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Publié le 30 Avril 2018

L'après-barrages manchois intéresse la science
La base de loisirs La Mazure, à Isigny-le-Buat, pourrait accueillir un pôle scientifique après l’arasement des barrages de Vezins et La Roche qui Boit.
La base de loisirs La Mazure, à Isigny-le-Buat, pourrait accueillir un pôle scientifique après l’arasement des barrages de Vezins et La Roche qui Boit. | Archives Ouest-France
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L’arasement des barrages de Vezins et de La Roche qui Boit, dans le Sud-Manche se met en place. Des scientifiques pourraient s’installer sur la base de loisirs La Mazure, à Isigny-le-Buat, pour étudier la renaturation de la vallée de la Sélune.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a annoncé l’arasement des barrages de Vezins et de La Roche qui Boit le 14 novembre 2017. Ces ouvrages situés à une vingtaine de minutes au sud d'Avranches (Manche) ont été mis en service en 1932 et 1920. Mais avant de les détruire, en 2020 et 2021, il faut les vidanger.

Quand auront lieu ces vidanges ?

Celle du barrage de Vezins, qui appartient à l’Etat, est amorcée depuis l’année dernière. « Nous allons bientôt rentrer en phase de vidange, indique Jean Kugler, directeur de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de la Manche. Nous préparons le terrain en stockant les sédiments dans des casiers. » La vidange se fera ensuite « progressivement » jusqu’à l’assec « à la fin de l’été ».

La vidange du barrage de la Roche qui boit, qui appartient lui à EDF, se fera après le démantèlement complet de celui de Vezins, soit en 2020.

Quand est-ce que la rivière reprendra un profil naturel ?

« Lorsqu’il n’y aura plus les retenues et que différentes espèces pourront se déplacer naturellement dans le lit mineur qui se créera à la place des lacs », explique Jean Kugler.

Qu’est-ce qui intéresse autant les scientifiques ?

« La manière dont la rivière va retrouver son profil d’équilibre et reconquérir ses caractéristiques naturelles intéresse beaucoup les scientifiques et les gestionnaires de milieux naturels des quatre coins du monde », souligne Jean Kugler.

Jusqu’à quand durera cette étude scientifique ?

De nombreux scientifiques étudient déjà « l’état zéro » de la rivière. L’idée est de savoir ce qui la compose avant « pour voir au fil du temps comment les choses évoluent ». Une convention, qui encadre ces recherches entre des scientifiques de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) et l'Etat sera signée la semaine prochaine. Elle courra jusqu’en 2027.

Des scientifiques vont-ils s’installer à La Mazure ?

L’agglomération Mont-Saint-Michel - Normandie a engagé 1,5 millions d’euros pour rénover la base de loisirs d’Isigny-le-Buat. Son président, David Nicolas, a soumis l’idée d’y installer un pôle scientifique. Jean Kugler trouve le projet intéressant, d’autant plus que « les différentes équipes de scientifiques auront besoin d’un point de chute sur place. »

 
 

Le maire d’Isigny-le-Buat, Erik Goupil, assure que l’association La Mazure qui gère le site étudie différentes pistes depuis un moment. « Les classes vertes qui y seront accueillies pouraient observer cette renaturation. » De son côté, l’agence de l’eau n’est pas contre l’idée de financer une salle d’exposition sur la renaturation du site à la Mazure.

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Rédigé par jojo

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Publié le 30 Avril 2018

Message à destination des membres de l’association Les Amis du Barrage et à leurs soutiens.

 

 

Bonjour à tous,

 

Vous trouverez ci-dessous une communication de notre ami Louis GONTIER qui traduit l’exaspération mais aussi la colère bien légitime de l’ensemble de la population locale.

 

Le journal, dont l’article nous est joint par Louis, présente comme un scoop le projet de transformation de la base nautique de la Mazure en base scientifique d’observation « pour étudier la renaturation de la vallée de la rivière Sélune ».

Outre le fait que la Sélune soit un fleuve et le restera sans doute, le projet avait été dévoilé et présenté par son initiateur à la réunion du comité technique élargi "vallée de la Sélune" qui s'est tenue le 12 mars dernier à SAINT-MARTIN-DES-CHAMPS. Le sénateur Jean BIZET, l’homme de la situation (Ou des situations ?) se serait peut-être rendu compte qu’une base nautique aurait probablement un peu de mal à fonctionner sans eau. Aussi, l’idée lui serait-elle venue d’y héberger des scientifiques en faisant participer les enfants des écoles à leurs travaux…

 

L’annonce de cette « nouvelle » réchauffée à seules fins médiatiques confirme, s’il en était besoin, que seuls les adeptes d’une démolition prématurée des structures de Vezins et RQB ont désormais voix au chapitre de la presse locale. Le bruit insistant qu’un « personnage influent » les aurait contraints à museler la parole des opposants à ce projet insane se fait de plus en plus entendre.

 

Pour ma part, je ne suis pas certain que cette façon d’agir soit la bonne. Bien au contraire. Les locaux sont, pour une écrasante majorité, opposés à ce passage en force qui consiste à balayer le processus raisonnable initié par la Ministre S Royal pour le remplacer par une entreprise de destruction sans précédent, sans préparation, sans budget et sans compétences.

 

De plus, ce « choix stratégique » est d’une stupidité sans bornes. Alors qu’il leur aurait suffi de nous annoncer que les expertises des structures concluaient à l’impossibilité de les maintenir en exploitation pour cause de risque de rupture, ils ont choisi de raviver les tensions et de mettre de l’huile sur le feu. Le retour provoqué de cette situation explosive profite certainement à quelqu’un, mais ce ne sera que de courte durée.

 

Les ADB s’étaient positionnés dans une opposition qui se voulait constructive tout en restant déterminée à ce que l’arrêté préfectoral du 3 Mars 2016 soit respecté.

 

Le ministre Hulot nous a fait répondre par sa « cheffe » de Cabinet que Monsieur le Préfet de la Manche nous expliquerait la « renaturation » (toujours pas dans le dictionnaire) de la vallée de la Sélune. Méprisant et hors sujet.

Le Premier ministre n’a toujours pas daigné nous répondre, les conseillers de Monsieur Hulot non plus.

Jusqu’à maintenant et depuis 2011, tous les ministres dignes de ce nom nous avaient répondu personnellement et certains nous avaient reçus. Il est vrai qu’à cette époque hélas révolue, nous étions soutenus par notre Député.

 

Nos déclarations étaient normalement relayées par la presse. Elles ne le sont plus, ou parfois insidieusement orientées en notre défaveur.

 

Les opposants à l’arasement sont ouvertement qualifiés de demeurés, voire d’illettrés.

 

Il m’est donc désormais impossible d’expliquer à nos membres et à nos divers (mais nombreux) soutiens qu’ils doivent rester inertes en attendant que la raison et le bon sens l’emportent.

 

J’ai donc convoqué une réunion de notre Conseil d’administration pour demain lundi, accédant ainsi à la demande pressante d’une majorité de nos membres.

 

A l’ordre du jour : trouver de nouvelles façons de nous faire entendre, accepter ou non l’aide de soutiens extérieurs beaucoup moins pacifiques que nous, étudier les moyens de mettre en œuvre des actions « musclées » et régulièrement répétées contre le mépris et l’omerta organisés par un ou des individus dont les intérêts ne sont probablement pas que locaux.

