Publié le 31 Mars 2020

« Le fait que le climat se réchauffe crée de nouvelles pressions de sélection naturelle »

Le réchauffement climatique bouleverse profondément la biodiversité, selon Anne Charmantier, biologiste et directrice de recherche au Cefe. La hausse des températures exerce une pression sur des espèces déjà fragilisées par les activités anthropiques.

   
« Le fait que le climat se réchauffe crée de nouvelles pressions de sélection naturelle »
Anne Charmantier
Biologiste et directrice de recherche au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) à Montpellier.
   

Actu-Environnement : Cet hiver a été particulièrement doux. Quelles ont été les conséquences de ces températures anormalement élevées sur la biodiversité en France ?

Anne Charmantier : L'hiver 2019-2020 a en effet été très doux, et dans certaines régions d'Europe on a déjà vu des conséquences surprenantes sur la végétation et les animaux. Par exemple en Scandinavie, beaucoup d'oiseaux migrateurs n'ont pas migré cette année puisque les températures étaient suffisamment douces et la mer non gelée. J'étudie les oiseaux et je participe à des suivis qui ont lieu essentiellement au printemps, au moment où ils se reproduisent. Nous pensons que ce printemps sera très intéressant à étudier pour la reproduction, puisque l'hiver a été si doux. Malheureusement, depuis le début du confinement, nous n'avons plus le droit de faire du terrain. Nous n'avons pour le moment pu faire qu'une tournée de nos nichoirs à Montpellier et dans des forêts de chênes. On a observé des dates de ponte vraiment précoces. Ces constats ne sont pas non plus sans précédent, parce qu'il y a déjà eu des hivers doux qui ont mené à un printemps précoce pour la reproduction. On espère avoir des autorisations bientôt, mais pour l'instant nous n'avons pas assez de données pour conclure sur les conséquences de l'hiver. Nous nous attendons cependant à ce que, à travers toute la chaîne alimentaire, la reproduction chez les plantes et les animaux se produise plus tôt.

AE : En quelle mesure ces changements de comportement sont-ils attribuables au changement climatique ?

A. C. : Ce que l'on observe chez les oiseaux, c'est que, depuis un demi-siècle et de manière beaucoup plus accélérée depuis vingt à trente ans, on a une avancée de la reproduction des oiseaux. Ils se reproduisent beaucoup plus tôt : à l'échelle d'un demi-siècle, on a chez les mésanges une avancée de quinze jours à peu près, c'est assez conséquent, et c'est en accord avec celle du printemps pour les arbres et les insectes.

En temps normal, les oiseaux s'ajustent aux variations du climat car ils doivent synchroniser leur reproduction avec la présence de leurs proies, par exemples les chenilles pour les mésanges, afin de pouvoir nourrir leurs poussins. Certaines espèces arrivent à se reproduire plus ou moins tôt d'une année sur l'autre en fonction de la précocité du printemps. Ce que l'on observe avec le réchauffement climatique, ce sont des variations annuelles, mais également quelque chose de directionnel, c'est à dire que les oiseaux se reproduisent de plus en plus tôt.

Une autre dimension du dérèglement climatique importante à souligner, c'est qu'il se traduit non seulement par un réchauffement, mais également par des évènements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents. Nous avons étudié ces évènements et leurs conséquences sur les oiseaux et nous avons pu montrer qu'en termes de force de sélection naturelle agissant sur les oiseaux, ils jouent un grand rôle. Le fait que le climat se réchauffe pose des contraintes nouvelles pour les oiseaux et crée de nouvelles pressions de sélection naturelle. Les oiseaux sont confrontés à des conditions climatiques auxquelles ils n'ont jamais fait face. C'est un défi encore plus important à relever pour eux.

AE : Sur le long terme, quelles sont les conséquences négatives de ces changements climatique ?

A. C. : Les espèces migratrices sont particulièrement sensibles à ces effets climatiques, notamment celles qui ont de très longues migrations. Dans notre équipe, nous étudions notamment la sterne pierregarin en collaboration avec Sandra Bouwhuis l'Institut Ornithologique de Wilhemshaven en Allemagne, dont les migrations vont depuis l'Afrique tropicale et sub-tropicale, jusqu'au nord de l'Europe. Et là, les distances étant très, très longues, c'est vraiment compliqué pour les oiseaux, quand ils sont sur leur zone d'hivernage, de prédire ce qui se passe sur les zones de reproduction, en Allemagne par exemple. Souvent, ils arrivent sur leur lieu de reproduction trop tard, parce qu'ils n'ont pas pu prévoir quel était le climat dans ces zones-là. Une autre conséquence négative pour les oiseaux marins est l'effet du climat sur leur alimentation, et en particulier sur le stock de poissons. On sait que les eaux qui sont froides sont plus productives en poissons. On observe un déclin des populations chez énormément d'espèces d'oiseaux marins, parce que ces espèces n'ont plus assez de proies pour élever leurs oisillons. Ce n'est pas dû uniquement au dérèglement climatique, mais également à la surpêche. Ces deux effets combinés mettent en danger énormément de populations d'oiseaux marins.

AE : Cette année, par exemple, on a observé que certaines espèces ont changé leurs habitudes de migration. L'ONG espagnole SEO BirdLife a, par exemple, montré que 80 % des cigognes passent désormais l'hiver sur la péninsule ibérique plutôt qu'en Afrique. Pouvons-nous nous attendre à ce que ce type de phénomène s'amplifie dans les années à venir ?

