Publié le 16 Décembre 2019

Distribution d'eau : 20% de fuites dans les réseaux depuis 2012
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Anne Lenormand / Localtis avec AFP
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Environnement

France

 

Selon la nouvelle étude sur les services publics d'eau et d'assainissement publiée ce 12 décembre par le Bipe et la Fédération française des entreprises de l'eau (FP2E), le taux de fuite s'établit à 20% depuis 2012, soit un niveau inférieur à celui de pays européens voisins. Mais des progrès sont nécessaires pour continuer à préserver la ressource, d'autant que le changement climatique risque d'aggraver les périodes de stress hydrique.

Le taux de fuite, c'est-à-dire le rapport entre volume d'eau introduit dans le réseau de distribution et le volume d'eau consommé, est de l'ordre de 20% en France, selon une étude copubliée ce 12 décembre par le Bipe, une société d'études économiques et de conseil en stratégie, et la Fédération des entreprises de l'eau (FP2E). "Si le rendement a progressé au cours des années 2000, il se situe sur la période récente autour de 80, indiquant un taux de fuite constant, de l'ordre de 20% depuis 2012", indique le document. Pour autant, il n'est pas "anormalement élevé", souligne-t-il.
"Quand on compare à l'étranger, on est vraiment à un très bon rendement", a assuré jeudi le président de la FP2E, Frédéric Van Heems. L'étude cite notamment le Royaume-Uni dont le taux de fuite est de 21%, la Belgique (27%) ou l'Italie (38%). "Ca ne veut pas dire qu'il ne faut pas continuer à progresser, c'est une moyenne", a complété Frédéric Van Heems, tout en précisant que "les spécialistes disent qu'au-delà de 85%, ça devient très difficile de beaucoup progresser". Selon l'étude, le rendement est meilleur quand le service dessert une population importante.

Baisse des prélèvements pour la production d'eau potable

"Sur les 13 dernières années, l'amélioration des taux de rendement a permis de prélever 1,1 milliard de mètres cube par an en moins dans la nature, alors que pendant la même période, la population a augmenté de 4,5 millions d'habitants", observe-t-elle également. "Les 5,1 milliards de m3 prélevés pour la production d’eau potable en France en 2016 représentent l’un des volumes les plus faibles enregistrés depuis 2000, alors même que la population a augmenté dans le même temps de plus de 5,7 millions d’habitants", est-il aussi noté. Le Bipe précise dans son étude que cette baisse des prélèvements pour la production d'eau potable "reflète plusieurs tendances" : des générations d'équipements sobres en consommation d'eau, des consommateurs plus économes en eau ou encore une structure productive en évolution.
De manière générale, "les Francais sont satisfaits des services de l'eau, mais ils marquent une certaine inquiétude", a constaté Frédéric Van Heems, notamment pour ce qui concerne les risques de pénurie d'eau dans leur région. 67% des Français la craignent en 2019, contre 59% en 2018 et 44% en 2000, selon l'étude, et ils sont plus nombreux à se dire prêts à modifier leurs habitudes de consommation : 88% sont attentifs à leur consommation d’eau et 86% se déclarent disposés à utiliser de l’eau issue du recyclage des eaux usées pour leurs usages domestiques.

Adaptation au changement climatique

"Un tiers du territoire européen est actuellement exposé au stress hydrique de façon permanente ou temporaire", précise le Bipe, définissant le stress hydrique comme le déséquilibre entre les prélèvements en eau douce et la ressource renouvelable disponible. "Dans un scénario où les mesures d'adaptation au changement climatique ne seraient pas effectives, 500 millions d'européens pourraient être concernés par le stress hydrique", précise le Bipe, selon lequel le nord-est, le centre et le sud-ouest de la France pourraient dans ce cas connaître une accentuation de ce stress hydrique qui nécessite des mesures d'adaptation. "Les prévisions de l’évolution démographique par région montrent que la population continuera d’augmenter dans des territoires en stress hydrique, donnant lieu à de possibles conflits d’usage souligne l'étude. Pour les services d’eau potable et d’assainissement collectif, comme pour d’autres services de réseaux, les enjeux locaux résident dans le dimensionnement des infrastructures, dans la mutualisation de moyens dans certains cas, ainsi que dans la gestion quantitative de la ressource."

Inquiétude sur la baisse des budgets des services d'eau et d'assainissement

L'étude attire aussi une nouvelle fois l'attention sur la question de l'évolution du modèle de financement des services d’eau et d’assainissement depuis de nombreuses années. "Les besoins de réinvestissement sont importants, notamment en matière de gestion patrimoniale des infrastructures et de mise en conformité des usines de traitement d’eaux usées, est-il relevé. Pourtant, les budgets sont en baisse. Celui des agences de l’eau a diminué de 9% en 2019-2024 par rapport à 2013-2018, baisse d’autant plus pénalisante qu’il est en partie employé à d’autres finalités que l’eau, contrairement au principe 'l’eau paie l’eau'". Le budget visant à atteindre un bon état des masses d’eau a également diminué (-21% pour le programme 2016-2021, par rapport au précédent), ajoute l'étude. Pour autant, elle estime que le faible endettement des autorités organisatrices (3,2 ans d’extinction de la dette en moyenne en eau potable et 3,9 ans en assainissement) devrait permettre à court terme de  réinvestir dans les infrastructures.
Par ailleurs, "les mesures d’accès à l’eau apparaissent encore insatisfaisantes du fait de leur manque de ciblage", pointe l'étude. Ainsi, elle constate une baisse des demandeurs du Fonds de solidarité logement (FSL) au titre de l’eau (près de 18.000 dossiers en moins entre 2013 et 2017). Parallèlement, le taux d’impayés a augmenté sensiblement à partir de 2015 pour atteindre 1,9% des factures émises en eau potable en 2017 dans les services gérés par les entreprises de l’eau.
 