 

Bien cordialement,

 

John KANIOWKY

 

 

 

 

LOUIS GONTIER S’EXPRIME :

 

 

 

NOUS IRONS JUSQU'AU BOUT POUR QUE NOS BARRAGES RESTENT DEBOUT !!!!

 

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La triste réalité est de constater qu’une minorité d’élus locaux qui, au lieu d’être aux côtés de leurs citoyens pour les aider à défendre l’intérêt général, sont allés jusqu’à faire un déplacement mystère à Paris, dont l’objectif inavoué, parce que sans doute inavouable, serait d’accélérer le processus de démolition des Barrages. Ceci au mépris des 98.89% (sur 19276 votants) de leurs électeurs, qui souhaitent conserver ces sites.

Ce voyage en catimini repose sur une argumentation (la vraie, pas celle des Saumons et des Anguilles, juste bonne pour l’affichage dans la presse) suffisamment forte pour contraindre le ministre à se dédire, l’obligeant même à passer outre la décision de Mme Royal, encore en vigueur.

 

Cette dernière démonstration confirme le jeu de dupe auquel se sont livrés les initiateurs de cette destruction. Dès 2009, une entente entre politiques aguerris a scellé le projet de suppression des Barrages (des documents et des discours officiels en font état). Une fois conclue, il a fallu donner à cette affaire, une tournure démocratiquement présentable.

 

C’est ainsi que des arguments de substitution ont été jetés en pâture, au gré des besoins.

 

-         Ce fut d’abord l’appui sur une exigence Européenne visant à assurer la continuité écologique (sans pourtant d’exigence d’arasement),

-         Les sédiments (vidange 1993 diabolisée),

-         La pollution, les algues (sans lien direct avec les Barrages),

-         Le prétendu manque de rentabilité (alors que le contraire est démontré dans les études d’un repreneur privé),

-         Une mise aux normes jugées d’abord impossible, puis trop coûteuse (les 2 arguments sont aussi faux que contradictoires. Estimer cette mise aux normes trop coûteuse révèle qu’elle est techniquement possible).

 

Il est à noter que l’argent du contribuable déjà gaspillé dans les opérations « d’enfumage » décrites ci-après (et bien d’autres encore), aurait déjà largement suffit pour réaliser les travaux de mises en conformité des Barrages :

En effet, nous avons eu droit au déploiement de tout l’arsenal habituel : Simulacre d’enquête d’utilité publique, Etudes, Analyses, Sondages, Cabinets conseils, Réunions, Appels à repreneurs etc… Tout cela uniquement pour faire semblant…. C’est cher payé et ce n’est pas fini !

 

Un article d’Ouest-France du 25 Avril (voir pièce jointe) laisse croire avec aplomb que tout est sous contrôle et que la science s’intéresserait à la future vallée. Quand on lit entre les lignes, il s’agit surtout d’improviser une fonction (qu’en est-il du projet de plan d’eau en substitution au lac ?) pour une Mazure désarçonnée par la bêtise de supprimer le Lac. Les éminences grises des araseurs ont phosphoré (beaucoup plus que pour trouver des solutions au maintien, des Barrages et des Lacs) pour aboutir à une reconversion originale de cet établissement, en centre scientifique, d’observation et autres activités qui coutera beaucoup, mais ne rapportera rien. Donc encore un fonctionnement entièrement financé par les contribuables.

 

Dépenses et gesticulations sciemment organisées, en pure perte. Gaspillages, d’argent, de temps et d’énergie (dont on a tant besoin ailleurs, comme dans les hôpitaux, par exemple) uniquement pour avoir l’air de respecter un processus dont la fin était déjà écrite. Comment ne pas être remplis d’amertume, devant une telle tromperie ? Dès le départ, la volonté était de faire avorter systématiquement toutes les solutions autres que celles de démolir.

 

La vraie question reste celle-ci :

Quel genre d’argument a pu convaincre les responsables locaux d’accepter un tel sabordage de leur lieu de vie et de naissance, pour la plupart ?

 

Depuis 2009, quelques politiques, mais aussi des hauts fonctionnaires, ont sans doute usé de leurs positions dominantes pour promouvoir le démantèlement et agir de telle sorte que toutes les propositions favorables au maintien des Barrages et des Lacs, soient systématiquement écartées.

 

Sans doute le résultat d’accords conclus en cercle restreint, sans autre issue possible que la destruction des Barrages. Un projet «déguisé» ensuite, par un semblant de consultation populaire, dont les règles furent soigneusement «adaptées» pour atteindre une majorité (53% sur 4565 votants) favorables à l’arasement. Un projet, sans la moindre écoute des nombreuses solutions alternatives proposées. Un projet sans le moindre intérêt porté aux alertes sécuritaires, aux rôles préventifs, soulevés par d’éminents spécialistes etc…

 

Une raison politique non avouée l’emporterait-elle sur tout le reste… ? Les derniers communiqués gouvernementaux et préfectoraux, accréditent cette thèse peu glorieuse !!!!!!

 

Si ces derniers temps, nous avions encore la naïveté de croire à l’impartialité d’une inspection technique en fin de vidange, il est maintenant établi que la démolition des Barrages est l’unique objectif visé, dès l’origine de cette affaire.

 

Il est temps de quitter notre « Angélisme » car les vieilles méthodes politiques ont la vie dure. Nous sommes en face de gens sans sentiments égard pour notre cadre de vie quotidien, juste de passage dans leur fonction et plus sensibles à l’exercice de leur pouvoir qu’à la prise en compte des intérêts particuliers.

 

Sans aucun respect et en violation des règles sur l’environnement en vigueur, les premiers concernés que nous sommes, avons été totalement ignorés.

Une telle humiliation mérite une réaction à la hauteur du mépris imposé.

 

Alors que votre détermination à vouloir conserver les Barrages est à la fois, bien réelle et majoritaire (98.89% sur 19276 votants), pourquoi ne pas poursuivre nos rassemblements pour le dire, haut et fort. ?

Et si besoin, le redire, beaucoup plus haut et de plus en plus fort.

 

Les propos employés par le ministre, puis relayés par le préfet, dans leurs derniers communiqués de presse, sont une véritable provocation. Si on ajoute à cela la contestation généralisée du moment, voilà des éléments favorables pour que nous sortions de notre silence.

 

Contactez votre association préférée pour lui confirmer votre soutien, l’encourager dans cette voie, en l’assurant de votre présence et de votre détermination.

 

Louis Gontier

 

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Rédigé par jojo

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Publié le 30 Avril 2018

 
La question écrite est pertinente…

…mais la réponse, comme les autres, pourrait rappeler les poncifs sur la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau (art L.211-1 CE), la nécessaire circulation des espèces piscicoles, le transit sédimentaire (art L.214-17 CE) etc… bref, une possible réponse copiée/collée du code de l’environnement, prouvant que le rédacteur du projet de réponse n’a pas la capacité de répondre au fond, feint de ne pas comprendre que les griefs exposés par l’honorable député portent précisément sur l’application du code de l’environnement. Nous n’avons pas encore de signe que  M. le Ministre d'État aie bien eu le temps de se pencher sur les problèmes engendrés par la continuité écologique ?

