Vague de froid. Aurons-nous assez d’électricité la semaine prochaine ?

Publié le 14 Janvier 2017

Vague de froid. Aurons-nous assez d’électricité la semaine prochaine ?
  • Des coupures d’électricité en cas de grand froid ?
    Des coupures d’électricité en cas de grand froid ? | Photo : Marc Ollivier / Ouest-France

Yann BESSOULE

Météo France annonce une très grosse vague de froid la semaine prochaine, notamment entre mercredi et vendredi. Ça va chauffer pour le réseau électrique qui risque de manquer de carburant…

Vous n’avez encore rien vu. Il va faire froid. Très froid. La semaine prochaine, à partir de mardi. Les prévisionnistes de Météo France annoncent des températures en dessous de zéro sur tout le territoire. Pire, les normales saisonnières vont exploser, en milieu de semaine : entre 5° et 10° de moins qu’un hiver normal dans certaines régions. Brrr…

Manque d’électricité ?

Face à une telle situation, il n’y a pas 36 solutions. Il faut monter le chauffage. Et là, il risque d’y avoir un problème électrique quand on sait qu’un foyer sur trois se chauffe à l’électricité. RTE (Réseau de transport d’électricité, filiale d’EDF), cité par le quotidien Les Échos, explique que « pour chaque degré de température en moins au niveau national, la consommation augmente jusqu’à 2 400 mégawatts, soit l’équivalent de la consommation de Paris intra-muros ».

La demande risque donc d’être très forte. RTE l’estime à 100 gigawatts entre mercredi et vendredi, période du pic de froid. Presque un record (102 GW en 2012).

Les pouvoirs publics prennent très au sérieux ce passage plus que frisquet. Une réunion s’est tenue ce matin au ministère de l’Environnement et de l’Énergie avec les opérateurs du marché pour faire le point sur l’approvisionnement.

Le gouvernement craint, peut-être avec raison, que la production électrique soit insuffisante pour assurer.

Mesures exceptionnelles dès mardi

Fin 2015, la France disposait de 130 GW dans les tuyaux. Limite car ce potentiel n’est pas disponible en même temps. Selon RTE, seuls 85 MW seraient disponibles lors du pic de la semaine prochaine.

Il faut donc trouver des solutions. Heureusement, il y en a. Elles sont de plusieurs ordres.

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE envisage de déclencher dès mardi « une partie » des mesures exceptionnelles envisagées pour répondre aux besoins d’électricité de la France face à la vague de froid.

Les marges disponibles « sont réduites », mais « à ce stade […] il n’y a pas de coupures programmées », a précisé un porte-parole de RTE, lors d’une conférence téléphonique.

Augmenter les capacités

Le réseau français ne tourne pas à plein régime car plusieurs réacteurs nucléaires (la France en compte 58) sont à l’arrêt pour entretien ou pour des vérifications liées à la sûreté réclamées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). EDF a demandé, hier, à l’ASN la possibilité d’en raccorder certains plutôt que prévu.

L’ASN a annoncé, ce vendredi 13 janvier, qu’elle acceptait de reporter de deux semaines l’arrêt, pour vérification, du réacteur 2 de la centrale du Tricastin. La même procédure pourrait être mise en place pour le réacteur 1 de celle de Civaux.

Par ailleurs, l’Autorité a également indiqué qu’elle donnait son accord au redémarrage de neuf réacteurs d’EDF, d’une capacité totale de 8,1 gigawatts, vérifiés à la suite d’une anomalie de concentration en carbone détectée sur l’acier utilisé dans les générateurs.

Acheter, délester…

La France peut également acheter de l’électricité à ses voisins. Mais de façon assez limitée : 12 MW maximum.

RTE peut aussi procéder à des délestages. C’est-à-dire couper le courant pendant une ou deux heures. Mais cette solution doit être utilisée avec doigté. Priver de lumière, de chauffage, de télé, d’ordinateur plusieurs millions de Français n’est pas forcément très apprécié…

Cela dit, les consommateurs peuvent, eux aussi, participer à l’effort. Comment ? En consommant moins…

Selon RTE, éteindre les lumières et les imprimantes permettrait de réduire la consommation de 2 à 3 gigawatts, soit la capacité de deux réacteurs nucléaires.

Les industriels à la rescousse

Certaines industries sont de grosses consommatrices d’énergie. Une baisse de leur consommation peut apporter un peu de souplesse. C’est prévu…

21 sites industriels, qui cumulent 1,6 MW (grosso modo la puissance d’un gros réacteur), ont signé un contrat avec RTE pour stopper, à la demande, leurs outils. En échange, ils reçoivent 90 000 € par an et par « mégawatt réductible ».

Ce dispositif est utilisé en dernier recours.

Rédigé par jojo

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article