deux ZAD sur la Sélune

Publié le 7 Décembre 2014

deux ZAD sur la Sélune

Le 13 novembre 2009, la secrétaire d’État à l’Écologie annonce la décision du gouvernement de ne pas renouveler la concession hydroélectrique du barrage de Vezins sur la Sélune et de procéder à son effacement. Cette opération était censée se traduire par la « reconquête » de 20 kilomètres de vallée actuellement ennoyés par deux retenues, celle de « Vezins » et celle de « la Roche qui Boit ».

 Hélas, ce qui devait être le symbole de la politique de continuité écologique est en train de faire naufrage. Les élus, les riverains, les citoyens disent leur attachement aux barrages de la vallée normande, malgré des enquêtes publiques systématiquement défavorables. 

 Dernier rebondissement en date : Mme Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, confirme aux élus que les dépenses d’effacement sont absurdes ! Elle veut également étudier les possibilités d’améliorer la qualité de l’eau sans détruire les ouvrages et chercher des solutions pour permettre le passage des poissons. La ministre ne valide pas le coût de ces destructions estimé à 38 millions d’euros auxquels il faut ajouter 15 millions d’euros pour renaturaliser le site. « Il faut que le rapport qualité-prix soit raisonnable. On ne met pas 53 millions d’euros pour faire passer les poissons », a déclaré Ségolène Royal, à l’issue d’une réunion avec les élus des villes concernées. La ministre a prévenu du risque que les sédiments libérés par la destruction des barrages aillent polluer la baie du Mont-Saint-Michel.

 Le barrage produit de l’énergie locale et décarbonée, il crée aussi des activités touristiques. Sa destruction à un prix exorbitant est un non-sens, à tel point que le ministère en paraît désormais conscient.  http://www.lagazettedescommunes.com/301511/destruction-de-2-barrages-dautres-solutions-possibles-selon-segolene-royal/

Enfin le retour au bon sens !

Espérons que la Ministre de l’Ecologie confirmera cette position qui ne vaut pas uniquement pour la Sélune.

Il en est de même en effet pour tous les petits barrages. Un exemple pris au hasard d’un devis du Bureau d’étude du SIRTAVA en Bourgogne pour détruire un petit seuil (barrage): un devis HT de 363 920€ pour une chute d’à peine 1 mètre de haut. Des bureaux d’étude discrédités sur le fond et la forme, des syndicats de rivières dilapidant l’argent public sans sanction ni « retour environnemental sur dépense »!

Et nous l’avons déjà souligné à plusieurs reprises : un « avis favorable » de l’enquête publique n’est pas une preuve de pertinence mais simplement d’une procédure administrative respectée. Pour pérenniser leurs activités et recevoir d’autres missions, les commissaires enquêteurs effectuent –sans analyser les options ni la pertinence d’un projet- un copier/coller de la commande du maître d’ouvrage. C’est une constante.

53 millions d’euros pour favoriser la circulation de poissons dans les fleuves… décimés par la surpêche industrielle dans l’océan, nous semble très incohérent.

D’autant plus incohérent que nous n’avons vu aucune Fédération de Pêcheurs s’élever contre le chalutage profond dans la coalition « OCEAN 2012 ». Véhémence des « défenseurs des poissons amphihalins » lors de la montaison quelques mois en eau douce et silence radio pendant toute leur longue durée de vie… écourtée par la pêche industrielle dans les océans.

où sont les protecteurs des poissons migrateurs?

Rédigé par jojo

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Bonjour,<br /> Point dont j'ai déjà parlé! Hé oui, la pêche, notamment professionnelle, est bien un point à prendre en considération dans le cadre de l'eau et des mesures à prendre pour la préservation des migrateurs!<br /> Les dégâts sur les stocks ne proviennent pas forcément des barrages implantés sur les fleuves.
Répondre