A. C. : Oui, et nous pouvons déjà le remarquer. Aujourd'hui, on ne voit plus certaines espèces que l'on savait présentes pendant la migration dans certaines zones de France, comme les merles noirs ou les grives. Est-ce parce que ces espèces sont chassées, ou est-ce parce qu'elles ont trouvé de nouveaux couloirs de migration ? À quel point le changement de leurs habitudes migratrices est-il lié au changement climatique ? Des recherches sont en cours actuellement sur ce sujet. Au laboratoire de la Tour du Valat, en Camargues, les flamants roses sont étudiés dans leurs choix de migration : chez cette espèce migratrice partielle, de plus en plus d'individus décident de ne pas migrer et restent dans le Sud de la France durant tout l'hiver. Nous nous attendons à ce que les oiseaux migrateurs dans certaines zones deviennent de moins en moins migrateurs et restent dans leur zone d'hivernage. D'autres espèces vont ajuster leur chemin et le nombre d'escales qu'ils font pendant leur migration parce qu'ils vont rencontrer, notamment en Afrique, des circonstances très contraignantes.

Ce qui nous intéresse en écologie évolutive, c'est de comprendre si ces changements se font par une plasticité individuelle, c'est-à-dire par la capacité des individus à s'ajuster aux circonstances d'une année sur l'autre, ou bien s'il y a vraiment une évolution génétique, notamment chez les espèces où il y a de la migration partielle, autrement dit où certains individus sont sédentaires et d'autres sont migrateurs, comme c'est le cas chez le flamant rose. On sait qu'il y a certainement un déterminisme génétique assez conséquent. On s'attend non seulement à un ajustement des individus, mais également à une évolution génétique. En effet, pour ces espèces localisées dans des zones d'hivernage qui deviennent de plus en plus favorables à leur reproduction à cause du réchauffement climatique, la sélection naturelle va certainement favoriser ceux qui ne sont pas migrateurs.

AE : Toutes les espèces ont-elles la même capacité à se déplacer pour suivre le déplacement de leurs zones climatiques optimales ?

A. C. : Non, bien entendu. C'est vrai que les oiseaux ont, par rapport aux plantes, des capacités de dispersion plus importantes. On pourrait penser qu'étant très mobiles, ils devraient avoir des déplacements d'aires de distribution qui leur permettent de « rattraper » le printemps. Mais alors, il y a plusieurs problèmes. D'une part, les oiseaux sont souvent inféodés à un habitat. Par exemple, les mésanges vont être idéalement dans des forêts de chênes verts ou des forêts de chênes blancs. Et les arbres, eux, ne vont pas forcément se déplacer latitudinalement à la même vitesse que le réchauffement. Donc ce n'est pas possible de déplacer toutes les aires de distribution des oiseaux. D'autre part, il y a quand même beaucoup d'espèces d'oiseaux qui sont très sédentaires et qui ne vont pas forcément se déplacer pour aller explorer d'autres environnements plus favorables. Finalement, les changements d'aires de distribution d'espèces ne sont finalement pas très conséquents et ne concernent vraiment pas toutes les espèces.

AE : Le dérèglement du climat bouleverse également les interactions entre les espèces au sein des écosystèmes. Certaines changent de zones géographiques et d'autres non, ou moins vite…

A. C. : Exactement. Par conséquent, certaines espèces vont pouvoir devenir invasives. Les généralistes, qui peuvent s'adapter partout, vont peut-être, en se déplaçant, déloger des espèces socialement dominées. Ce sont des choses qui sont très difficiles à anticiper. Par exemple, l'installation dans les villes européennes de la perruche à collier n'a pas été très anticipée, parce que je pense que l'on ne se rendait pas compte qu'en laissant échapper quelques oiseaux, on pouvait avoir des colonies sédentaires de perruches à collier. Lorsque c'est arrivé, il y a une trentaine d'années, le climat n'était pas favorable à ces espèces. Maintenant, on se rend compte qu'elles sont bien ici, qu'elles installent des colonies, et qu'elles créent des problèmes par rapport aux espèces locales qui sont dominées.

AE : Est-ce que les mécanismes de plasticité phénotypique observés chez certaines espèces sont suffisants pour leur permettre de faire face à ces changements ?

A. C. : J'ai beaucoup travaillé sur la mésange bleue et la mésange charbonnière, dont la plasticité est assez bonne. Leur plasticité phénotypique leur permet pour l'instant de s'ajuster.

On observe néanmoins que dans certains pays, la plasticité n'est pas suffisante, en particulier dans des pays nordiques où le réchauffement n'est pas le même.

Ce qui peut poser problème aux oiseaux, c'est qu'ils ont l'habitude de décider de leur reproduction sur des indices qu'ils captent dans l'environnement et qui leur permettent de prédire quelle va être la chaleur printanière. Au cours de l'histoire évolutive de la plupart de ces espèces, il y a eu une sélection pour que les oiseaux utilisent des indices adéquats pour pouvoir déterminer longtemps à l'avance la bonne période. Cependant, avec le réchauffement climatique, aux Pays-Bas par exemple, les températures sont aussi froides qu'il y a cinquante ans au début du printemps, mais il y a ensuite une accélération du réchauffement. Et vers la fin de la saison, le printemps est beaucoup plus chaud qu'il ne l'était il y a trente ans. Cela veut dire que les oiseaux vont prendre appui sur des indices qui ne sont plus fiables, qui les poussent à choisir des dates de ponte inadaptées. On pense que cela explique en partie le fait que certaines populations de mésanges arrivent à mieux s'adapter que d'autres.

