Journée Internationale d’action pour les Rivière

Publié le 7 Avril 2015

http://www.collectif-testet.org/uploaded/Articles-droit-reponses/cp-commun-journa-e-mondiale-des-rivia-res-140315.pdf

Journée Internationale d’action pour les Rivières

Semène, Sélune, Sivens, La Bourboule :

sale temps pour les rivières vivantes !

100 évènements dans 42 pays pour dénoncer la dégradation des

rivières

Ce samedi 14 mars 2015, les hommes, les femmes qui aiment

les rivières, l’eau et les

territoires ruraux vivants

célèbrent la « Journée Mondiale des Rivières ». Pour cette 18

e

édition,

96 évènements sont recensés dans 42 pays

. Cette fête vise à renforcer la prise

de conscience de la nécessité de stopper la dégradation des fleuves,

qui constituent la

sève de nos pays

. Des milliers de personnes se rassemblent pour dénoncer leur artifi

-

cialisation croissante et interpeller gouvernements, opinions publiques, entreprises. Nos

rivières sont aujourd’hui en crise, leur qualité d’eau se dégrade, notamment du fait de

la construction de

50 000 grands barrages

qui ont bouleversé leur écologie, l’équilibre

économique et social de leurs bassins versants. Et pourtant, la démesure continue, avec,

au Brésil, le chantier du gigantesque barrage de Belo Monte

. Mais aussi en

Ethiopie,

au

Soudan

, en

Chine

, dans les

Balkans

, sur le

Congo

avec le projet délirant de

Gran

Inga

.

Naturellement, la mobilisation citoyenne n’a pas pour seul but de dénoncer : s’appuyant

sur la science, elle propose des alternatives pour la gestion durable de l’eau, le maintien

des

services écosystémiques

rendus par des fleuves en bon état. Nous le savons :

la

sobriété dans les divers usages de l’eau

permet de revoir en profondeur le modèle

d’aménagement du passé.

Sivens sur le Tescou (81), barrage des Plats, sur la Semène (42) :

bétonner coûte que coûte.

En France, un pays qui a suraménagé ses rivières et zones humides, l’heure n’est pas

encore à la restauration. Le saccage des cours d’eau est encore perpétré avec entrain,

sous la pression d’intérêts particuliers.

A Sivens, sur le Tescou

, après le drame du 26

octobre dernier, des élus s’obstinent, sous la pression de la FNSEA, à vouloir construire

un ouvrage alors que plus de

2 millions de m

3

d’eau stockée dans les 185 retenues

collinaires existantes sont inutilisés

chaque année sur le bassin.

Dans

la Loire

, où le choix de recourir au rapport de force sur le terrain a été écarté, une

minorité composée de l’Etat local et d’un quarteron d’élus a fait

passer au forceps la

reconstruction

du « barrage copier-coller » des Plats, sur la Semène. A aucun moment,

les alternatives pour l’approvisionnement en eau potable proposées par les collectivités,

divers services de l’Etat n’ont été étudiées. La gestion durable de l’eau attend. C’est le

béton qui coule.

Sélune (50), Bourboule (63) : effacer des barrages du passé.

Il semble que des élites hermétiques peinent à comprendre que le monde change et qu’on

n’aménage plus comme dans les années 50. Le temps est même venu d’enlever les bar

-

rages en fin de vie, comme les

deux grands barrages sur la Sélune,

en Normandie :

... /...

Communiqué de presse - 14 mars 2015

Vezins et La Roche qui Boit,

qui, en plus de créer des dommages écologiques consi

-

dérables, n’ont

plus de justification énergétique ni économique

. Il ne reste que notre

ministre de l’écologie et quelques élus pour s’opposer à des effacements approuvés par

les cinq ministres précédents

, une majorité de citoyens et engagés par les services de

l’Etat depuis plusieurs années.