Si le retour n’est pas à la hauteur des enjeux et ne répond pas précisément à la question « sur les mesures raisonnables », nous conseillons à Hervé Saulignac, au titre du suivi, de reposer la même question dans 6 mois.

question écrite en PDF ici:    QST-AN-15-7690QE

« Le Député Hervé Saulignac attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur les conséquences de la loi sur l'eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 qui entend assurer la continuité écologique des cours d'eau. Or c'est précisément au nom de la continuité écologique que 20 000 moulins à eau pourraient être détruits en France. En effet, les propriétaires des moulins sont confrontés à un dilemme imposé par la loi : soit ils laissent se détériorer leur moulins considérés comme des obstacles rompant la continuité écologique des rivières, soit ils sont contraints de s'équiper à des coûts importants en dispositifs de franchissement, tels que passes à poissons ou rivières de contournement. Les moulins sont implantés sur les cours d'eau depuis des centaines d'années sans préjudice pour la circulation des poissons et des sédiments. Ils ont non seulement une indéniable valeur patrimoniale, mais ils constituent également un fort vecteur d'identité territoriale et un modèle d'économie de proximité. Grâce à l'énergie hydraulique qu'ils peuvent produire, ils ouvrent, en outre, de réelles perspectives en matière d'énergie propre. Les associations qui œuvrent pour la conservation et la promotion des moulins sollicitent : l'application de la grille d'analyse avant tous travaux sur les ouvrages hydrauliques en vue d'évaluer le caractère patrimonial de ceux-ci ; l'autorisation de prélever un débit minimum pour les moulins à vocation culturelle et touristique sachant que les besoins en eau sont faibles et sur des courtes périodes ; des discussions avec les autorités compétentes pour trouver au cas par cas des solutions conciliant continuité écologique et alimentation des ouvrages. Aussi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement compte-t-il prendre pour trouver durablement un compromis raisonnable entre la protection de l'écosystème et la préservation de notre patrimoine hydraulique ».

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Rédigé par jojo

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Publié le 30 Avril 2018

 
Des rivières naturelles aux rivières anthropisées en Europe: poids de l'histoire et choix des possibles pour l'avenir (Brown et al 2018)
Dix chercheurs viennent de publier une synthèse sur l'évolution des rivières européennes de plaine depuis six millénaires. Ils soulignent l'ancienneté de leur modification structurale et fonctionnelle par l'homme. Les styles fluviaux actuels n'ont rien à voir avec ceux de jadis. Certaines hypothèses de "renaturation" comme la reproduction de méandres ne font en réalité que rétablir dans un état antérieur une dynamique déjà modifiée, perçue (à tort) comme "naturelle". Face au risque d'une écologie de carte postale alors que plusieurs milliards d'euros sont dépensés chaque année en Europe pour des travaux de restauration, les autorités en charge de l'eau devraient se référer davantage à des approches multidisciplinaires faisant appel à l'écologie, l'archéologie, l'histoire et la géographie. Les chercheurs mettent en garde contre des travaux "copiés-collés" de court terme, qui ne vont pas forcément donner beaucoup de résultats. Parmi les pistes leur paraissant prioritaires en terme de biodiversité, de services écosystémiques et de stratégie de "ré-ensauvagement": reconnecter le lit mineur à sa plaine d'inondation, retrouver des boisements rivulaires et des barrages d'embâcles en rivière... Voilà qui ne correspond pas au modèle diagnostiqué en France du cours d'eau dans ses sages méandres et sans ouvrages.

Antony G. Brown et ses huit collègues européens analysent l'évolution des rivières depuis les conditions peu modifiées du Holocoène (voici 10 000 ans) jusqu'à l'époque récente, marquée par la grande accélération la de la modification des milieux à l'âge "anthropocène". Une trajectoire qui débute avec des chenaux anarchiques de l'Holocène récent, avant la déforestation importante dans leurs bassins versants, se poursuit avec les lits et plaines inondables en période de changement maximal du paysage dans la plus grande partie de l'Europe (soit entre 3000 et 500 ans avant le présent, du Bronze européen tardif à la période médiévale) jusqu'aux changements intensifs de la période récente (XVIIIe-XXe siècles), avec des barrages, des lits rectifiés et endigués, des bassins versants occupés et exploités par une population de plus en plus nombreuse.

Les données sur l'état passé des rivières sont accessibles par les caractéristiques physiques et biologiques de leurs dépôts. Diverses stratégies sont mobilisées pour comprendre cet état passé :  stratigraphies de plaines inondables datées par radiocarbone et par luminescence optiquement stimulée (OSL), méthodes biomoléculaires des ADN sédimentaires (sedaDNA), mais aussi par exemple analyse de noms de rivières et de lieux pour étudier leurs conditions voici un millénaire.

Une première caractéristique des rivières européennes de basse altitude avant une influence humaine significative fut leur caractère boisé : "Les diagrammes de pollen et de macrofossiles de l'Europe tempérée nous apprennent que ces plaines inondables de l'Holocène précoce et moyen étaient densément boisées de bouleaux, de saules, de peupliers et plus tard d'aulnes et de chênes (Huntley et Birks 1983, Dinnin et Brayshay 1999; Lechner 2009, Ejarque et al 2015)." On retrouve encore aujourd'hui dans quelques rares zones peu favorables à l'agriculture ce type de boisement riverain. "Le recrutement de gros bois dans les eaux d'amont peut bloquer les vallées et provoquer l'aggradation du fond de la vallée (Montgomery et Abbe 2006). De même, les rapports faible largeur / bois favorisent la formation de barrages d'embâcles, qui forcent la dissection de la plaine d'inondation par des canaux de débordement et augmentent les niveaux d'eau en amont des obstacles. Les taux de sédimentation et de transport de matière organique en amont sont fortement influencés par la dynamique des barrages d'embâcles (Assini et Petiti 1995, Sear et al 2010)."

Extrait de Brown et al 2018, art cit, droit de courte citation.
 

Une deuxième caractéristique est le style instable du lit : cours d'eaux en anastomoses ou anabranches, avec de nombreuses chenaux, formant et déformant connexions entre ces bras, ce que permet la faible incision (enfoncement) du lit par rapport à la plaine alluviale. Ces bras dessinent un réseau complexe et changeant rapidement de place. Le Narew (Narou), rivière de l'ouest de la Biélorussie et du nord-est de la Pologne, affluent de la Vistule, donne un exemple aujourd'hui préservé de telle rivière (cf illustration ci-dessus).

Cette configuration du lit en tresses (multicanaux) fut le style fluvial dominant dans les zones de plaines. Le passage au chenal unique a été le fait d'une évolution multimillénaire allant de l'âge du Bronze au Moyen Âge. Il y a eu disparition progressive des forêts pour créer des espaces agricoles de pâture ou de culture (en deux phases majeures, 2500-2000 BP puis 1500-1000 BP), drainage des bras secondaires, augmentation du taux d'envasement des bancs par des sables cohésifs, des limons et des argiles, apparition de terrasses et de levées sur les berges, incision du lit progressivement unique dans le sol érodable, apparition de méandres (forme tardive et non originelle du style fluvial).