Une synthèse de 71 études publiée en 2019 dans Nature Communications a récemment montré que le changement climatique a peu d'effet sur la morphologie des oiseaux. Il a en revanche un effet très fort sur la phénologie. Certaines espèces sont, par conséquent, déjà en danger à cause de leur non-adaptation, ou de leur adaptation trop lente.

AE : Et quelles réponses structurelles pouvons-nous apporter pour limiter l'impact du dérèglement climatique sur la biodiversité ?

A. C. : Je pense qu'il ne faut pas essayer de résoudre le symptôme. Par exemple, le fait que certaines espèces d'oiseaux ont du mal à se reproduire parce qu'il n'y a pas assez de poissons dans les eaux qui se réchauffent, c'est un symptôme. Il faut revenir à la source du problème, donc à la surpêche, ou, dans le cadre du dérèglement climatique, aux émissions de gaz à effet de serre. C'est une question qui dépasse complètement l'étude d'une espèce en particulier ou d'un écosystème. Il faut trouver une solution à l'échelle planétaire, avec un nouvel équilibre de consommation et d'émissions de gaz à effet de serre.

1 réaction à cet article

 

c'est la sécheresse sur des périodes de plus en plus longues qui tue la biodiversité de manière durable ...
pas d'eau = pas de flore = pas de faune
En France les sécheresse sont uniquement dues à un mauvaise gestion des pluies hivernales ...
dans les Deux Sèvres nous en sommes à la quatrième période d'inondations et on manquera d'eau l'été prochain ... au niveau de Niort à la Tiffardière, depuis le 18 10 2019, la Sèvre a déjà évacué 550 millions de m3 d'eau douce vers la mer alors que le bassin reçoit annuellement 900 millions de m3 ... La Sèvre vient de rejeter en 4 mois ce qu'elle aurait du rejeter en DEUX ANS ... ça doit être la rivière de France la plus mal gérée ... et ce n'est pas fini !
On va atteindre les 60% de rejet en mer alors qu'il ne faudrait jamais dépasser les 30% ! Si tout le monde avait le bon sens de faire de faire comme les agriculteurs, des réserves d'eau l'hiver (particuliers, villes, industriels, etc ...) pour épargner les nappes phréatiques l'été on ne parlerez jamais de sécheresse !

laurent | Aujourd'hui à 08h50

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Rédigé par jojo

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Publié le 28 Mars 2020

 

Coronavirus, on nous carillonne que suite à cet épisode chaotique rien ne sera plus jamais comme avant.

 

Faisons l’effort de croire en un changement radical. Cela signifierait que, dans la future gouvernance, les lobbies n’auraient plus accès aux manettes, que des élus, nos représentants de tous niveaux qui parfois avec des Q I de taille réduite, n’auraient plus le droit de décider sans l’avis de la  population concernée, que rien ne sera tranché sans une concertation réfléchie  etc….Ce changement attendu devrait inspirer les décideurs  en conservant l’ouvrage de La Roche qui Boit ,héritage d’Albert CAQUOT  le plus grand ingénieur du siècle dernier. Un barrage qui dans le futur et par surcroit, peut rendre   d’innombrables et importants services pour la vie des gens.

.

 

   En attendant ces jours meilleurs annoncés, et pour meubler notre confinement ,je conseille à tous de s’instruire avec l’excellent documentaire suivant l’adresse ci-dessous .

Œuvre de Nicolas Ubelmann « Barrages - l’eau sous haute tension » où il est question de la mise en concession à long terme (on parle plus souvent de privatisation) d’une partie des barrages français. Vu les circonstances actuelles, le réalisateur de ce travail a décidé de le mettre en ligne gratuitement.

 Un documentaire vraiment super, plein d’enseignements à visionner entièrement.

 

 

J-L VARINOT ex responsable usines

 

 

Voici le lien https://youtu.be/mEMr2TtENto

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Rédigé par jojo

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Publié le 27 Mars 2020

 
 
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CF Objectivites à Hydrauxois

Jugement définitif de la cour d'appel de renvoi pour l'affaire moulin du Boeuf. L'administration a perdu en prétendant à l'état de ruine et elle a perdu en tentant d'empêcher une relance énergétique en rivière L1-L2. Espérons que le ton de l'administration change sérieusement sur les moulins et sur les ouvrages de rivière, les citoyens français déjà agacés n'auront probablement plus l'humeur à supporter des conneries et des gabegies de leur Etat si inefficace face aux (vraies) crises, santé aujourd'hui, économie demain, climat après-demain...

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Rédigé par jojo

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Publié le 26 Mars 2020

Arasement du barrage de Vezins. Vinci, condamnée pour favoritisme, a fait appel

La société Vinci, condamnée à 300 000 € d'amende pour favoritisme dans le cadre de l'arasement du barrage de Vezins, fait appel du jugement.

