Barrages du Sud-Manche. L'enquête publique mobilise
Publié le 15 Octobre 2014
Dans 11 communes du Sud-Manche riveraines des barrages qui vont être arasés, l'enquête publique n'a pas été ouverte pour rien. Le public est venu nombreux s'exprimer.
Ouverte du 15 septembre et jusqu'à vendredi 17 octobre, 19 h, l'enquête publique sur la démolition des barrages du Sud-Manche a mobilisé et intéressé. « Je suis commissaire enquêteur depuis une dizaine d'années. A raison de deux à trois enquêtes publiques par an, je commence à avoir de l'expérience. Je peux l'affirmer : une enquête publique qui mobilise autant de monde que celle-ci, je n'ai jamais vu ça. »
Mardi matin, dans la mairie de Saint-Brice-de-Landelles, Jean-Claude Cordier, l'un des trois commissaires enquêteurs, est à son poste et à la disposition du public. Devant lui, à portée de main, un ordinateur portable, le dossier d'enquête publique (1) qui présente le projet de manière détaillée et le cahier sur lequel le public est invité à s'exprimer.
Depuis quelques jours, outre les annotations manuscrites, sont agrafées, dûment signées et datées, des copies de la pétition lancée par le collectif Anti-démolition et les Amis des barrages. « Les gens peuvent aussi réagir sur Internet. A l'adresse suivante : enquete.barragesselune@gmail.com/ Le 13 octobre au soir, 224 observations avaient été recueillies en ligne. »
Si l'enquête publique n'est ouverte que dans les onze communes riveraines des barrages (Isigny-le-Buat, Virey, Saint-Martin-de-Landelles, Saint-Brice-de-Landelles, Saint-Laurent-de-Terregatte, Ducey, Parigny, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Poilley, Saint-Aubin-de-Terregatte, Saint-Quentin-sur-le-Homme), elle concerne tout le monde. « L'autre jour, à Poilley, un touriste de passage dans la région, un habitant de la Nièvre, a déposé son observation. On a aussi recueilli des avis de Lyonnais et de Bordelais. »
Qu'elles soient d'ici ou d'ailleurs, les personnes qui ont pris la peine de participer à cette enquête publique sont, en très grande majorité, opposées à la destruction des barrages et convaincues que les jeux sont faits. Dès lors, pourquoi une enquête publique ? Réponse du commissaire enquêteur. « Une enquête publique sert aussi à informer. Or il est impossible d'informer de façon précise sur un projet qui n'est pas abouti. C'est toute la difficulté de l'exercice. »
Vendredi à 19 h, l'enquête publique sera close. La mission des commissaires enquêteurs n'en sera pas pour autant finie. « Nous aurons huit jours pour informer les maîtres d'ouvrage, ici l'État et EDF. Ces maîtres d'ouvrage disposeront, eux, de 15 jours pour répondre, de façon argumentée, à cette première information. Puis, à nouveau, nous, les commissaires enquêteurs, nous aurons 15 jours pour rendre au préfet nos conclusions et avis. Ces conclusions seront disponibles pendant un an à la préfecture et dans les mairies de l'enquête. L'État, via le préfet, prendra sa décision quand il le voudra. C'est cette décision qui pourra, ou non, être contestée devant le tribunal administratif. »
(1) Ce dossier est consultable sur manche.gouv.fr/L-effacement-des-barrages-de-la-Selune
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