"Vers 2200 ans BP, notent les chercheurs, les alluvions induites par l'homme avaient modifié la morphologie et l'écologie des plaines inondables et des chenaux dans toute l'Europe tempérée, et les plaines inondables étaient largement utilisées pour l'agriculture (Brown 1997a, Stobbe 1996). Vers 1700 BP (fin de l'époque romaine), les zones humides les plus naturelles de la plaine inondable ont été drainées, sinon elles le furent vers 1200 BP (première période médiévale). Une seconde transformation a été la création de systèmes de puissance basés sur les plaines inondables par les 900-600 BP (du XIe au XIVe siècles), qui ont été construits, contrôlés et entretenus par des professionnels spécialisés (arpenteurs ou levadiers) pour les moulins et l'ingénierie hydraulique (Rouillard 1996). Sous le système féodal européen, les plaines d'inondation et les canaux étaient immensément importants et réglementés. Cela comprenait des règlements sur la protection des berges, l'entretien des chenaux, les pêches, l'évacuation des eaux usées, le fauchage des plaines inondables et les inondations contrôlées connues sous le nom de 'warping' dans certaines parties de l'Angleterre (Lewin 2013)".

Antony G. Brown et ses collègues soulignent que les moulins ont participé à cette reconfiguration des lits. On note une densité assez forte de 1 à 3 moulins par km linéaire dans les régions les plus peuplées. Certains, comme ceux étudiés sur les rivières Culm et Erft, ont d'abord utilisé d'anciens bras secondaires naturels pour les transformer en biefs.

Alors que les humains s'affairaient au bord des rivières, ils faisaient aussi disparaître d'autres constructeurs des hydrosystèmes : les castors. "Au cours de la période médiévale, les autres principaux ingénieurs des voies d'eau européennes et des zones humides - le castor eurasien - ont été chassés à la quasi-extinction (Wells et al 2000). Les territoires ont été réduits à une fraction de leur extension maximale du Quaternaire (Coles 2006) et dans de nombreux pays, les populations ont été éradiquées au XVIe siècle, avec une survie isolée dans quelques forêts protégées des périphéries de l'Europe comme la Scandinavie, Pologne de l'Est et Russie (Halley et Rosell 2003). Un tel impact, parallèlement aux changements de canaux induits par l'homme, a vraisemblablement contribué aux structures monocanaux enserrées de berges qui prévalent dans la plupart des rivières européennes à ce jour".

Cette évolution a concerné les petites rivières comme les plus grandes : "La contraction des formes multicanaux à des configurations à canal unique est non seulement commune aux petits cours d'eau, mais aussi aux rivières de taille moyenne; des exemples incluent la Tamise moyenne et inférieure (Sidell et al 2000, Booth et al 2007), la Severn et ses affluents au Royaume-Uni (Brown et al 1997), la Seine, la Moselle et l'Isère en France (Mordant et Mordant 1992), la Weser, Werra et Ilme et de nombreuses autres plaines inondables en Allemagne (Hagedorn et Rother 1992, Girel 1994, Stobbe 1996, Zolitschka et al 2003). Elle s'applique également aux sections du bassin des plus grands fleuves européens tels que la Vistule (Starkel et al 1996; Maruszczek 1997) et le Danube, l'un des meilleurs exemples se trouvant près de Bratislava dans le bassin de Linz (Pišŭt 2002). Un facteur supplémentaire avec ces rivières était les améliorations nécessaires pour permettre un plus grand trafic fluvial après l'adoption des bateaux à vapeur (Hohensinner et al 2011). La réduction de la complexité produite par les canaux secondaires et la prévention de l'avulsion étaient l'objectif principal de tous les schémas de canalisation des grands fleuves européens de la fin du XVIIIe au début du XXe siècle (Petts et al 1989)".

L'hydronymie (noms relatifs à l'eau) peut apporter une contribution à l'étude de l'évolution de ces rivières et zones humides associées. Par exemple, en français, des noms comme Loire, Loir, Loiret et Ligoure contiennent l'élément liger, version latinisée du gaulois liga qui réfère directement au limon et à l'alluvion. La même remarque vaut pour des noms comme Brian, Briance, Brienon ou Briou, dérivés de la boue. D'autres hydronymes comme Bèbre, Beuvron, Bibiche, Bièvre révèlent la présence ancienne du castor (bebros).

Enfin, les chercheurs soulignent que le bilan carbone de l'évolution des systèmes fluviaux est complexe à tirer : les zones inondables du lit majeur sont tantôt des puits tantôt des sources selon leur ancienneté et leur régime hydrologique.

Conclusion : "Il ressort clairement de cette étude qu'il est impossible de ramener les cours d'eau des plaines inondables de l'Europe tempérée à quelque chose qui se rapproche d'un état naturel originel ou d'un état hypothétique d'équilibre naturel par rapport à un point donné du passé." Il convient dès lors d'"éviter l'approche copier-coller utilisée dans les études à court terme qui conduisent trop souvent à des spécifications tronquées et / ou à des échecs pour des projets de restauration (Palmer et al 2009). Il est souhaitable d'étendre nos connaissances sur les états fluviaux alternatifs et leur résilience, en incluant des dynamiques à long terme et des trajectoires évolutives (Brierley et Fryirs 2016, Dearing et al 2015, Brown et al 2013, Lespez et al 2015)."

Les études géomorphologiques en Europe ont identifié un certain nombre de variantes de restauration dont plusieurs peuvent être adaptées à des modèles multicanaux et maximiser la biomasse du chenal comme des rives, apportant ainsi une contribution majeure à la biodiversité régionale.

Discussion
Dans leur travail, les chercheurs soulignent qu'à l'échelle européenne, la dépense publique totale pour améliorer les rivières pourrait s'élever à 7-9 milliards € par an. Une part non négligeable de ce budget est désormais consacrée à la restauration morphologique plutôt qu'à la lutte contre la pollution chimique de l'eau et des sédiments. Il est donc important pour l'écologie des bassins versants comme pour le bon usage de l'argent public de faire des choix avisés.

Contrairement à ce qui a souvent été avancé par l'Agence française pour la biodiversité et les Agences de l'eau, la réflexion savante est loin de produire des conclusions homogènes et robustes sur la priorité et l'utilité des choix d'aménagement de rivières en vue de les "renaturer" ou les "restaurer". C'est une démarche encore largement expérimentale, circonstancielle, où il vaut mieux se garder de postures dogmatiques et montrer une grande rigueur dans les analyses avant-après de sites pilotes. Par ailleurs, contrairement aux options retenues par la commission européenne dans la DCE (Directive cadre sur l'eau) le fait d'invoquer un "état de référence" d'un cours d'eau relève de la croyance eu égard au caractère dynamique et profondément transformé de la plupart des rivières européennes, comme à la possibilité ouverte aujourd'hui de faire évoluer ces rivières vers différents états possibles. Autant certaines mesures de baisse des polluants sont judicieuses tant ces substances chimiques représentent des risques avérés pour la santé et pour l'environnement, autant les objectifs de biodiversité et de morphologie sont plus complexes à évaluer et font référence à des dynamiques inscrites dans le temps long. La prudence s'impose donc au regard des millions de kilomètres linéaires de rivière en Europe, représentant un coût considérable d'aménagement pour des services écosystémiques pas toujours évidents à caractériser à l'issue des chantiers.

Enfin, la problématique de continuité longitudinale mobilise en France une bonne part des efforts et financements de la restauration morphologique, y compris dans des zones n'ayant pas d'enjeux biologiques grands migrateurs. Le bien-fondé de ce choix, qui conforte le modèle unique baissant la lame d'eau, faisant souvent disparaître des annexes hydrauliques comme par exemple sur le Thouet, reste à démontrer dans la plupart des cas. Et ce ne sont pas des "copiés-collés" comme ceux évoqués par les A.G. Brown et ses collègues qui y parviendront.