Sur

la Dordogne amont

, la pusillanimité de l’administration locale avait empêché, en

2007, l’effacement du barrage EDF non rentable de La Bourboule. Repris par une en

-

treprise d’hydroélectricité non professionnelle, l’ouvrage a été brutalement vidangé le

13 février dernier, relâchant des dizaines de milliers de tonnes de boues qui

ont anéanti

toute vie sur 20 kilomètres dans les gorges d’Avèze

jusqu’à l’entrée de la retenue

de Bort les Orgues. C’est le deuxième incident de ce type en moins de 10 ans, avec la

rupture de vannes sur le barrage de Tuilière en 2006

. Ces incidents montrent que la

production hydroélectrique par les grands barrages n’est pas « par nature » une « énergie

propre ». La gestion sédimentaire du barrage de La Bourboule n’a jamais été possible

depuis 1994 : il est temps de

définitivement enlever ce barrage

comme le réclament les

pêcheurs, les naturalistes et de nombreux élus de ce territoire.

2015, année clé pour l’Eau en Europe, remettons l’avenir des

rivières dans nos mains.

En cette année de bilan pour la mise en œuvre de la

Directive Cadre sur l’Eau de

l’Union Européenne

, instrument juridique novateur obligeant les Etats à restaurer leurs

rivières, ces atteintes ne font pas honneur à la France et montrent le chemin restant à

parcourir. Heureusement, il y a des institutions qui donnent l’exemple, comme

l’agence

de l’eau Rhône Méditerranée Corse

qui, au sein du

Plan Rhône

, accompagne un pro

-

gramme de renaturalisation du bassin du fleuve :

restauration des anciens lits

du Rhô

-

ne à

Péage de Roussillon

, dans l’Isère et à

Montélimar

dans la Drôme. construction de

passes à poissons sur les grands barrages de

Rochemaure, le Pouzin

et

Sauveterre

.

La remise en eau du lit du

Drac

qui a retrouvé sa largeur d’antan dans le Champsaur en

amont de

Grenoble

est un autre bel exemple de restauration de rivière. Il y a des insti

-

tutions qui travaillent bien, qui ont compris que

nous n’aurons pas d’avenir si nous ne

protégeons les milieux aquatiques

. Et qui démontrent qu’il est possible de changer.

C’est pour cela, pour

le Tescou, la Dordogne, la Sélune, la Semène

, pour les autres

rivières dégradées ou menacées, que nous nous rassemblons pour célébrer les rivières

vivantes.

Les rivières sont dans nos mains, l’avenir est entre nos mains, l’eau est

entre nos mains.

Contacts :

Roberto Epple

Président ERN-SOS Loire Vivante Port. 06 08 62 12 67

Solange Ménigot

CDAFAL / Collectif Loire Amont Vivante Tél. 04 77 33 98 08

Jean Paul Doron

: Vice-président FNPF / Amis de la Sélune Port. 06 85 52 50 11

Ben Lefetey

: Collectif Testet. Port. 0699 26 60 66

Roland Niccoli :

Collectif Loire Amont Vivante Port. 06 66 08 95 54

Joël Marty :

Loire en Transition Port. 06 28 06 18 19

La journée internationale d’action pour les rivières, c’est quoi ?

La Journée Mondiale d’Action pour les Rivières a été créée par l’ONG International

Rivers en mars 1997 à Curitiba, au Brésil lors de la première réunion internationale

des populations affectées par les barrages. De nombreuses ONG étaient cofondateurs

comme le Mouvement Anti Barrage Brésil, International Rivers, Save the Narmada Mo

-

vement d’Inde ou encore European Rivers Network (ERN). Avec des représentants de

20 pays, il a alors été fixé comme objectif, chaque 14 mars, d’unir et d’accorder les

opposants et les opprimés par les barrages ou les projets d’ouvrages destructeurs de rivières, de retrouver

la santé des bassins versants, et d’exiger une gestion équitable et durable des rivières.

Rédigé par jojo

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