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Rédigé par jojo

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Publié le 15 Décembre 2019

 
 
88 min
Disponible du 10/12/2019 au 13/06/2020
Prochaine diffusion le mardi 17 décembre à 20:50
Sous-titrage malentendant

Le prometteur marché de l’eau s’annonce comme le prochain casino mondial. Les géants de la finance se battent déjà pour s’emparer de ce nouvel "or bleu". Enquête glaçante sur la prochaine bulle spéculative.

Réchauffement climatique, pollution, pression démographique, extension des surfaces agricoles : partout dans le monde, la demande en eau explose et l’offre se raréfie. En 2050, une personne sur quatre vivra dans un pays affecté par des pénuries. Après l’or et le pétrole, l’"or bleu", ressource la plus convoitée de la planète, attise les appétits des géants de la finance, qui parient sur sa valeur en hausse, source de profits mirobolants. Aujourd’hui, des banques et fonds de placements – Goldman Sachs, HSBC, UBS, Allianz, la Deutsche Bank ou la BNP – s’emploient à créer des marchés porteurs dans ce secteur et à spéculer, avec, étrangement, l’appui d’ONG écologistes. Lesquelles achètent de l’eau "pour la restituer à la nature", voyant dans ce nouvel ordre libéral un moyen de protéger l’environnement. En Australie, continent le plus chaud de la planète, cette marchandisation de l’eau a pourtant déjà acculé des fermiers à la faillite, au profit de l’agriculture industrielle, et la Californie imite ce modèle. Face à cette redoutable offensive, amorcée en Grande-Bretagne dès Thatcher, la résistance citoyenne s’organise pour défendre le droit à l’eau pour tous et sanctuariser cette ressource vitale limitée, dont dépendront 10 milliards d’habitants sur Terre à l’horizon 2050.

Le prix de la vie
De l’Australie à l’Europe en passant par les États-Unis, cette investigation décrypte pour la première fois les menaces de la glaçante révolution en cours pour les populations et la planète. Nourri de témoignages de terrain, le film montre aussi le combat, à la fois politique, économique et environnemental, que se livrent les apôtres de la financiarisation de l’eau douce et ceux, simples citoyens ou villes européennes, qui résistent à cette dérive, considérant son accès comme un droit universel, d’ailleurs reconnu par l’ONU en 2010. Alors que la bataille de la gratuité est déjà perdue, le cynisme des joueurs de ce nouveau casino mondial, au sourire carnassier, fait frémir, l’un d’eux lâchant : "Ce n’est pas parce que l’eau est la vie qu’elle ne doit pas avoir un prix."

 
  • Réalisation :
    • Jérôme Fritel
  • Pays :
    • France
  • Année :
    • 2018

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Rédigé par jojo

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Publié le 15 Décembre 2019

VIDEO. Crise climatique : on vous explique ce que sont les "limites planétaires", que la France dépasse

Fin octobre, le ministère de l'Ecologie a publié une analyse de l'impact de la France sur le réchauffement climatique mondial, fondée sur le concept des "limites planétaires". Une grille de lecture inédite pour l'exécutif. 

 
 
 

"Face aux enjeux écologiques planétaires, dresser un état des lieux de l'environnement en France en 2019 ne peut se limiter au seul territoire national." C'est ce que défend le rapport sur l'état de l'environnement publié le 24 octobre par le ministère de la Transition écologique, qui y analyse "l'impact global de la France sur les ressources" mondiales, à travers des "limites planétaires". Ce terme, utilisé pour la première fois par l'exécutif, permet d'évaluer la contribution de la France au réchauffement climatique mondial et aux diverses atteintes à la biodiversité. C'est "indispensable pour conduire une transition écologique utile à la planète", a défendu la ministre Elisabeth Borne. A l'occasion de la COP 25, qui a démarré lundi 2 décembre à Madrid (Espagne) et qui se termine vendredi, franceinfo revient sur cette nouvelle grille de lecture.

Emissions, extinctions, acidification…

"Il s'agit de limites physiques, que l'humanité doit s’astreindre à respecter, si elle ne veut pas compromettre les conditions favorables dans lesquelles elle a pu se développer", détaille le rapport du ministère. Au nombre de neuf, elles concernent les processus suivants : le changement climatique, l'érosion de la biodiversité, la perturbation des cycles biogéochimiques de l'azote et du phosphore, les changements d'utilisation des sols, l'acidification des océans, l'utilisation de l'eau, l'appauvrissement de l'ozone stratosphérique, l'augmentation des aérosols dans l'atmosphère et enfin l'introduction d'entités nouvelles dans la biosphère. Elles ont été définies par une vingtaine de scientifiques en 2009, dans un article publié par la revue Nature (en anglais).

Plus tard, elles ont été reprises par l'ONU, l'Agence européenne pour l'environnement et la Commission européenne, comme le souligne la Fondation Nicolas Hulot. "Aidez-nous à défendre la science qui montre que nous déstabilisons notre climat et dépassons les limites planétaires à un degré périlleux", avait déclaré le secrétaire général des Nations unies de l'époque, Ban Ki-moon, en 2011.

La France, mauvaise élève

A l'échelle mondiale, les quatre premières limites sont dépassées. Le taux d'extinction d'espèces est plus de 10 fois supérieur au seuil fixé par les scientifiques, et les surfaces forestières sont "insuffisantes pour la régulation du climat". Quand on regarde plus en détail les responsables de ce "franchissement [qui] serait susceptible de faire basculer le système terrestre vers un autre état aux conditions défavorables pour l'humanité", souligne le rapport du ministère, la France fait office de mauvais élève.