Référence : Brown AG et al (2018), Natural vs anthropogenic streams in Europe: History, ecology and implications for restoration, river-rewilding and riverine ecosystem services, Earth, 180, 185-205

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Rédigé par jojo

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Publié le 19 Avril 2018

 
Des saumons, des barrages et des symboles, leçons de la Snake River (Kareiva et Carranza 2017)
 Une trentaine de biologistes et écologues de la conservation viennent de publier un livre critique sur ce qu'ils estiment être des défauts ou des dérives de leur spécialité, la préservation de la biodiversité : pauvreté des données, faiblesse des modèles, excès de confiance dans certains principes devenant des dogmes, difficultés de gouvernance avec les autres parties prenantes, manque d'analyse économique des stratégies, inefficacité dans les résultats. Deux d'entre eux, Peter Kareiva et Valerie Carranza, analysent notamment le cas des saumons du bassin du fleuve Columbia et de son affluent principal, la Snake River. Depuis 20 ans, et encore aujourd'hui puisque des contentieux sont en cours, une coalition de riverains, d'environnementalistes, de kayakistes et de pêcheurs milite pour la destruction de 4 grands barrages sur la Snake River. Les chercheurs rappellent l'historique de cette situation et expriment quelques pensées critiques à ce sujet, montrant que la destruction de barrage devient chez certains un symbole et une fin en soi, au lieu de viser des solutions concrètes plus consensuelles et parvenant elles aussi à des résultats.

Le bassin du fleuve Columbia, dans la région Pacifique Nord-Ouest des Etats-Unis, a été jadis le plus productif pour le saumon royal, aussi appelé chinook ou quinnat (Oncorhynchus tshawytscha) et d'autres espèces migratrices de poissons anadromes. Dans les années 1990, il a été l'objet d'une campagne de conservation par l'Agence de protection de l'environnement (EPA), avec la désignation de 13 "unités significatives d'évolution" (evolutionarily significant units, ESU) dont 4 dans la Snake River, le plus long affluent du fleuve Columbia. Les ESU sont des populations d'organismes dont la protection est considérée comme d'intérêt pour la biodiversité.

La bassin du Columbia a vu la construction de 172 barrages de plus de 10 m au cours du XXe siècle. La Snake River est arrivée dans les années 1990 au centre de l'attention car ses populations de saumons ont été abondamment étudiées par les gestionnaires de barrages, avec des centaines de millions de dollars dépensés dans des travaux à long terme. Le saumon chinook pouvait être à l'époque "la mieux étudiée, la mieux suivie, la plus profondément modélisée et la plus ardemment défendue des espèces protégées dans le monde", soulignent les chercheurs. Les barrages les plus iconiques de la Snake River (Lower Granite, Little Goose, Lower Monumental, Ice Harbor) sont récents (construits entre 1962 et 1975) et de grande dimension (plus de 30m).

A partir des années 1980, un modèle du saumon appelé PATH (Plan for Analyzing and Testing Hypotheses) avait été développé en mode participatif, permettant à toutes les parties prenantes (tribus indiennes, environnementalistes, pêcheurs, chercheurs, usagers) d'y ajouter des critères d'intérêt pour sa conservation. Ce modèle pouvait tourner avec plus de 5000 permutations sur ses paramètres. Curieusement, personne ne se souciait plus de savoir si les trajectoires proposées par ce modèle à différentes hypothèses avaient encore le moindre sens en dynamique des populations réelles. Une des bizarreries découvertes par P. Kareiva (alors directeur scientifique du National Marine Fisheries Service) était que si l'hypothèse d'effacement des barrages prédisait davantage de saumons, toutes les sorties du modèles prévoyaient de toute façon une tendance à l'accroissement de la population! "PATH obscurcissait la biologie des populations, était sur-paramétrisé par rapport aux données, et était impossible à pénétrer, plus encore à expliquer".

Malgré cette confusion dans les connaissances, à la fin des années 1990, le saumon de la Snake River a été transformé en cause nationale par un collectif rassemblant des pêcheurs et environnementalistes (Sierra Club, Trout Unlimited, American Rivers, National Wildlife Federation). L'opération a culminé avec des pleines pages de publicité dans le New York Times en octobre 1999, annonçant notamment que sans la destruction rapide des barrages "le saumon chinook sauvage de la Snake River, un jour l'une des plus grandes courses de ce type dans le monde, sera éteint 2017" (image ci-dessus, DR)

Peter Kareiva et Valerie Carranza font observer : "nous sommes en 2017 au moment où nous écrivons, les barrages sont toujours en place, et les nombres de saumons chinook de printemps / été sont bien plus élevés qu'à l'époque où cette prophétie sûre d'elle-même a été publiée" (graphique ci-dessous).

Dévalaison du saumon chinook au Lower Granite Dam 1980-2016, illustration in Kareiva et Carranza 2017, art cit, droit de courte citation
 

Peter Kareiva et Valerie Carranza ne doutent pas que le collectif de défense du saumon chinook était bien intentionné et que les barrages du bassin de Columbia ont causé un déclin historique des saumons. Mais "le problème est qu'un enjeu complexe de management d'une espèce et d'une rivière a été réduit à une simple bataille symbolique - une bataille impliquant le choix entre des barrages diaboliques et la perte d'une espèce iconique".

En fait, s'il est indéniable que les grands barrages de la Snake River ont dégradé la condition des saumons, celle-ci était déjà affaiblie par de nombreuses autres causes : excès de prélèvement, prédation des juvéniles par des espèces exotiques, dégradation d'habitats, précédents barrages, sans parler des conditions dans l'estuaire et dans l'océan. Les gestionnaires de la Bonneville Power Authority ont investi lourdement pour obtenir une survie maximale des pré-smolts et smolts dévalant - 1,8 milliards de $ entre 2001 et 2013. Le taux de survie en dévalaison atteint ainsi 86 à 100% selon les techniques employées. Un nouveau modèle en remplacement de PATH, le Cumulative Risk Initiative, plus centré sur la biologie des populations, a par ailleurs désigné sur le bassin du fleuve Columbia les zones où des améliorations à moindre coût étaient susceptibles de produire le maximum d'effet. Aucune action à échelle de bassin n'a cependant été programmée pour le moment, en partie parce que l'attention reste centrée sur le conflit "pour ou contre" les barrages.

Le débat scientifique depuis une quinzaine d'années s'est pour sa part orienté sur le thème de la "mortalité différentielle retardée" (delayed differential mortality), une nouvelle hypothèse selon laquelle les difficultés de dévalaison par rapport à des conditions naturelles entraîneraient une mortalité supérieure en mer. Manière de dire, à nouveau, que détruire les barrages serait quand même mieux. Mais cette hypothèse ne fait pas consensus en recherche et elle est difficilement testable, étant donné les autres perturbations de la phase océanique du saumon et les faibles connaissances à leur sujet.