La société Vinci, condamnée à 300 000 € d'amende pour favoritisme dans le cadre de l'arasement du barrage de Vezins (Manche), fait appel du jugement sur un point technique.
La société Vinci, condamnée à 300 000 € d’amende pour favoritisme dans le cadre de l’arasement du barrage de Vezins (Manche), fait appel du jugement sur un point technique. (©La Gazette de la Manche)

La société Vinci, condamnée à 300 000 € d’amende pour favoritisme dans le cadre de l’arasement du barrage de Vezins (Manche), fait appel du jugement sur un point technique.

Condamnée en 2018 pour « atteinte à l’égalité des candidats dans les marchés publics » pour le chantier du barrage de Vezins (Manche), Vinci et deux de ses cadres condamnés avaient fait appel du jugement, pour un point technique concernant la procédure de passation des marchés publics.

Des informations avant l’appel d’offres

Pour rappel, la société Vinci Construction Terrassement a été condamnée à cette lourde amende de 300 000 €, par le tribunal correctionnel de Coutances (Manche), pour l’obtention d’un chantier de 25 millions d’euros pour la vidange de la retenue du barrage, devant démarrer à la mi-mars 2017.

En avril 2016, un cadre de Vinci avait obtenu, un mois avant le lancement de l’appel d’offres, des informations exclusives de la part d’un responsable d’Antea France, qui assurait la maîtrise d’œuvre du chantier.

Ce responsable était un ancien de chez Vinci. Après l’attribution du marché, le préfet de la Manche avait saisi, en parallèle, le procureur de Coutances pour lui faire part de ses doutes sur la régularité du marché.

Deux cadres de la société avaient alors été condamnés à des amendes de 15 000 € et 20 000 €. Ni ces derniers, ni la société ne discutaient leur culpabilité ou leur peine. Ils s’interrogeaient en revanche sur les possibles conséquences de cette condamnation sur leurs activités futures sur les marchés.

Le « doute » de l’avocat

« C’est un appel général pour un tout petit point », décrit le président de la cour d’appel de Caen, lors de l’audience du lundi 9 mars 2020, en référence au « relèvement d’interdiction automatique » de concourir sur les marchés publics, réclamé par les appelants.

Ce « relèvement » est la possibilité pour une personne frappée d’une interdiction, à la suite d’une condamnation pénale, de demander d’en être relevée.

« C’est de la précaution pure »

« C’est de la précaution pure », formule encore Me Philippe Goossens pour la défense des prévenus, dont la peine prévoyait une exclusion de la mention de la condamnation au casier judiciaire B2.

Ce bulletin, qui comporte la plupart des condamnations et décisions de justice, ne peut être délivré qu’à certaines administrations pour des motifs précis.

Malgré cette dispense de B2, l’avocat a été pris d’un « doute » à la lecture des textes encadrant la procédure de passation des marchés publics.

Crainte d’être exclu du marché public

Cette seule dispense « suffisait-elle » à ne pas risquer d’être exclu d’un marché public ?

L’avocat avait plaidé la relaxe en première instance. Il poursuit :

Se posait à moi cette difficulté majeure car il n’y a pas de jurisprudence. Je ne vois qu’une solution : le relèvement. En plus de la dispense d’inscription au B2, car c’est important d’avoir les deux pour qu’un juge administratif, par exemple, ne puisse pas remettre en cause la passation d’un marché. »

Avant lui, l’avocat général ne s’est pas opposé à ce relèvement, tout en appelant à la confirmation de la peine pour le reste.

Un avis suivi par la cour d’appel de Caen qui décide de faire droit à ce relèvement tant pour la société que pour ses deux cadres.

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Rédigé par jojo

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Publié le 26 Mars 2020

Captages d'eau : une procédure allégée pour les modifications mineures des périmètres de protection
 

Pris en application de la loi Santé de juillet 2019, un décret introduit une procédure d'enquête publique simplifiée lors de la révision des périmètres de protection des captages d’eau potable déjà existants. 

Un décret relatif à la procédure d'enquête publique simplifiée applicable aux modifications mineures des périmètres de protection des captages d'eau destinée à la consommation humaine est paru, ce 25 mars, au Journal officiel. L’introduction d'une procédure simplifiée, définie par décret en Conseil d’État, en cas de modification mineure de l’acte portant déclaration d’utilité publique (DUP) des travaux de prélèvement d’eau potable, remonte à la loi du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé. Elle s’est traduite, dans le code de la santé publique, par le nouvel article L. 1321-2-2.
Instaurés de longue date, les périmètres de protection - au nombre de trois -, en particulier vis-à-vis des pollutions accidentelles, ne sont toujours pas appliqués sur la totalité des 35.000 captages recensés et les plans d'action associés accusent un retard important. Le présent décret ne vise toutefois qu’à faciliter la modification mineure des périmètres de protection déjà existants (ou des servitudes afférentes), en allégeant la charge administrative pour les collectivités territoriales lors du processus de révision.   