Si le monde entier vivait comme les Français, il aurait consommé l’équivalent des capacités de régénération des ressources biologiques de 2,9 Terre.

ministère de la Transition écologique

dans son rapport 2019 sur l'état de l'environnement

Franceinfo est partenaire de la consultation "Agissons ensemble pour l'environnement" avec Make.org. Si vous souhaitez y participer, vous pouvez proposer vos idées et voter sur celle des autres participants dans le module ci-dessous.

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Rédigé par jojo

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Publié le 14 Décembre 2019

13/12/2019

Observations sur un nouvel indicateur de naturalité des cours d'eau
 
L’Observatoire national de la biodiversité annonce qu'il incorpore un indicateur de naturalité des cours d'eau aux 89 autres critères pour analyser l’état de la biodiversité en France et sa prise en compte par la société. Nous montrons ici qu'au regard de cet indicateur, au moins 65% des rivières françaises auraient dû être classées en "masses d'eau fortement modifiées" au titre de la directive européenne sur l'eau, et non pas 10% comme aujourd'hui. Si des classements de conservation de milieux très peu impactés doivent être créés – ce qui n'est pas absurde en soi –, ils concernent moins de 10% des cours d'eau au regard de la mesure de leur faible modification par le nouvel indicateur. Par ailleurs, nous rappelons que cette naturalité, concept non scientifique, n'est pas en lien nécessaire avec la biodiversité : l'écologie montre que tous les milieux ou presque ont été modifiés depuis le néolithique, mais aussi que certains milieux d'origine artificielle peuvent être des réservoirs de biodiversité rare comme ordinaire. Nous soulignons enfin que les acteurs administratifs écoutent certaines attentes sociales (ici le label privé "Rivières sauvages") mais pas d'autres (celles des associations demandant l'étude et la reconnaissance de l'intérêt des milieux aquatiques d'origine humaine). Il y a une urgente nécessité de débat démocratique en France sur le sens de ces indicateurs techniques et sur les usages que nous, citoyens, voulons en faire sur chaque rivière. 
 


L'Observatoire national de la biodiversité, instance administrative rattachée au CGDD et au ministère de l'écologie, précise sur son site :

"Un premier indicateur vient illustrer le degré de naturalité des cours d’eau. Un cours d’eau naturel est une rivière sur laquelle on ne trouve aucune trace d’ouvrages humains (barrage, digue, bords bétonnés ...) ce qui représente en France 8,4% des rivières dites encore "sauvages", un chiffre plutôt stable."

Dans la note explicative de l'indicateur, il est exposé :

"Depuis 2011, le Cerema accompagne le projet « Rivières sauvages » pour lequel émargent via une convention les structures suivantes : le Fonds pour la Conservation des Rivières Sauvages, European Rivers Network, les Agences de l’Eau, l’Agence Française de la Biodiversité (AFB), le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Ce projet « Rivières sauvages » est parti du constat qu’en France seulement 7 % des masses d’eau sont en très bon état écologique et moins de 1 % des rivières pourraient être qualifiées de « sauvages ». Ainsi, ce constat est à l’origine de la création du Fonds pour la Conservation des Rivières Sauvages en 2010, née d’une initiative privée de naturalistes et scientifiques, pour favoriser aux niveaux national et européen l’émergence d’un réseau de rivières sauvages, grâce à la création d’une grille d’évaluation pour identifier les cours d’eau sauvages ; d’un label écologique, outil de gestion territoriale et de valorisation des rivières ; d’un fonds de dotation pour accompagner les projets et d’un réseau de rivières sauvages pour relier les acteurs de ces territoires."

Le critère est fondé sur neuf thématiques, dont cinq sont «notantes» et vont permettre d’évaluer le niveau de caractère sauvage du cours d’eau. Pour chaque critère, un système de pondération variant de un à six points a été mis en place en fonction de l’importance du critère vis-à-vis du fonctionnement global du cours d’eau et de son rôle dans la qualité écologique globale d’un cours d’eau. Chaque critère est évalué selon trois classes de notation, quantitative ou qualitative, correspondant à un niveau d’altération du tronçon : très faible altération (ou pas d’altération), faible altération et altération notable. Parmi les critères retenus : taux de rectitude contextualisé (cours d'eau rectifié, déméandré), taux de voies de communication à proximité du lit mineur, taux de digues dans le lit majeur, densité d’obstacles à l’écoulement, taux de boisement des berges (rideau d’arbres), occupation des sols et activités en fond de vallée, taux d’occupation du sol de type artificiel à proximité du lit mineur, taux de voies de communication dans le lit majeur, taux de boisement du lit majeur

La grille d’analyse (donc la notation) ne s’applique qu’aux petites et moyennes rivières, c’est-à-dire aux cours d’eau de rang de Strahler inférieur à 6 ; dont la largeur moyenne à pleins bords est inférieure à 50 mètres pour une rivière à chenal unique ou à 350 mètres pour une rivière en tresses.

Résultats

Ce tableau donne la répartition est classes de naturalité.


Ces schémas donnent la répartition par nombre de tronçons et longueur de linéaires.
 
 

Commentaires

Les deux-tiers des rivières ont reçu un mauvais classement administratif au titre de la DCE 2000. Ce critère montre que 65% des masses d'eau en France ont une morphologie qui a été fortement à très fortement modifiée par l'humain dans l'histoire. La directive cadre européenne 2000 sur l'eau prévoyait justement dans son article 5 le classement de tronçons de rivières en masses d'eau fortement modifiées, n'ayant de ce fait pas les mêmes critères d'évaluation que les autres (sauf pour le traitement de la pollution chimique, exigible partout). Normalement, les deux-tiers des rivières françaises auraient dû avoir cette classe: or, l'administration française y a recouru dans moins de 10% des cas. C'est une contradiction manifeste, risquant de pénaliser la France dans l'atteinte des objectifs de la DCE. C'est également révélateur du degré d'impréparation et d'approximation de ces questions:  pourquoi aurions-nous confiance dans une parole administrative qui dit une chose et son contraire au regard des textes et critères qu'elle-même produit?

