L'ACCÈS AUX DONNÉES SUR L'EAU

Publié le 29 Janvier 2014

L'ACCÈS AUX DONNÉES SUR L'EAU

Afin d’assurer une transparence de la politique de l’eau pour le consommateur, l’État a missionné l’Onema pour travailler à l’ouverture des données publiques. Mais ouvrir ces données signifie également les obtenir, les interpréter et les expliquer. Photo Michel Bramard - Onema

Faciliter et fiabiliser l’accès par le citoyen aux données sur l’eau figure parmi les priorités de la feuille de route sur l’eau, issue de la conférence environnementale 2013. Cette ouverture des données est indispensable pour garantir la transparence des actions menées, et représente une réelle politique publique. Le 6 novembre 2013, le Gouvernement a en effet publié en application de la charte du G8, le plan d’action pour la France pour l’ouverture des données publiques. Dans ce cadre, l’Onema a été mandaté pour œuvrer et améliorer la mise à disposition des données sur l’eau et l’assainissement à travers le système d’information sur l’eau (SIE). Accessible à partir du site internet Eaufrance et coordonné par l’établissement depuis 2008, « le SIE agrège une multitude de données, mais nécessite actuellement une refonte pour simplifier la diffusion des informations », explique René Lalement, directeur de la connaissance et de l’information sur l’eau à l’Onema.

Ouvrir et expliquer les données

Pour favoriser l’accès aux données à partir d’un site unique, Eaufrance, des échanges entre les autres acteurs du secteur de l’eau (ministères chargés de l’écologie, de la santé, agences et offices de l’eau, associations,…) seront nécessaires. « Mais avant de parler d’ouverture, il faut avant tout partager les données, dont un certain nombre restent encore difficiles à obtenir », souligne René Lalement. Les données collectées par les agences de l’eau pour établir les redevances sont par exemple couvertes par le secret fiscal. Outre les raisons juridiques, l’absence de partage est quelquefois due à des réflexes de propriété, une confiance limitée en ses données ou encore une défiance envers les utilisateurs. Ouvrir les données pour assurer la transparence de la politique de l’eau implique de fournir au citoyen les moyens de s’approprier les données. « Il faut aussi mettre à disposition des utilisateurs les algorithmes, référentiels et indicateurs indispensables à la compréhension des données », précise René Lalement. Autre préoccupation, le besoin de revoir l’ergonomie des sites internet qui sont souvent construits pour les experts.

Des projets en cours et en devenir

Avec l’application Sispea [1] en 2012, l’Onema avait déjà commencé cette démarche d’ouverture, en fournissant l’intégralité des données sur le prix et les performances des services publics d’eau et d’assainissement Début 2013, la création de la plateforme data.eaufrance.fr a permis de rendre disponibles près de 130 séries de données brutes sur de nombreux aspects du secteur de l’eau (état des milieux, les pressions et leurs impacts, les SAGE, les zones réglementaires…). Ce service sera muni d’une interface cartographique et d’indicateurs synthétiques dans les prochains mois pour mieux caractériser une situation. L’Onema travaille également sur trois projets prioritaires du SIE : la banque Naïades sur la qualité des eaux de surface, le système d’évaluation de l’état des eaux (SEEE), qui assurera la transparence des procédures d’évaluation et la banque nationale des prélèvements d’eau (BNPE). Pour cette dernière, une modification législative est attendue pour permettre un réel partage des données.

Contact : rene.lalement@onema.fr

Article issu de La Lettre #17 - automne 2013

Rédigé par jojo

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