Modifications mineures du périmètre de protection

Actuellement, compte tenu de la complexité et de la durée de la procédure, les périmètres de protection des captages d’eau font rarement l’objet d’une révision, même si, dans bien des cas, cela se justifierait. Par parallélisme des formes, leur révision est entièrement calquée sur la procédure d’instauration. Cela contraint notamment d’intégrer au processus l’ensemble des communes concernées par les périmètres de protection, alors même qu’il peut s’agir d’une modification territorialement limitée. Le décret prévoit, en conséquence, la mise en œuvre d'une procédure simplifiée de modification de l'acte portant DUP pour des modifications mineures. Sachant que sont exclus les cas où cette modification étend le périmètre de protection immédiate dans lequel les terrains sont à acquérir en pleine propriété. Que faut-il entendre par modification mineure ?Trois cas sont énumérés par le décret : la suppression de servitudes sans objet ou inapplicables ; le retrait ou l'ajout de parcelles aux périmètres de protection rapprochée ou éloignée, "à la condition que la superficie concernée ne dépasse pas 10% de la superficie totale initiale du périmètre de protection concerné" ; le retrait de parcelles du périmètre de protection immédiate, à la même condition. 

Simplification de l’enquête publique

Mais surtout, désormais il sera procédé à l’enquête publique "uniquement" sur le territoire des communes concernées par la révision et non sur l’ensemble des communes incluses dans les périmètres de protection. La Compagnie nationale des commissaires enquêteurs (CNCE) y verra sans doute un coup de canif supplémentaire à une procédure dont l’avenir est de plus en plus incertain. La simplification projetée porte en effet sur la mise en œuvre de l’enquête publique, dont la teneur est à nouveau adaptée. Par dérogation à l’article R. 122-1 du code de l’environnement, le dossier ne comportera, par exemple, pas d'étude d'impact "lorsque les modifications entraînent l'augmentation du ou des périmètres de protection rapprochée ou éloignée tout en englobant les périmètres antérieurs". Ces dispositions seront applicables aux captages pour lesquels un arrêté d'ouverture d'enquête publique relative à la révision des périmètres de protection et des servitudes afférentes a été publié postérieurement à la publication du présent décret. 

 
Référence : décret n° 2020-296 du 23 mars 2020 relatif à la procédure d'enquête publique simplifiée applicable aux modifications mineures des périmètres de protection des captages d'eau destinée à la consommation humaine, JO du 25 mars 2020, texte n° 8.

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Publié le 25 Mars 2020

L'eau et les changements climatiques : les quatre chiffres clefs de l'ONU

Le nouveau rapport sur l'eau et les changements climatiques de l'Organisation des Nations unies montre une augmentation des prélèvements d'eau mais également de la pénurie dans le monde. Il appelle à une mobilisation des États.

« Si nous sommes vraiment déterminés à limiter l'augmentation de la température mondiale à moins de deux degrés Celsius et à réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) pour 2030, nous devons agir immédiatement, alerte Gilbert Houngbo, président d'ONU-Eau et du Fonds international de développement agricole (FIDA). Nous disposons de solutions de gestion de l'eau et du climat mieux coordonnées pour lesquelles chaque secteur de la société a son rôle à jouer. On ne peut plus se permettre d'attendre ». Le dernier rapport des Nations unies sur l'eau et les changements climatiques montre ainsi que l'utilisation mondiale d'eau a été multipliée par six au cours du XXe siècle et continue de progresser d'environ 1 % par an. Selon le rapport, le monde pourrait être confronté à un déficit en eau de 40 % d'ici 2030 si rien n'est fait pour inverser cette tendance. À cela s'ajoute une amplification du stress hydrique. Près de 1,6 milliard de personnes, soit plus d'un quart aujourd'hui de la population mondiale, est confronté à des pénuries d'eau. Sans changement, près de 52 % de la population mondiale vivra dans des conditions de stress hydrique d'ici 2050.

Dans le même temps, entre 2001 et 2018, environ 74 % de toutes les catastrophes naturelles survenues sont liées à l'eau.

« Nous aurions tort de ne voir la question de l'eau que sous l'angle d'un problème ou d'une insuffisance, souligne toutefois Audrey Azoulay, directrice générale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). Une meilleure gestion de l'eau peut appuyer les efforts visant à atténuer et à s'adapter aux effets des changements climatiques ». Reste désormais aux États à se saisir réellement de la question.

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Publié le 24 Mars 2020

Planter une haie le long des chemins et des champs
Temps de lecture : 6 minutes

Dire que les populations d’insectes, d’oiseaux et de petits mammifères s’effondrent est devenu un lieu commun depuis quelques années. Les rapports et statistiques s’accumulent et énoncent des chiffres tous plus alarmants que les autres.Il existe une solution simple et esthétique pour lutter localement contre la disparition de la faune, et ce sans évoquer la lutte contre les pesticides qui fera l’objet d’un article ultérieur, et ainsi restaurer une continuité écologique terrestre : planter une haie.

Les avantages méconnus des haies

La destruction des haies représenteraient 70% des haies existantes en France dans les années 50. Ce chiffre équivaut à 1.4 million de kilomètres, essentiellement pour supprimer les bocages et instaurer des grandes parcelles agricoles unifiées idéales pour la monoculture. Ce phénomène est responsable de l’érosion que subissent les sols agricoles exploités intensivement, ainsi que de la disparition de la faune, qui n’a plus d’habitat pour subsister dans ces plaines.

Mais il ne faut pas pour autant se décider à replanter n’importe quelles haies non plus. La France ne s’est pas encore remise du fléau des haies de résineux, types thuyas, qui acidifient les sols et empoisonnent les animaux, et qui cassent les corridors écologiques dans les lotissements où ils sont massivement répandus. Cette haie doit être feuillue, c’est à dire vivante, évolutive et donc soumise aux cycles saisonniers.