La naturalité ne renseigne en rien sur la biodiversité. L'idée même d'un indicateur de naturalité doit faire l'objet de débat public et d'explication aux citoyens. Quasiment aucun milieu en Europe n'est naturel au sens de sauvage ou vierge, tous ont été modifiés à des degrés divers par l'humain depuis le Néolithique. Les conditions aux limites de la nature sont de toute façon altérées désormais au niveau global par le climat, qui change et changera de manière non naturelle sur deux paramètres essentiels de la vie aquatique (précipitation, température). La recherche en écologie scientifique montre depuis plusieurs décennies que nous avons sous-estimé l'ancienneté et l'intensité des modifications (voir quelques références ci-dessous). Par ailleurs, il n'y a aucun rapport de cause à effet entre un niveau de naturalité et intérêt de biodiversité: de nombreux écosystèmes aquatiques et humides classés en zones de conservation (Ramsar, Natura 2000, ZNIEFF) sont d'origine humaine, par exemple. Ce qui importe, c'est de voir au cas par cas comment le vivant s'est adapté aux milieux naturels modifiés ou non, quelles espèces sont présentes et quels services écosystémiques sont rendus.

Un classement de protection au titre de la naturalité devrait concerner moins de 10% des masses d'eau. On peut concevoir que des rivières ayant très peu d'impacts morphologiques sur le lit, les berges et une partie du bassin versant fassent l'objet d'un classement de protection, afin que cette partie des masses d'eau conservent leur fonctionnement actuel. Ce peut être d'intérêt pour la biodiversité qui y est abritée, pour la recherche scientifique, pour l'agrément (tourisme vert). C'est un choix démocratique qui doit être débattu, car un tel classement entraîne aussi un abandon pour l'avenir de certains usages d'intérêt général pour la société humaine (eau potable, énergie, irrigation) et doit normalement être assorti de protections accessoires limitant d'autres usages sans effet morphologique mais pouvant altérer des milieux (excès de fréquentation par pêche, kayak, rafting, randonnée) ainsi que des effets morphologiques sur le lit majeur (activités agricoles et urbanisation modifiant le bassin versant). Si tel doit être le cas, le classement de protection devrait concerner les 8,4% de tronçons (18.000 km) ayant un fort taux de naturalité au sens de cet indicateur.

La recherche publique et les acteurs administratifs doivent écouter tous les acteurs sociaux. La création de cet indicateur de naturalité est le fait de la rencontre entre des instances publiques (Cerema, AFB, CGDD, ministère de l'écologie) et une initiative privée (Fonds rivières sauvages). Pourquoi pas, mais toutes les demandes sociales relatives à l'écologie devraient être examinées, ce qui n'est pas le cas. Notre association a par exemple produit un rapport de synthèse de quelques travaux scientifiques et observations directes de terrain montrant que les écosystèmes aquatiques d'origine humaine possèdent aussi des biodiversité et des fonctionnalités d'intérêt, aujourd'hui négligées. Notre site rappelle régulièrement ce fait à travers des exemples. Nous avons demandé que des critères de prise en compte de cette réalité soient désormais associés à tout chantier en rivière et toute programmation de bassin versant. Aucun acteur public n'a daigné répondre à cette demande, fut-ce pour démontrer qu'elle serait infondée. Or, chaque année en France, on fait disparaître des biefs, des canaux, des retenues, des étangs, des lacs qui sont autant de milieux aquatiques et humides. L'indifférence des représentants administratifs et publics de l'écologie à la nécessité de l'examen préalable de ces milieux est aujourd'hui intenable, précisément car une abondante littérature scientifique interdit de poser une égalité simple entre la naturalité et la biodiversité.

Quelques travaux scientifiques récents montrant que biodiversité et naturalité ne sont plus synonymes
  • les biefs de moulins hébergent des moules protégées (Sousa et al 2019a)
  • les canaux d'irrigation sont colonisés par des moules menacées (Sousa et al 2019b)
  • les barrages sont à conserver et gérer pour le vivant et le débit en adaptation au changement climatique (Beatty et al 2017
  • l'indifférence et l'ignorance sur les écosystèmes aquatiques artificiels conduit à des mauvais choix de conservation biologique (Clifford et Hefferman 2018)
  • les masses d'eau d'origine anthropique servent aussi de refuges à la biodiversité (Chester et Robson 2013
  • un étang augmente la densité de certains invertébrés et la disponibilité d'eau pour le vivant (Four et al 2019)
  • plans d'eau et canaux contribuent fortement à la biodiversité végétale (Bubíková et Hrivnák 2018
  • mares, étangs et plans d'eau doivent être intégrés dans la gestion européenne des bassins hydrographiques en raison de leurs peuplements faune-flore (Hill et al 2018)
  • la fragmentation des milieux serait favorable à la biodiversité (Fahrig et al 2017, 2019)
  • un effet positif des barrages est observé sur l'abondance et la diversité des poissons depuis 1980 (Kuczynski et al 2018)
  • la biodiversité des étangs piscicoles est d'intérêt en écologie de la conservation (Wezel et al 2014)
  • les canaux servent de corridors biologiques pour la biodiversité (Guivier et al 2019)
  • la morphologie des rivières françaises est modifiée depuis déjà 3000 ans et nos choix de gestion l'ignorent (Lepsez et al 2017)
  • les effacements d'ouvrages avantagent certaines espèces mais en pénalisent d'autres et ce n'est pas correctement évalué (Dufour et al 2017)
  • l'écrevisse à pattes blanches bénéficie de la fragmentation des cours d'eau par les chutes naturelles et artificielles (Manenti et al 2018
  • des truites vivent depuis 200 générations dans un cours d'eau fragmenté (Hansen et al 2014)
  • supprimer les ouvrages des moulins à eau incise les rivières et assèche leurs lits majeurs (Maaß et Schüttrumpf 2019)
  • la moitié des rivières européennes devrait changer d'écotype d'ici 2050 (Laizé et al 2017)
  • la notion de condition de référence d'une rivière est problématique (Bouleau et Pont 2014, 2015)
  • la réalité des écosystèmes culturels questionne la cohérence de l'écologie de la restauration (Evans et Davis 2018)
  • l'écologie aquatique doit modéliser les nouveaux écosystèmes de l'Anthropocène (Mooij et al 2019)
  • les nouveaux écosystèmes révèlent la construction sociale de la nature (Backstrom et al 2018)
  • les modifications des rivières datent de 15.000 ans déjà (Gibling et al 2018)
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Rédigé par jojo

