Le barrage de la Cantache livre tous ses secrets
Publié le 16 Août 2014
Le barrage de la Cantache, c'est plus de 6,8 millions de mètres cubes d'eau quand le stock est plein. Pour éviter que la Vilaine déborde ou soit à sec, sa mission est calculée au jour le jour.
L'édifice est impressionnant. Le barrage de la Cantache, c'est plus de 13 mètres de hauteur de béton et 6,8 millions de mètres cubes d'eau. En ce début de mois d'août, peu d'eau s'écoule du barrage et pour cause : malgré les fortes températures, le fleuve n'est pas à sec. La gestion du débit de la Vilaine, voilà une des fonctions de ce barrage construit en 1995.
« Le barrage de la Catanche a été construit pour deux raisons, éviter les problèmes de crue et stocker de l'eau pour produire de l'eau potable sur tout le territoire de Vitré », explique Laurent Courtet, directeur général adjoint du département d'Ille-et-Vilaine en charge du développement et de l'aménagement du territoire. La Cantache fait partie des trois barrages gérés par le conseil général. C'est également le plus récent. Les deux autres sont les barrages de la Valière, au sud-est de Vitré, qui date de 1978 et celui de la Haute-Vilaine, situé un peu plus au nord, érigé en 1982.
Arbitrage très fin
L'autre objectif du barrage est le maintien de l'étiage, soit le niveau le plus bas d'un cours d'eau à un moment de l'année. Pour éviter toute sécheresse, le barrage, à travers deux grands clapets, redistribue l'eau en stock dans tout le bassin. « C'est primordial pour répondre aux besoins des agriculteurs ou des industriels. C'est un très gros enjeu local en période estivale, poursuit Laurent Courtet. Tous les jours, c'est un arbitrage très fin qui est donc décidé pour ne pas vider trop rapidement le stock. Nous gérons ça en liaison directe avec l'État dès qu'un événement critique arrive. »
À travers un marché de service, le conseil général travaille aussi en collaboration avec Véolia. D'après Laurent Courtet, « Véolia analyse les conditions météorologiques, le débit, la pluviométrie. Ils proposent ensuite une stratégie que le conseil général valide ou pas. C'est un véritable travail en concertation qui est mené. »
Alerte sécheresse
Ainsi, en période de sécheresse, quand le stock du barrage commence à se vider, une alerte sécheresse est lancée par les services de l'État pour préserver le peu d'eau qu'il reste. Tout est géré dans un local contenant un écran dévoilant le stock en temps réel, des statistiques de pluviométrie basées sur les trente dernières années, et des informations en cas de dysfonctionnement du barrage. Tout est ensuite contrôlé à distance par trois personnes du conseil général, même si des visites quotidiennes ont lieu.
Et pas question de rejeter de l'eau impropre. « La prise d'eau qui est relâchée est un mélange entre celle qui est à la surface et celle qui est au fond, précise Régis Bouvier, responsable de la gestion des barrages pour le conseil général. Et deux éoliennes améliorent l'oxygénation de l'eau. »
Promenades et site naturel
Le barrage a ainsi pleinement joué son rôle durant le printemps 2013 où les épisodes pluvieux se sont succédés dans le pays de Vitré. « Le débit était très important à Châteaubourg, le barrage a donc rempli sa mission, se souvient Laurent Courtet. En amont, il a relâché moins d'eau et donc réduit le débit du fleuve. » Mais en cas d'événement météorologique exceptionnel, le barrage connaît ses propres limites. Pour Régis Bouvier, « la limite physique reste la hauteur du barrage ». Et les agents techniques sont parfois obligés d'ouvrir les clapets pour ne pas que le stock déborde, au risque de provoquer des inondations.
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