contexte d'opposition exacerbée entre deux parties presque égales de la population. Les grands projets qui ont réussi dans les années récentes (…) se sont tous réalisés (…) parce qu'ils étaient largement portés et acceptés par la population".
Cette déclaration vaut condamnation du projet de destruction des barrages de la Sélune, annoncé de manière brutale et non concertée par Nicolas Hulot le 14 novembre 2017.

Ce projet consiste à détruire deux barrages et leurs lacs sur le fleuve normand de la Sélune, cela afin d'augmenter de 1300 individus la population locale de saumon. Les barrages sont en état de fonctionnement et capables de produire de l'énergie. C'est la plus grande destruction de barrage en Europe, et non un chantier mineur.
 
Les barrages de la Sélune appartiennent à l'Etat après la fin de la concession EDF, donc le choix revient entièrement à la puissance publique en fonction de l'intérêt général.

La consultation locale de 2016, contrôlée par huissier, a recueilli 19 276 participations avec 98,89% de voix contre la suppression des barrages. La vallée refuse massivement le choix de destruction.

La recherche en sciences sociales a montré que ce projet a été construit de manière très critiquable, avec une faible implication des acteurs locaux et une forte contestation dès la première annonce de destruction en 2010 (voir Germaine et Lespez 2017).

Les 200 hectares de lacs et zones humides en marge des plans d'eau risquent de disparaître, avec la biodiversité lacustre qu'ils hébergent.

Une alternative à la destruction est possible : reprise de la production hydro-électrique, transfert des saumons de l'aval à l'amont comme EDF le fait déjà sur plusieurs sites en France.

Le coût minimum de la destruction a été estimé à plus de 50 millions €, le coût réel global n'est pas sérieusement déterminé à ce jour.

Nous sommes donc dans une situation tout à fait comparable à Notre-Dame-des-Landes :
  • ce projet est conflictuel et rejeté par la population,
  • ce projet a un coût public important et évitable,
  • ce projet contredit la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement,
  • ce projet a des bénéfices modestes et disproportionnés à ses coûts,
  • ce projet a une alternative viable.
L'Etat doit stopper immédiatement le projet de destruction des barrages de la Sélune, poursuivre l'inspection technique engagée en 2016 et relancer la production sur le site si l'inspection confirme que les barrages ne présentent pas de problème de sécurité.

Toute position contraire serait perçue comme un double langage du gouvernement et un mépris des citoyens avec des arbitrages à géométrie variable. Il produirait donc une farouche résistance, devant les tribunaux comme sur le terrain.

Edouard Philippe a dit qu'il ne voulait plus créer en France les conditions d'un nouveau Notre-Dame-des-Landes : sur la Sélune, ce souhait passe par l'abandon du projet contesté de destruction des barrages et des lacs.
 

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0

Publié le 26 Janvier 2018

07 févr.
Compétence Gemapi : contenus et enjeux pour les intercommunalités

En partenariat avec l’Union nationale des centres permanents d'initiatives pour l’environnement (CPIE).
Transférée aux EPCI à fiscalité propre au 1er janvier 2018, la compétence Gemapi (gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations) nécessite un travail d’appropriation des enjeux locaux et d’organisation de la gouvernance.
 

  • Quels sont les contours de cette nouvelle compétence et ses modalités de mise en œuvre ?
  • Quelles ressources techniques et financières requiert-elle ?
  • Sur quels partenaires s’appuyer et à quelle échelle s’impliquer ?
  • Quelle articulation avec les autres compétences, quelle place dans le projet de territoire ?

Territoires Conseils et l’Union nationale des CPIE aborderont ces questions lors de cette journée riche en exemples méthodologiques et pistes d’actions pour les intercommunalités, en s’appuyant notamment sur l’expérience des CPIE mobilisés depuis longtemps sur les questions de l’eau.
Une démarche d’accompagnement à la mise en œuvre de la compétence Gemapi sera proposée aux territoires intéressés.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Repost0