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Publié le 12 Décembre 2019

Pacte vert européen : l'équivalent du "premier homme sur la Lune" ?
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Frédéric Fortin / MCM Presse pour Localtis
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Europe et international

 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté, mercredi 11 décembre, son "pacte vert" qui vise à faire de l’Europe le premier continent "climatiquement neutre" d'ici à 2050. Cette "nouvelle stratégie de croissance", qui entend à la fois réduire les émissions et stimuler l’emploi et l’innovation, sera notamment accompagnée d’aides, à hauteur de 100 milliards d’euros, en faveur "des régions et des secteurs les plus en retard".

"Il est minuit moins cinq, mais il n’est pas trop tard", a lancé Ursula von der Leyen lors de la présentation ce mercredi après-midi au Parlement européen de son "pacte vert", adopté le matin même par le collège des commissaires européens. Ce pacte, qu’elle présentera jeudi au Conseil européen, constitue selon sa promotrice à la fois une "une vision" – celle d’être "le premier continent climatiquement neutre d'ici à 2050" – et "une feuille de route" pour atteindre cet objectif.

Il constitue également "la nouvelle stratégie de croissance" de l’Union, qui "rapporte davantage qu’elle ne retire", mais ambitionne "d’un côté de réduire les émissions" et de l’autre "de stimuler les emplois et l’innovation". Si la présidente de la Commission se dit "convaincue que les anciens modèles de croissance fondés sur les énergies fossiles et la pollution sont dépassés et déconnectés de notre planète", elle n’entend pas pour autant sacrifier à une politique de décroissance, désireuse au contraire de "réconcilier l’économie – la façon de produire, de consommer – avec la planète".

Une feuille de route "évolutive" de 50 mesures

Le feuille de route présentée comporte à ce jour une cinquantaine d’actions clés concernant de multiples secteurs : énergie, transports, agriculture, industrie, etc. Elle est "évolutive", la présidente confessant ne pas avoir encore "toutes les réponses", ce jour marquant seulement "le début du voyage", moment qu’elle a comparé au "premier homme sur la Lune" américain.

Parmi ces actions clés, on signalera notamment un appel de fonds pour soutenir le déploiement de points de recharge et de ravitaillement publics dans le cadre d’une infrastructure pour carburants alternatifs, la révision des lignes directrices concernant les aides d’État pertinentes, l’intégration des objectifs de développement durable dans le Semestre européen, une réforme de la législation relative aux déchets ou encore le réexamen du règlement sur l’utilisation des terres et leur changement d’affectation, des directives sur l’efficacité énergétique et sur les énergies renouvelables, une initiative "vague de rénovation" pour le secteur de la construction ou encore, à l’heure des arrêtés municipaux "anti-épandage", des mesures législatives visant à réduire de manière significative l’utilisation de pesticides chimiques. Mesure phare, la "première loi européenne sur le climat", qui rendra "irréversible la transition vers la neutralité climatique", sera présentée dans les 100 jours. Suivront encore la stratégie Biodiversité pour 2030, le plan d’action pour une économie circulaire, la nouvelle stratégie "De la ferme à la fourchette" pour une alimentation durable ou des mesures pour étendre les échanges de quotas d'émission à tous les secteurs concernés

100 milliards pour le mécanisme de transition juste

Comme elle l’a fait à Madrid le 2 décembre à l’occasion de la COP25, Ursula von der Leyen a par ailleurs de nouveau mis en garde sur le fait que "cette transition sera soit une réussite et juste pour chacun, soit un échec pour tous". Dans un élan quasi churchillien, la présidente a averti que cette transition sera "exigeante" et nécessitera "du temps, du soutien et de la solidarité". Aussi, afin de "s’assurer que personne ne reste à la traîne", elle a confirmé la mise en place dès le début 2020 d’un "mécanisme de transition juste", dont le "fonds pour une transition juste", qui sera présenté le 8 janvier et mobilisera investissements publics et privés, avec l’aide de la Banque européenne d’investissement, bientôt rebaptisée Banque européenne du climat. Un fonds pour lequel elle a avoué "avoir l’ambition de mobiliser 100 milliards d’euros précisément dirigés à l’attention des régions et les secteurs les plus vulnérables" dans les sept ans. Parmi elles, les régions charbonnières, Ursula von der Leyen citant en exemple la ville polonaise de Katovice, "capitale du charbon pendant plus d’un siècle" devenue "la capitale mondiale de l’action climatique" en accueillant la COP24. "Tout le monde en Europe peut faire partie de cette transition, qui ne concerne pas que le charbon ou les grandes industries", a-t-elle toutefois souligné, évoquant en particulier le cas des agriculteurs.

