Dans la Manche, la destruction de deux ouvrages fait polémique
Publié le 8 Décembre 2014
On ne met pas 53 millions d’euros pour faire passer les poissons. » En visite le 4 décembre dans la baie du Mont-Saint-Michel, Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, s’est interrogée sur la pertinence de l’arasement de deux barrages hydroélectriques implantés sur la Sélune, en amont de la baie du Mont-Saint-Michel.
Ces deux barrages produisent 27GWh, soit 0,04 % de la production nationale d’électricité. Une énergie renouvelable précieuse en ces temps de transition énergétique.
Mais également une implantation écologiquement sensible, juste en amont du Mont-Saint-Michel, en raison des frayères et remontées des poissons migrateurs (saumons, anguilles, etc.). Toutes les études menées, jusqu’au rapport de la commission d’enquête, publié le 2 décembre, ont émis un « avis favorable » à la destruction des barrages. « Les études menées ont été essentiellement écologiques, l’impact économique a peu été pris en compte », reconnaît même Christian Allain, chez Manche Nature. Le dossier est ancien. Les premières décisions demandant un aménagement pour les poissons datent de 1924. S’il ne fait aucun doute que le droit, notamment les directives européennes, va dans le sens de la destruction du barrage, toute la complexité de la décision politique est ici éclatante. Le manque de concertation réelle et la faiblesse des études économiques engagées également. Les six mois de réflexion supplémentaire imposés par la ministre permettront-ils de trouver une solution raisonnable ? 53 millions d’euros d’argent public l’exigent.
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