Pour énoncer les qualités de la haie, je vais reprendre les avantages que mes amis du blog défi-écologique ont déjà rassemblés

  • Elle sert de brise-vent.
  • Elle vous fournira, si vous optez pour des fruitiers, toute une gamme de fruits, qui contribueront à la résilience alimentaire du territoire.
  • La haie champêtre abritera nombre d’insectes en fonction de ses différentes périodes de fleurissement, mais aussi en fonction des abris qu’elle pourra leur fournir sans compter ceux qui se nourrissent de bois mort (dits « saproxyliques »).
  • Elle permettra aussi à l’avifaune de s’y réfugier, de nicher et de s’y nourrir, celle-ci se révélant alors un précieux allié pour débarrasser vos cultures de tous les parasites, ce qui facilite la conversion vers une agriculture biologique.
  • Comme pour les oiseaux et les insectes, tout le cortège de la petite faune saura tirer parti d’un tel milieu (pensez à laisser des ouvertures dans vos grillages pour laisser passer les hérissons !).
  • La haie champêtre fleurit. Elle fleurit au printemps oui, mais peut fleurir en été tout comme en automne aussi. Si on rajoute à cela taille et forme des feuilles autant que tout le panel de tons incroyables entre variétés et saisons, et vous avez rapidement un tableau qui évolue tout au long de l’année.
  • Elle consommera les nitrates, dont les arbres et arbustes ont besoin pour croître, et dépolluera ou limitera la pollution des sols.
  • Un sol protégé du lessivage par une haie champêtre et, de fait donc, riche en humus aussi, abritera une foule de micro-organismes décomposeurs améliorant la qualité du sol et rendant de nombreux services écosystémiques (notamment celui de décomposer tout ou partie des produits chimiques tels que les pesticides et herbicides).
  • Elle produira de l’humus, à partir de ses feuilles et autres déchets tombés au sol, ce qui l’enrichira.
  • Vous pourrez ainsi également broyer les résidus de taille et les utiliser comme bois raméal fragmenté, simple paillage pour votre potager et vos bordures de fleurs ou pour alimenter votre compost.
  • Dans les régions à fortes chaleurs elle peut être réfléchie de manière à produire l’ombre telle qu’on la souhaite en fonction de son orientation et de sa hauteur.
  • Parce que planter une haie avec vos enfants est un excellent moyen de les amener à prendre conscience du rythme auquel fonctionne la nature et plus particulièrement la lenteur (relative) à laquelle se développent les plantes arbustives.
  • La haie champêtre participera du drainage des eaux de pluie qui s’infiltrent alors plus facilement dans le sol en suivant son système racinaire, limitant du même coup l’érosion des sols.
  • Parce qu’il est aussi possible de penser sa haie dans le cadre des problématiques locales de protection des espèces (oiseaux, insectes, etc. en danger), la haie peut permettre à tout un chacun de participer à la conservation d’espèces dont les effectifs sont faibles

Dans le cadre de la stratégie de résilience alimentaire que nous développerons dans les articles de la catégorie alimentation, l’implantation de haies se révélera très vite un allié précieux pour les parcelles maraichères que la ville sera amenée à créer, tant par leur pouvoir protecteur que par leurs capacité de régénération et d’entretien des sols près desquels elles sont placées.

La méthode clé pour implanter des haies sur son territoire

Et pour les planter, les maires disposent d’un gros avantage : le PLU.

En effet, en instaurant un emplacement réservé dans ce document de planification urbaine, de manière à définir des parties du territoire servant l’intérêt général, notamment via la création d’espaces verts, la mairie y empêchera toute construction non compatible avec le projet prévu. Ensuite pour l’acquérir, 3 possibilités s’offrent à la collectivité

  • Préempter le terrain lors de sa mise en vente par le propriétaire
  • Attendre que le propriétaire se décide à user de son droit de délaissement pour l’acquérir à moindre coût
  • Proposer un rachat du terrain à l’amiable

C’est la méthode choisie par la commune de Laubach (320 habitants), dans le Bas-Rhin qui, malgré ses faibles moyens, a fait de la réimplantation de haies sa priorité en les consacrant dans son PLU, ce qui leur a permis d’acquérir suffisamment d’espace pour planter 500m linéaires de haies champêtres le long des chemins de la commune. Et, poursuivant cette optique, des haies et arbres ont également été plantés dans la cour de l’école élémentaire dans le cadre d’une démarche de pédagogie active inspirée par la méthode Montessori.

Financièrement, cette opération ne revient pas très chère. Pour 500m de longueur, en se donnant une bande de deux mètres de large, on peut estimer le coût de l’acquisition foncière, tous frais inclus, à 10 000 € environ. Avec l’achat des arbustes et du matériel qui va avec, au total, on peut doubler ce montant. Soit 20 000 € pour reverdir les routes et les champs.

En Alsace, c’est l’association Haies Vives d’Alsace qui est la référence pour accompagner les projets, conseiller sur les espèces et créer des animations sur mesure.

