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Publié le 9 Novembre 2012

Rédigé par jojo

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Publié le 26 Juin 2010

 

L'arasement du barrage de Vezins, source de discorde locale

 

| 23.06.10 | 15h10

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/23/l-arasement-du-barrage-de-vezins-source-de-discorde-locale_1377431_3244.html

Vezins (Manche) Envoyée spéciale

Sombres et profondes dans le lac de retenue, les eaux de la Sélune traversent les turbines du barrage de Vezins et s'écoulent de l'autre côté, limpides, vers la baie du Mont-Saint-Michel. Ce haut monument de béton n'ornera sans doute plus longtemps le paysage de la Basse-Normandie. Le 13 novembre 2009, la secrétaire d'Etat à l'écologie, Chantal Jouanno, a annoncé son arasement et celui de la Roche-qui-Boit, situé en aval, lançant les premières opérations du plan de restauration de la continuité écologique des cours d'eau en France.

Car pour les poissons migrateurs, comme le saumon, le barrage fait office de rempart infranchissable entre la mer et les sites de ponte en eau douce. Selon Fabien Goulmy, de la Fédération de la Manche pour la pêche, aucune solution alternative ne s'est révélée efficace pour rétablir la libre circulation des saumons : "Le barrage a inondé les gorges, qui constituaient leur meilleur habitat. Et il continue à faire des dégâts car en aval, la rivière creuse ses berges et s'approfondit, devenant inhospitalière pour ces poissons."

Outre les pêcheurs de saumon, la Sélune attire des usagers dont certains - habitants ou élus locaux - redoutent les impacts écologiques et économiques de l'arasement. L'association locale Les Amis du barrage dénonce une décision politique d'affichage. "Le problème, ce ne sont pas les barrages mais la pollution de l'eau en amont : à cause de l'agriculture intensive qui remplace peu à peu le bocage, l'érosion des terres déverse des sédiments pollués dans la Sélune, qui s'accumulent dans les lacs de retenue", estime son vice-président, Raymond Normand.

Or sans les barrages, ces sédiments, chargés notamment de métaux lourds et d'algues vertes, risquent de se déverser dans le fleuve et dans la baie du Mont-Saint-Michel. Autres sujets d'inquiétude : la perte d'une réserve d'eau potable, le risque d'inondation, et la menace sur les 800 emplois autour du lac.

Le président de la commission locale de l'eau, Michel Thoury, favorable à l'arasement, veut, lui, croire en "un nouveau départ pour la Sélune : pourquoi pas des sentiers de randonnée, un fumoir artisanal de saumon, ou un musée de l'énergie hydraulique..."

Angela Bolis.   Article paru dans l'édition du 24.06.10

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Publié le 26 Juin 2010

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Développer l'hydroélectricité en respectant la biodiversité des rivières

| 23.06.10 | 15h10  •  Mis à jour le 23.06.10 | 15h10

 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/23/developper-l-hydroelectricite-en-respectant-la-biodiversite-des-rivieres_1377430_3244.html

 

Il aura fallu deux ans de négociations et une douzaine de versions avant qu'une convention "pour le développement d'une hydroélectricité durable en cohérence avec la restauration des milieux aquatiques" voie le jour. Elle devait être signée, mercredi 23 juin, par le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, les représentants des élus locaux, les producteurs d'électricité, et plusieurs associations de protection de l'environnement, dont le WWF, la Fondation Nicolas Hulot (FNH), l'Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN) et Loire vivante.

 

En revanche, le texte ne convient ni à France nature environnement (FNE), ni à la Fédération nationale pour la pêche, acteurs de terrain importants. Tous deux refusent "la construction de 500 à 1 000 microcentrales et la destruction, à terme, des derniers tronçons de rivières vivantes du pays" pour un gain en CO2 limité.

La convention vise à concilier deux objectifs environnementaux a priori contradictoires : atteindre 23 % d'énergies renouvelables en 2020, et restaurer la biodiversité dans les cours d'eau d'ici à 2015, comme l'impose une directive-cadre européenne.

L'hydroélectricité est déjà la première énergie renouvelable de France (67 térawatts-heure par an, soit 80 % des renouvelables), et représente 12 % de l'électricité produite. Mais les barrages, appréciés des élus locaux pour leurs retombées financières, perturbent la vie de la faune et de la flore aquatiques, diminuent les populations de poissons migrateurs (saumons, aloses, anguilles), et bloquent les transferts sédimentaires dans les cours d'eau.

La convention prévoit un développement futur de l'hydroélectricité, à hauteur de 3 TWh supplémentaires par an. C'est le principal point de satisfaction des producteurs d'énergie, qui ont fait une concession puisque le texte initial en prévoyait sept. Autre compromis, la convention entérine la suppression de cinq barrages (deux importants sur la Sélune dans la Manche, et trois de moindre capacité). En revanche, le sort du barrage de Poutès-Monistrol (Haute-Loire), objet depuis plusieurs années d'un âpre conflit entre les écologistes, qui demandent sa suppression, et les élus locaux et EDF, n'est pas tranché. EDF devra proposer une solution technique alternative susceptible de diminuer l'impact sur la vie aquatique tout en préservant la production.

"Nouveau départ"

Le chiffre de 500 à 1 000 centrales nouvelles, avancé par FNE et les pêcheurs amateurs, est contesté par les producteurs d'énergie. La présidente de France Hydro Electricité, Anne Penalba, annonce plutôt 250 centrales construites en site vierge. L'augmentation de la production se fera aussi par l'amélioration des centrales actuelles (installation de nouvelles turbines...). Des ouvrages existants, aujourd'hui délaissés, seront également équipés pour produire de l'électricité.

Les producteurs d'électricité s'engagent en outre à diminuer le plus possible l'impact des barrages sur l'environnement et à développer des labels pour une hydroélectricité "durable". Selon Didier Meyerfeld, à EDF, le fait que cette convention existe et qu'elle soit signée par la plupart des parties prenantes, est positif : "C'est un nouveau départ." Une analyse partagée par les ONG signataires : "La convention est une occasion de sortir par le haut d'une situation très conflictuelle, explique Martin Arnould, du WWF. Elle introduit une hiérarchisation entre les sites qui peuvent être équipés de nouveaux ouvrages et les cours d'eau qui doivent être préservés. De ce fait, les producteurs d'électricité reconnaissent la valeur écologique des rivières." Le texte prévoit un suivi par toutes les parties du développement hydroélectrique futur. "Nous signons aussi pour pouvoir peser dans les discussions à venir", affirme Ludovic Frère, à la FNH.

Gaëlle Dupont.    Article paru dans l'édition du 24.06.10

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