REMOUS SIVENS/TESTET : LA FACE CACHÉE DE L’ICEBERG

Publié le 1 Novembre 2014

tantquilyauradesbouilles.wordpress.com
 
REMOUS
SIVENS/TESTET : LA FACE CACHÉE DE L’ICEBERG
PAR MARC LAIMÉ, 31 OCTOBRE 2014

 

Eaux glacées publie le témoignage d’un fonctionnaire, soumis à l’obligation de réserve, mais qui a souhaité réagir à nos derniers billets sur l’affaire du barrage, contesté, de Sivens.

« La face cachée de l’iceberg, ce sont tous ces hauts fonctionnaires très actifs et très discrets dans les coulisses. Les hommes politiques ne pourraient rien sans ces fonctionnaires.

Par exemple, dans le cas récent de Sivens, il est dit timidement et gentiment dans le fameux rapport "d’ expertise du projet de barrage de Sivens (Tarn)" que :

"Le contenu de l’étude d’impact est considéré comme très moyen, au-delà de la stricte question des solutions alternatives. Par exemple, l’impact sur le régime hydraulique du cours d’eau en aval de la retenue est décrit assez sommairement."

Le problème, ce n’est pas que l’étude d’impact soit bidon, elles le sont toutes par construction, et tout le monde s’en tape, ministère compris, puisque c’est le pétitionnaire qui choisit et paye son bureau d’étude. On surnomme d’ailleurs en interne les études d’impact des "Cherchez l’arnaque"...

Le problème, c’est que les autorisations administratives aient été données malgré une étude d’impact bidon. C’est là qu’il faudrait creuser, dans la distribution et le bidonnage des dossiers et/ou des "avis favorables".

Aller fouiner dans les services de la Préfecture, police de l’eau et autres, les DREAL, MISEN et autres, les conseils départementaux d’hygiène (CDH), etc.

Est-ce que tous les services avaient émis un avis favorable ? Qui a instruit ce dossier« loi sur l’eau » sans demander que l’étude d’impact soit refaite avant de prendre sa décision ?

L’Etat dit que les décisions ont été prises, "légalement", et qu’il faut s’y tenir, sinon ce n’est pas la démocratie...

Mais que ces décisions soient prises sur une étude d’impact bidon, ça aussi, c’est aussi la démocratie ?

D’ailleurs ce vendredi 31 octobre, le Conseil général du Tarn, lui-même, a fini parrenvoyer l’Etat à ses responsabilités...

Car Manuel Valls, Ségolène Royal, le gouvernement tout entier nous racontent d’énormes craques : « Seul le Conseil général du Tarn, maître d’ouvrage (quand ce n’est pas « maître d’oeuvre » !), peut annuler le projet… »

Et l’Etat, il ne siège pas au Conseil d’administration de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, qui est réputée financer 50% d’un projet de 8 millions d’euros, avec les"redevances" des Agences de l’eau, et donc de l’argent public, prélevé sur les factures d’eau acquittées par les seuls usagers domestiques, qui financent ainsi sans le savoir, contraints et forcés, les projets de barrages délirants du Parti du maïs ? L’Etat, il ne peut pas ordonner au directeur de l’Agence, nommé par le gouvernement et révocable à tout instant, ça s’est vu, ici à Adour Garonne, comme ailleurs, d’arrêter le massacre, simplement au vu d’un dossier de demande de subvention totalement bidon ?

Et l’Etat, il ne peut pas ordonner à la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG) d’arrêter les frais, sauf à lui couper les financements de l’Agence française de développement (AFD), qui subventionne aussi d’autres interventions calamiteuses de la CACG, qui sévit aussi, en ce moment même, en Afrique, dans des projets d’irrigation ni faits ni à faire ?

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Le Parti du maïs et le Lobby de l’eau

Tous les fonctionnaires en police de l’eau connaissent les cas de collègues qui, ayant refusé d’émettre un "avis favorable" au massacre d’une petite rivière par une Installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), ont été démis de leurs fonctions sur le champ, alors que leurs arguments techniques étaient en béton et qu’ils se sont révélés exacts par la suite, quand l’avis favorable a été émis par des arrivistes sans scrupules sur une étude d’impact bidon.

Et ne parlons pas du scandale énorme des avis "réputés favorables" ! Il suffit à l’Etat d’affecter de moins en moins d’agents à la police de l’eau, comme c’est le cas depuis la RGPP et la MAP. Ils n’ont pas le temps d’analyser toutes les études d’impacts ICPE, et comme au CDH (CoDERST maintenant), "Sans réponse dans le délai imparti, l’avis est réputé favorable"... Ce n’est pas pour rien que la ressource en eau et la biodiversité sont à présent complètement dégradées et qu’il y a des pollutions accidentelles !

Dans un très proche avenir, avec les « chocs de simplification »« chasse aux normes »expérimentations de « permis unique » et autres démantèlements de pans entiers du droit de l’environnement, les « dossiers Sivens » çà va hélas devenir la norme…

Mais c’est pas grave puisque les travaux des mêmes brillants sujets, qui ont inventé le mantra "Eviter, réduire, compenser", grâce au transfert d’un demi-crapaud, de trois libellules et de deux ombellifères dans un fossé à quinze kilomètres de la zone de guerre permettront de poursuivre les hostilités..."

Car, comme le souligne la FNSEA dans une Lettre ouverte datée du 29 octobre 2014, et titrée "Halte à la manipulation", "(...) L’heure est grave. Et si à chaque construction pour du mieux, à chaque projet pour avancer, les activistes sont là, la FNSEA, elle, sera toujours du côté de ceux qui innovent, bâtissent et progressent".

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Lettre ouverte de la FNSEA, 29 octobre 2014

Renoncule

A la mémoire du botaniste Rémi Fraisse, bénévole du Mouvement FNE décédé sur le site du projet de barrage de Sivens.

 

 

Rédigé par jojo

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