Les 100 milliards du fonds s’ajouteront aux 1.000 milliards d’euros sur dix ans du "plan d’investissement pour une Europe durable" déjà annoncés précédemment. À ceux qui jugeraient "ces coûts exorbitants", la présidente a évoqué en regard "celui de l’inaction, qui ne fait que croître", évoquant notamment le coût annuel des inondations (5 milliards d’euros) ou des sécheresses (10 milliards), dont les "agriculteurs sont les premiers à payer le prix". Un exemple sans doute pas pris au hasard à l’heure où s’opposent, dans le cadre des négociations du budget à long terme de l’Union, partisans des "politiques historiques", dont la politique agricole commune, et partisans des "nouvelles priorités", dont le climat.

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Rédigé par jojo

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Publié le 12 Décembre 2019

COP 25 : les contributions des États ignorent la croissance des énergies renouvelables, selon l'Irena

« Bien que les énergies renouvelables soient largement reconnues comme un outil clé dans la lutte contre le changement climatique, les engagements des [contributions déterminées au niveau national] CND ne sont pas suffisamment ambitieux pour atteindre les objectifs fixés dans l'Accord de Paris », constate l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) dans son dernier rapport, présenté lors de la COP 25, à Madrid.

Selon l'agence, les engagements pris aujourd'hui pour 2030 pourraient atteindre une capacité de 3,2 TW. Elle regrette que ces derniers se concentrent principalement sur l'électricité. « Seuls quatorze CND fixent des objectifs pour les biocombustibles liquides, onze pour le biogaz non électrique et huit pour les chauffe-eaux solaires », pointe-t-elle.

Elle déplore également que ces engagements ne prennent pas en compte la croissance du marché des renouvelables de 8,6 % par an depuis 2015, selon elle. « Compte tenu des tendances de déploiement actuelles, la capacité électrique de 3,2 TW visée par les CDN existants pour 2030 sera déjà réalisée d'ici 2022 », estime-t-elle.

L'Irena appelle à un déploiement plus élevé des énergies renouvelables. Selon elle, un alignement des CDN sur les plans nationaux ou infranationaux déjà existant permettrait d'augmenter la capacité mondiale d'énergie renouvelable pour attendre les 5,2 TW en 2030. Ce ne sera toutefois pas suffisant pour être en conformité avec les objectifs de l'accord de Paris.

Selon l'Irena, un triplement de la capacité actuelle mondial serait accessible pour atteindre 7,7 térawatts d'ici 2030.

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Rédigé par jojo

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Publié le 12 Décembre 2019

Gestion des eaux pluviales à la parcelle : l'agence de l'eau Loire-Bretagne lance un appel à initiatives

L'agence de l'eau Loire-Bretagne a lancé un appel à initiatives « Gestion des eaux pluviales intégrée à l'aménagement urbain » jusqu'au 30 mars 2020. L'objectif ? Développer des solutions pour infiltrer ou évaporer les eaux pluviales et ne plus les évacuer par des réseaux : jardins de pluie, plans d'eau, toitures végétalisées stockantes, chaussées perméables, etc.

L'appel vise les collectivités territoriales, les organismes de recherche dès lors que le projet est également porté par une collectivité, les industriels, et tout acteur économique disposant d'espaces urbanisés, les promoteurs, aménageurs, architectes, syndics, bailleurs, les associations, ou même les particuliers (dans le cadre d'une opération groupée portée par une collectivité). Les maîtres d'ouvrage pourront proposer des études et des travaux pour la déconnexion des eaux pluviales des réseaux, des actions de sensibilisation, de formation, de mise en place d'une organisation pour gérer l'eau intégrée à l'urbanisme.

L'enveloppe mobilisée est de cinq millions d'euros avec un taux de subvention maximal de 50 %.

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Rédigé par jojo

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Publié le 11 Décembre 2019

Eau potable : un baromètre annuel révèle le besoin de fluidifier la pédagogie
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Morgan Boëdec / MCM Presse pour Localtis
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Environnement

France

 

Perception des Français vis-à-vis des ressources en eau, montée en flèche des préoccupations environnementales, habitudes de consommation et malentendus persistants...  Le Centre d’information sur l’eau (Cieau) voit les mentalités des usagers évoluer entre les lignes du baromètre qu'il réalise depuis plus de vingt ans. Son édition 2019 a été présentée ce 10 décembre.

Tout le monde ne peut pas se vanter de tenir un baromètre national depuis vingt-trois ans. Ce 10 décembre, c'est fidèle au poste que le Centre d'information sur l'eau (Cieau) a présenté celui qu'il édite sur la perception des Français vis-à-vis des ressources en eau, sa qualité, sa disponibilité. Il porte aussi sur la confiance à l'égard des opérateurs qui produisent l'eau du robinet, la distribuent et des intervenants qui la contrôlent. Le crédit accordé à ces acteurs est en hausse tant à l'égard des autorités sanitaires (+2 points par rapport à 2018), des communes (+5 points) et entreprises spécialisées (+7 points). Réalisé par Kantar TNS à partir d'un échantillon de 2.508 individus sondés en suivant une logique de quotas mais aussi de stratification territoriale, ce baromètre se révèle être un outil d'évaluation utile aux collectivités grâce aux treize déclinaisons régionales dévoilées au fil de l'eau. Le baromètre breton sera présenté fin janvier à Rennes au Carrefour des gestions locales de l'eau. Pour faire connaître les autres déclinaisons locales, l'association s'appuie sur divers médias (réseau France Bleu, etc.).  