Pour Kareiva et Carranza, "les procès sans fin, les publicités environnementales catastrophistes, la controverse scientifique sur la mortalité différentielle retardée reflètent un problème mal posé. La question plus large est de savoir ce que le public veut pour les rivières du Nord-Ouest, et comment on parvient alors au mieux à cet objectif. Au lieu d'avoir cette discussion de manière transparente et inclusive, le décret sur les espèces menacées (Endangered Species Act) est instrumentalisé comme un moyen de se débarrasser des barrages - peut-être parce qu'il est vu comme le seul moyen disponible. Si à la fin le saumon est vraiment sauvé, alors l'effort sera un succès au point de vue de la conservation. Mais il est devenu clair que la conservation du saumon est utilisée comme "moyen d'une fin" (effacement de barrage) et non comme une "fin" en soi".

Le problème évident sur la Snake River comme ailleurs est la diversité des visions de la rivière : "La rivière est importante pour le loisir, la pêche, le transport, l'irrigation, l'hydro-électricité et bien sûr le saumon. Il est hors de doute que la folie des barrages construits au XXe siècle a décimé des populations de saumons et déséquilibré les fonctions naturelles de la rivière. Les barrages ont transformé des rivières sauvages et spectaculaires en systèmes hautement aménagés mettant en danger une espèce iconique. Mais ils ont aussi produit des réservoirs pour l'irrigation, des transports peu coûteux pour le blé, de l'énergie propre et bon marché."

"On a besoin de solutions, pas de symboles", concluent les chercheurs. Tous les barrages ne disparaîtront pas, de nouveaux seront probablement construits, le choix manichéen "des poissons ou des barrages" n'est pas une manière durable d'aborder la conservation et d'obtenir des résultats.

Discussion
Les Etats-Unis ont lancé une politique de démantèlement des barrages à visée écologique bien avant l'Europe, à partir des années 1970 et 1980, dans le sillage de plusieurs engagements fédéraux. Environ un millier de chantiers ont été menés depuis, la plupart concernant des ouvrages de dimension petite ou moyenne (2 à 15 m), avec quelques grands ouvrages comme sur l'Elwha.

Le retour critique de la recherche est donc intéressant à l'heure où la France prétend copier les choix américains toujours avec 20 ans de décalage, cette fois dans le cadre de sa réforme dite de "continuité écologique" et dans l'exécution de programmes publics sur les grands migrateurs (saumon, anguille). Ce retour est aussi utile alors que sur certains chantiers eux aussi très symboliques,comme la sauvegarde du saumon de l'axe Loire-Allier. Quarante ans d'efforts publics ne semblent pas porter de fruits très convaincants, sans que les acteurs éprouvent le besoin d'un recul et d'une analyse scientifique serrée sur les prédictions faites, les mesures prises et les résultats observés.

Plusieurs travaux récents (voir en fin d'article) montrent que les destructions d'ouvrages sont conflictuelles aux Etats-Unis et que le suivi de leurs effets est souvent défaillant - ce dernier point fait partie des reproches régulièrement adressés à la conservation de la biodiversité, à l'heure où elle demande d'engager des efforts publics, mais doit produire en face un degré raisonnable de certitude sur les résultats attendus. Hélas, on a montré qu'en France aussi, les travaux sur la morphologie des rivières ne font pas l'objet d'évaluation sérieuse alors même qu'ils prennent des parts croissantes dans le financement public de l'eau (Morandi 2014); de même que l'appréciation de l'intérêt des effacements de barrage est le fait d'une expertise technique et scientifique limitée à certaines spécialités, ce qui ne reflète pas l'ensemble des enjeux écologiques, a fortiori sociaux (Dufour et al 2017).

Le contexte socio-culturel nord-américain est plus favorable que celui de l'Europe à la destruction des barrages. D'abord, les acteurs sociaux n'ont pas le même poids, les pêcheurs de salmonidés comme les kayakistes, canyoners et adeptes de l'outdoor sont plus nombreux, organisés et donc puissants, les peuples premiers des tribus indiennes réclament des droits sur les usages traditionnels des rivières (dont les pêches). Ensuite, au plan symbolique, les enjeux de conservation du patrimoine et d'historicité du paysage sont moins à l'esprit d'une société nord-américaine beaucoup plus jeune que la nôtre. De surcroît, il existe un mythe états-unien de la nature sauvage (wilderness), co-développé dès le XIXe siècle avec celui de la frontière de l'Ouest, populaire chez les élites aussi bien que dans des classes modestes. Cette wilderness est à la fois la représentation valorisée d'une nature libre où l'homme ne fait que passer, en même temps qu'elle s'appuie sur la mise en scène esthétique de certains paysages grandioses. On ne trouve pas beaucoup cette culture du sauvage en Europe, dont l'idéal pluriséculaire est plutôt celui de la nature maîtrisée, aménagée ou cultivée. Enfin, même si les projets de démantèlement sont beaucoup soutenus par les incitations fédérales (comme en France par l'administration centrale), les Etats-Unis ont une culture de l'efficacité économique qui les rend plus pragmatiques : davantage que l'écologie en soi, ce sont souvent des risques de sécurité ou des coûts d'assurance qui motivent les gestionnaires à abandonner des ouvrages non rentables ou trop cher à entretenir. De même, les choix politiques plutôt favorables à la poursuite du fossile comme l'abondance de couloirs venteux (favorables à l'éolien) et de régions très ensoleillées (favorables au solaire) ne font pas de l'hydro-électricité un enjeu de même portée aux Etats-Unis qu'en Europe, où les politiques publiques favorisent toutes les ressources renouvelables, y compris si elles sont modestes.

Quelles que soient les différences entre les Etats-Unis et l'Europe, la critique de Kareiva et Carranza s'adresse d'abord aux chercheurs, techniciens, planificateurs et gestionnaires de la biodiversité. L'écologie étant devenue une politique publique parmi d'autres, ce n'est plus avec des symboles que l'on doit raisonner, mais avec des connaissances, des objectifs et des contraintes. Cela suppose une rigueur dans les diagnostics, dans les choix, dans les suivis. Egalement une recherche de solutions pragmatiques avec les parties prenantes. Cela vaut pour la politique de l'eau qui sera engagée en France, entre conservation ou "restauration".

Référence : Kareiva P, Carranza V (2017), Fealty to symbolism is no way to save salmon in Kareiva P, Marvier M, Silliman B (2017), Effective Conservation Science: Data Not Dogma, Oxford UP, 98-103

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Publié le 18 Avril 2018

Quel projet de territoire pour l'agglo du Mont-Saint-Michel ?
Quel projet de territoire pour l'agglo du Mont-Saint-Michel ?

David Nicolas, président de l'agglomération Mont-Saint-Michel-Normandie, ainsi que les élus présentent le projet de territoire ce mardi 17 avril 2018 à Isigny-le-Buat (sud-Manche).

- Pierre-Maxime Leprovost
Le

Les élus, institutions, experts habitants de la communauté d'agglomération du Mont-Saint-Michel-Normandie ont défini une stratégie de développement pour la décennie à venir. Une restitution publique de ce projet de territoire est organisée ce mardi 17 avril 2018 à Isigny-le-Buat (sud-Manche).

