Yves Fourny, l'éleveur qui recrée des mares

Publié le 10 Janvier 2017

Yves Fourny, l'éleveur qui recrée des mares
  • Yves Fourny devant une mare. L'éleveur de la Barbière l'a réhabilitée fin 2015.
    Yves Fourny devant une mare. L'éleveur de la Barbière l'a réhabilitée fin 2015. | 

Philippe ECALLE.

Elles permettent de dépolluer l'eau et constituent d'incomparables réservoirs de biodiversité. À Aizenay, Yves Fourny, éleveur, en a fait l'expérience. Il vient de réhabiliter quatre mares.

Reportage

 

Les mares de la Barbière qui revivent, pour Yves Fourny, c'est toute une histoire qui remonte à la surface. « Dans le temps, se souvient le producteur de lait, quand j'étais môme, je me souviens que j'allais pêcher dans les mares. » Le temps a passé, les mares ont eu mauvaise presse. Les paysans en ont eu marre des mares. Ils les ont délaissées, parfois comblées.

Elles ont disparu dans l'indifférence générale, et l'impunité la plus totale. Pas grand monde pour surveiller et pour gendarmer. « Si quelqu'un veut porter plainte après qu'une mare a été comblée, il doit démontrer qu'elle contenait des espèces protégées », rappelle Fabrice Garon, conseiller environnement à Vendée eau. Difficile à démontrer une fois que la mare a été comblée. Résultat : des mares qui disparaissent du paysage.

« J'ai entendu des grenouilles »

À la Barbière, Yves Fourny a fait le choix inverse. Il a choisi de réhabiliter des mares, avec l'aide de Vendée eau. Il en a fait revivre quatre en l'espace de quelques semaines, à la fin de 2015. Après à peine un an, les premiers coassements se font entendre. « J'ai entendu des grenouilles », dit-il, avec le sourire de celui qui a l'impression de contribuer à redonner vie au milieu naturel.

Plus de grenouilles, une biodiversité qui reprend des couleurs, et des économies pour l'agriculteur et le contribuable. Car avec ces mares, les vaches ont de l'eau à volonté. Plus besoin, pour l'éleveur, d'acheminer de l'eau. « J'en avais marre de rouler de l'eau pour abreuver mes bêtes », dit-il.

 

Un investissement d'autant plus rentable que l'éleveur n'a pas eu à débourser le moindre euro pour réhabiliter ses points d'eau. « Ça a été la surprise pour moi de découvrir que c'était gratuit. Vendée eau s'est chargé des travaux. »

Seule obligation pour l'éleveur : clôturer ses points d'eau et débroussailler les abords de temps en temps. Pour que ses animaux s'abreuvent, l'éleveur a fait installer un système de pompe, que les vaches ont très vite apprivoisé. Un investissement plus que modeste, très très vite amorti. Sa consommation d'eau a baissé « de près de moitié en l'espace d'un an », et sa facture a chuté aussi.

La mare, dépollueur naturel

Rentable. En prime, les symphonies des grenouilles, revenues plus vite que prévue. Même les touristes de passage, à en croire Yves Fourny, ne restent pas insensibles au charme des lieux, pour un déjeuner sur l'herbe, à l'ombre d'un chêne.

L'été dernier, des touristes lui avaient demandé l'autorisation d'installer leur pique-nique près de la mare. Il leur a dit oui sans hésiter, trop heureux de voir que les grenouilles ne sont pas les seules à apprécier ce gîte naturel.

Le contribuable est l'autre gagnant indirect de cet intérêt pour les mares. Car elles épurent naturellement l'eau de ses hôtes les plus abjects et indésirables : pesticides, nitrates et autres phosphores, ennemis historiques de la qualité de l'eau. On comprend que Vendée eau voit les mares d'un bon oeil. Dans le combat pour une eau « propre », elles peuvent être une arme redoutable.

Rédigé par jojo

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