Inquiétude et malentendus persistants 

Un enseignement revient inlassablement, cette "préoccupation persistante" que la grande majorité des sondés expriment au sujet de l'avenir de la qualité des ressources en eau. Sur l'état des nappes souterraines et rivières qui s'améliore peu - les trois quarts d'entre eux pensent qu'elles sont polluées et 63% estiment que cela va encore se dégrader -, les résultats sont stables. De même pour la prise de conscience que la pollution des ressources impacte le prix du service de l’eau et pour l'acceptation d’une contribution financière afin d'en améliorer la préservation.
Ce baromètre donne aussi à voir une méconnaissance du cycle de l'eau domestique. La moitié des sondés pensent que les eaux usées sont retraitées en usine pour être transformées en eau potable. "Ce n'est pas le cas, 20.000 usines de dépollution des eaux usées les nettoient avant de les remettre dans le milieu naturel", rappelle le Cieau. Comment expliquer que perdure cette croyance dans un fonctionnement en circuit fermé ? "Le malentendu est bien ancré, tout comme celui sur le fait que la pollution des ressources impacterait la qualité de l'eau du robinet. Une influence marginale, en fait, grâce aux niveaux des traitements pour rendre l'eau potable", indique Marillys Macé, directrice générale du Cieau et par ailleurs adjointe au maire de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).

Fluidifier la pédagogie

D'autres convictions étonnent : alors qu'une large majorité (89%) sait que l'eau est traitée pour être rendue potable, les trois quarts pensent que l'eau potable existe à l'état naturel. Et près d'un Français sur deux (48%) pense que l'eau de pluie peut être utilisée sans risque sanitaire en usage domestique. Parmi eux, 45% se disent même prêts à l'utiliser pour se laver ! Le baromètre donne aussi un aperçu intéressant du niveau d'approbation des Français sur les usages qui pourraient progresser en réutilisant plus d'eaux usées traitées. Sachant que la REUT (réutilisation d'eaux usées traitées) est une pratique opérationnelle, adaptée à l'arrosage d'espaces verts (une ville comme Sainte-Maxime le pratique) voire agricoles (à Clermont-Ferrand), mais longtemps chahutée sur le plan réglementaire, ce qui a mis de nombreux projets en sommeil. Or 81% des Français seraient disposés à consommer des légumes arrosés avec des eaux usées dépolluées. "Ils le font sans le savoir en consommant des fruits importés de pays où la REUT est courante comme en Israël ou en Espagne", indique-t-on au Cieau. 57% (contre 49% en 2017) se disent aussi prêts à boire une eau du robinet qui en serait issue - une pratique pour l'heure interdite.

J'y pense et puis j'oublie 

Sur tous ces sujets de la pédagogie, le besoin d'approfondir se fait sentir. Car l'or bleu reste frappé du syndrome "j'y pense et puis j'oublie". Sur la perception qu'ont les usagers de la fragilité de la ressource, le Cieau observe qu'elle se renforce avec les épisodes de canicule. Et que la crainte de manquer d'eau, à court et moyen terme dans leur région, s'exprime davantage que l'an dernier. Mais la sécheresse passée, tient-on à nouveau vite pour acquise l'idée d'une abondance de l'eau potable ? "C'est flagrant dans la communication sur les économies d'eau : au-delà de la crise, la campagne d'information est stoppée", pointe un expert du domaine, Mathieu Jahnich. 

Invitant à s'inspirer de bonnes idées de l'étranger, ce consultant mandaté par l'Ademe cite le cas de Londres, où une campagne a pris le contre-pied en prolongeant l'effort de prévention (campagne 2012 "We are still in drought"). En provenance aussi des pays anglo-saxons, les nudges, ces outils issus des sciences comportementales qui se concrétisent à travers une signalétique "coup de pouce", une "incitation bienveillante", conservent du potentiel pour enrichir l'action publique locale. "A condition d'être bien pensés et suivis", prévient l'expert. Si des opérateurs de transports (RATP, SNCF) en testent pour inciter les usagers à des comportements vertueux (tri des déchets), c'est une denrée rare dans le secteur de l'eau. Exemple de nudge eau testé outre-Manche : ajouter sur les factures des ménages une ligne indiquant la consommation moyenne d'autres foyers du quartier pour comparer leur consommation à celle des voisins. Et ainsi éviter de gaspiller. 

Faire campagne pour l'eau du robinet

Si l'on se contente dans l'Hexagone de campagnes d'informations classiques, par exemple de l'affichage extérieur à l'initiative de collectivités comme la métropole angevine pour valoriser l'eau du robinet, il manque, glisse une responsable d'eau de Paris, une campagne d'ampleur nationale sur la consommation d'eau du robinet. Ajoutons et de financements qui pourraient y être consacrés... Les assises de l'eau clôturées cet été (voir notre article du 1er juillet) ont-elles pris la mesure du problème ? "A leur issue, le Cieau s'est vu missionner pour travailler sur cet enjeu de communication et de mise en œuvre de campagnes de sensibilisation sur une utilisation responsable et écologique de l'eau", annonce pour conclure Marillys Macé.

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Rédigé par jojo

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Publié le 10 Décembre 2019

Vezins. Deux pro-barrages devant la justice
Deux pro-barrages devant la justice

Louis Desloges est de nouveau convoqué devant le tribunal pour avoir pénétré dans l'enceinte du chantier du barrage de Vezins en mai dernier.

- Richard Zampa
Le

Louis Desloges et Victor Anfray, deux défenseurs des barrages du sud-Manche, sont convoqués à comparaître devant le tribunal de police de Coutances, lundi 16 décembre pour violation de l'interdiction de pénétrer sur le chantier du barrage de Vezins (sud-Manche).

À leur grande surprise, Louis Desloges et Victor Anfray, deux défenseurs des barrages du sud-Manche et membres de l'association Les Amis du barrage, se sont tout récemment vu remettre, par un huissier de justice, une assignation à comparaître devant le tribunal de police de Coutances, le lundi 16 décembre, en début d'après-midi.

Le motif ? Il leur est reproché de ne pas avoir respecté l'arrêté en date du 11 avril 2018, "interdisant la circulation et la pénétration dans l'emprise de la retenue de Vezins pendant les travaux (...)". Ils seront donc jugés sur ces faits, que les deux hommes ne contestent pas.