Quel sera le projet de territoire du sud-Manche ? Les élus de la communauté d'agglomération du Mont Saint-Michel-Normandie ont dû plancher sur la question, mardi 17 avril 2018, à Isigny-le-Buat. Fruit d'un travail de réflexion de près d'un an, élus, institutions, experts et habitants ont donc défini la stratégie de développement de l'agglomération pour la prochaine décennie. "Ce projet de territoire n'est toutefois pas un support gravé dans le marbre, explique David Nicolas, président de la communauté d'agglomération. Il est destiné à être ajusté et revu régulièrement en fonction des évolutions futures". Pour marquer l'aboutissement de cette démarche, une restitution publique, ouverte aux habitants, aura lieu ce mardi 17 avril 2018, à l'Espace culturel d'Isigny-le-Buat. Parmi les enjeux majeurs, l'on trouve la santé et l'emploi. Une problématique liée à l'attractivité.

 

 

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Publié le 17 Avril 2018

Lutte contre les frelons asiatiques. Près de Landivisiau, l’apiculteur invente un piège révolutionnaire

À Locmélar, près de Landivisiau (Finistère), l'apiculteur Denis Jaffré vient de concevoir un nouveau piège pour en finir avec le frelon asiatique. Son invention est brevetée.

L’apiculteur Denis Jaffré présente son piège destiné au frelon asiatique. (©Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon.)

A Locmélar, près de Landivisiau (Finistère), l’apiculteur Denis Jaffré vient de mettre au point un astucieux piège à frelon asiatique. Et peu coûteux, sous la barre des 10 euros. 

Au premier abord, son invention est simple. Son piège est composé de deux petits bacs en plastique superposés l’un sur l’autre. Celui du dessous contient un appât protégé par un grillage. Au dessus, le second bac possède deux cônes en métal déployé pour permettre la capture des frelons asiatiques. « Mon piège reprend tout simplement le principe de la nasse », présente Denis Jaffré, également co-président de l’Association action anti-frelon asiatique. 

Perte de 35 ruches en 2016 à Brest et à Roscoff

Son invention découle de plusieurs années d’observation de ce nuisible.

Je suis le frelon asiatique depuis son arrivée en Bretagne, il y a plus de 10 ans. C’est d’ailleurs moi qui ai identifié le premier nid à Saint-Malo.

Son combat s’est intensifié, il y a deux ans, après la perte de 35 ruches à Brest et à Roscoff. « Mes 35 colonies d’abeilles ont été complètement anéanties. » 

Le frelon asiatique est devenu le fléau des apiculteurs. (©La République de Seine et Marne)
En lice pour le concours Lépine 2018

Il met alors les bouchées doubles pour concevoir un piège efficace.  La sélectivité est rendue possible grâce aux deux cônes réalisés en un fin métal déployé. Ils permettent ainsi aux autres insectes de ressortir rapidement du piège. 

En effet, ces deux cônes font toute la singularité de son invention et sont protégés par un brevet. Fin avril 2018, il ira à Paris les présenter au concours Lépine.

Ensuite, Denis Jaffré compte les faire fabriquer en série par une entreprise de plasturgie de Morlaix. « Le modèle définitif est validé. Je dois encore lever certains freins administratifs. Si tout se passe comme prévu, la production devrait démarrer dans deux mois. »

Appel aux dons

Denis Jaffré doit auparavant réunir la somme de 24 000 euros pour la fabrication du moule des cônes. Il songe à ouvrir une campagne de financement participatif. Pour l’heure, le choix de la plateforme n’est pas arrêté. « J’espère la lancer le plus tôt possible. L’objectif est d’enregistrer des pré-commandes. En attendant, j’ai déjà reçu 1 000 euros de dons. »

Denis Jaffré signale que la Ville de Brest a déjà pris contact avec lui pour tester son piège. Que le Pays de Morlaix a aussi manifesté son intérêt. Avec son piège, Denis Jaffré ne s’adresse pas directement aux particuliers mais aux associations et groupements d’apiculteurs et aux mairies, communautés de communes.

Dans le Finistère mais aussi en Bretagnela fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles oeuvre également dans ce domaine.  

Infos pratiques. 
Rens. : http://anti-frelon-asiatique.com ou par mail : vespavelutinabzh@orange.fr

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Publié le 16 Avril 2018

La feuille de route du Sud-Manche sera présentée aux habitants le 17 avril

À quoi va ressembler le Sud-Manche? Mardi 17 avril, à Isigny-le-Buat, la communauté d'agglomération Mont Saint-Michel - Normandie va présenter son projet de territoire.

Conçu par les élus communautaires, les maires, les habitants, les associations, les experts, ou encore les institutions, ce projet de territoire cadre la stratégie de développement de l’agglomération Mont Saint-Michel – Normandie pour les prochaines années. (©Communauté d’agglomération mont Saint-Michel – Normandie)

Quels objectifs se fixe le Sud-Manche à l’horizon de 2030? Comment développer le territoire? Quels sont ses valeurs? Quelles actions y sont envisagées ? C’est à toutes ces questions que répond le projet de territoire de la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel – Normandie. 

Cette feuille de route sera présentée aux habitant mardi 17 avril, à 20 h 30, à l’espace culturel d’Isigny-le-Buat.

D’ici à l’horizon 2030

« Fruit d’un travail de réflexion de près d’un an, le projet de territoire définit les grands enjeux de demain pour la communauté d’agglomération », présente-on à l’Agglo.

« Le projet de territoire, pouvant  se décliner jusqu’à l’horizon 2030, est destiné à faciliter la lisibilité de l’action intercommunale à l’égard de la population, des élus, des services, des associations, des entreprises mais aussi des partenaires institutionnels. »

Mardi 17 avril 2018, réunion publique de présentation du projet de territoire, à 20h30, à l’espace culturel d’Isigny-le-Buat. Ouvert à tous. 

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Publié le 16 Avril 2018

Biodiversité : la première agence régionale est lancée
 

 

 

La première agence régionale de la biodiversité (ARB), celle de l'Ile-de-France, a été officiellement lancée le 12 avril. Sa vocation est d'apporter un appui concret aux élus locaux. Bonnes pratiques, mise en réseau des acteurs, nouvelle fonction d'ingénierie territoriale, formation et pédagogie, ses missions sont variées et à la mesure de la grande diversité du territoire francilien.

La convention de création de la première agence régionale de la biodiversité, celle de l'Ile-de-France (ARB IdF), a été signée le 12 avril dans le siège de cette région, en présence de sa présidente Valérie Pécresse. "C'est la première ARB opérationnelle sur le territoire français : sa mission consiste à faciliter la coordination des actions entre les acteurs et à apporter un appui concret et technique aux élus locaux", a expliqué l'élue régionale. Rattachée et installée dans les locaux de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Île-de-France (IAU IdF), cette nouvelle structure intègre notamment les équipes et les missions de Natureparif. Elle est aussi portée par l’Agence française pour la biodiversité (AFB) "avec qui elle va travailler en coopération permanente".
L'ARB IdF bénéficie également du soutien de l’État et de l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Et son cercle est amené à s'élargir à l'heure où se constitue son comité des partenaires ouvert aux communes, départements, EPCI, associations et fédérations, gestionnaires des aires protégées (PNR), etc. Présentée comme une "plateforme de coopération renforçant les missions de services publics des organismes" avec qui elle va travailler, l’ARB IdF va aussi contribuer activement à la relance de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB 2011-2020), dont la montée en puissance n'est pas aussi rapide qu'escompté et qui doit être réactivée à mi-parcours (voir notre article dans l'édition du 30 janvier 2018). Pour Christophe Aubel, directeur général de l'AFB, il est dans la nature de ces agences régionales de jouer à fond "la carte des complémentarités".
Enfin, l'un de ses cœurs de mission est d'évaluer l’état de la biodiversité et de suivre son évolution. Un défi à fort enjeu sur ce territoire, le plus peuplé et le plus urbanisé de France, qui a perdu la moitié de ses milieux humides en cinquante ans et 21% de ses oiseaux en quinze ans. Les milieux naturels y sont très fragmentés, les sols imperméabilisés et les pressions sur la biodiversité constantes.