Autres méthodes de planification

Pour autant, il est possible que vous ne puissiez pas recourir à cette méthode, soit parce que vous venez d’adopter votre PLU et ne voulez pas replonger dedans, soit parce que vous dépendez d’un PLUI et l’interco ne souhaite pas mettre en oeuvre cet outil. Il vous reste deux solutions

  • Une expropriation classique des propriétaires concernés, ce qui est plus contraignant que l’emplacement réservé, mais devrait bien passer auprès de la préfecture, puisque votre projet concerne la création d’espaces verts sur un emplacement proportionné à l’objectif visé.
  • L’accord à l’amiable avec le propriétaire, où les agriculteurs les plus réticents à ce genre d’initiatives seront évidemment opposés à votre projet.

Pérennisation des haies

Par ailleurs, pour durer dans le temps, vos haies doivent être acceptées par tous les acteurs concernés. Les habitants se baladeront avec plaisir le long des chemins pour y cueillir des baies et autres petits fruits typiques. Tandis que les naturalistes se satisferont du retour de la biodiversité dans la commune. La communication municipale saura valoriser ces nombreux bénéfices.

Mais votre principal adversaire, vous le savez déjà, sera les agriculteurs, qui n’aiment pas les haies sur les champs et les chemins, puisque ces dispositifs gênent les champs en monoculture et le passage de leurs engins. D’ailleurs, jusqu’à 2015, la Politique Agricole Commune ne les comptait pas dans les surfaces exploitées. Ainsi, pour maximiser leurs revenus, les agriculteurs coupaient les haies.

Je vous propose donc de contractualiser avec les exploitants limitrophes l’entretien des haies, des talus et des bords de route. Ainsi, ils les tailleront dans le respect de ses petits habitants. L’association Alsace Nature décrit bien dans cette brochure les principes à respecter pour l’entretien durable des zones herbeuses et des haies.

Alternatives

Planter une haie vivante n’est pas votre seule solution. Vous pouvez également opter pour deux autres solutions susceptibles de favoriser la biodiversité sur votre territoire, le long des chemins, des rivières ou des champs.

  • le plessage, c’est à dire la constitution d’une haie tressée avec de l’osier ou d’autres essences, qui s’entremêleront naturellement au fil des années, constituant une haie vivante capable de maintenir des talus ou des berges, mais aussi d’abriter et nourrir la biodiversité, comme évoqué plus haut.
  • La création de haies mortes (ou sèches), c’est à dire un tas de bois mort et de branches, éventuellement maintenus par des piquets. Ce tas, entassé avec soin, pourra agrémenter les parcs et friches sans demander beaucoup d’effort, tout en offrant les mêmes avantages qu’une haie vivante. Ce site offre un bon récapitulatif des techniques en jeu.

Planter une haie offre ainsi une palette d’avantages pour la transition écologique de votre territoire, puisque outre leur rôle dans la préservation de la biodiversité, elles contribuent à la résilience alimentaire, à l’éducation, voire à l’animation des habitants dans la vie de votre commune. Un mur végétal qui créé des ponts vers un avenir radieux en somme.

 

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Rédigé par jojo

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Publié le 20 Mars 2020

Gestion des déchets ménagers en période de coronavirus : le tri passera-t-il à la trappe ?
 

Trois réponses, comme un leitmotiv, viennent à la bouche des acteurs de la gestion des déchets, lorsqu'on les interroge sur les priorités en pleine crise sanitaire : protéger les employés, se recentrer sur les services essentiels et sécuriser la trésorerie si le choc se prolonge.

Les grands opérateurs du secteur des déchets ont déployé leurs plans de continuité d'activité (PCA) et modifié leur organisation pour que les équipes se protègent et ne se croisent plus. Du fait du confinement, ils s’attendent en toute logique à voir croître significativement les déchets ménagers et à chuter les volumes de déchets d’entreprises.
Plusieurs filières en prise directe avec les collectivités comme Valdelia (déchets d'éléments d'ameublement) sont totalement à l’arrêt. La myriade de PME et d’entreprises d’insertion présentes dans le secteur assurent un service minimum. Côté réemploi, les Ateliers du bocage nés du mouvement Emmaüs se concentrent ainsi sur ce qu’il est possible de faire à distance. D’autres mettent à disposition leur logistique pour pallier le manque d’effectifs municipaux, comme l'a fait à Rennes le recycleur de papiers La Feuille d’érable pour aider la ville à collecter des déchets ménagers. Chez l’opérateur Pizzorno, dont les clients sont des collectivités et des industriels, on maintient les collectes de déchets ménagers "en adaptant les moyens humains", mais aussi l’activité de traitement par valorisation énergétique, notamment pour brûler les déchets d'activités de soins à risques infectieux (Dasri).

Se recentrer sur l'essentiel

Une majorité de collectivités ont fermé leurs ressourceries, leurs services encombrants et leurs déchetteries. D’autres s’apprêtent à le faire, vident les dernières bennes, sécurisent les sites... Un conseil est donné : se faire accompagner dans cette fermeture temporaire par un agent assermenté. Pour communiquer sur l’évolution de leurs services, les communes et intercos utilisent leurs réseaux sociaux et sites Internet. C’est le cas de la commune de Veigné (6.000 habitants, Indre-et-Loire) où la fermeture de l’accueil du public signifie qu’aucun composteur ou bac n’est plus distribué. Les déchets végétaux n’y sont plus collectés, les déchets recyclables, si - du moins pour l’instant, car “il se peut que cette collecte soit impactée“ et suspendue, celle des ordures ménagères “restant la seule obligatoire“, indique cette commune.

Faut-il fermer les centres de tri ?