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"On observait juste les travaux à 100 m"

Seulement, Louis Desloges, "écœuré", précise "qu'il n'y avait aucun panneau (leur) interdisant d'être là. On observait juste les travaux qui se trouvaient à 100 m du côté de Saint-Laurent-de-Terregatte. En plus, il faisait beau, on s'est assis sur une botte de terre et on n'a rien fait de mal."

Il explique tout simplement que ce fameux 23 mai 2019, le jour où l'infraction a été constatée, visiblement à distance par les gendarmes de la brigade de Saint-Hilaire-du-Harcouët, il "voulait savoir ce que les ouvriers du chantier faisaient dans le fond du lac. On voyait mieux de ce côté-là, un secteur que je connais tout particulièrement." Les ouvriers s'affairaient à ce moment à la préparation du percement du barrage.

Invité à l'époque à se présenter à la brigade de Saint-Hilaire-du-Harcouët, Louis Desloges refusa, proposant aux gendarmes de venir plutôt à son domicile. De son côté, Victor Anfray s'est rendu à la convocation des autorités, mais il n'a pas signé le procès-verbal.

"C'est ridicule. On n'a rien fait de grave"

Ainsi, sept mois plus tard, les deux hommes se retrouveront à la barre du tribunal de police de Coutances pour y être jugés. "C'est franchement ridicule. On n'a rien fait de grave. Pour moi, c'est de l'acharnement", estime-t-il.

Par le passé, Louis Desloges et l'un de ses camarades avaient déjà été convoqués, cette fois au tribunal de police d'Avranches, par le procureur de la République du tribunal de grande instance de Coutances, après avoir pénétré sans autorisation dans l'enceinte du barrage de Vezins.

Le 9 mai 2019, le juge les avait condamnés chacun à 300 €, ainsi qu'à 31 € de frais de justice, pour s'être enchaînés à la passerelle du barrage de Vezins.

 

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Rédigé par jojo

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Publié le 10 Décembre 2019

 
Fonds Barnier : un décret revoit à la hausse les subventions pour les habitations
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Philie Marcangelo-Leos / MCM Presse pour Localtis
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Environnement

Habitat

France

 

Alors que le sud-est de la France vient à nouveau d’être durement frappé par de violentes inondations, un décret publié ce 7 décembre revoit opportunément à la hausse le taux de financement des travaux de réduction de la vulnérabilité pour les particuliers.    

Un décret publié ce 7 décembre au Journal officiel introduit une hausse du taux de financement des travaux de réduction de la vulnérabilité aux inondations des habitations par le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM), dit fonds Barnier, dans tous les territoires dotés d’un plan de prévention des risques d’inondation (PPRI). Afin d’inciter davantage les particuliers à leur réalisation, il est ainsi prévu d’augmenter le taux de subvention du fonds pour le porter à 80% (au lieu de 40% actuellement), en ce qui concerne les travaux relatifs à des biens à usage d’habitation. Une mesure directement tirée des dispositions adoptées dans le cadre de la loi de finances pour 2019, à la suite des inondations dans l’Aude à la mi-octobre 2018 et des annonces faites par le président de la République dans la foulée. 
Pour les professionnels, l’aide maximale attribuée demeure de 20% (sous réserve d'employer moins de vingt salariés) dans le but de couvrir les dépenses induites par les mesures obligatoires à prendre au titre d'un plan de prévention des risques naturels (PPRN) sur les biens existants exposés à un risque naturel et dans la limite de 10% de la valeur vénale du bien. Pour rappel, les biens des particuliers et des PME situés dans le périmètre d'un Papi (programme d’actions de prévention des inondations) sont également éligibles à une subvention du FPRNM. Le fonds a également la possibilité de couvrir des dépenses de comblement ou de traitement des cavités souterraines et des marnières, ainsi que certains aménagements nécessaires pour lutter contre les risques naturels aux Antilles, notamment le risque sismique.   

Pistes d’évolution

La ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne avait annoncé la publication de ce décret quelques jours auparavant lors de son déplacement dans le Var "afin de témoigner de sa solidarité envers les familles de victimes et les habitants sinistrés, ainsi que de sa reconnaissance envers les services de secours, de l’Etat, et des collectivités territoriales mobilisés sur le terrain". Un territoire à nouveau durement touché, ces dernières semaines, par deux épisodes méditerranéens causant la mort de treize personnes. A cette occasion, la ministre a réuni les élus locaux pour travailler "aux réponses concrètes" à apporter pour une meilleure prévention et gestion des risques d’inondations. Parmi ces pistes,  "il s’agira en particulier de renforcer le pré-cadrage des procédures environnementales plus en amont, de donner de la souplesse aux modifications de programmes d’actions de prévention des inondations [Papi] et de paralléliser les procédures afin de gagner en réactivité", a-elle précisé.
La mission d'information du Sénat sur les risques climatiques, présidée par Michel Vaspart (LR-Côtes-d’Armor), dont les travaux ont été rendus publics en juillet dernier, regorge de propositions. Pour sa rapporteure, Nicole Bonnefoy (Socialiste-Charente), il faut faire du fonds Barnier le "bras armé" de cette politique, et donc "renforcer ses missions et améliorer son efficacité". Mais le déplafonnement des ressources du fonds, pourtant jugé crucial par la mission pour disposer de nouvelles marges de manœuvres budgétaires, a d’emblée été exclu par le gouvernement.

 
Référence : décret n°2019-1301 du 5 décembre 2019 modifiant l'article R. 561-15 du code de l'environnement relatif à la contribution du fonds de prévention des risques naturels majeurs au financement de certaines mesures de prévention, JO du 7 décembre 2019, texte n°6.

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Rédigé par jojo

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