La paille, alternative pour réduire les impacts environnementaux de l'élevage porcin

Publié le 6 Juin 2014

La paille, alternative pour réduire les impacts environnementaux de l'élevage porcin

Le CGDD préconise d'accentuer la recherche sur le système de production porcin sur paille et de développer un référentiel technique. L'objectif : une meilleure diffusion de cette pratique, qui permet de réduire les rejets azotés.

En 2012, dans le cadre du projet agro-écologique, la présidente de l'Inra Marion Guillou se voyait confier la mission d'identifier les systèmes de production agricoles innovants, conciliant performances économiques et environnementales. "Le rapport remis en juin 2013 met en avant, pour l'élevage porcin, le système de production de porcs sur paille", souligne le Commissariat général au développement durable (CGDD), qui a publié le 14 mai une étude sur ce sujet.

Parmi les avantages liés à cette pratique, le CGDD souligne la réduction des rejets azotés mais aussi les bénéfices agronomiques et le bien-être animal. Bien que mis en œuvre depuis une vingtaine d'années, l'élevage porcin sur paille n'a été adopté que dans 5% des élevages français. Le CGDD étudie donc les freins au développement de ce système, à partir des résultats d'une enquête menée par des chercheurs auprès d'éleveurs porcins des Côte-d'Armor.

"Espérons que cette validation économique et environnementale permettra d'impulser enfin cette évolution, défendue de longue date par notre association, notamment sur les bassins versants sensibles (algues vertes, captages...)", analyse l'association Eau et Rivières de Bretagne.

Des avantages environnementaux non négligeables

Alors que la France est sous contentieux européen au sujet de la pollution des eaux par les nitrates d'origine agricole, l'élevage sur paille pourrait constituer une réponse à la mise en place du cinquièmeprogramme d'action Nitrates. En effet, face aux exigences en matière de réduction des émissions (effluents azotés, phosphore…), "les exploitations naisseurs-engraisseurs de moins de 150 truies, encore nombreuses, pourraient se trouver plus particulièrement fragilisées, n'étant pas toutes capables de faire face à des investissements lourds dans une station de traitement collective (et encore moins dans un méthaniseur)".

Le système de production sur paille permet de réduire les rejets azotés sans investissement massif. De plus, il serait possible d'exporter plus facilement les effluents d'élevagegrâce au taux de matière sèche élevéCe fumier peut être utilisé pour améliorer le taux de matière organique dans les sols : "Les agriculteurs passés à une conduite sur paille qui épandent depuis maintenant plus de dix ans du fumier sur leurs terres, observent un effet positif sur le tallage du blé, ainsi qu'un effet tangible sur leur rendement en maïs", souligne le CGDD.

Face à l'extension de la réglementation au phosphore (dans l'hypothèse de plafonnement des apports à hauteur de 85 kg de P2O5 par hectare), l'élevage sur paille est également avantageux. Le CGDD estime que,"sous réserve de pouvoir céder cet engrais organique, les possibilités d'exportation du fumier composté mettent les élevages sur litière relativement à l'abri d'un plafonnement des apports de phosphore à l'hectare, et ce à moindre frais d'investissement". En effet, les éleveurs devraient réduire les apports de fumier, riche en phosphore, de 9 à 5 tonnes par hectare.

Accélérer la recherche pour mieux diffuser cette pratique

En outre, note le CGDD, ce système permettrait d'améliorer le bien-être animal, de diminuer les odeurs liées à l'élevage et de créer "une ambiance de travail plus agréable (aération, lumière, moindresémanations d'ammoniac et fréquence réduite des traitements vétérinaires sur les animaux…)".


Rédigé par jojo

Publié dans #Nos arguments

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