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Publié le 15 Avril 2018

Cette fois on y est : les barrages hydroélectriques vont être bradés aux requins du privé !
 
 
 
 
 

image: https://www.cadoitsesavoir.fr/wp-content/uploads/2018/04/1959597896-fa655.jpg

De quoi se nourrit Hulot ? Ben de couleuvre pardi ! Cette fois, c’est la privatisation des barrages hydroélectriques qu’il a annoncée à l’Assemblée nationale. Eh ! Nicololo, ça va finir par te faire mal au fondement… Son patron, Jupitounet, est finalement bien le fils putatif de Flamby : c’est en effet sous Hollande, Valls et Royal que cette konnerie totale a été décidée. Pour obéir à une injonction de cette Union européenne dont la dérive ultralibérale actuelle met en rogne jusqu’à ses plus fidèles partisans.

Dans son fumeux « programme national de réforme », le capitaine de pédalo laissait écrire : « S’agissant de l’exploitation des installations hydroélectriques, le renouvellement des concessions par mise en concurrence sera privilégié. Le périmètre des lots de barrages et le calendrier et les modalités selon lesquels ces lots seront concédés, notamment les modalités de participation des personnes publiques aux entités concessionnaires, sont à l’étude. » Les concessions en question arrivent à leur terme. Le gouvernement de Macron et Philippe exécute donc le programme de Valls et Hollande réclamé par la Commission européenne. Pourtant l’argument de la pression de la commission européenne, c’est de la bola : l’Allemagne n’a pas hésité, elle, à prendre des mesures fortes en la matière et à les faire accepter à Bruxelles, pourquoi la France n’essaie-t-elle même pas ?

Nous avons là, à portée de main, une énergie made in France qui pourrait être mobilisée pour soutenir vraiment les industries exposées à la concurrence internationale. Et qui est indispensable à la bonne marche de l’ensemble du réseau électrique français et européen. En effet le système électrique fonctionne comme un tout. Il doit fournir à chaque instant très exactement la quantité d’énergie en cours de consommation. S’il en produit moins ou plus, le système plante. Cette gestion fine est cruciale ! Les installations hydrauliques sont les variables d’ajustement du système électrique global. Car le flux de l’eau turbinée est très facile à maîtriser selon que l’on doit augmenter la puissance ou la diminuer. La machine démarre et s’arrête en quelques secondes, ce qui n’est pas le cas avec le nucléaire.

On compte plus de 2000 installations de toutes tailles dans le pays parmi lesquels une grosse centaine de barrages de grande taille, c’est-à-dire de plus de 20 mètres de hauteur. 400 barrages et centrales sont gérés par des entreprises à travers des « concessions » de longue durée. 80 % d’entre eux le sont aujourd’hui par EDF. Les autres sont essentiellement gérés par GDF Suez ou ses filiales, héritage du temps où GDF était une entreprise publique. Le gouvernement Philippe a donc décidé de brader la gestion de ce patrimoine national. C’est un pillage digne de celui de la privatisation des autoroutes. Le peuple français a payé pendant des décennies pour construire et entretenir ces installations hydroélectriques.

L’hydroélectricité, c’est une grande histoire française, celle de la « houille blanche » et de l’industrialisation des vallées de montagne. Des ouvrages pharaoniques qui redonnaient de la fierté et de la confiance en leur pays à tous ces Français qui sortaient de cinq années de malheur, de destruction et de honte. Ceux qui ont des cheveux blancs et un peu de bide se souviennent de la fierté nationale des mises en eaux des barrages de Génissiat, de Donzère, de Serre-Ponçon, de Tigne, de Bort-les-Orgues, de Naussac, etc. Actuellement, ces ouvrages sont parmi les piliers de la politique énergétique de la France. Les ouvrages hydroélectriques représentent 20 % de la puissance installée du mix électrique, ce qui est considérable. C’est 12 % de l’électricité des Français et 20 % de la production nationale d’énergie renouvelable ! C’est aussi 66 % de la capacité de pointe, c’est-à-dire un moyen de production flexible, disponible presque instantanément pour faire face à l’évolution structurelle de la consommation électrique. Et c’est tout cela que Macron veut brader au privé !Il y a longtemps que les gros consortiums privés louchent avec gourmandise l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques françaises. Il y a longtemps que leurs lobbies dépensent des montagnes de pognon pour arriver à leurs fins : mettre leurs sales pattes sur ce savoureux gâteau national. Parce qu’elles savent que les barrages – grâce aux investissements accomplis par des générations de bâtisseurs et avec l’argent des contribuables – sont très rentables : l’excédent brut des concessions est de 2,5 milliards par an. Ce qu’on appelle la « rente hydroélectrique » est d’au moins 1,25 milliard d’euros par an. En voilà de la belle et bonne thune à se mettre dans les fouilles !

Et ce n’est pas tout. L’électricité produite par les barrages est de loin la moins chère. De 20 à 30 euros le mégawattheure, soit nettement plus compétitive que le prix de l’électricité nucléaire historique. Cet avantage profite aujourd’hui à tous les consommateurs d’électricité puisqu’il intervient dans le calcul des coûts de production d’EDF. Mais la mise en concurrence des barrages se traduira obligatoirement par une hausse du prix de l’électricité pour nous, les consommateurs finaux !

Les « partenaires privés » n’investiront pas par philanthropie mais pour tirer des profits. S’ils agissaient autrement leurs actionnaires seraient en droit de les sanctionner et d’arguer, à juste titre, de l’abus de bien social. Ce n’est donc pas leur cupidité qui doit être mise en cause mais plutôt ceux qui leur offrent ce nouveau terrain de jeu sans aucune justification. Aucune ! Personne n’imagine que les investisseurs privés viennent pour faire des investissements. Ni qu’ils seront portés à en faire si besoin est. Car lorsqu’une opération d’entretien est à l’ordre du jour cela coûte deux fois. Une première quand il faut payer les travaux et une seconde pendant l’interruption de l’exploitation. Donc l’entretien et la sécurité qui en découle seront sacrifiés sur l’autel du profit, du pognon pris dans nos poches.

Eh ! Ceux d’entre nous qui habitent en aval de ces barrages, tenez-vous aux branches, priez si vous êtes croyants ou déménagez ! Parce que vous croyez que les fonds privés veulent produire de l’électricité propre et sure ou des flots d’argent avec ces barrages ? Vous faites confiance au privé pour entretenir et investir dans l’équipement des barrageCerise sur le gros gâteau, la Commission européenne prétend interdire à EDF de postuler pour l’obtention de ces concessions !

Décidément, il va peut-être falloir les sortir, les nettoyer, les graisser… Et faudra-t-il s’en servir ?


En savoir plus sur https://www.cadoitsesavoir.fr/cette-fois-on-y-est-les-barrages-hydroelectriques-vont-etre-brades-aux-requins-du-prive/#okA1d7hjpCBpifcz.99

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