> Bretagne Bretagne. Un plan breton pour l'eau © Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/bretagne/region-un-plan-breton-pour-l-eau-05-10-2016-
Publié le 5 Octobre 2016
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Face au changement climatique annoncé et aux évolutions des activités humaines, le conseil régional se penche sur la gestion de son or bleu.
La Bretagne accorde une importance toute particulière à l'usage de son eau. Souvent pointée du doigt pour la mauvaise qualité de son or bleu - effet collatéral d'une agriculture intensive -, la région a pris le sujet à bras-le-corps depuis déjà plusieurs années. Avec de réels progrès. Mais le sujet reste d'actualité.
Face à un dossier aussi sensible, l'exécutif régional a décidé de profiter des opportunités offertes par la loi NOTRe pour établir son « Plan breton pour l'eau ». Les fondations seront jetées lors de la prochaine session du conseil régional, à partir du 13 octobre. Et pour étayer les débats, le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) a été saisi. Sa mission : apporter une réflexion prospective sur la gestion de l'eau à l'horizon 2040. Après un travail de neuf mois, les sages ont établi un état des lieux des enjeux « pour un sujet de grande politique ».
Eaux dégradées en Haute-Bretagne
Face à un changement climatique inéluctable et des activités humaines en mouvement, gérer l'eau en 2040 n'aura rien à voir avec les pratiques de 2016. D'autant que la Bretagne présente une particularité par rapport aux autres régions : la ressource exploitée provient à 80 % des eaux de surface contre 20 % pour les eaux souterraines. Dame nature étant généreuse en pluviométrie avec la péninsule bretonne, cette dernière est en effet quasiment indépendante et autonome en matière de consommation d'eau. Mais la donne pourrait changer, notamment avec le réchauffement climatique. Face à des périodes d'étiage (débit minimal d'un cours d'eau) plus longues, la région pourrait ainsi être tentée par une utilisation plus forte des eaux souterraines, c'est-à-dire des nappes phréatiques.
Un enjeu de taille particulièrement pour Rennes, où il pleut deux fois moins que dans le Finistère, comme le font remarquer les rapporteurs du dossier au Ceser Chantal Bevillon et Alain Thomas. Sans compter les rivières autour de la capitale bretonne qui sont loin d'être les plus « claires ». « Les rivières de Haute-Bretagne sont les plus dégradées, notamment la Vilaine et ses affluents », ajoutent les rapporteurs.
Conséquence de ces changements, les industriels, dont les besoins en eau sont capitaux, ne seront-ils pas tentés demain de se rapprocher d'une Bretagne occidentale plus riche en H2O ? Jean Hamon rappelle ainsi que si PSA s'était installé dans le bassin rennais dans les années 60, c'était en raison de la présence d'une réserve d'eau importante, nécessaire à son activité.
Afflux de population dans les zones côtières
Autre conséquence du changement climatique, une démographique toujours plus croissante, dans une Bretagne dont les températures plus fraîches pourraient attirer des habitants du sud, accablés par la chaleur. En particulier dans les zones côtières. Un afflux de population dont on mesure déjà les conséquences. Les maisons secondaires, notamment dans le Golfe du Morbihan, sont actuellement loin d'être exemplaires en matière d'assainissement individuel. Conséquence : les conchyliculteurs sont aujourd'hui inquiets quant aux polluants arrivant jusqu'à leurs exploitations.
Bref, autant de sujets d'importance que la région doit dès maintenant anticiper. Car ce sont les générations à venir qui en subiront les conséquences.
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