"Les questions remontent massivement sur cet enjeu", estime Nicolas Garnier, délégué général d'Amorce. Il s’étonne que son réseau de collectivités et d'entreprises n'ait pas été convié aux réunions de la cellule de crise du ministère de la Transition écologique. "Elle se prive d’un relais territorial majeur", déplore-t-il. Interpellé par ses adhérents, faute de directive claire des pouvoirs publics sur la conduite à tenir, Amorce demande à ce que les consignes sur le maintien ou la suspension des opérations de tri soient clarifiées. "Les acteurs locaux ont besoin d’un cadre, d’être préparés en cas de fermeture ou bien s’il faut réquisitionner les centres pour d’autres priorités que l'habituel tri de matériaux recyclables tels que le verre ou le carton", défend Nicolas Garnier. Le verre recyclé, matière première de l’industrie verrière, est-il prioritaire ? "La question se pose, les matières premières secondaires vont de toute façon passer au second plan, les performances de recyclage ne sont plus le sujet. Seule compte la protection sanitaire des employés".

Sur les chantiers, pelles et pioches posées

En Île-de-France, l'arrêt ces derniers jours des chantiers du Grand Paris a sonné le glas d'une filière valorisant les terres, matériaux et déchets générés par ces travaux. En bout de chaîne, les centres de traitement de Colas et ECT ont fermé. "Les transporteurs pouvaient continuer de travailler mais ce n'est pas suffisant, nous avons donc suspendu une bonne partie de notre activité et planifié trois mois blancs dans les trois pays que nous couvrons (France, Royaume-Uni et Pologne)", anticipe Emmanuel Cazeneuve, fondateur et président d'Hesus. Cette entreprise d'une cinquantaine de salariés accompagne les acteurs européens du BTP à optimiser la gestion de leurs déblais. “Dans cette épreuve, on se sent appuyés par les banques. BPI France nous a par exemple directement appelés pour faciliter les prêts et nous avons peu entamé les réserves de notre dernière levée de fonds, ce qui nous aidera à payer en avance ceux qui sont plus fragiles que nous". Voit-il déjà le bout du tunnel ? "Le défi est de maintenir le lien entre les salariés et de préparer la sortie de crise. Mais on ne rattrapera pas d'un jour au l'autre le temps perdu, il faudra certainement des mois pour revenir réellement à la normale."

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Rédigé par jojo

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Publié le 19 Mars 2020

Covid-19 : l'Assemblée nationale crée une mission d'information

Étudier l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de coronavirus-Covid-19 en France. Tel est l'objet de la mission d'information dont la Conférence des présidents de l'Assemblée nationale a annoncé la création mardi 17 mars.

« Cette mission transversale et à durée indéterminée, au sein de laquelle l'ensemble des groupes politiques et des commissions permanentes seront représentés, permettra à la représentation nationale d'assurer un suivi rapproché et dans le temps de l'épidémie et de ses conséquences », indique la Conférence des présidents dans un communiqué.

« Les travaux des missions d'information comprennent des auditions et éventuellement des déplacements en France et à l'étranger. Les rapports peuvent donner lieu à un débat sans vote en séance », expliquent les services de l'Assemblée. La dernière mission d'information de la Conférence des présidents ayant trait aux questions environnementales est celle portant sur l'incendie de l'usine Lubrizol, dont le rapport a été publié le 12 février dernier.

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Rédigé par jojo

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Publié le 19 Mars 2020

Cerema : « Les collectivités ont les outils pour mieux gérer leurs eaux pluviales »

Les enjeux liés à la gestion des eaux pluviales sont majeurs pour les collectivités. Plusieurs outils sont à leur disposition, comme le zonage pluvial. Le déploiement d'aménagements végétalisés est aussi une réponse intéressante. Détails avec le Cerema.

Pour les collectivités locales, la prise en compte des problématiques d'imperméabilisation des sols, du risque d'inondation et du risque de pollutions liés aux eaux pluviales représentent un défi de gestion majeur. La gestion dite intégrée des eaux pluviales, est aujourd'hui une réponse proposée par de nombreux acteurs de l'eau. Elle prend conjointement en compte l'ensemble de l'écosystème hydraulique, l'ensemble des usages et l'intérêt général. Elle doit être mise en œuvre à plusieurs échelles, du bassin versant à la parcelle.

Plusieurs outils sont aujourd'hui à la disposition des collectivités pour appliquer cette gestion intégrée. Le zonage pluvial en est un. Dans son ensemble, la finalité du zonage pluvial est de déterminer des règles spatiales de gestion de ces eaux. Le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement), institution d'appui aux collectivités, va bientôt publier un guide sur le zonage pluvial pour fixer un cadre méthodologique plus homogène et favoriser la création de ces zonages.

La prise en compte des eaux pluviales dans l'aménagement du territoire se traduit aussi par la mise en place d'aménagements végétalisés. Le Cerema va prochainement éditer un outil permettant de bien choisir son aménagement végétalisé et surtout de le mettre en œuvre de manière optimale afin qu'il rende un maximum de bénéfices environnementaux. Car leurs intérêts sont multiples.

Détails avec Muriel Saulais et Bruno Kerloch, du Cerema, rencontrés à l'occasion du Carrefour des gestions locales de l'eau (CGLE) en janvier 2020 à Rennes.

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Rédigé par jojo

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